[0:05]On va résumer le chapitre 1 du livre Le cri de la mouette de Emmanuelle Laborit. Ce chapitre s'appelle Confidence et on fait connaissance avec la narratrice, c'est-à-dire la personne qui raconte l'histoire, qui s'appelle Emmanuelle Laborit. C'est le nom de l'auteur, donc on sait que c'est un livre qui est autobiographique. Une autobiographie, c'est quand une personne écrit un livre dans lequel il raconte sa propre vie. Donc, la narratrice commence en nous disant qu'elle a trouve jour trouvé que les mots étaient bizarres parce que pour elle, qui était une enfant sourde, c'était étrange de voir les gens bouger leur bouche pour faire des ronds, des cercles, des gestes différents. Vu qu'elle n'entendait pas les sons, elle ne comprenait pas ce que ça pouvait signifier. Donc, elle a appris petit à petit quelques mots qu'elle pouvait imiter, les mots les plus simples, par exemple, papa, maman, elle avait réussi à les dire en imitant les autres. Mais les concepts abstraits, c'est-à-dire les mots qui ne représentent pas un objet, mais une idée comme par exemple le temps, aujourd'hui, hier et demain. Ces mots-là, elle n'arrivait pas à les comprendre. Parce que un enfant qui entend, on lui explique avec des mots depuis tout petit, on lui dit demain, tu vas aller à l'école. L'enfant il dit c'est quand demain, on lui dit bah c'est quand on aura dormi, c'est le jour d'après et cetera. Mais elle, ces ces trois mots-là, ces trois concepts de temps, avant, après et le présent, elle ne les maîtrisait pas. Donc, pour elle, il y a beaucoup de choses qu'elle ne pouvait pas comprendre. Et quand elle a enfin réalisé ce que ça voulait dire, ça lui a ouvert tout un tas de possibilités et elle s'est mis qu'elle allait elle a compris qu'elle allait pouvoir commencer à apprendre des choses abstraites. Elle avait 7 ans à ce moment-là et elle avait tellement soif d'apprendre qu'elle s'est mis à à découvrir tout ce qui existait autour d'elle avec une grande curiosité qu'il ne l'a jamais lâché. Donc ça veut dire que toute sa vie, elle est restée curieuse d'apprendre. Elle a ensuite décidé d'écrire un livre et beaucoup de gens lui ont demandé comment elle allait faire. Elle dit que pour le bac, le plus difficile pour elle, elle a réussi son bac, mais le plus difficile ce n'était pas l'oral parce que même si elle avait du mal à prononcer les mots, elle avait quand même suffisamment confiance en elle pour le faire. Mais son rapport à l'écrit est compliqué parce qu'elle dit que pour elle le français, c'est comme une langue étrangère. Sa première langue, c'est le langage des signes. Donc, écrire un livre en français avec des mots, c'était quelque chose de compliqué. Il y a des gens qui lui ont dit qu'elle n'y arriverait pas, mais elle, elle semble être une petite jeune fille très volontaire qui s'est dit moi quand je décide de faire quelque chose, je le réussi et je vais jusqu'au bout. Et d'autres étaient simplement curieux et il demandait mais comment tu vas faire pour l'écrire? Est-ce que tu vas demander à quelqu'un de l'écrire à qui tu raconteras ta vie à travers le langage des signes et lui, les traduira à l'écrit ou bien est-ce que tu écriras toi-même? Et elle a dit que finalement, elle allait utiliser les deux. Elle va même devenir la première personne sourde à écrire un livre en France, et elle parle d'un autre succès qu'elle va rencontrer. Elle va devenir comédienne et recevoir un Molière et le Molière du théâtre, c'est comme les Césars au cinéma, c'est vraiment une très haute récompense. Et elle dit que ce livre qu'elle va écrire et qu'on va lire ensemble, c'est surtout un combat pour permettre aux personnes malentendantes d'utiliser le langage des signes pour communiquer et lutter contre le fait que ça sépare les gens. Elle dit que le langage des signes est très important pour elle parce que c'est ça qui permet d'être des êtres humains communiquant, communiquant, ça veut dire capable de parler les uns aux autres et c'est ça qui permet d'accéder à la vie. Fin du résumé du premier chapitre. On va résumer le deuxième chapitre du livre Le cri de la mouette de Emmanuelle Laborit. Dans ce chapitre, elle parle de sa petite enfance. Elle dit qu'elle criait souvent parce qu'elle voulait essayer de parler comme les autres ou essayer d'entendre le son de sa voix. Et elle va nous raconter ce que ses parents lui ont dit de cette époque. À cette époque, ils ont surnommé leur fille la mouette parce qu'elle poussait des cris. C'était un beau bébé en bonne santé et très sage. Ils la trouvait surtout très sage parce qu'elle pleurait très peu et que même quand il y avait du bruit autour d'elle, elle continuait à dormir. C'était des gens qui euh qui venaient d'une famille de marin et du coup pour eux les mouettes ça faisait partie de de leur existence et ils trouvaient ça mignon d'appeler leur fille la mouette. Elle, elle dit c'est un peu drôle quand on y pense maintenant parce que entre la mouette et la muette, il y a quand même une ressemblance. Et c'est son oncle paternel qui a dit en premier Emmanuelle crie parce qu'elle ne s'entend pas. Du coup, ses parents, ils sont un peu dans le déni. Ils vont même oublier par exemple que leurs grands-parents se sont mariés à l'Institut National des jeunes sourds de Bordeaux. Et d'ailleurs que c'était quelqu'un de leur famille qui en a été le directeur. Et elle dit qu'au milieu de tout ça, elle, elle criait et peut-être que dans un sens, elle criait pour faire taire cette indifférence et ce déni. Ensuite, sa maman lui raconte que le pédiatre l'a prise pour une folle quand elle a essayé de lui dire que sa fille n'entendait pas parce que apparemment elle percevait les vibrations et quand une porte claquait, elle se retournait. Et le pédiatre a fini un jour exaspéré par cette maman qui disait que sa fille n'entend pas par claquer la porte à côté d'elle et de dire bon, vous voyez bien que votre fille se retourne, alors maintenant c'est vous qui devez aller vous faire soigner. Donc elle en veut à ce pédiatre qui ne l'a pas entendu et elle s'en veut à elle aussi de l'avoir cru. Du coup, les parents se mettent à avoir une relation un peu bizarre avec leur fille parce que ils voient qu'il y a un truc qui cloche, mais ils savent pas ce que c'est et du coup, ils sont un petit peu mal à l'aise avec elle. Et puis un jour, ils l'emmène consulter dans un grand hôpital parce qu'ils pensent qu'elle a un problème psychologique et lui, il dit non, votre fille elle est sourde profonde et ils se mettent à faire des tests. Et la mère, elle réalise d'un coup que c'était évident qu'elle était sourde parce que ils mettent des sons très forts et elle dit ça me perçait les tympans et toi tu ne réagissais pas du tout. Elle va alors demander trois choses : est-ce que ma fille parlera? Ils disent oui, mais ce sera long. Elle demande comment faire. Donc, on lui dit que il faut un appareil et une rééducation orthophonique et eux lui lui demande de ne surtout pas utiliser le langage gestuel. Elle demande aussi si elle peut rencontrer d'autres adultes sourds et le docteur va dire non, il vaut mieux pas parce qu'en fait, ils sont à d'une autre génération où on n'avait pas toutes nos techniques actuelles et euh du coup ça risque de vous décourager parce qu'ils ne sont pas devenus des adultes très autonomes quoi. Du coup, les parents se mettent à rechercher de toutes les façons d'où vient cette surdité. La mère culpabilise, elle pense qu'elle a peut-être eu quelque chose pendant la grossesse, ils cherchent chacun du côté de leur famille d'où vient cette surdité. Et elle, elle dit c'est c'est très mauvais, il faut pas faire ça pour l'enfant parce que évidemment, c'est comme de dire à l'enfant que quelqu'un aurait commis une faute et c'est pas c'est pas drôle à vivre pour l'enfant d'avoir le sentiment qu'il est une faute. Et à la fin, elle donne son point de vue à elle sur sa petite enfance et elle dit que finalement de 0 à 7 ans, elle a quasiment aucun souvenir, que des images mais sans les sons. Et surtout, il y a cette cette absence de notion de temps, de ne pas savoir la chronologie des événements, ce qui fait que pour elle, quand on lui disait c'est hier ou c'est demain, elle se demandait mais c'est où hier et c'est ça veut dire quoi demain? Et même sa mère dit c'était difficile de s'adresser à elle parce que elle n'osait même plus lui dire je t'aime, elle disait à quoi ça sert de lui dire je t'aime si elle ne l'entend pas. Et bien sûr, un bébé, il a besoin d'être aimé, qu'on lui dise ou qu'on lui dise pas, il n'a pas besoin qu'on ait ce ce mal-être et ce malaise en face de lui. Elle termine en rapportant des propos de sa mère qui dit tu étais assise dans ton lit, tu me voyais disparaître et revenir avec surprise, tu ne savais pas où j'allais. Et finalement, c'était une image de maman qui apparaît et qui disparaît sans lien entre les deux. Et c'est la fin du résumé du deuxième chapitre. Maintenant, on va résumer ensemble le troisième chapitre du livre Le cri de la mouette. Ce chapitre s'appelle Le silence des poupées. On est toujours dans l'enfance. Et l'auteur, qui est donc Emmanuelle Laborit, va nous raconter surtout la relation avec sa maman. Cette relation, elle a pu avoir lieu grâce à une dame. C'est une orthophoniste, on ne sait pas son nom, c'est pas cité dans le chapitre. On sait juste qu'elle utilisait une méthode qui s'appelle Borel Messoni. Et donc cette dame, elle a commencé à jouer avec Emmanuelle quand elle était petite et à communiquer avec elle, lui apprendre entre autres, les lettres A, B, C. En les faisant répéter et en les accompagnant avec des mouvements. Et ce ce petit travail, il a été très très utile pour une raison parallèle, pour une autre raison que simplement le fait d'apprendre les lettres. Ça lui a permis de montrer à la maman d'Emmanuelle qu'elle pouvait communiquer avec sa fille. Parce que quand elle a appris que sa fille était sourde, ça lui a fait un choc et elle elle osait plus lui parler, elle osait plus s'adresser à elle. Mais en voyant la professionnelle, l'orthophoniste qui le faisait, elle a recomencé elle aussi à communiquer avec sa fille. Et entre autres, ce qu'ils font beaucoup entre mère et fille, c'est que la mère saisit le visage de sa fille et le met en face du sien pour pouvoir lui dire des choses et attirer son attention. Elle dit que c'est un langage ombilical. Ombilical, ça vient du cordon ombilical, c'est ce qui nourrit le bébé quand il est dans le ventre de sa mère, c'est par là que passent les nutriments, les vitamines et tout ce dont tu as besoin le bébé. Et ben, elle, elle dit que leur langage, il est comme un cordon ombilical. Mais ça a un problème, un très grave problème. C'est que dans ce langage, qui semble comme ça un petit peu parfait, et ben dans ce langage, le père est exclu. Et le père, il le prend mal parce que il voudrait pouvoir parler en direct à sa fille, mais il ne peut pas, il doit toujours s'adresser à la maman qui elle-même explique à la fille ce que son père veut dire. Et dans l'autre sens, la petite fille, elle voudrait elle aussi pouvoir poser des questions à son père et lui parler, mais elle ne peut pas. Ensuite, il y a tout un passage où elle parle de ses poupées et elle les range de façon très ordonnée pendant beaucoup de temps, de façon très minutieuse. Et elle pense que c'est parce que elle vivait la journée des choses très compliquées qu'elle ne comprenait pas et que le soir, c'était une façon de remettre ses idées en ordre, de bien ranger ses poupées avant d'aller dormir. Ensuite, elle parle du silence et elle dit qu'en réalité, elle n'a jamais connu le silence parce que elle, elle invente des sons. Elle les invente par exemple avec des images, des lumières et cetera. Et que le silence, la seule chose qu'elle voit comme étant le silence, c'est l'absence de communication et elle l'identifie à la couleur noire. Ensuite, elle va raconter un malaise qui était lié à cette période, qui était dû au fait que comme elle n'avait pas les mots, souvent, il y avait des incompréhensions. Par exemple, quand ses parents disaient on va sortir, elle, elle comprenait pas euh où ils allaient et quand est-ce qu'ils rentraient, ni même s'ils allaient rentrer un jour et pour elle, quand ses parents sortaient, c'est comme s'ils disparaissaient. Et de cette enfance, elle a oublié beaucoup de choses, mais elle garde des images très précises, par exemple, de son logement. C'est là qu'on apprend que elle vivait dans une petite maison, ils avaient pas beaucoup de de ressources, ils étaient plutôt pauvres, on peut dire. Son père était étudiant en médecine et sa mère était institutrice, mais elle a arrêté son travail pour se consacrer exclusivement à l'éducation de sa fille parce que ça demandait beaucoup d'attention. Et elle dit d'ailleurs, je reviens un petit peu en arrière, que il ne faut jamais laisser un enfant sourd seul parce que l'enfant ne sait pas ce qui se passe et du coup, c'est très très angoissant pour lui. Et ensuite à la fin de ce chapitre, elle raconte qu'elle est tout le temps en train de solliciter sa mère, de lui demander son attention pour lui expliquer le monde parce qu'en fait, il y a qu'avec sa mère qu'elle est capable de communiquer. Et elle raconte entre autres que quand elle va dans des dîners chez des amis, elle voit les gens parler mais elle comprend rien de ce qu'ils disent, alors elle les observe. Elle voit qu'il y en a qui qui n'écoute pas, il y en a qui parlent en même temps qu'ils triturrent quelque chose sur la table. Ils sont pas toujours dans la communication comme elle avec sa maman les yeux dans les yeux pour bien se comprendre. Elle raconte aussi un passage où elle voit que son père est fâché et elle veut savoir pourquoi et elle demande à sa mère pourquoi son père est fâché, mais sa mère ne sait pas lui expliquer et pour elle, c'est très frustrant de ne pas pouvoir communiquer avec son père. Et son père, lui, de son côté aussi, euh, vit très mal cette distance qu'il y a entre lui et sa fille, due au fait que il ne peut pas parler directement avec elle. Il y a encore deux petits paragraphes à la fin de ce chapitre, un pour parler de ses appareillages, donc c'est des choses qui font entendre les bruits. Mais en fait, ce que ça a comme effet, c'est que ça fait entendre plus fort des bruits que elle, elle entend déjà, comme les vibrations des voitures sur la route par exemple. Mais pas le bruit des enfants qui jouent, ni des personnes qui parlent, ça elle ne l'entend pas et du coup, ces appareillages, ils font amplifier tous ces bruits et c'est très dérangeant pour elle d'avoir toujours ces bruits-là dans la tête. Donc chaque fois qu'elle peut, elle débranche cet appareil. Et à la fin, elle termine par les paroles de sa mère. Et sa mère dit que l'orthophoniste et toutes toutes les personnes qui les accompagnent disent ne vous inquiétez pas, elle va finir par parler. Mais elle, elle ne comprend pas, la maman, elle se dit mais comment ce serait possible qu'elle parle? Est-ce que ce serait une forme de magie? Et elle dit quand même, et on voit que elle a un rapport très fort avec sa maman, cette petite fille, elle dit quand même que sa mère souffre de se dire que sa fille vit dans un monde qui est différent du sien. Et c'est la fin du résumé du chapitre numéro 3. On va résumer ensemble le 4e chapitre du cri de la mouette qui s'appelle ventre et musique. Dans ce chapitre, Emmanuelle nous explique quelle différencie les entendants des sourds par le fait qu'il y en a certains qui portent un appareillage et d'autres qui n'en ont pas. Et elle commence à percevoir qu'elle est différente. Elle sait pas pourquoi, mais elle sent que ça rend ses parents très malheureux. Et ses souvenirs d'enfance sont très flous parce qu'en fait, comme elle n'avait pas des mots pour enregistrer ce qui se passait, pour pouvoir stocker ses pensées, et ben du coup, elle a que des souvenirs un peu comme des flashs. Et elle a pu découvrir le monde avant d'avoir un un langage à elle qui s'est développé que plus tard, c'était ses yeux et son corps. Et dans ce chapitre, elle va nous expliquer comment à travers les sensations de son corps, elle a pu rentrer en contact avec le monde extérieur. Par exemple, avec sa mère, quand elle était enceinte, elle mettait la tête contre le ventre de sa mère et elle sentait qu'il y avait de la vie dans le ventre de sa maman. Mais par contre, évidemment, elle avait pas les mots pour expliquer des concepts abstraits et du coup, elle ne savait pas que c'était possible qu'il y ait un bébé à l'intérieur. Déjà ça lui paraissait pas logique qu'il puisse y avoir une personne à l'intérieur d'une autre personne. Elle dit qu'elle aimait aussi écouter le ventre de son papa parce qu'elle aimait bien quand il parlait, ça faisait une vibration et ça la reposait, ça la berçait. Et son père, il avait une passion, il adorait la musique. Et il a décidé de toujours emmener sa fille dans les concerts. Et elle, elle adorait ces moments où elle était avec son papa parce que comme ça, ils étaient entre eux et ça faisait une une connivance, ça faisait un lien entre eux et elle s'est mis à vraiment beaucoup aimer la musique. Elle dit que c'est très dommage d'ailleurs parce que souvent les enfants sourds on les prive de musique. Alors que elle, elle se couchait par exemple par terre et sur le sol, elle sentait vibrer la musique quand les gens jouaient. Elle avait aussi un oncle qui était le frère de son papa, qui jouait de la guitare. Et pour qu'elle puisse sentir les vibrations de la guitare, il lui a proposé quelque chose de très original et d'un petit peu marrant. Il lui a proposé de mordre le manche de la guitare pendant qu'il jouait. Et elle a adoré ça, elle a passé des heures à mordre le manche de la guitare pour la sentir vibrer. Même sa mère, elle a essayé pour voir ce que ça donnait comme sensation, mais bon, pour elle, c'était un petit peu énervant, elle a dit à sa fille que ça lui résonnait dans la tête, ça lui a pas plu comme ça plaisait à sa fille. Elle dit même encore quelque chose d'assez amusant, elle dit que la guitare aujourd'hui encore, elle a la marque de ses dents. Elle dit aussi avoir ressenti des la musique en la voyant. Et ça, ça paraît un petit peu compliqué, mais par exemple, elle a vu chanter Maria Callas. Maria Callas, c'était une diva, elle chantait de l'opéra, elle chantait des choses absolument magnifiques qui ont bouleversé beaucoup de monde. Bon, moi j'y suis pas très sensible, mais pour les gens qui qui savent apprécier la musique classique, c'était vraiment quelqu'un qui avait une grosse charge émotionnelle, qui pouvait faire passer beaucoup d'émotions à travers sa chanson. Et elle, en voyant chanter Maria Callas à la télévision, elle a ressenti à travers son regard, en la voyant, l'émotion de sa chanson. Elle dit que c'était exceptionnel parce que les chanteurs qui font des clips, ça ça ne lui prenait pas du tout d'émotion, au contraire, ça la fatigue parce que ça change très vite et euh certainement aussi parce que ça a quelque chose d'un petit peu artificiel. Elle adore par contre voir danser Michael Jackson. Elle dit que quand elle voit Michael Jackson qui danse, ça lui fait penser à de l'électricité. Et elle peut apprécier aussi les paroles des chansons, par exemple, de Jacques Brel ou de Jean-Jacques Goldman. On voit donc que cette petite fille qui est en train de grandir, elle est capable d'éprouver des choses par d'autres canaux que l'audition parce qu'elle n'entend pas, mais elle peut éprouver des choses en voyant et en ressentant à travers son corps. Il y a une autre chose qu'elle aime beaucoup et qui plaît beaucoup aux enfants sourds et ça, c'est un petit peu rigolo. C'est qu'elle aime aller en boîte de nuit. Alors, on peut se demander en tant que en tendant comment on peut aimer les boîtes de nuit quand on entend pas la musique, parce que évidemment nous, ce qu'on a ce qu'on apprécie, c'est la musique. Mais ce qu'elle aime, c'est de pouvoir ressentir toutes les vibrations parce que la musique est à fond et ça ne dérange personne. Elle raconte que ce qu'elle aimait beaucoup, c'était se mettre devant les baffles de musique et danser complètement collé aux baffles qui envoient le son et qui font vibrer. Et elle dit que les autres qui étaient entendants, en la voyant comme ça danser collé aux baffles, il devait penser qu'elle était complètement folle. Et voilà, c'est la fin du résumé de ce chapitre 4. On va résumer maintenant le chapitre 5 qui s'appelle chat blanc, chat noir du livre Le cri de la mouette de Emmanuelle Laborit. Dans ce chapitre, elle nous dit qu'elle se rappelle de son père qui l'a ramené à la maternelle. Et elle se rappelle qu'à la maternelle, elle se mettait dans un coin et elle faisait des dessins. Elle faisait aussi beaucoup de dessins à la maison, on voit qu'elle est très complice avec sa maman. Elle dessine toutes les deux pendant des heures. Elle regarde aussi la télévision avec sa mère et parfois, elle va au cinéma. Et elle va raconter quelque chose qui s'est passé au cinéma d'un petit peu surprenant. Elle est partie voir Titi et Grosminet et tous les enfants dans la salle ont rigolé parce que c'est un dessin animé humoristique. C'est un gros chat qui essaie toujours d'attraper un petit oiseau et le petit oiseau lui fait des pièges, comme ça se fait dans les cartoons et chaque fois ça se retourne contre le chat qui tombe dans les pièges. Et elle, elle se met à pleurer, à renifler et elle est complètement triste. Elle est triste pourquoi? Parce que elle n'a pas compris ce qui était drôle et elle trouve que tous les malheurs qui arrivent à ce chat sont très tristes et en plus, elle voit tous les autres enfants qui rient et elle les trouve cruels de rire ainsi des malheurs de ce chat. Du coup, elle nous va nous parler de deux chats, un chat blanc et un chat noir. D'abord le chat blanc, c'est le premier chat qu'elle a eu quand elle était enfant. Elle l'aimait beaucoup et elle jouait beaucoup avec lui. Et même si elle le faisait tourner en l'air, si elle lui tirait la queue, si elle jouait comme jouent parfois les enfants avec les chats, ce chat l'adorait et venait toujours vers elle. Et ce chat, il s'est ouvert le ventre en jouant dehors parce que c'était un chat de la campagne. Ils ont pas trop su comment et son père qui était docteur l'a recousu pour le soigner, mais il ne s'en est pas remis et il est mort. Seulement, elle, elle savait pas ce que c'était la mort, évidemment parce que c'est un mot abstrait et comme elle elle est sourde, tous les mots qu'on ne peut pas montrer avec les yeux, qui ne sont pas des choses concrètes, ils sont difficiles à comprendre. Donc les adultes lui ont fait le signe, lui ont expliqué que le chat était parti. Et pour elle, elle a compris que cette idée de de partir, c'était un petit peu de mourir et elle pensait que elle aussi, elle allait partir et mourir. Elle pensait même qu'elle ne deviendrait pas adulte parce que pour elle, les adultes, ils étaient immortels, ils partaient, ils quittaient la pièce et ils revenaient. Alors que les enfants, elle voyait plein d'enfants sourds autour d'elle parce qu'elle était dans une école et dans des institutions où il y a des enfants sourds. Eux euh, ils étaient tous comme elle, mais ils n'étaient pas adultes. Et les adultes, ils étaient tous différents d'elle, ils étaient tous entendant, mais elle ne connaissait pas d'adultes sourds. Donc elle pensait qu'elle ne pouvait pas devenir un adulte et qu'elle allait seulement mourir contrairement aux adultes qui eux ne mouraient jamais. Elle va raconter ensuite une anecdote. Elle va raconter qu'elle a essayé de de faire quelque chose pour devenir un petit peu indépendante. C'est-à-dire pour un peu s'émanciper du lien qu'elle a très fort avec sa maman. Donc elle était chez des amis et sa maman était occupée, elle décide d'aller aux toilettes toute seule. Et pour elle, c'était difficile. Et d'ailleurs dire le mot difficile, elle n'arrivait pas bien à le prononcer, elle disait c'est Titi. Et pour elle, être indépendant, devenir libre, se séparer de sa maman, c'était précisément Titi. Donc on voit qu'elle commence à apprendre à parler puisqu'elle connaît ce mot en imitant les les mouvements de la bouche que font les adultes et surtout sa maman et le l'école où elle va, j'imagine. Donc on revient à elle qui part aux toilettes toute seule et qui fait quelque chose avec le verrou, elle a dû se coincer à l'intérieur. Et là, c'est la grande panique, elle a hurlé parce que évidemment, elle n'entendait personne, sa maman, elle était de l'autre côté de la porte, elle était venue la rejoindre, mais elle qui vit dans un monde de silence, elle n'entendait pas les autres derrière la porte et pire que ça, elle ne savait pas qu'elle était entendue. Donc, elle pensait que personne ne la trouverait jamais et qu'elle allait finir toute sa vie enfermée dans cette petite pièce de toilette. On voit qu'il y a beaucoup de choses qui sont très angoissantes quand on n'a pas les mots pour expliquer ce qui se passe et que du coup, elle se faisait des idées qui la terrorisaient. Et ça a duré longtemps avant que sa mère ait une très bonne idée, elle a mis un dessin sous la porte où elle a mis un enfant qui pleure barré et à côté un enfant qui rigole. Donc elle a très bien compris le message, le message disait il ne faut pas pleurer, il faut rire. Sauf que ça l'a pas du tout rassuré parce que elle, elle dit que ce qu'elle aurait préféré, c'est avoir le dessin d'une porte ouverte parce qu'elle pensait quand même toujours qu'elle allait finir sa vie dans les toilettes. Et le chapitre se termine par la libération, évidemment, elle n'a pas fini sa vie dans les toilettes. Dans le livre un serrurier est arrivé et a ouvert la porte et elle dit qu'elle a été certainement, elle a dû crier comme une mouette en colère prise dans la tempête. Et c'est la fin de ce chapitre 5. On va résumer le chapitre 6 du livre Le cri de la mouette. Ce chapitre, il s'appelle Titi et on a compris hein, dans le chapitre d'avant, que pour elle, ça veut dire difficile. Donc, elle raconte que après la maternelle, elle est allée dans une école spécialisée pour enfants sourds. Et là, elle a pu enfin se sentir bien parce que à l'école maternelle, sa mère était très triste qu'on la laisse dans un coin. Elle, elle faisait simplement des dessins et la maîtresse, quand elle racontait des histoires, elle faisait pas venir Emmanuelle avec les autres enfants et du coup, ça rendait sa mère triste. Elle-même, elle ne sait pas trop si elle était triste parce qu'elle ne se rappelle pas, mais elle pense que peut-être, elle a fait un genre de d'oubli volontaire pour ne pas se rappeler des moments difficiles. Ensuite, elle va raconter un problème qu'elle a eu avec son papa et c'est très intéressant. Elle raconte qu'elle était donc à la maternelle et elle se lavait les mains. Son père vient la voir et il lui dit de se dépêcher de se laver les mains parce que lui, il veut partir. Et ça, ça arrive tout le monde hein, même avec les enfants entendants, entendants, pardon. Et elle, elle répond non, je dois d'abord finir de me laver les mains. Et son père, soit parce que il est un peu fâché, soit parce que il a pas fait attention, du coup, il s'en va en pensant que sa fille va le suivre et elle, elle se retrouve toute seule. Et pour elle, se retrouver toute seule, c'est vraiment un drame, la panique, la catastrophe, elle ne comprend pas pourquoi. Et après un temps que elle ne connaît pas, peut-être que simplement le père, il a fait trois pas et qu'il a été l'attendre plus loin, mais elle après ce temps qui lui a paru très long quand elle retrouve son père, et ben, elle est en larmes et encore une fois, elle ne peut pas expliquer pourquoi elle pleure. Elle dit que la communication avec son père était toujours difficile et certainement que pour son père aussi, ça devait être difficile. Elle raconte encore deux exemples qui se sont passés avec son père où il ne se sont pas compris. Une fois où il lui demande si elle si elle veut sa viande bien cuite ou pas trop cuite. Et elle, elle ne comprend pas le concept de bien cuit ou pas cuit, il essaie de lui l'expliquer en lui montrant le radiateur et elle, elle comprend bien chaud ou froid, mais elle voit pas quel est le lien avec sa viande euh cuite ou pas trop cuite. Et à la fin, son père s'énerve parce qu'il n'arrive pas à se comprendre et puis cuit la viande comme il veut. Et encore un exemple, c'est quand il regarde un film tous les deux, le père et la fille, et il y a dans le film quelqu'un qui s'appelle Laborit, mais Laborit avec un E. Alors que eux, ça s'appelle Laborit avec un T. Et il essaie de lui expliquer en faisant des dessins, en dessinant les lettres, mais bien sûr, encore une fois, c'est quelque chose de très abstrait, surtout qu'elle ne sait pas y lire à ce moment-là. Et elle ne comprend pas la différence entre les deux noms, Laborit avec un E et Laborit avec un T. Et à la fin, elle finit par pleurer et euh elle dit c'est Titi et lui, il ne comprend pas ce mot-là et quand sa mère rentre, il dit mais qu'est-ce que c'est Titi? Et c'est sa mère qui traduit et qui dit c'est difficile. Elle raconte encore que comme elle ne sait pas parler, quand le docteur vient, il la touche de partout jusqu'à ce qu'elle crie pour savoir où est-ce qu'elle a mal. Finalement, comme dit le titre de ce chapitre, il y a beaucoup de choses qui sont difficiles pour elle, des choses aussi que font tous les enfants. Un apprentissage qui est difficile pour tous les enfants et qui l'est encore plus quand on ne peut pas communiquer autant qu'on voudrait et se parler avec des mots pour expliquer les situations. Elle raconte avoir fait aussi des bêtises, par exemple, elle boit du du sirop qui est un médicament. Et comme elle trouve que c'est bon et que en plus c'est le docteur qui lui donne, elle voit pas pourquoi elle en boirait pas. Et elle finit par se rendre malade parce qu'elle descend les bouteilles de sirop et personne ne lui a expliqué qu'on peut pas prendre un médicament sans l'accord du médecin et sous la surveillance d'un parent parce que encore une fois, c'est des choses qu'elle n'arrive pas à comprendre. Ou encore, elle aime bien manger du saucisson et du coup, elle en cache, elle l'appelle le tototon et elle le cache à différents endroits dans sa chambre et parfois au milieu des draps. Elle va raconter, raconter enfin euh avoir un petit copain qui va à l'école avec elle, qui est aussi un enfant sourd. Et elle joue beaucoup avec lui, il joue à des jeux d'imitation comme beaucoup d'enfants, il joue à Goldorak. Alors, pour les plus jeunes, Goldorak, c'était un dessin animé quand moi qui ai 40 ans, j'étais enfant. Donc, un dessin animé qui doit dater d'une bonne trentaine d'années, je crois pas que ça existe toujours, je pense pas que ce soit diffusé. Donc, c'est et il regardait des dessins animés et il reproduisait ce qu'il voyait à la télévision en jouant, il reproduisait aussi les la vie des parents, il jouait au papa et à la maman. Et euh, elle savait pas trop la différence entre un garçon et une fille et elle a eu besoin de visualiser, elle a dû demander à son copain de lui montrer un zizi pour faire la différence entre un garçon et une fille. Donc, elle dit que finalement tous ces concepts, ils sont difficiles à apprendre, même pour un enfant entendant, la différence entre les garçons et les filles. La différence aussi, entre vivant ou mort ou le concept d'âme. Elle dit l'avoir compris en regardant un film où il y avait des parents qui disparaissaient et puis on les retrouvait à la fin du film. Et elle, elle pensait que leur âme avait quitté leur corps et qu'ils étaient revenus après. Elle pense aussi que elle, elle va pas devenir adulte, elle croit toujours que les enfants sourds ne deviennent jamais adultes et elle pense qu'elle va partir, c'est-à-dire mourir, disparaître avant d'être adulte, mais alors qu'elle aura une deuxième vie où elle sera entendante, qu'elle reviendra dans le corps d'un bébé entendant. Elle termine avec une dernière anecdote, elle a vu un gros chien avec son maître et le chien était très sympathique, elle a pu le caresser, jouer avec. Et un jour, elle retrouve le même chien sans son maître dans la voiture. Donc elle, elle va vers le chien, elle ouvre la portière et le chien euh qui devait s'imaginer qu'il gardait la voiture, certainement, euh, devient très agressif, il la bois, il court derrière elle et il finit par la mordre. Et du coup, son père qui est médecin va vouloir lui faire une piqûre anti-tétanique, je suppose. Et euh sa mère, elle ne veut pas euh, enfin, elle veut surtout rassurer sa fille et maintenant que la fille hurle, elle voit autour d'elle, les parents qui parlent et elle s'imagine un endroit euh pour se mettre en sécurité. Et cet endroit, ce serait chez ses grands-parents maternels. Et c'est comme ça qu'elle s'est rappelé d'eux en les identifiant à cette image de chien parce que elle, elle se rappelle de ses grands-parents comme un endroit sûr où on peut se protéger quand euh on s'est fait mordre par un chien. C'est un peu rigolo parce qu'on voit bien que le père et la mère n'ont pas la même conception de l'éducation et que parfois, du coup, elle a le sentiment que le père est euh plus dur parce que pour lui, la communication est difficile et il entend bien que un enfant, même s'il fait un caprice quand il a besoin d'une piqûre, il faut lui donner, que même si elle a pas fini de se laver les mains, elle doit se dépêcher. Et elle, elle est aussi très obstinée et c'est peut-être grâce à ça justement qu'elle a réussi à faire plein de choses, à écrire ce livre, à avoir une vie de comédienne. C'est peut-être grâce à ce caractère-là, mais évidemment, ça se fait pas très facilement. Elle dit elle-même que chaque fois qu'elle veut s'opposer, comme elle ne trouve pas forcément les mots pour le faire, elle finit par partir, mais pas mourir hein, cette fois, simplement s'enfuir. Et elle dit que c'est ce caractère obstiné, euh il était peut-être dû au fait qu'elle était enfermée dans un silence et que ça l'a accentué, mais c'est peut-être aussi très probablement son caractère naturel à elle parce que évidemment, tous les enfants sourds ne sont pas pareils, ils sont comme tous les enfants entendants, c'est-à-dire, ils sont tous différents les uns des autres. Voilà, c'est la fin du résumé du chapitre 6. On va résumer le chapitre 7 du livre Le cri de la mouette de Emmanuelle Laborit. Ce chapitre est je m'appelle je. Elle commence par expliquer comment on lui a appris à dire son nom, mais c'était très difficile parce qu'en fait, pour apprendre aux personnes sourdes à parler, ils essaient de les faire imiter la position de la bouche en regardant les autres et les vibrations en mettant la main sur le cou de l'éducateur qui prononce les mots. Évidemment, c'est très difficile, il y a des choses comme le qui sont plus faciles, mais par exemple, le, elle a jamais réussi à le faire. On voit aussi que dans le chapitre précédent quand elle parlait de l'appareil auditif qui lui permettait de percevoir uniquement quelques bruits, c'était très désagréable pour elle. Et on a le même sentiment quand on lit ce chapitre que essayer de répéter des sons, c'était extrêmement difficile pour elle. Elle dit qu'il y a même des enfants sourds qui n'y arriveront jamais, ils n'arriveront pas à prendre à faire des mots parce qu'ils ne les entendent pas tout simplement. Elle dit mais par contre, les médecins ont affirmé le contraire et le père de Emmanuelle dit même je me suis même j'ai même eu l'impression qu'on m'avait dit quasiment que ma fille allait entendre parce qu'il lui ont dit voilà qu'elle allait lire sur les lèvres, qu'elle allait parler et en gros, c'était quasiment comme si elle allait devenir comme tout le monde, mais ça, ce n'est pas la réalité. Par contre, ce qui est la réalité, c'est qu'elle peut trouver un monde dans lequel elle saura communiquer avec les autres et ça, c'est quand même déjà super. Et c'est comme ça que se termine le chapitre 7 avec Emmanuelle, c'est un peu comme si elle était née ce jour-là parce que là vraiment, elle se rend compte qu'elle a des perspectives d'avenir. Fin du résumé. On va résumer le 8e chapitre du livre Le cri de la mouette. Ce chapitre s'appelle Marie-Marie et on découvre tout de suite au début de la lecture que sa petite sœur est enfin née et évidemment, elle s'appelle Marie, comme le titre du chapitre. Emmanuelle, elle rencontre plusieurs problèmes. Déjà un problème pratique, elle n'arrive pas à oraliser. Oraliser, ça veut dire parler en faisant des sons comme le font les gens qui sont entendants. Donc, elle essaie de s'entraîner à à prononcer le nom Marie, mais c'est très difficile pour elle. Elle essaie aussi de l'écrire pour mémoriser les lettres, mais c'est un exercice auquel elle n'est pas très forte. Et on verra plus loin dans le chapitre que pour elle, oraliser, c'est quelque chose qui lui pèse beaucoup parce que c'est très difficile. Elle l'a déjà dit dans le chapitre précédent aussi. Elle se rappelle que le bébé est né à l'hôpital, que elle n'aime pas les hôpitaux et aussi qu'elle n'a pas fait le lien entre le fait que le sa mère avait le ventre plat et que le bébé était sorti. On se rend compte de tous ces petits détails parce que elle, qui est sourde, et ben elle n'a pas accès aux explications. Donc, ce qu'on peut expliquer à un enfant qui a 7 ans en lui parlant, pour elle qui ne maîtrise pas encore la langue des signes, c'est complètement impossible de de le comprendre. Elle s'est même pas par où sort le bébé, elle se dit peut-être par la bouche, peut-être par les oreilles, elle n'en a aucune idée. Ensuite, sa mère, déjà quand elle était enceinte, elle sentait que sa fille, donc son deuxième bébé euh entendait parce que elle réagissait quand il y avait des bruits extérieurs. Mais quand le bébé naît, tout de suite, elle veut s'assurer que la la petite fille, donc le nouveau-né, Marie entend bien. Et euh, ça va être confirmé, elle entend bien, elle n'a pas de problème, elle n'est pas sourde. Et pour Emmanuelle, ça fait un choc parce qu'elle a le sentiment que du coup le bébé c'est pas une alliée pour elle, mais elle est avec ses parents et que maintenant dans la famille, ils sont trois contre elle. Ensuite, elle doit apprendre comme dans toutes les familles, à partager avec ses frères et sœurs, donc avec ce nouveau bébé. Et pour elle, c'est difficile parce que elle aimait être le centre de toute l'attention qu'on ne choille qu'elle, qu'on ne fasse attention que à elle. Et évidemment, maintenant qu'il y a un bébé en plus, ça prend du temps, sa mère doit aller vers lui quand elle pleure.
[34:49]Enfin vers le bébé. Et ça pose un problème à Emmanuelle, elle dit qu'elle ne voudra pas devenir mère. Donc sa propre mère, elle pense que c'est parce qu'elle est un peu jalouse de sa sœur, mais c'est pas ça le problème. C'est que elle voudrait pas avoir d'enfant parce que elle pense que si le bébé pleure, elle sera pas une bonne mère parce qu'elle ne saura pas l'entendre pleurer et que ce problème là lui paraît insurmontable. Et du coup sa mère lui dit mais on le sent une maman, elle sent instinctivement quand son bébé pleure. Et ça la rassure pas du tout parce que elle voit pas comment elle pourrait le sentir et sa mère finit par lui dire et ben tu as qu'à demander aux adultes sourds quand tu vas à Vincennes. Et du coup Emmanuelle va partir à son institut à Vincennes et là-bas, elle va poser la question et ils vont donner une réponse très simple. Ils vont dire quand un parent a un bébé sourd, il y a un capteur de son sous le matelas du bébé et une lumière qui s'allume. Quand le bébé pleure dans son landau, dans son lit, enfin là où il s'est installé avec le capteur en dessous, il y a une lumière qui s'allume et alors le parent sourd sait que son bébé pleure. Cette solution va tout à fait la convaincre et la rassurer, maintenant, elle veut bien devenir maman. Et elle va parler aussi de son école. Dans son école, il faut toujours oraliser, ça veut dire parler comme les entendants. Et ça, ça lui pose problème parce que on leur explique pas forcément les choses, ils ont pas d'accès au langage, seulement à faire des sons et c'est très difficile. Ils passent des heures et des heures à répéter des syllabes et des mots que parfois, ils ne comprennent même pas. Alors, elle, elle essaie d'expliquer aux autres enfants de son école classique, ce qu'elle apprend à l'école de Vincennes, le langage des signes, mais les autres ils voient pas qu'elle l'intéresse à ça. C'est simplement une autre façon de dire des mots qu'ils ont déjà appris et euh, elle, elle sent en être une vocation en elle. Cette vocation, ce serait de permettre aux autres enfants sourds d'accéder au monde du langage des signes et du coup à comprendre et à communiquer comme on l'a fait pour elle parce que pour elle, ça a été une vraie révélation. Et quand elle est dans son école classique, sa classe d'intégration, elle est malheureuse parce qu'elle a l'impression que ce qu'elle fait est stupide, c'est seulement répéter, répéter sans qu'on ne lui explique les choses et elle, ce dont elle a besoin, c'est de de comprendre le monde. Elle raconte aussi une anecdote plus sympathique et plus légère, la première fois où elle a perdu sa dent de lait, ses grands-parents lui ont expliqué l'histoire de la petite souris et elle y a vraiment cru parce que ils ont bien mis les les allez, ils ont bien raconté ça, ils lui ont donné un dessin de petite souris avec une dent, enfin quand elle a mis sa dent, elle a reçu une pièce et elle a eu un un dessin avec sa dent. Donc elle a vraiment cru que la petite souris était passée. Mais c'est une petite fille maline, elle est intelligente. Donc elle s'est dit bah tiens, je vais refaire pareil le lendemain. Le lendemain, elle remet sa dent et la petite souris lui rapporte encore une pièce. Mais les grands-parents qui ne comptent pas passer leur vie entière à donner des pièces toutes les nuits sous l'oreiller d'Emmanuelle, prennent la dent. Et du coup, quand elle se lève, elle demande où est passée ma dent parce que elle comptait refaire pareil évidemment pour avoir encore une pièce. Et les grands-parents, lui disent bah c'est la petite souris qui l'a prise ta dent. Et alors, elle est très fâchée parce que c'est sa dent à elle et en plus qu'elle ne peut plus continuer à avoir sans arrêt une pièce sous son oreiller. C'est plus rigolo, c'est plus léger et c'est pour montrer qu'elle a quand même sa vie de petite fille avec des bons moments qui se déroulent un peu comme tout le monde. Et pour terminer, elle parle de la communication avec sa petite sœur qui est encore un bébé. Et le souvenir qu'elle en a, c'est d'avoir essayé d'attirer son attention pour pouvoir communiquer avec elle, mais ça ne marche pas parce que elle est bébé et que les bébés ne parlent pas quand ils viennent de naître, tout le monde le sait. Mais elle ne communique pas non plus énormément hein, bébé, ça a pas tout de suite à la naissance, plein de réaction, il faut du temps pour qu'il commence à interagir avec les les personnes entendantes ou pas. Et du coup, pour elle, c'est très frustrant parce qu'elle voudrait communiquer avec cette petite sœur, on voit que c'est euh une petite jeune fille Emmanuelle à l'âge de 7 ans qui a envie de communiquer absolument avec tout le monde et du coup, bah ce petit bébé qui réagit pas très bien, ça l'énerve, elle essaie de parler, de faire des bruits, mais ça ne marche pas très bien.



