[0:03]Mon beau sapin, roi des sapins, j'ai plus de boules. J'en passe une, est-ce que tu as pensé au sucre pour faire les bûches de Noël ? Et tiens, regarde!
[0:14]Il y en aura jamais assez surtout si on veut faire des bonbecs.
[0:17]Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'on va faire ? Et ben on va aller en chercher à la sucrerie d'à côté. Là où il y a des cannes à sucre ? Non, là où il y a des betteraves. Allez, Marcel ! Des betteraves !
[1:09]J'ai pas encore trouvé le sucre mais je crois que je suis sur la bonne voie, Jamy. J'ai déjà les betteraves et avec les betteraves, on sait très bien faire du sucre. D'ailleurs, je ne sais pas si vous le savez mais la France est le premier producteur mondial de sucre de betterave.
[1:23]Mais attention, il ne faut pas prendre n'importe lesquelles, pas de la petite betterave rouge comme ça, ça c'est fait pour manger en salade, pas de la betterave fourragère non plus, c'est pour le bétail. Nous ce qu'il nous faut, c'est de la betterave sucrière, la seule, l'unique dont on extrait le sucre.
[1:39]Tiens Jamy, je t'en envoie une ! Et j'ai des réserves !
[2:44]Ah, pas trop goût quand même. J'aurais peut-être dû prendre des carottes.
[2:50]Bien sûr qu'il y a du sucre dans les pommes de terre. Seulement, le sucre qui nous intéresse, celui qui a un goût sucré et avec lequel on fait des bonbons, et ben il se trouve pas dans les pommes de terre, il se trouve dans les betteraves et dans les carottes, mais dans les carottes, il y en a pas beaucoup.
[3:04]Alors c'est quoi au juste le sucre ? Et bien c'est un assemblage d'hydrogène, d'oxygène et de carbone, ce sont des atomes. Et lorsque des atomes s'assemblent, ils constituent des molécules.
[3:17]Seulement, en fonction des assemblages, et bien on a des molécules de forme et de taille différentes, donc des sucres différents.
[3:26]On a par exemple des petites molécules comme le glucose, ça, c'est le sucre que l'on trouve par exemple dans le miel. Il y a aussi, comme petites molécules, le fructose, le sucre que l'on trouve dans les fruits.
[3:40]On peut avoir des chapelets de glucose, dans ce cas, on a de l'amidon, le sucre que l'on trouve dans les pommes de terre. Et puis, lorsque le glucose et le fructose s'associent, et bien on a du saccharose, le sucre que l'on trouve dans les carottes, dans la canne à sucre et dans la betterave sucrière.
[4:00]Une fois que l'on a récolté toutes les betteraves, on vient à la coopérative pour les vendre. Alors là, on va d'abord peser les camions chargés de betteraves et ensuite on les pesera à vide. Comme ça, on aura le poids exact de la récolte, mais c'est pas tout, ensuite il faudra enlever le poids de la terre, car la terre colle aux betteraves, on dit que la terre est amoureuse. Et enfin, on fera des prélèvements sur les betteraves pour savoir si elles contiennent beaucoup de sucre ou pas beaucoup de sucre.
[4:29]Et en fonction de tout ça, l'agriculteur sera payé plus ou moins cher.
[4:32]Voilà, on se calme. Et ben voilà, belle récolte.
[4:38]Et tu n'as pas tout vu, Fred, car il y a une trentaine de sucreries en France. À l'automne, pendant la récolte, elles reçoivent au total 400 000 tonnes de betteraves sucrières par jour. Et c'est du sport d'être une betterave dans une sucrerie !
[4:53]Les pauvres, elles sont brassées dans tous les sens. Remarquez, c'est la seule façon d'enlever les mauvaises herbes, les pierres et cette sacrée terre qui est tellement amoureuse qu'elle en devient vraiment collante.
[5:05]Et bien voilà, tout le monde est propre, on va pouvoir passer à l'extraction du sucre. Allez, hop !
[5:12]Avec une tonne de betteraves, on obtient 140 kilos de sucre, mais à partir du moment où on a récolté les betteraves, il faut faire très vite car elles perdent leur sucre. On perd à peu près 200 grammes de sucre par jour et par tonne.
[5:28]Et vous savez pourquoi elles perdent leur sucre ? Et bien parce qu'elles puisent dans leurs réserves pour se nourrir, enfin, pour survivre, parce qu'avec le traitement qu'on leur fait subir, elles ne vont pas vivre très longtemps.
[5:41]Et puis tu sais Jamy, pour la betterave sucrière, c'est comme pour le raisin. Plus il y a de soleil, plus la récolte est bonne.
[5:57]Normal, puisque c'est grâce au soleil ou plus exactement, à la lumière du soleil que la betterave fabrique du sucre. C'est ce que l'on appelle la photosynthèse. Alors comment fait-elle la betterave ? Et bien comme toutes les plantes vertes, elle possède des feuilles.
[6:11]Ces feuilles, elles sont constituées de milliards de cellules. Ce sont de véritables petites usines et ce sont ces cellules qui vont fabriquer le sucre.
[6:20]Alors comme toutes les usines, il faut des matières premières pour fabriquer du sucre, il faut du carbone, de l'oxygène et de l'hydrogène. L'hydrogène, elle le trouve dans l'eau que la plante puise dans le sol grâce à ses racines. L'oxygène, également dans l'eau, mais une partie seulement, le reste est épuisé dans l'atmosphère. Il faut enfin du carbone qui est épuisé également dans l'atmosphère et puis avec tout ça, de l'énergie, l'énergie du soleil.
[6:48]Avec tout ça, les cellules de la plante produisent du glucose.
[6:51]Et Jamy, viens voir ! Tu nous as dit que dans le saccharose de nos betteraves, il y avait du glucose et du fructose. Je suis désolé, mais pour le moment, on a seulement du glucose et le fructose, elle le fabrique la nuit peut-être. Ah !
[7:10]Oh, ben ça t'apprendra à mettre ton nez partout, mon petit Fred ! Bien sûr que la betterave travaille la nuit. Allez Marcel, fais-nous la nuit. Comme toutes les plantes vertes, pendant la journée, la betterave accumule de l'énergie et des matières premières. Et bien, cette énergie et ces matières premières vont être utilisées pendant la nuit pour produire du fructose.
[7:29]Et au petit matin, le fructose et le glucose se combinent pour donner du saccharose. Alors ce saccharose, à l'origine, il n'est pas prévu pour sucrer notre café, il est là pour nourrir la plante. La plante va donc se nourrir et le reste va descendre dans les racines pour être stocké et constituer des réserves de nourriture.
[7:47]Pour faire du sucre, on peut aussi récolter la canne à sucre. Rien à voir avec la betterave bien sûr. La canne se plante par petites boutures couchées dans la terre. En grandissant, elle se redresse à la verticale.
[7:59]Bon ben, vous n'en trouverez pas en métropole car le climat ne s'y prête pas évidemment. En revanche, il y en a beaucoup à la Réunion, en Guadeloupe et en Martinique.
[8:08]La canne une fois coupée doit vite être transformée, sinon elle fermente. On dit qu'elle doit avoir les pieds dans la terre et la tête au moulin.
[8:15]La canne est la première plante dont on a extrait du sucre. En 325 avant Jésus-Christ, un amiral d'Alexandre le Grand l'a rapporté dans ses bagages en Occident. On l'appelait alors le roseau sucré.
[8:29]La France plante ses premières cannes aux Antilles au 19ème siècle, mais il faut attendre les conséquences de la guerre d'Angleterre, puis l'abolition de l'esclavage qui font grimper le prix du sucre de canne pour que Napoléon ordonne le 29 mars 1811 la culture de la betterave.
[8:45]Et dès 1875, la France devient ainsi le premier producteur européen de sucre de betterave. Et voilà.
[8:51]La sucrerie, c'est une activité saisonnière. La récolte a lieu de septembre à décembre et comme on a vu que la betterave est périssable, qu'elle perd son sucre, et bien ici, on est obligé de travailler 24 heures sur 24 pendant 3 mois. Le reste de l'année, on met le sucre en boîte et on entretient les machines. Et puis maintenant que nos betteraves sont propres, on va pouvoir les découper.
[9:13]Et voilà le résultat. Nos betteraves ont été découpées en fines lamelles, on appelle ça des cossettes. Elles font 5 centimètres de long et 4 millimètres d'épaisseur. Elles ont un bon petit goût sucré et maintenant on va envoyer tout ça dans l'échaudoir qui va les chauffer à 70 degrés. Je sais pas, Jamy, ce qui se passe à cette température, mais en tout cas, il commence à faire drôlement chaud ici. Et j'ai les mains qui collent.
[9:35]Et il s'en passe des choses dans les échaudoirs. En fait, on chauffe pour libérer le sucre. Pour le moment, il est stocké dans des petits sacs à l'intérieur des cellules qui constituent les cossettes.
[9:46]Comme il est censé constituer des réserves de nourriture, il est très bien protégé par une membrane qui l'empêche de sortir. Pour extraire le sucre, il faut donc commencer par supprimer cette membrane. C'est ce que l'on fait en chauffant les cossettes à 70 degrés.
[10:04]Une fois qu'il n'y a plus de membrane, on ne va pas écraser les cossettes pour en sortir un jus. Non, on va plonger les cossettes dans un diffuseur. C'est un bain. Et là, le sucre ne se dissout pas, il diffuse. Un peu à l'image d'un sachet de thé qui diffuse dans l'eau et petit à petit, la concentration de sucre dans l'eau augmente.
[10:31]Le diffuseur, Jamy, c'est ça, un énorme cylindre qui fait 60 mètres de long, plus de 6 mètres de diamètre et dans lequel circulent 300 mètres cubes d'eau, ça fait 300 tonnes et autant de cossettes. Et à la sortie, vous allez voir ce qu'on récupère.
[10:54]Alors, voilà ce que l'on obtient. D'abord, de la pulpe, ce sont les cossettes vidées de leur sucre. Elles n'ont plus du tout de goût, c'est pas très bon. Et surtout, surtout, beaucoup plus précieux, un jus de diffusion qui lui est composé de 84 % d'eau, 12 à 13 % de sucre et le reste, ce sont des impuretés, mais elles, on va s'en séparer vite fait bien fait.
[11:17]Et vous savez avec quoi on les enlève les impuretés ? Avec des pierres de calcaire que l'on chauffe à haute température pour faire du lait de chaux. Mais oui, la chaux, la même que celle que l'on met sur les murs des maisons. Bon, sauf qu'elle est plus liquide.
[11:30]Alors, on mélange ce petit lait au jus de diffusion, on ajoute un peu de gaz carbonique pour solidifier les impuretés et on filtre.
[11:40]D'un côté, on récupère l'écume, ce sont les impuretés. Ça, c'est pas pour nous. Oh là là, non. Et de l'autre, on obtient un beau jus clair et sucré que l'on va faire bouillir dans des grandes marmites pendant des heures pour faire évaporer le maximum d'eau. Mmm, ça commence à sentir bon tout ça.
[11:58]Et ben ça va déjà mieux. Tout à l'heure on avait ça, un jus de diffusion peu concentré en sucre. Après nettoyage des impuretés et évaporation, on a obtenu ça, un sirop qui contient 60 à 65 % de saccharose.
[12:12]On se rapproche du morceau de sucre, Jamy, on se rapproche. Et moi je commence à fondre. Il fait au moins 50 degrés ici.
[12:18]Ah, à ta place, je sortirais d'ici avant d'être complètement liquide. Alors, pour obtenir du sucre, il faut que les molécules de saccharose se rapprochent. Seulement voilà, pour le moment, il y a trop d'eau.
[12:30]Et pourtant, je peux vous promettre que les molécules de saccharose, elles s'attirent, elles réagissent entre elles un petit peu comme des aimants. Seulement voilà, entre elles, il y a des molécules d'eau qui exercent également une force et qui empêchent ces molécules de saccharose de se rapprocher. La solution, c'est donc d'enlever de l'eau. Comment ? En chauffant.
[12:50]On chauffe, l'eau s'évapore, la concentration de sucre augmente et lorsque l'on franchit la barre des 65 % de sucre, les molécules se rapprochent, elles cristallisent. Et maintenant, je vais peut-être me faire tiens, une mandarine.
[13:05]Jamy, tu me gardes une petite sucette à la menthe pour après l'émission s'il te plaît ? D'accord, merci. Bon alors on en était où ? Ah oui, une fois que les cristaux ont bien grossi et qu'ils sont à la bonne taille, il faut les séparer du jus foncé que l'on appelle l'eau mère.
[13:18]C'est normal, c'est elle qui porte le sucre. La séparation de la mère et de l'enfant, enfin du sucre, se fait dans une centrifugeuse qui tourne à 1500 tours par minute.
[13:29]Alors si je calcule bien, cela fait 25 tours à la seconde, pas mal. On appelle cette opération le turbinage. Le sucre blanc est retenu sur les bords du panier et l'eau mère est évacuée à l'extérieur.
[13:41]À mon avis, on arrive à la fin des opérations. Mmm. Bon, alors vite, hein, parce que moi j'ai faim, hein, et puis Jamy, il va tout manger. Bah, et Fred au fait, où est-ce qu'il est passé ? Je suis sûre qu'il est en train de se goinfrer de sucre sous la centrifugeuse. Ouh !
[13:57]Vous voulez voir le résultat ? Suivez-moi. On obtient d'abord un sucre de premier jet, un sucre de première cuisson, il est naturellement blanc, il est pur et il est prêt à être consommé.
[14:10]Mais c'est pas fini, car de notre première cuisson, il nous reste l'eau mère qui est encore chargée en sucre. Et avec elle, on va fabriquer un sucre de deuxième jet.
[14:19]Jamy, j'en prends un peu. Encore ? Il est vraiment bon. Bon, ben alors là c'est pas juste, hein. Et moi alors ? Qu'est-ce qu'on fait de moi ? C'est toujours les mêmes qui travaillent. Bon, d'accord, je vous explique la suite.
[14:31]Après le sucre de deuxième cuisson, on arrive même à extraire un sucre de troisième cuisson. Bon, jusque là, vous me suivez. Ce sucre là, il n'est plus du tout blanc, il est roux, mais on va le raffiner pour le blanchir et pour le vendre.
[14:44]Le seul sucre roux que l'on trouve dans le commerce, c'est le sucre de canne et encore. Lui aussi, il arrive qu'on le blanchisse. C'est vraiment pas facile de s'y retrouver. La meilleure solution, c'est encore de regarder sur la boîte.
[14:57]Le sucre de canne lui, représente 75 % de la consommation mondiale. Le reste vient de la betterave. Et vous savez combien on en mange en France ? 35 kg par an et par habitant. Dis donc les petits gourmands, moi je trouve que j'ai bien travaillé cette année.
[15:11]Alors est-ce que je pourrais avoir un petit morceau de sucre ? C'est pour Noël parce que je n'ai pas eu de sucre avant et puis j'aimerais bien en avoir.
[15:17]Oh là là ! C'est drôlement grand ici, hein. Et au fait, Jamy, tu en veux toujours du sucre ? Non parce que je sais où sont les réserves. Viens voir un peu. Ça se passe en dessous. Tu vas être surpris.
[15:35]Eh eh eh eh ! Alors, Jamy, tu en veux combien ? Non parce qu'ici, j'ai tout ce qu'il faut. J'ai 40 mètres de sucre en poudre sous les pieds. C'est ici qu'on le stocke avant de le mettre en sachet. Eh, et puis c'est ici aussi qu'on le fait sécher parce qu'il est encore un peu humide. Ah !
[15:56]Le sucre en pierre, enfin, en morceau. Du sucre en pierre. Mais ça te suffit pas tout ça ? Ah, non. Ah bah tu as qu'à demander à la petite voix, hein. Du sucre en pierre. Il est pas bien lui, on a tout ce qu'il faut ici.
[16:10]La petite voix pourrait nous dire comment on fait du sucre en morceaux ? Bien sûr qu'elle le peut si vous lui gardez des bonbons. Bah, c'est facile de faire du sucre en morceau ou en pierre comme vous dites.
[16:18]Il suffit d'humidifier le sucre en poudre, de le mouler dans des petites alvéoles, et puis de le faire sécher sur des grandes plaques. Ensuite, il ne reste plus qu'à le mettre en boîte et à l'expédier dans les magasins. Tu vois, Jamy, c'est simple. Ça vous va comme ça ? Bon alors la petite voix, elle a mérité sa petite sucrerie. Ah, c'est pour moi tout ça ?
[16:36]Oh non, oh non, c'est trop, vous êtes trop gentils. Ah ben non, pas dans le café. Moi je préfère une poire belle Hélène ou oh oui, des fraises au sucre, oui des fraises. Oh, vous êtes trop bon, merci. Mmm.
[16:52]Oh là là, mais qu'est-ce qu'il est beau ce caramel ! Tiens, Jamy. Je t'ai ramené du sucre. Super ! Et c'est du bon, hein, du premier jet. Il est où ? J'ai une idée, si on avait plus de bonbons pour ce soir, ce serait encore mieux. Je pourrais peut-être aller faire un tour chez le confiseur d'à côté, hein.
[17:06]Fais attention à tes dents. Qu'est-ce que c'est que ça ? Ouais c'est chaud. C'est du caramel. Je viens de le terminer. C'est bon ! Fais attention à tes dents. Alors, qu'est-ce que c'est que le caramel au juste ?
[17:15]Et bien au départ, c'est du sucre dissous dans l'eau. Si on chauffe, l'eau s'évapore, il ne reste plus que du sucre, du saccharose, c'est-à-dire un composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène.
[17:27]Si on chauffe encore, et bien certaines molécules d'hydrogène et d'oxygène vont se combiner pour faire de l'eau qui va s'évaporer. Finalement, il reste du caramel, c'est-à-dire du saccharose avec moins d'oxygène et moins d'hydrogène.
[17:40]Et ça a l'air drôlement bon. Mmm. Oh, le goinfré, il va rien me laisser. Alors mange-le tout seul ton caramel, moi je vais avec Fred chez le confiseur là.
[17:49]On va faire des pâtes de fruits à l'abricot. Oh, ça paraît pas très dur à faire la pâte de fruits. Il suffit de mélanger de la pulpe, du sucre et de faire cuire, mais il faut quand même un bon coup de patte.
[18:00]Oh, dis donc, dépêche-toi Fred, on va pas tout gâcher. Comme ça ça va, là ? Parfait. On va essayer de pas déborder. Alors une fois que l'on a fait cuire la pulpe et le sucre pendant 3/4 d'heure à peu près, à 120 degrés, il n'y a plus qu'à couler ce jus de pâte de fruits dans des moules. C'est de l'amidon. Et le sucre dans la pâte de fruits ne sert pas simplement à donner le goût, il a également un rôle, on pourrait dire, conservateur puisque en quelque sorte, le sucre bloque les molécules d'eau et il empêche le développement des bactéries, c'est-à-dire ce qui pourrait donner au final des moisissures. Tout à fait. On continue, voilà. Parfait. Pas facile, il faut avoir un petit coup de main quand même. Ouais, va ton coup de main accélère-le un petit peu parce qu'on va quand même pas y passer le réveillon, hein. Elles sont pas encore fini tes pâtes de fruits. Après une petite demi-heure, une fois qu'elles sont devenues solides, on les retire de leur moule, on les brosse et on les passe à la vapeur quelques secondes pour les humidifier.
[18:54]Et ensuite, il n'y a plus qu'à les rouler dans le sucre. J'ai faim. Ah bah celles-là, elles sont pour moi, Jamy et Fred. Vous y touchez pas. Mais le sucre ne conserve pas seulement les pâtes de fruits. Il permet aussi de conserver les fruits au sirop, les fruits confits, les confitures. Et puis, il a aussi plein d'autres qualités le sucre.
[19:12]Il fait aussi dorer les pâtes, il peut être croquant pour les bonbons et même moelleux pour la guimauve. Ah, c'est bon tout ça. Oh, des marrons glacés ! On devrait dire des châtaignes glacées. Vous savez comment on les fait ? On les plonge dans un sirop de sucre chaud. Mais attention, il paraît que c'est très fragile, hein. C'est un vrai travail d'orfèvre.
[19:32]Sur 10 kg de châtaignes crues, vous obtenez en moyenne, terminée, 4 à 5 kilos de marrons glacés entiers. Les autres, ils sont partis en miette dans le sirop de sucre. Remarquez, s'il vous reste une petite miette, moi je veux bien, hein. Pour que les marrons glacés soient bons, les vrais marrons glacés comme cela, il faut les consommer dans un délai de 15 jours à 3 semaines. Au-delà, ils peuvent devenir durs comme une pierre. Et puis un petit conseil, si on vous offre des marrons glacés qui sont déjà durs, à mon avis, c'est qu'ils ont traîné au fond d'un placard pendant pas mal de temps, car en principe, s'ils sortent de chez le confiseur directement, et bien là, ils devraient être frais.
[20:11]Mais moi, je vais pas attendre qu'il se fossilise, Jamy, je vais goûter tout de suite, hein. Eh ben, fais attention à tes dents, hein. Oui, mais le sucre, ça donne du tonus, Jamy, du tonus. Ça donne surtout de l'énergie à nos cellules. Suivez-moi. Que se passe-t-il lorsque Fred mange un morceau de sucre par exemple ?
[20:26]Et bien ce sucre d'abord se dissout dans la salive, puis il descend dans l'organisme, il traverse l'estomac et se retrouve dans l'intestin. Là, il se divise en deux, d'un côté le glucose, de l'autre le fructose. Les deux vont rentrer séparément dans le foie. Le glucose d'abord, et bien lui, il sert de carburant à nos cellules. Donc, il repart immédiatement dans notre organisme, alimenté les cellules d'un muscle par exemple.
[20:51]Le reste, ce qui n'est pas consommé, est stocké dans le foie. Le fructose maintenant, et bien lui, une partie subit le même sort que le glucose, mais une partie seulement. Le reste est stocké dans l'organisme sous forme de graisse.
[21:06]Mandarines, cassis, moi je vais faire un petit berlingot à la menthe. Et mais tu sais Jamy, je t'ai raconté une histoire triste. Il paraît qu'il y a des gens qui peuvent pas du tout manger de sucre, ni chocolat, ni gâteau, ni bonbon. On appelle ça être diabétique.
[21:20]Oh, pas être drôle, hein. Oh, j'arrête. Pas de bonbon. Ben non, c'est pas drôle. Alors pourquoi les gens qui ont du diabète ne peuvent-ils pas manger de sucre ? Et bien, tout simplement, parce qu'ils en ont trop dans le sang.
[21:35]Pour que tout aille bien, il faut qu'il y ait 1 gramme de sucre par litre de sang. Seulement voilà, quand on mange du sucre, un bonbon par exemple, et bien le taux de sucre augmente dans l'organisme. Heureusement, pour réguler ce taux de sucre, on a un organe, le pancréas. Il sécrète de l'insuline. C'est un produit qui va faire absorber ce trop plein de sucre par nos cellules.
[22:00]En quelque sorte, c'est comme s'il ouvrait des portes pour faire absorber le trop plein de sucre. Alors chez les personnes qui ont du diabète, c'est cette insuline qui ne marche pas bien. Ou bien on produit de l'insuline, mais elle est inefficace, ça c'est le diabète des adultes, ou bien on ne produit pas assez d'insuline, ça c'est le diabète des enfants en général.
[22:19]Le diabète c'est un véritable casse-tête. Vous n'avez qu'à demander à Lucie. Elle doit équilibrer en permanence la quantité de sucre dans son sang. Trop de sucre, c'est dangereux pour sa santé car ses artères s'abîment. Pas assez de sucre, c'est le malaise à coup sûr.
[22:33]Elle ne peut donc pas manger tout ce qu'elle veut, mais pour avoir des forces, elle peut manger quand elle veut même en classe.
[22:38]Je peux manger quand j'ai faim. La maîtresse elle me grondera pas. Tandis que les autres, s'ils mangent, ben, ils les grondera, quoi. Et comment ça se passe quand tu fais un malaise ? Bah, je sens que je suis un petit peu fatiguée, je je suis pas bien quoi. Je travaille mal, j'écris mal parce que l'année dernière, j'ai fait aussi un malaise à l'école et je je voyais pas le tableau, je voyais trouble le tableau.
[23:00]Chaque fois qu'elle rentre de l'école, Lucie doit donc contrôler cette quantité de sucre en se prélevant une petite goutte de sang au bout du doigt. Ça, elle l'a appris à le faire toute seule. Ensuite, c'est un appareil qui fait l'analyse. Et puis il faut aussi que Lucie se fasse des piqûres d'insuline tous les matins et tous les soirs.
[23:20]Comme ça, son organisme arrive à assimiler le sucre. Ouais, bah, elle est drôlement courageuse, Lucie.
[23:25]De toute façon, il faut bien l'accepter un jour parce qu'on l'aura pendant toute la vie. Alors, autant l'accepter tout de suite, hein.
[23:32]Bon ben, tu nous excuses, Lucie, hein, c'est pas pour te faire envie, mais il faut qu'on continue notre cuisine, nous. On a encore du sucre sur le feu et cette fois-ci, on va fabriquer des berlingots au citron. Ça se fabrique comme des bonbons, du sucre cuit avec des extraits naturels de fruits, on mélange bien. Et la seule différence avec les bonbons, c'est que l'on tire la pâte sur un crochet.
[23:53]Nous allons passer la masse de sucre au crochet, de façon à la satiner pour faire ce que l'on appelle des berlingots.
[24:00]Ensuite, lorsque la pâte est encore chaude, on la roule et on la passe dans une machine à découper en forme de berlingots. Ah mais c'est Fred. Je suis sûr qu'il va encore en prendre un lui.
[24:14]Et hop, encore une petite série. Et voilà, Jamy, comment on obtient un délicieux berlingot parfum citron. Tu en veux un ? Oh non non, ça va, il y a ce qu'il faut dans le camion, hein. Eh ben, tant pis pour toi, tiens, mange. Oh, ça fait mal. Et une carie, et une. Alors d'où viennent-elles, ces caries ?
[24:30]Et bien, nos dents sont recouvertes d'une plaque. On dit la plaque dentaire. Mais on parle aussi de plaque bactérienne. Concrètement, on fait de l'élevage de bactéries sur nos dents. Alors, de quoi se nourrissent-elles, ces bactéries ? Et bien, elles adorent le sucre et elles sécrètent de l'acide. Et l'acide, et bien, ça attaque les mailles qui recouvrent nos dents.
[24:55]Ça fait des trous, les bactéries viennent s'y loger et elles finissent par attaquer le nerf. Et là, ça fait très mal. Ben, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Ah bah ça je t'avais prévenu. Tu as tous les bons bons, bons que j'ai trouvés. Tu en veux pas un jaune ? Non, je veux plus ! Un rouge ! Un rouge ! Un rouge. Un vert ? Non ! Joyeux Noël, hein. Joyeux Noël, hein.



