Thumbnail for VOUS N'AVEZ PAS COMPRIS RAMA - TKOUTKOI #1 by Nakopsy

VOUS N'AVEZ PAS COMPRIS RAMA - TKOUTKOI #1

Nakopsy

14m 33s2,557 words~13 min read
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[0:00]J'ai découvert Rama avec partir loin, à une époque de ma vie où j'étais un peu dans un tunnel. Pour moi, ce morceau, c'était presque la promesse qu'il y avait une sortie quelque part. Une lumière encore flou mais réelle. Puis, pour moi, il y a aussi eu océan triste. Ce projet, je l'ai écouté quand j'étais enfant sorti du tunnel, mais que j'étais complètement perdu au fond de moi-même. Comme si Rama avait accompagné deux chapitres différents de la même chute. À cette époque, sa musique, elle avait quelque chose de rare. Un cloud mélancolique, flottant, presque brumeux où chaque prod semblait suspendu entre le rêve et la douleur. Sa voix, elle cherchait jamais à dominer l'instru. Elle s'y fondait comme une émotion qu'on arrivait pas à formuler. Et surtout, il y avait cette écriture. Pudique, profonde, intime, capable de dire le vide, la fuite, le manque, mais sans jamais que ça soit forcé. Rama, c'était pas juste un artiste qu'on écoutait, c'était une sensation qu'on traversait. Frère pourtant besoin d'une épaule Comme je me sens mal, je vais vider mes poches, je vais faire un tour en pause. Dans la ville.

[1:17]Rama, dès ses premiers morceaux, il s'inscrit dans une logique presque inverse à celle de beaucoup d'artistes de sa génération. Là où beaucoup d'autres cherchent à imposer une image, il impose d'abord un ressenti. Son identité musicale se construit autour de l'introspection, des textes écrits comme des pensées qu'on n'aurait jamais dû entendre, des phrases courtes, fragiles, souvent suspendues qui parlent du manque d'errance, de solitude.

[1:54]Et au centre de tout ça, il y a cette voix auto-tunée, aérienne, vaporeuse, jamais démonstrative. Une voix qui semble flotter au-dessus des prod cloud comme un souvenir qui refuse de disparaître. AB Cerap, ça a été le catalyseur de cette rencontre avec le public. Pas seulement parce que la plateforme elle offrait de la visibilité, mais parce qu'elle a placé Rama au bon endroit, au bon moment face à une génération qui cherchait précisément ce type de musique-là. Une musique capable non pas de la divertir, mais d'absorber un état émotionnel. C'est là que se jouent le vrai succès des morceaux comme partir loin, malade ou aller de l'avant. Ces titres fonctionnent pas simplement parce qu'ils sont beaux ou bien produits, ils fonctionnent parce qu'ils deviennent utiles. Partir loin, c'est le fantasme de l'évasion. Aller de l'avant, c'est la promesse qu'on peut survivre à ce qu'on ressent. Et c'est peut-être là que Rama a créé malgré lui une entente impossible. Le public ne voulait pas seulement de nouvelles chansons, il voulait retrouver ce que ses chansons lui procuraient. Il voulait que Rama continue d'être ce refuge émotionnel, ce médicament discret qu'on relance quand tout vacille. Chaque chose en son temps, j'ai l'impression de perdre le mien. Comment tu veux avancer quand tous les jours tu perds les tiens ? Je me sens vraiment mal, j'écoute à fond partir partir loin. Mon cœur sur la table, il y a un couteau, je pense à tracer mes mains. Au moment où Rama émerge, le paysage rap français est traversé par une mutation esthétique très particulière. Le cloud rap explose, porté par une génération qui préfère l'atmosphère à la démonstration, la texture à la performance. Et Rama, il arrive exactement à ce moment-là, dans cette brèche. Ses premiers morceaux ne se contentent pas d'exister musicalement. Ils installent un univers. Tout ça participe chez lui à une sensation de flottement. On n'écoute pas seulement Rama, on rentre dans un état. Ces productions sont brumeuses, saturées de reverb, des fois presque liquides. Elles donnent l'impression d'une voix qui viendrait de loin, comme enregistrée dans une pièce vide ou depuis un souvenir en train de se dissoudre. Et c'est précisément ce choix qui rend ses morceaux si singuliers. Rama ne cherche jamais la performance technique. Il cherche avant tout la vibration émotionnelle. J'voulai l'emmener en croisière mais mon cœur aussi, je pose à des questions au ciel et j'attends un signe. Est-ce que le son c'est bon ? Est-ce que faut que je m'acharne ou que j'arrête ? Parce que raconter ces trucs ça fait un problème dans ma tête. Dans aller de l'avant, cette logique atteint une forme d'évidence. Le morceau part d'une rupture, mais d'une rupture au sens large, affective, intérieure et existentielle. Le texte est simple, presque dépouillé, mais cette simplicité qui le rend si universel, chacun peut y proster sa propre perte. Et puis il y a cet usage de l'autotune, essentiel pour comprendre Rama. Chez lui, elle ne sert pas qu'à lisser la voix ou à suivre une tendance. Elle sert à en fragiliser le timbre, elle crée une distance étrange, presque robotique comme si la voix était trop épuisée pour se livrer sans filtre. Mood noir lui, il agit différemment. C'est plus seulement une chanson, c'est la fixation d'une identité artistique. Avec ce titre, Rama devient le visage d'une jeunesse qui ne cherche plus à faire la fête, mais à mettre des mots sur ses démons silencieux. C'est là que se construit le paradoxe, parce qu'à force d'être cette bande son de la mélancolie, Rama finir par devenir bien plus qu'un artiste pour son public. Il devient son refuge. Ses morceaux accompagnaient les ruptures, les insomnies, les périodes de vide. Il consolait sans parler directement aux gens. Mais lorsqu'un artiste devient un refuge émotionnel, un mécanisme dangereux et vicieux s'installe. Le public ne veut plus qu'il change. Il ne veut pas voir l'artiste évoluer, il veut qu'il reste dans cette chambre sombre à écrire éternellement les mêmes couplets, les mêmes morceaux tristes pour continuer à produire la même consolation.

[5:50]Et il faut aussi comprendre une autre chose, une partie du public qui a découvert Rama à cette époque consommait avant tout des morceaux isolés, des titres capables de capter une émotion immédiate en 3 minutes dans un moment précis de leur vie. Pacher de cette logique du single ou du de l'EP, à un album plus dense, plus conceptuel, plus narratif, demander une implication différente que tout le monde n'était pas forcément prêt à suivre. Ça fait un moment que je gratte des sons dans un placard, ça va péter comme un big, bientôt on s'niche près du soleil. En attendant, j'écris, je dors pas la nuit, je vais raconter toute ma vie pour gagner un bout de paradis. Si si mon c'est réel, je gratte toute la réale, tout ça pour qui comprend juste dans un putain d'réel, ouais toi et ton avis. Avec dimension 7, Rama opère un déplacement fondamental. C'est pas un simple changement de direction musicale, c'est un changement de langage. Là où ses premiers morceaux fonctionnaient comme des refuges immédiats, presque instinctifs, les sons de dimension 7 abandonnent un peu cette logique de consolation directe. On passe du mood au concept, d'une musique qui enveloppait l'auditeur dans une émotion familière, Rama bascule vers une œuvre qui cherche à explorer quelque chose de plus nu, de plus profond, sa propre substance humaine. Ce virage, il est essentiel dans sa compréhension parce qu'il explique en grande partie la réception un peu plus discrète du projet dimension 7. Dimension 7 n'est pas moins émotionnel que ses anciens morceaux, au contraire, les sont le sont davantage. Mais cette émotion n'est plus formulée de manière accessible ou immédiate. Elle n'est plus traduite pour l'auditeur. Elle est livrée brute, parfois opaque, parfois inconfortable. Et c'est précisément ce qui rend l'album plus difficile d'accès. Là où partir loin ou aller de l'avant, attrapait l'auditeur dès les premières secondes par une mélodie identifiable, un sentiment universel. Les sons de dimension 7 imposent souvent d'abord le décor. Les sons demandent plus de temps, ils demandent d'entrer dans son rythme plus intérieur. Ce n'est plus Rama qui vient vers l'auditeur, c'est l'auditeur qui doit accepter d'aller vers Rama. Musicalement, cette mutation, elle s'entend directement. Sur les premiers titres, la voix se fondait dans la matière cloud, elle faisait corps avec la brume sonore comme un élément parmi d'autres dans une atmosphère globale. Dans dimension 7, la voix change de statut. Elle ne flotte plus dans l'instrumental. Elle devient le centre nerveux du morceau. Elle est le reflet direct et profond de Rama, souvent posé sur des nappes de piano dépouillé et parfois sur des structures de piano trap qui laissent davantage d'espace au texte, au souffle et à la fragilité de son timbre. Cette musique ne cherche plus à créer un cocon émotionnel, elle cherche plus à exposer une intériorité. Et forcément, une œuvre qui expose autant l'être humain derrière l'artiste devient plus exigeante. Parce qu'elle ne propose plus simplement de ressentir avec Rama, elle demande de le comprendre. 20 % de bonheur, je me concentre sur le reste. Per c'est dans le rap, c'est mon plan appelle pas ça un rêve. Je vois comment tu traites les ti, je me sens mal quand tu en parles. Tu te demandes comment je fais ? Et c'est peut-être là au fond que se trouve le malentendu autour de Rama. On a cru que les chiffres baissaient un peu ou qu'ils n'étaient pas aussi bons qu'avant parce qu'il avait perdu quelque chose. Alors qu'en réalité, il a simplement cessé de faire la musique qu'on attendait de lui. Ces premiers morceaux étaient des portes d'entrée immédiat, universel, presque thérapeutique. Dimension 7 lui, c'est pas une porte d'entrée, c'est une pièce intérieure. C'est un endroit plus sombre, plus nu, mais aussi plus exigeant. Ou Rama ne cherche plus seulement à être le refuge de tout le monde, mais à être fidèle à ce qu'il est devenu. Et c'est souvent le prix à payer quand un artiste grandit. Moins de confort, moins d'évidence, moins de consensus. Un signe dans la nuit, près de la mer. Un signe, là où toi je vois que je taille dans la neige, les planètes se font face à la terre et moi je suis. Je me casse dans la scène, une moitié déconnectée, je vois tout ce qui me reste dans sa tête.

[10:07]À cela s'ajoute une autre réalité, le rap a changé. Entre ses premiers morceaux et aujourd'hui, l'écosystème s'est déplacé vers l'instantané. TikTok a fragmenté l'écoute. Les formats courts ont remplacé l'attente et les albums sont souvent consommés comme des vitrines de 30 secondes. Or, Rama fait une musique qui demande du temps, de la disponibilité, presque même de la patience. Tout ce que le marché actuel récompense de moins en moins. Rama n'a pas disparu. Il n'a pas raté son virage, il a simplement choisi d'aller plus loin que l'image que le public s'était construite de lui. Le vrai problème, c'est pas que Rama a changé, c'est qu'on continue d'écouter ses nouveaux projets avec tes attentes qu'on avait pour ses anciennes blessures. Et peut-être que comprendre Rama aujourd'hui, c'est accepter qu'un artiste n'est pas condamné à rester éternellement la bande son de nos anciens tunnels. J'ai pris conscience sur carte des zot en tiron, dans la cour, j'avais ni les pompes ni les sapes, j'étais un parmi les bourges, j'ai y aller la boule au ventre, au bout d'un j'allais plus du tout. Personne sait trop pourquoi mais la psy dit que c'est des troubles, je suis un peu décalé des sots, je décidais de venir un robot parce que être une copie c'est cool, je me donne un petit style de bobo. Ça vote à 3 à la maison, je mets du la dans ma. Je répétais leur texte dans le noir, je voulais faire pareil qu'eux en attendant, je vais au lycée, je donnerais tout pour me faire remarquer. J'ai plein de tours dans ma manche que je sors pour me faire remarquer, ça fait les 400 coups, ça rentre, je mangeais une tarte par la daronne. Mais bon, c'est pas grave, on chatit bien surtout vu tout ce que l'on te donne, ça se voit qu'il y a un truc dans les yeux, on espère que c'est pour être médecin. Maman, prends un peu de temps quand elle comprend que ça va pas être si simple. Mais bon, c'est pas grave, dans ma tête, j'ai fait des plans sur la comète. J'ai trouvé de quoi la sublimer pour mieux exprimer ma colère. Avant de mourir, j'aurais tout fait sur terre, je vais m'étouffer sur scène, avant le rap. Salut les amis, voilà, euh, deuxième petit tout trop hors vidéo un peu pour pour euh expliquer voilà, rapidement, je vais pas prendre trop de temps. J'essaie ce nouveau concept. Euh j'avais hésité à le faire entre Soko et euh Rama. Euh je trouve que il y a il y a plus grand-chose, il y a pas grand-chose à dire sur Soko étant donné que pour moi, le Soko est mort. Euh tout simplement. Euh pour pas parler de magie et de laos, pour moi, Soko c'est vraiment mort, c'est terminé donc c'est c'est pas très intéressant de parler d'un artiste qui est mort. Euh donc je préférais parler de Rama, étant donné que j'ai j'ai beaucoup j'ai peut-être un peu moins écouté sa musique mais je l'ai beaucoup plus analysé. Euh voilà, j'espère que ça donnera envie à certains d'écouter Rama. J'ai pris vraiment un spectre assez précis de Rama voilà. Rama c'est pas que toutes ces transitions là, Rama c'est plein d'autres trucs. Rama c'est aussi le collectif 222, c'est un travail avec Sauvageon avec plein d'autres artistes. Euh donc de 222 justement. Rama c'est pas que ça, j'ai vraiment pris un prisme précis de ses anciens sons un peu sad rap. Bon, je parle de cloud, mais en fait c'est beaucoup de sad rap, il est passé vraiment sur quelque chose de qui lui ressemble peut-être un peu plus aujourd'hui. Euh en tout cas, je vous invite si vous connaissez pas à aller écouter. Si vous connaissez et que potentiellement vous connaissez et vous me connaissiez pas moi, je vous invite à vous abonner parce qu'en fait, je fais pas assez de concepts là d'habitude. Moi je suis un petit guignol. Je refrais ce concept à l'avenir, si ça a plus, si dans mes retours, j'ai des bons retours. Voilà. Moi, il y a partir loin, aller de l'avant qui m'ont marqué à l'époque. Je pense que le P c'est en triste c'était une dinguerie. Voilà. Et après bien sûr, bah dimension 7, dimension 7 un très bon album forme étoile. forme étoile dans mon cœur à tout jamais. Moi, j'attends la suite parce que c'est quelqu'un qui est pas très productif. Euh pour pour certaines il a pas terminé de nous raconter des choses. Parce que je trouve que c'est très intéressant et moi j'adore écouter. Même les sons que je qui ne se relay pas, je trouve que même les sons pas playlistable, je trouve que c'est important de les écouter, c'est assez intéressant de les écouter au moins une fois. Moi, il y a certains sons que j'aime pas énormément, mais je les ai quand même écouté une fois et c'est intéressant pas pas forcément musicalement, des fois c'est intéressant textuellement. Donc voilà, allez passer un coup d'œil si vous connaissez pas au moins pour comprendre le sujet de la vidéo voilà, allez écouter les anciens, les nouveaux, vous allez comprendre un peu ce que je veux dire par là. Et j'espère que la vidéo elle a plu. Merci à tous.

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