[0:26]Aujourd'hui, nous allons mettre à l'épreuve notre mémoire et apprendre à bien l'utiliser. Pendant que Fred va passer une batterie de tests, Jamy s'installe au musée de la médecine de l'Université Paris Descartes. Nous verrons quelles sont les stratégies pour bien apprendre un cours. Nous testerons l'efficacité des jeux de mémoire qui prétendent améliorer les performances de notre cerveau. Enfin, le comédien François Morel nous racontera un mémorable trou de mémoire. Mais pour bien utiliser notre mémoire, il faut d'abord comprendre comment elle fonctionne. Et vous allez voir apparaître des objets très rapidement et dès que vous verrez apparaître deux voitures rouges, vous allez euh essayer de me rapporter à chaque fois quel objet vous avez vu euh à quel endroit vous l'avez vu et dans l'ordre que vous l'avez vu. Alors moi je vais guider le piéton mais tout le monde peut tester sa mémoire en même temps que moi.
[1:22]Un arbre au milieu, une chaise sur la droite.
[1:40]Une enceinte à droite, une poubelle à gauche et au milieu un drapeau je crois. Ça va vite hein. Alors j'avais une enceinte à droite, la boîte de lait est à droite, ça ça continue déjà. Je suis perdu. J'en peux plus. C'est quand même c'est très bien Fred. C'est vrai. Alors expliquez-nous, ce que vous venez de tester sur moi, c'est quoi ? C'est ce qu'on appelle la mémoire à court terme, c'est ça ? Voilà, c'est la mémoire où vous maintenez des informations pendant un laps de temps vraiment de quelques secondes uniquement, puis aussitôt que vous vaquez une autre occupation euh, c'est effacé de votre mémoire. Alors, mémoire de travail, on l'appelle aussi. Alors, on l'appelle mémoire de travail, c'est le terme actuel pour remarquer son côté dynamique et le fait que ce n'est pas une mémoire passive, ça nous permet de gérer plein d'informations en même temps. Alors dans cette mémoire de travail ou avec cette mémoire de travail, on peut retenir à peu près combien d'informations dans dans ce cas de figure ? Alors en général, le nombre moyen, le chiffre magique, c'est 7, 7 informations mais lorsqu'elles sont d'un d'un simple schéma, donc unique par exemple, retenir des chiffres ou retenir la position spatiale d'objet, ben là, ce serait 7. Bon, j'aimerais entraîner un petit peu. En tout cas, ça Jamy, c'est ce qu'on appelle la mémoire à court terme ou la mémoire de travail. On va tâcher de s'en souvenir même si c'est une mémoire éphémère. Typiquement, c'est la mémoire que l'on utilise quand on lit. On se souvient du début d'une phrase pour en comprendre la fin. que l'on oublie dès qu'on passe à la phrase suivante. C'est également la mémoire que l'on utilise quand on compose un numéro de téléphone qu'on vient de nous donner oralement. un numéro qu'on oublie aussi dans la foulée. À côté, il y a ce que l'on appelle la mémoire à long terme, c'est un gros morceau. Elle rassemble plusieurs types de souvenirs. plusieurs sous-dossiers en quelque sorte. D'abord, il y a la mémoire épisodique, comme son nom l'indique, il s'agit d'épisodes de notre vie, d'événements plus ou moins marquants. On va par exemple se souvenir des personnes que l'on a croisé le matin dans l'ascenseur en allant au travail du match de football auquel on a participé le week-end précédent, de son dernier anniversaire, du premier baiser, du premier vélo. Tous ces souvenirs ont un point commun, on les replace automatiquement dans leur contexte. La date, le lieu, les personnes qui étaient présentes au moment où l'action s'est déroulée. Ensuite, il y a la mémoire sémantique. Elle héberge d'une part nos connaissances générales, c'est-à-dire le sens des mots. les dates que l'on a apprises à l'école, le nom des personnages, des capitales et elle héberge également nos connaissances personnelles, tout ce qui nous touche personnellement, notre histoire. On se souvient par exemple de l'adresse où on habitait quand on était petit, du nom d'un instituteur qui nous a marqué. Enfin, il y a la mémoire procédurale, savoir faire du vélo par exemple, tenir son couteau ou sa fourchette, jouer d'un instrument. Bon ben, j'espère que j'ai rien oublié. Maintenant, regardez bien tous les détails de cette ville virtuelle dans laquelle Fred est plongé. Il s'y promène pendant 4 minutes et doit mémoriser le plus de choses possibles, les objets, les événements, les situations.
[5:08]C'est très bien, vous êtes arrivés à la gare. Je suis au bout. Voilà, très bien. Ça se passe pas mal de choses. Voilà, ben peut-être que maintenant on va faire une tâche interférente. C'est-à-dire on va discuter un petit peu pour pas que vous utilisiez votre mémoire à court terme justement de dernier passage de la ville justement. D'accord. Bon, j'espère que je vais pas tout oublier quand même et puis pendant cette pause, Jamy, tu peux nous expliquer comment fonctionne notre mémoire à long terme. Que je me souvienne. On va prendre un exemple, un dîner avec un ami dans un restaurant chinois. Comment fait-on pour s'en souvenir ? Pour comprendre, il faut revenir sur l'événement lui-même. Au moment où il se déroule, tous les sens sont en éveil, ça veut dire que dans le cerveau, chaque zone correspondant à chacun de nos sens reçoit des informations. La zone visuelle des images, la zone du goût des saveurs, la zone de l'ouïe des sons et cetera. Pour le moment, les informations sont analysées, elles ne sont pas stockées. Pour être stockées, elles doivent passer par l'hippocampe. En fait, il y en a deux, un dans chaque hémisphère. C'est une sorte de quartier général. L'hippocampe va ordonner aux informations, une fois qu'elles sont arrivées là, de retourner là d'où elles viennent pour cette fois être mémorisé. En même temps, l'hippocampe va créer des liens entre les différents éléments qui constituent cet épisode, de sorte que ce souvenir va constituer un maillage particulier, un maillage unique.
[6:43]La restitution maintenant. Les souvenirs peuvent remonter à la surface de deux manières différentes. D'abord, suite à un questionnement, qu'ai-je fait le week-end dernier par exemple. À ce moment-là, la requête part du cortex frontal, siège des décisions et des stratégies. Elle arrive au niveau de l'hippocampe qui lui va aller sonder les différentes zones de notre mémoire, le calendrier, les émotions et les différentes zones de la mémoire sensorielle. Au final, le maillage correspondant à l'épisode resto chinois va remonter dans sa globalité. Parfois, un souvenir revient en mémoire sans qu'on se soit posé la question.
[7:25]Dans ce cas, la machine s'est mise en marche toute seule. En effet, il suffit d'un indice pour que le mécanisme se déclenche. Vous entendez par exemple, un morceau de musique que vous avez écouté pendant le dîner auquel vous avez participé. Et grâce au lien qui existe entre tous les éléments qui composent l'épisode resto chinois, et bien l'hippocampe fait remonter ce souvenir dans sa globalité. J'ai traversé une rue, il y avait trois personnes qui attendaient devant la poste, il y a eu un accident de voiture. Je suis arrivée sur une sorte de petite placette ou devant un bar qui s'appelait le Terminus. Je suis arrivée dans un euh, jardin public. Il y avait euh trois jeunes qui faisaient du hip-hop. Je suis arrivé presque devant la gare, il y avait un kiosque, un kiosque à journaux sur ma gauche avec un monsieur et une moustache qui vendait les journaux. Voilà et puis je suis rentré dans la gare pour aller chercher mon ami. Mais c'est parfait, vous m'avez dit beaucoup de choses, c'est c'est vraiment très bien. Mais euh expliquez-moi, comment vous mesurez alors ma mémoire à long terme ? Donc on regarde si vous êtes à la fois bon pour le contenu, ce que vous avez vu, mais également pour le situer dans le temps et l'espace. Toutes ces informations qui rentrent dans ma mémoire à long terme, elles vont y rester combien de temps ? Parce que ma mémoire va être remplie d'informations si je me souviens de tout ce que je vois en permanence quand je suis quand je circule. Vous avez bien raison, donc justement cette mémoire à long terme, c'est une mémoire qui est quand même une mémoire sélective. Donc avec le temps va s'opérer disons euh et bien un oubli de certaines informations, notamment celles qui sont peu pertinentes pour vous. Par contre, il y a des éléments que vous allez garder, on appelle ça la consolidation, qui s'opère parce que dans le sommeil, vous allez y repenser, vous allez y repenser mentalement, vous allez en parler à des amis et donc peu à peu cette information va se renforcer dans votre cerveau et donc vous allez pouvoir la maintenir des années voire la vie entière. Pourquoi certains souvenirs résistent-ils à l'épreuve du temps et pas d'autres ? Concrètement, pourquoi vais-je finir par oublier le restaurant chinois alors que je me souviendrai toujours de ce que je faisais lors des attentats du 11 septembre 2001. Pour comprendre, on va regarder de très très près ce qui se passe dans le cerveau au moment où l'épisode s'imprime. Chaque souvenir, je l'ai dit, est un maillage, un itinéraire bien particulier qui unit entre eux des dizaines de milliers de neurones. Cet itinéraire est tracé par des signaux électriques. En effet, dans le cerveau, les informations circulent sous forme de signaux électriques, le long des neurones, les cellules du cerveau et sous forme chimique entre les neurones au niveau de ce qu'on appelle les synapses. Pour qu'un épisode soit gardé en mémoire, il faut absolument qu'il y ait une trace de cet itinéraire. Deux facteurs entrent en jeu. D'abord, la charge émotionnelle. Plus elle est importante, plus le signal est fort, plus l'empreinte qu'il laisse est profonde. Ensuite, la répétition, la répétition consciente d'abord quand on évoque l'événement, ce qui s'est produit à maintes reprises avec les attentats de 2001. Et ensuite, la répétition inconsciente la nuit pendant le sommeil car à ce moment-là, les réseaux de neurones qui ont été activés pendant l'événement sont réactivés. À chaque passage, le signal va creuser son sillon et parallèlement, de nouvelles connexions apparaissent, de nouvelles synapses, comme si le cerveau renforçait l'armature du souvenir.
[10:59]Faites vos jeux. Cette fois, Fred se frotte à un mnémoniste, un spécialiste des techniques de mémorisation, sur un paquet de 32 cartes rangées de manière aléatoire. La croupière fait deux paquets de 16 cartes et montre une à une les cartes d'un seul des deux paquets. L'as de pique, le 7 de trèfle. Elle passe ainsi en revue les 16 cartes. Le 7 de cœur, l'as de carreau. Maintenant vous allez me redire les 16 cartes que je vous ai montré et après me dire les 16 cartes qui se trouvent dans l'autre paquet. Allez-y. As de cœur, 10 de cœur. Non, as de carreau, dame de trèfle, 8 de trèfle. Le 8 de trèfle. Non, il n'y a pas de 8 de trèfle. Le as de trèfle. L'as de trèfle. Bon, j'arrête. On va passer à monsieur. Alors dans les cartes de trèfle, si on part dans les trèfles, il y a le 7 de trèfle. Le 7 de trèfle, vous avez le 7 de cœur, 10 de carreau, roi de carreau, le 8 de pique, le 10 de pique. On passe à l'autre côté. Alors dans votre main, dans ce cas-là, ce qui va vous rester, le 7 de carreau. Le 7 de carreau, le 8 de carreau, le 9 de carreau. Le 9 de carreau. Non mais alors attends attends attends, je vais comprendre quand même. Tu apprends le jeu par cœur. Comment tu fais au moment où les les cartes défilent devant toi ? Alors il y a une technique qui existe depuis très longtemps qui qui consiste à remplacer des informations abstraites par des images. Donc on appelle ça des tables de rappel. On peut s'en servir pour des chiffres et des nombres, mais aussi pour des cartes à jouer. C'est-à-dire ? Alors dans mon cas à moi, toutes les cartes à jouer sont traduites par des personnes. Et en plus elles sont catégorisées, c'est que toutes les cartes de cœur ce sont des personnes de ma famille, toutes les cartes de pique ce sont des héros de série, toutes les cartes de trèfle ce sont des copains et toutes les cartes de carreau ce sont des copines. Donc l'idée c'est que lorsque qu'on me présente les cartes une par une, mentalement, je les rencontre. Je les rencontre et je les mets dans une action. parce que chaque personne a sa spécificité. par exemple, le roi de pique c'est Superman. Donc quand je croise Superman en roi de pique, j'imagine simplement qu'il vole, simplement, il vole. Et c'est qui par exemple pour toi, la dame de cœur ? La dame de cœur c'est ma mère. D'accord. Donc c'est plus facile pour toi de te souvenir que tu as vu ta mère dans le jeu que qu'une dame de cœur. Mais le seul truc c'est que quand on se quand on essaie de mémoriser des cartes en tant que tel, c'est ce que tu as fait comme erreur tout à l'heure, tu as annoncé par exemple un 10. Ce n'est pas le bon 10. Tu avais un, tu te rappelais que c'était un 10, mais ce n'était pas le bon 10. Donc le problème des cartes à jouer c'est que nous avons quatre couleurs et chaque carte revient quatre fois. D'accord. Et là l'idée c'est de pas mélanger les pinceaux, donc chaque carte dans ma table à moi est unique. Est-ce que dans la vie quotidienne, ça peut nous servir ce genre de de moyens, finalement, ce qu'on appelle des moyens mnémotechniques ? Oui, alors moi ce que je fais pour les cartes à jouer, c'est de me dire que pour les cartes à jouer, donc si je veux devenir bon dans la poésie, là il y a il va falloir que je trouve des techniques pour mémoriser une poésie et ce ne sera pas les mêmes que celles-là.
[13:54]Nouveau lieu, nouveau test à l'université de Tours. Fred et Aurélien doivent mémoriser une liste de 20 mots, mais leurs deux listes sont différentes. L'arbitrage est assuré par Laurence Taconnat, enseignant chercheur, spécialisé dans la mémoire. Tulipe écran, lune, bougie, marteau, moulin, statue, bouche, piscine, pantalon, bateau, carotte, bonnet, lapin, train, oreille, tomate. Alors maintenant essayez de rappeler les mots que vous avez lu.
[14:21]À l'écran. À l'écran. J'ai aucun a faire, c'est-à-dire que ma mémoire. Il y a piscine. Il y a tulipe.
[14:30]Il y a guitare, peigne, brosse, euh il y a mon dieu. Lapin, canari, renard, tortue, oreille, cheveux, jambes, épaule, avion, train, voiture, bateau, chemise, pantalon, bonnet, carotte, tomate. C'est déjà beaucoup. J'ai pas mal. C'est ça. On a pas mal. Pourquoi il arrive à se souvenir davantage de de de mots que que moi, Fred. Dans la première liste, en fait, on ne pouvait pas vraiment organiser les mots entre eux. Il y a pas de lien entre les mots. Voilà, il y a pas vraiment de lien, ils appartenaient tous à des catégories différentes et on peut pas faire de regroupement. Alors que dans la liste qu'a qu'a vu Aurélien, les mots appartenaient à cinq catégories sémantiques différentes. Et en fait, euh, ces catégories correspondent aux aux catégories qu'on a apprises depuis très longtemps. Ce qui fait que lorsqu'on apprend euh des des nouvelles informations qui qui sont euh organisables comme ça en catégorie, ça correspond à ce qu'on sait déjà. On a tendance à les classer, ça améliore donc la la mémoire. On arrive à à se souvenir de plus de choses. Et en plus euh on a vu que Aurélien, lorsqu'il restituait les mots, il les a classé naturellement, sans que je lui demande en fait, par catégorie. Nous aussi, on va faire une petite expérience. Je vais vous présenter des mots les uns à la suite des autres et je vais vous demander de les retenir.
[16:09]Voilà. Maintenant, j'aimerais qu'on revienne quelques instants sur une précédente explication. Ici le cortex, là l'hippocampe. Vous le savez déjà. Vous allez penser que je radote. Et bien pas encore, c'était juste pour faire diversion. Maintenant, on va vous présenter une deuxième liste de mots et je vais vous demander de sélectionner parmi eux ceux qui étaient présents dans la première liste. Il fallait sélectionner les mots feuilles, branche, forêt et nature. Alors je sais que parmi vous, beaucoup ont sélectionné le mot arbre. C'est toujours comme ça quand on fait cet exercice, 80 % des personnes sélectionnent le mot arbre, alors que vous pouvez le constater, il ne figure pas dans la première liste. En fait, c'est un faux souvenir. Votre mémoire a été piégée. Tous ces mots, en effet, évoquent le monde végétal. Pendant la lecture des premiers mots, vous avez souvent pensé à un arbre. Et quand la deuxième liste arrive, et bien vous ne savez plus si vous avez pensé à un arbre ou si vous avez lu le mot arbre. Vous avez donc été piégés. Bon allez Jamy, maintenant je vais me livrer à un autre test sur la mémoire et en plus, cette fois pendant le test, on va mesurer avec des électrodes l'activité électrique de mon cerveau. Alors il s'agit d'un test comparatif que je vais faire avec Édouard qui est équipé exactement du même bonnet que que moi. Pour bien mémoriser, il faut adopter des stratégies. Dans ce test, Fred doit associer chaque mot à une image, alors qu'Édouard, à qui on présente la même liste, ne doit utiliser aucune stratégie. Alors maintenant, vous allez voir d'autres mots qui vont être présentés à l'écran. Lorsque vous voyez un mot qui a été présenté dans la première liste, vous devez dire ancien, tandis que lorsque vous voyez un mot qui n'a pas été présenté dans la première liste, vous devez dire nouveau. Ancien, nouveau. Ancien, ancien. Ancien. Nouveau, ancien, nouveau, ancien. Ouh là, j'ai l'impression qu'avec Édouard, on n'a pas tout à fait les mêmes réponses. C'est vrai. Fred euh a reconnu un petit peu plus de un petit peu plus de mots qu'Édouard. Alors dis-moi, quelles informations t'ont apporté nos bonnets avec nos électrodes ? Ça montre surtout que l'activité est différente en fonction de la reconnaissance de mots anciens ou la présentation de mots nouveaux. Cet écart entre les courbes rouges et vertes, en fait, nous donne en résumé un peu la qualité de la mémoire à ce moment-là. Voilà, la qualité de la mémoire à ce moment-là. Et plus on a mis en place une stratégie efficace et plus la qualité est importante. Livres, sites internet, jeux vidéo, les offres se multiplient sur le marché des méthodes d'entraînement cérébral. Ces produits promettent d'améliorer nos performances de mémorisation, mais qu'en est-il vraiment ? Je sais, Jamy, là tu peux t'imaginer que nous sommes en train de nous amuser avec nos consoles, mais pas du tout, nous sommes en train d'essayer de stimuler notre mémoire. Alors Alexandra, vous vous avez fait des tests sur ces jeux vidéo, on va dire, pour voir l'effet qu'il pouvait avoir sur la mémoire. Oui, complètement. J'ai mis en place en fait une expérience où je teste l'impact d'un entraînement sur les jeux vidéo et on regarde si cet entraînement peut avoir des bénéfices sur les fonctions cognitives et notamment sur la mémoire. Les fonctions cognitives, c'est-à-dire ? C'est-à-dire les processus mentaux tels que le raisonnement, l'attention et donc la mémoire. D'accord. Donc Gislaine et Dany faisaient partie de vos cobayes, ça veut dire que pendant deux mois, vous avez joué. Oui. Alors vous, vous avez un jeu qui est quand même bien particulier, puisque le but de ce jeu c'est de stimuler la mémoire normalement. Oui, parce qu'il y a des calculs, il y a du calcul mental, il y a de de la mémoire visuelle, il y a de la lecture. Bon alors c'est ludique mais il y a quand même un vrai travail à faire. Il y a quand même il y a quand même une concentration, oui. Alors que Gislaine, elle, c'est un jeu que beaucoup de jeunes connaissent. Moi c'est du jeu. Du jeu avec un un petit bonhomme qui euh qui s'amuse bien, qui me fait bien rire et qui m'énerve parfois. Et ce qui est amusant dans ce jeu, c'est que mon petit-fils il joue aussi, donc on fait un peu de concours tous les deux. D'accord. Alors Alexandra, quels sont les résultats, enfin provisoires de votre étude pour le moment ? Alors pour l'instant, les premières tendances pour Daniel Gislaine, euh on a constaté une amélioration sur plusieurs fonctions cognitives et notamment sur la mémoire spatiale. Que j'ai évalué à travers ce test là, qui s'appelle le test de Corsi. Donc en fait, il s'agit pour vous de reproduire la séquence de frappe que je vais réaliser devant vous. Par exemple. Ah vous. Là, ça paraît pas trop compliqué. Très bien. Donc là par exemple, vous avez reproduit à l'identique les quatre frappes que j'avais fait devant vous. Daniel Gislaine avant l'entraînement était à 6. D'accord. Et deux mois après, on a constaté qu'ils étaient tous les deux à 7. Il semblerait que ce soit la pratique des jeux qui a permis d'améliorer la mémoire spatiale, mais que ce soit pas un entraînement en particulier. puisque les deux ont eu la même amélioration. Alors j'entends déjà tous les enfants qui vont demander à leurs parents de jouer le plus possible pour justement stimuler leur mémoire mais ça marche pas comme ça du tout. Alain Lioury, qui est professeur à Rennes et Sonia Laurent Roulier, qui est maître de conférence à Strasbourg ont mis en place cette étude chez des jeunes. chez des enfants et donc n'ont pas constaté d'amélioration sur les fonctions cognitives qu'ils avaient testé. Les jeunes sont au top de leur forme. les seniors commencent à avoir des déficits. Donc il est plus facile de progresser là où on a des déficits. C'est pourquoi on aurait ces premières tendances chez les seniors. Alors attention, parce que vous allez finir par avoir une excellente mémoire, mais vous allez devenir addict aux jeux vidéo. Mais il faut que j'y arrive. Voilà, ça y est. C'est bon. Concentration.
[23:36]Monsieur François Morel, monsieur Fred. Salut. Je peux te déranger deux secondes avant de rentrer en scène ? Je t'en prie. Enfin, ton entrée en scène. Alors, je me posais une question, est-ce qu'il t'est déjà arrivé depuis tes nombreuses années de de de théâtre en particulier, d'avoir des trous de mémoire ? Ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé, je m'en souviens, je crois que c'était dans un village, dans une ville qui s'appelle Vernouillet du côté d'Evreux. Et à un moment donné, j'ai eu un trou de mémoire parce que je pensais carrément à autre chose que ce que je disais. Comment on fait dans ces cas-là ? Euh je je me suis dit oh je dois avoir le texte dans les coulisses, donc je suis carrément sortie et c'est un spectacle en plus où j'étais vraiment tout seul. Donc quand je pars du plateau, il n'y a plus rien qui se passe du tout. Et puis j'ai cherché et je le retrouvais pas du tout, je je l'avais pas mis, j'avais une confiance totale. Donc euh donc j'avais pas le texte. Je suis revenu. J'ai redit le texte un peu plus haut, je suis remonté un petit peu et puis euh c'est revenu à ce moment-là. Et à quoi ça peut être lié ? Est-ce que tu sais à quoi c'est lié ? Un manque de concentration. C'est-à-dire que euh c'est comme si on mettait de temps en temps, quand on sait trop un spectacle, c'est comme si on mettait le pilote automatique. Et que ça joue à travers soi et qu'on a plus besoin finalement, on a l'impression qu'on a plus alors que c'est pas les jours où on est le mieux hein. Enfin, il faut jamais jouer en pilote automatique, au contraire, il faut toujours pouvoir décider des choses. Est-ce que tu as une stratégie pour apprendre les textes ? Par exemple, le bourgeois gentilhomme. Je je crois qu'on on l'apprend euh non, on l'apprend vraiment scolairement. Moi c'est c'est franchement c'est pas ce que je préfère euh dans mon métier, l'apprentissage des textes. À chaque fois, je me dis voilà, il faut il faut que je l'apprenne, mais c'est pas ce qui me fait le plus rigoler. Je peux enlever mon chapeau parce que j'ai chaud.
[25:15]Nicole, apportez-moi mes pantoufles et me donner mon bonnet de nuit, c'est de la prose. Oui, monsieur.
[25:28]Par ma foi, il y a plus de 40 ans que je dis de la prose sans que j'en suis rien.
![Thumbnail for Comment améliorer sa mémoire ? - C'est pas sorcier [Intégrale] by C'est pas sorcier](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fimg.youtube.com%2Fvi%2F-S7a1PH_4ZA%2Fhqdefault.jpg&w=3840&q=75)


