Thumbnail for Comment expliquer l'engagement politique? (2/2) | Terminale SES (Bac 2025) by BrefSES

Comment expliquer l'engagement politique? (2/2) | Terminale SES (Bac 2025)

BrefSES

10m 21s1,692 words~9 min read
YouTube auto captions
Transcript source

YouTube auto captions

This transcript was extracted from YouTube's auto-generated caption track. The transcript below is server-rendered so it can be read, searched, cited, and shared without opening the original YouTube player.

Timestamped outline
Pull quotes
[0:00]On se retrouve aujourd'hui pour la fin du chapitre comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques.
[0:10]Les caractéristiques sociodémographiques d'un individu influencent la probabilité qu'il s'engage politiquement.
[0:10]Tout simplement, ça veut dire que certains groupes d'individus s'engagent plus que d'autres.
[0:10]On le voit par exemple en observant les données sur le taux d'adhésion à une association.
Use this transcript
Related transcript hubs

[0:00]Salut à tous. On se retrouve aujourd'hui pour la fin du chapitre comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques.

[0:10]Les caractéristiques sociodémographiques d'un individu influencent la probabilité qu'il s'engage politiquement. Tout simplement, ça veut dire que certains groupes d'individus s'engagent plus que d'autres. On le voit par exemple en observant les données sur le taux d'adhésion à une association. Prenons le critère du niveau de diplôme. On voit que les plus diplômés s'engagent plus souvent dans des associations et que les individus les moins diplômés. Par exemple, 30 % des individus titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur sont adhérents à une association, contre seulement 15 % des personnes titulaires d'un CAP. Et on remarque le même phénomène lorsqu'on regarde les données pour d'autres formes d'engagement politique. Si on prend le vote, par exemple, là encore, les plus diplômés s'engagent davantage que les moins diplômés. De la même manière, si on prend le critère de la catégorie sociale, on peut observer des différences d'engagement. Les individus qui appartiennent aux PCS favorisées comme celle des cadres, s'engagent en moyenne plus souvent. On voit ainsi que les cadres adhèrent plus souvent que les ouvriers à des associations, ou encore qu'ils participent davantage en votant aux élections législatives et présidentielles. Les sociologues expliquent ce phénomène de la manière suivante. Les cadres et les plus diplômés s'engagent plus que les autres parce qu'ils ont un plus grand sentiment de compétence politique. C'est-à-dire qu'ils ont davantage le sentiment de bien comprendre, de bien cerner les enjeux politiques. Qu'ils aient raison ou non d'avoir ce sentiment-là, peu importe. Car évidemment, plus un individu a le sentiment de comprendre la politique, plus il est susceptible de s'engager. Si tu as l'impression de rien capter, que la politique te dépasse, que tu te penses incapable de juger ce que le gouvernement devrait faire ou ne devrait pas faire, et bah alors il est assez peu probable que je te trouve dans une manifestation un samedi après-midi. C'est assez logique. Passons maintenant aux autres variables sociodémographiques. Si on prend la variable de l'âge, on remarque que les plus âgés s'engagent davantage que les plus jeunes. En prenant la variable de la génération, on remarque que les générations les plus anciennes s'engagent davantage que les générations les plus récentes. En particulier sur ce point, les sociologues remarquent que les générations d'individus nés avant 1980 s'engagent plus que les générations nées après 1980. Cette fois, l'explication est à chercher ailleurs. Les sociologues expliquent que ces résultats sont liés au fait que les plus jeunes et les générations récentes sont plus méfiants à l'égard du monde politique. Ils ont moins confiance en les hommes politiques. Ils les soupçonnent davantage d'essayer de duper la population. Et cette méfiance, elle les pousse à prendre de la distance par rapport au monde politique et donc à ne pas s'engager. Et enfin, si on prend la variable du sexe, on remarque que les hommes s'engagent grosso modo autant que les femmes. légèrement plus, mais c'est pas significatif. Mais ce qui est intéressant de noter, c'est que les hommes et les femmes ne s'engagent pas de la même manière. Par exemple, les hommes s'engagent plus souvent dans les partis politiques, alors que les femmes s'engagent plus souvent en adhérant à des associations humanitaires et caritatives. Autre différence intéressante, les hommes occupent plus souvent que les femmes les postes de dirigeant au sein des partis, des associations et des syndicats. La différence dans la manière de s'engager entre les hommes et les femmes s'explique en grande partie par la socialisation genrée. Du fait de leur éducation, les hommes développent plus souvent un goût pour la prise de parole en public et la compétition par exemple. Et ça, ça peut expliquer qu'ils apprécient davantage s'engager dans les partis politiques qui participent à la compétition électorale. Et qu'ils occupent plus souvent des postes de dirigeants, postes auxquels il faut aimer et savoir faire des discours. Mais garde en tête qu'il y a d'autres facteurs que la socialisation qui peuvent expliquer ces différences.

[4:02]Une action collective a toujours un but, un objectif. Cet objectif, c'est ce qu'on appelle l'objet de l'action collective. Depuis le 19e siècle jusqu'en les années 1980, les actions collectives ont pour objet principal la qualité des emplois. Les travailleurs se mobilisent collectivement pour obtenir des augmentations de salaire, des améliorations des conditions de travail, une plus grande variété des tâches, et cetera. Toutes les actions collectives qui visent à obtenir une amélioration de la qualité des emplois, c'est ce que les sociologues qualifient de conflit du travail. Le conflit du travail typique, c'est tout simplement un ou plusieurs syndicats qui toque à la porte de leur du patron de leur entreprise pour obtenir des augmentations de salaire ou une amélioration des conditions de travail. Le patron refuse, et donc les syndicats en représaille organisent une manifestation, une grève, voire le blocage de l'usine pour faire pression sur le patron. Parce que oui, quand l'usine ne peut pas fonctionner correctement, les patrons, c'est-à-dire les actionnaires, ils perdent de l'argent. Et ils sont alors plus enclin à négocier pour que ça s'arrête. Mais à partir des années 80, le nombre de conflits du travail diminue. Tandis qu'à l'inverse, il y a de nouveaux enjeux de mobilisation. Les gens se mobilisent pour d'autres enjeux. En particulier, les individus se mobilisent de manière croissante pour obtenir de nouveaux droits dans la vie de tous les jours ou pour défendre leurs opinions. C'est dans ce contexte que les luttes écologiques et les luttes minoritaires deviennent de plus en plus nombreuses. Le terme lutte minoritaire désigne toutes les actions collectives qui vise à défendre les droits d'une minorité. Que cette minorité soit la population noire ou arabe, les femmes, les homosexuels, et cetera. La diffusion du hashtag MeToo sur les réseaux pour dénoncer les auteurs de violence sexuelle est un exemple de lutte minoritaire visant à défendre les droits des femmes. Tout comme les manifestations anti-racistes qui ont eu lieu après la mort d'Adama Traoré en 2016 et qui constitue un autre exemple de lutte minoritaire. Tu noteras toutefois que même si les conflits du travail ont diminué, ils n'ont pas disparu, loin de là. On en observe encore régulièrement et ils sont parfois très importants.

[6:17]Les sociologues ont observé à partir des années 1980 non seulement une transformation des objets de l'action collective, mais aussi une transformation des acteurs, des organisateurs des actions collectives. Parce que oui, une grève, une manifestation, une grève de la fin, une pétition ou n'importe quelle autre action, bah il faut bien qu'il y ait des gens qui l'organisent. Concrètement, pour organiser une manifestation ou une grève, par exemple, il faut déjà décider de la date et du lieu. Il faut obtenir des autorisations de l'État, désigner un porte-parole qui parle dans les médias, qui négocie avec le gouvernement ou les chefs d'entreprise. Il faut éventuellement produire des incitations sélectives pour qu'il y ait beaucoup de personnes qui participent, et cetera. Et les sociologues remarquent que jusque dans les années 1980, les actions collectives sont quasi systématiquement organisées par trois acteurs. Les syndicats, normal puisque la plupart des actions collectives avait pour objet le travail à cette époque. Mais les actions collectives étaient aussi dans une moindre mesure organisées par certains partis politiques, comme le Parti communiste, ou encore par des associations, comme la Croix-Rouge ou Emmaus. Mais à partir des années 1980, on note un changement. Il devient de plus en plus courant que des citoyens se rassemblent spontanément pour défendre une cause, sans qu'un syndicat, ou un parti ou une association ne soit impliqué.

[7:40]Les groupements de citoyens sont très différents des autres acteurs car ils n'ont généralement pas de chef, pas de hiérarchie. C'est-à-dire que tous les participants dans le groupement ont une voix qui compte autant. La deuxième spécificité des groupements de citoyens est qu'ils naissent pour défendre une cause précise, puis disparaissent une fois leur revendication satisfaite. La ZAD de Notre-Dame-des-Landes dans la région de Nantes est un exemple typique de groupement de citoyens. En 2010, des centaines d'habitants n'appartenant à aucun syndicat, aucun parti, aucune association, se regroupe spontanément sur le lieu de construction d'un aéroport jugé destructeur pour l'environnement. Ils se sont ensuite installés sur le lieu pendant plusieurs années afin d'occuper l'espace et d'empêcher la construction de l'aéroport. Ils ont décidé de leurs règles de fonctionnement entre eux et au fur et à mesure, jusqu'à l'abandon du projet d'aéroport en 2018. Le groupement a ensuite été dissous.

[8:39]Le répertoire de l'action collective, c'est l'éventail des types d'action collective que peuvent utiliser les militants pour protester. Autrement dit, c'est l'ensemble des options qui s'offrent aux militants des syndicats, des partis et des associations, des groupements, lorsqu'ils veulent entamer une action collective, mais qu'ils ne savent pas encore laquelle choisir. Dans ce chapitre, on a déjà évoqué de nombreux types d'actions collectives. La manifestation, la grève, l'occupation d'une zone ou d'une usine, les diffusion d'un hashtag sur les réseaux sociaux, la pétition, la grève de la fin, et cetera. Et lorsque la loi, les normes sociales ou la technologie évoluent, certains modes d'action peuvent sortir du répertoire ou au contraire intégrer le répertoire. En particulier, le répertoire de l'action collective s'est transformé à partir des années 1980, encore une fois. Avant 1980, les principaux modes d'action étaient la manifestation et la grève. Ce qui évolue, puisque après 1980, le répertoire de l'action collective s'est élargi, il s'est diversifié en intégrant de nouveaux modes d'action. Parmi les nouveaux modes d'action utilisés par les militants après 1980, tu peux noter les occupations de sites comme avec la ZAD de Notre-Dame des Landes dont on a parlé. Tu peux aussi noter les modes d'action liés à l'essor d'Internet, avec en particulier les dénonciations sur les réseaux sociaux comme avec la diffusion du hashtag MeToo, ou encore le hacktivisme qui consiste à utiliser le hacking, le piratage informatique pour rendre public des informations cachées par des personnes de pouvoir. Allez, c'est tout pour aujourd'hui. Je t'ai mis une fiche de révision de quelques pages en description, je te remercie d'avoir suivi et je te dis à bientôt.

Need another transcript?

Paste any YouTube URL to get a clean transcript in seconds.

Get a Transcript