[0:00]Tout le monde en parle, c'est un phénomène présent dans nos sociétés. Beaucoup de personnes en souffrent et leur nombre ne cesse d'augmenter. Des facteurs comme les horaires décalés, le temps de transport, les activités professionnelles, la famille, les petits tracasseries quotidiens même, ou encore les examens ou concours peuvent favoriser l'émergence de ce phénomène. D'ailleurs, on peut en ressentir les manifestations en nous comme la sensation de bouche sèche, une transpiration inhabituelle, votre votre cœur qui bat plus vite, des rougeurs sur votre visage, une sensation de tension musculaire, l'apparition de troubles digestifs, bref, la liste peut être longue. Vous l'aurez probablement compris, il s'agit du phénomène de stress. Et dans cette vidéo, j'aimerais que l'on travaille sur l'apparition et les mécanismes physiologiques mis en jeu lors du stress. Allez go, c'est parti.
[1:09]Le stress peut être engendré par des situations de vie quotidienne, allant des plus positives comme pour les athlètes avant une compétition, un mariage, un nouveau travail, l'artiste avant de monter sur scène, ou encore une naissance, jusqu'à hélas, des situations beaucoup plus négatives comme une rupture sentimentale, un déménagement, la maladie, les allergies, la puberté, bref. Lorsque cette réaction de stress est ponctuelle et immédiate, on parle de stress aigu et je vous rassure tout de suite, cette réaction, ce stress est normal. Et selon les situations, vous l'avez compris, il existe le bon stress, le stress dit positif qui peut générer un ressenti de bien-être et ses causes en sont perçues comme source de plaisir procurant énergie, motivation, challenge, dépassement de soi. Et il existe le mauvais stress, celui qui peut vous démotiver, celui qui peut devenir une cause d'épuisement, celui qui finalement peut vous bloquer littéralement. Et dans cette vidéo, nous allons nous focaliser sur ce mauvais stress. En biologie, le mot stress décrit à la fois une situation contraignante pour un individu mais aussi l'ensemble des réactions qu'elle engendre. En physiologie, on peut mesurer différents paramètres au niveau sanguin. Et lorsque vous êtes en stress, votre glycémie, c'est-à-dire votre taux de sucre dans le sang, augmente. Et des hormones comme l'adrénaline ou encore le cortisol augmentent également. Et là, vous devez garder en tête qu'à ce moment-là, votre physiologie est alors modifiée. Il s'agit d'une réponse de votre corps face à l'agent stresseur qui correspond finalement au stimulus. Et oui, ces changements rapides et immédiats vont vous permettre de faire face à cette situation que vous vivez comme une perturbation. Vous réagissez en mobilisant tout un ensemble de ressources ici, plus de glucose dans votre sang et la libération d'adrénaline et de cortisol. Tout cela vous permet de vous adapter, on parle de phase d'alarme, c'est-à-dire de réaction de survie immédiate dans laquelle vous mobilisez très rapidement vos ressources. Votre vigilance est accrue pour interpréter la situation de stress et réagir au plus vite. Elle demande beaucoup d'énergie à l'organisme et elle dure de quelques minutes à 1 heure au maximum et à l'issue de cette phase, le corps retrouve l'équilibre. c'est-à-dire retrouve son état initial, c'est ce que l'on appelle la résilience. Le stress en tant que réaction d'alerte doit rester occasionnel et ne pas s'installer dans la durée. Regardons maintenant les structures déclenchant la réaction de stress. Alors pour répondre à cela, plongeons ensemble dans votre corps et plus précisément au niveau de votre cerveau. Il a été montré par imagerie cérébrale que chez des personnes ayant été soumises à un agent stresseur, c'est la situation 2 sur votre écran, comparé à une situation sans agent stresseur et c'est ici la situation 1, et bien par IRM, les scientifiques ont observé une zone qui était beaucoup plus active. Cette zone se trouve ici en jaune sur votre écran. avec une vue sagitale donc c'est-à-dire une coupe gauche droite en haut de votre écran ou en dessous avec une vue dite axiale qui vous permet d'apprécier la localisation plus précise avant arrière au niveau du cerveau. Il s'agit du système limbique. Alors, pour faire simple, le système limbique regroupe différentes régions du cerveau impliquées dans les émotions comme l'agressivité, la peur ou encore le plaisir. Ce système communique avec de nombreuses structures de l'organisme par voie nerveuse et comme vous le voyez ici, il existe une connexion nerveuse directe avec les glandes surrénales. Par un intermédiaire que je vous présente ici, c'est un air appelé le nerf splanchnique. Ça s'écrit splanchnique mais ça se dit splanchnique. Alors, comme son nom l'indique, il s'agit de glandes se trouvant juste au-dessus des reins, donc sur les reins, surrénale. C'est bon pour vous? Vous voyez l'idée? Quand on réalise une coupe au travers de ces glandes, on peut observer une structuration en deux grandes parties. Tout d'abord en périphérie, une zone appelée cortex ou encore corticosurrénale comme sur votre écran. Et au centre, une zone appelée médullosurénale et vous pouvez voir deux grandes catégories de cellules schématisé ici pour vous. Des cellules rouges, donc représentant des vaisseaux sanguins, donc c'est un organe ici très bien irrigué, riche en vaisseaux sanguins. Et tout autour, vous avez des cellules de couleur bleue que l'on appelle des cellules chromaphines. Ce sont des cellules qui sécrètent directement dans le sang de l'adrénaline. Donc à retenir pour vous, c'est que en réponse à un agent stresseur, le système limbique communique par voie nerveuse avec les médullosurrénale qui à leur tour libère une hormone dans le sang, notre fameuse adrénaline. Cette adrénaline est responsable de plusieurs choses. Elle agit sur des organes cibles comme le cœur en augmentant alors le rythme cardiaque. Elle agit sur les poumons en augmentant alors la fréquence respiratoire et agit sur tout un ensemble d'organes responsable de l'augmentation de la glycémie. Cette réponse est immédiate face à l'agent stresseur, mais elle n'est pas seule. Il existe une réponse plus tardive et c'est ce que nous allons voir maintenant. De nouvelles expériences ont permis de montrer qu'un autre acteur était impliqué dans la réponse à ce stress. Pour comprendre cela, je vous propose de retourner rapidement au niveau de notre cerveau. En plus du système limbique au niveau de votre cerveau, vous avez une petite partie de de quelques centimètres cubes dans cette zone centrale, je vous l'entoure sur votre écran et je vous fais un petit zoom d'ailleurs, il s'agit de ce que l'on appelle l'hypothalamus. C'est une structure se trouvant, comme son nom l'indique, hypo, signifiant sous ou en dessous, et bien cette structure se trouve sous le thalamus. Et cette structure a la capacité de synthétiser des hormones qui libèrent alors dans un petit réseau sanguin que vous avez juste en dessous. Il libère notamment une hormone impliquée dans cette réponse au stress, il s'agit de la CRH. Alors CRH, c'est un acronyme anglais qui signifie H pour hormone, R pour release, reléase, et C pour corticotropine. Alors en français, on la nomme corticolibérine. Mais par simplicité, dans cette vidéo, on gardera l'acronyme CRH, c'est beaucoup plus simple. Alors, ces hormones CRH libérées par l'hypothalamus vont alors circuler et être transporté vers une glande qui se trouve juste en dessous de l'hypothalamus. Cette glande s'appelle l'hypophyse et elle se subdivise en hypophyse antérieure et hypophyse postérieure. Alors, l'hypophyse dans son ensemble est toute petite, vous pouvez garder en tête si vous voulez que elle est en gros de la taille d'un petit pois pesant autour de 0,5 g. Et une fois activée par l'hormone CRH, notre hypophyse répond à ce stimulus en synthétisant à son tour des hormones spécifiques qui sont libérées dans le sang. Et ici, dans cette situation, l'hormone libérée se nomme ACTH. à ne pas confondre avec la CRH que l'on vient de voir juste avant, hein. Et donc ACTH c'est un acronyme anglais qui signifie adréno, cortico, trophique, hormone. On l'appelle aussi tout simplement l'hormone corticotrope. Et cette hormone a une action cible, elle stimule la synthèse et la libération d'hormones provenant d'un organe dont je vous ai déjà parlé tout à l'heure. Les voici nos fameuses glandes surrénales. Plus précisément ici, nos hormones corticotrope ou ACTH vont agir au niveau de la partie externe, donc au niveau de la corticosurrénale. Et qu'est-ce qui se passe ici même ? Et bien, les corticosurrénale vont alors libérer dans le sang à leur tour une nouvelle hormone appelée le cortisol.
[9:09]OK. Alors là, vous allez me dire, waouh, là là là, tout ce qu'il y a, oui, n'ayez pas peur. Ce n'est pas évident quand on le découvre pour la première fois, vous avez finalement ce qu'on appelle toute une cascade avec différentes molécules depuis l'hypothalamus que je vous entoure sur votre écran, jusqu'au cortisol avec des relais. L'hypophyse puis les glandes surrénales. Est-ce que vous me suivez bien? Ce cortisol va circuler dans tout l'organisme et modifier certaines fonctions au niveau du système digestif et du métabolisme, comme par exemple, stimuler la fabrication et libération de glucose dans le sang, mobiliser les réserves de graisse présente, favoriser le métabolisme des protéines au niveau des muscles, bref, tout ceci va permettre de fournir de l'énergie à l'organisme. Mais attention, en parallèle, ce cortisol va aussi inhiber d'autres fonctions comme la réponse inflammatoire, en d'autres termes, ça veut dire que l'augmentation de cortisol va empêcher ou s'opposer, si vous voulez, à la réaction inflammatoire. Il va réduire le temps de cicatrisation, il va s'opposer à la réponse immunitaire cellulaire, bref, en gros, il va vous affaiblir l'activité du système immunitaire en général. Cette augmentation de cortisol sanguin va également réduire et ralentir la croissance osseuse et cartilagineuse. Il va ralentir la digestion et donc réduire l'absorption de certains ions minéraux par exemple. Enfin, le cortisol agit aussi sur l'hypothalamus et l'hypophyse qui libère alors moins d'hormones stimulant les glandes surrénales. Cela évite notamment que la machine finalement ne s'emballe. Le cortisol limite ici sa propre sécrétion. On parle donc de rétrocontrôle négatif. Et c'est ce rétrocontrôle négatif qui favorise le rétablissement des conditions initiales plus au calme et c'est en cela que cela participe à la résilience de l'organisme. OK pour vous?
[11:25]Alors finalement ici, sur votre écran, c'est une réponse qualifiée de plus tardive qui se met en place avant un retour à une situation d'équilibre plus au calme grâce au rétrocontrôle négatif. C'est ce rétrocontrôle qui participe à la résilience car il favorise le rétablissement des conditions de fonctionnement durable de l'organisme.
[11:59]Merci à tous pour votre attention. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes ces informations dans le chapitre 19 du manuel Nathan, spécialité SVT. Vous y retrouverez tout ce que l'on a vu dans la vidéo et bien plus encore. On est dans l'avant-dernier chapitre. Donc profitez bien, il ne reste plus que une vidéo et on aura terminé tout ce programme de terminal spécialité SVT. Chers élèves de terminal, voici en quelques mots ce que vous devez connaître dans ce chapitre. Le stress aigu est une réponse normale d'un organisme face à un agent stresseur. Cette réponse est associée à des modifications physiologiques comme la libération d'adrénaline, de cortisol, de glucose, mais aussi par l'augmentation de la fréquence cardiaque, la fréquence ventilatoire. Tous ces changements permettent ce que l'on nomme l'adaptabilité physiologique de l'individu à l'agent stresseur et cela favorise sa résilience. La résilience est la capacité d'un organisme à retrouver un fonctionnement durable après avoir subi une perturbation. Alors, face à l'agent stresseur, il existe une réponse immédiate. C'est le système limbique qui envoie des messages nerveux aux glandes médullosurrénale. Elles libèrent de l'adrénaline qui permet l'augmentation de la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, ainsi que la libération de glucose dans le sang. Toutes ces modifications physiologiques sont rapides dans le temps. Et dans un second temps, une réponse plus tardive se met en place avant un retour à l'équilibre. Cela implique l'hypothalamus, une structure du cerveau qui libère la CRH stimulant la sécrétion d'ACTH par l'hypophyse. Cette ACTH provoque la libération de cortisol par les glandes corticosurrénale. Le cortisol facilite la libération de glucose mais inhibe en parallèle certains aspects de la réponse immunitaire. De plus, ce cortisol agit en retour sur le complexe hypothalamo-hypophysaire, cela constitue un rétrocontrôle négatif, ce qui participe à la résilience, c'est-à-dire pour l'organisme de retrouver un fonctionnement durable après avoir subi une perturbation.
[14:21]Voilà, je vous place en bas à droite de votre écran la vidéo suivante sur ce même thème. Si vous voulez avoir plus d'informations sur l'épisode, cliquez juste en dessous, n'oubliez pas bien sûr de vous abonner, de partager et liker. Si cette vidéo vous a plu, ça m'encourage à vous en créer de nouvelles pour votre réussite. Je vous dis à bientôt, ciao.



