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Moi, Belgique par Annie Cordy.1951 1973

ouacef asrih

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[0:00]Moi, Belgique par Annie Cordy 1951-1973, la fin de la Belgique de Papa.

[0:30]Un film de Sabine Zorman et Philippe Delporte.

[0:45]Les dernières paroles que je prononce comme roi des Belges sont pour vous rappeler avec force Le temps s'arrête, le 16 juillet 1951, quand le roi Léopold III abdique en faveur de son fils Baudouin. C'est la fin de la question royale. La Belgique s'apaise. Je vous grouper avec ferveur autour de mon fils le roi Baudouin. Je jure d'observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire.

[1:30]Bonsoir à tous. Je suis très heureuse de vous retrouver ce soir au moment où la Belgique est propulsée dans un autre temps. Nous entrons dans les années 50 70. Une époque formidable, on vit à 100 à l'heure. 6 7 8 à 100 à l'heure je vous le dis. Comme ce 31 octobre 1953, sur le coup de 20h30 au studio 5 de la Place Flage à Bruxelles, une poignée d'illuminés se lance dans une folle aventure.

[2:02]La télévision. Vous imaginez le stress, la première émission, c'est le journal télévisé français. Nous, on en a pas encore de JT. Alors, on diffuse celui de Paris. Deux heures d'émissions pour quelques centaines de téléspectateurs, complètement babas devant cette petite fenêtre qui s'ouvre sur le monde. Après le journal, un programme de variété. Pour moi, la télévision et l'invention la plus importante depuis la découverte de la roue. Et ça va rouler du tonnerre Jacques, tu avais raison, mais en attendant, restons modeste comme notre première speakrine. Il n'y avait pas d'impact de l'image puisque personne ne regardait. On pensait pas à ça pour aller regarder l'émission de télévision, il fallait aller regarder de la vitrine de l'innovation ou la vitrine d'un marchand de poste.

[3:07]Alors on pouvait derrière la vitrine regarder ou des gens qui vous invitaient. Je sais pas, je dis qu'il y avait 2000 postes, je même pas ça, je pense qu'il y avait 500, 600, 800 postes de télévision les jours où on a commencé. Il fallait vraiment être invité pour voir quelque chose.

[3:23]L'INR, c'est la télévision belge. Elle met 6 jours sur 7. Et puis, très vite, grâce à l'Eurovision, une grande première européenne. En direct depuis Londres s'il vous plaît. La retransmission du couronnement de la reine Élisabeth d'Angleterre en 1954. Mais nous n'avons toujours pas de journal télévisé 3 ans après la première émission, ça va pas ça. On en a assez nous d'avaler les infos de Paris. Allez allez au boulot. Cigarette au bec, les journalistes de la première rédaction sont dans leur meuble. Ça y est, notre JT, voit le jour en 1956. Regardez bien ces images qui vont suivre. Un avion balance les mobiles des reportages sur la plaine des manœuvres à Bruxelles. On les récupère, on les développe, on les monte et hop, à l'antenne. Une expérience complètement folle. La télé ne recule devant rien pour nous montrer le plus vite possible, les images des grandes courses cyclistes comme Paris-Roubaix ou Paris-Bruxelles. La télé et le sport un couple d'enfer.

[4:36]Quand les caméras sont entrées dans les stades, elles sont allés sur les circuits automobiles, elles sont allés sur les pistes d'athlétisme, elles sont allés dans les courses cyclistes. les gens ont découvert un monde différent, un monde qu'on racontait jusqu'à ce moment-là dans les journaux, il y avait des articles, il y avait des résultats mais on ne voyait pas comment ça se passait. C'était l'avènement du direct, des grands matchs, des grands meeting d'athlétisme, des matchs de basketball, du tennis, donc, ce sont les caméras qui ont fait découvrir à un public, à un nouveau public et notamment aux jeunes, à quel point le sport était beau, à quel point il pouvait déchaîner les passions et donner du suspense.

[5:14]L'engouement des Belges pour la nouveauté ne se dément pas. Dans les salons de l'électroménager, on découvre qu'il suffit de pousser sur un bouton pour faire cuire le rôti du dimanche ou pour laver plus blanc que blanc. Ah la femme va enfin se libérer. Bah tiens. Après les privations de la guerre, on plonge dans l'ivresse du progrès. Le mot clé, c'est la consommation de masse. Il en faut pour tout le monde. L'énergie est éternelle, il pleut du pétrole. Et les voitures, les voitures, les DS françaises sont belles comme des rêves américains.

[6:03]Et tout ça en musique. Les premiers transistors parlent anglais à la sauce américaine. On ne comprend pas toujours les paroles mais ça ne fait rien. Le rock, union des radios. Les jeunes adorent cette musique qui leur colle à la peau. Le rock devient un phénomène de société, il fascine les jeunes et terrorise les parents.

[6:48]Quand Elvis se déhanche, les filles s'évanouissent et papa et maman restent sans voix. Elvis Presley une légende et le rock, une musique qui libère. Comme j'étais extrêmement brillant chez les bon père, on m'a envoyé en pension à tourner où je ne rentre chez moi que tous les 6 semaines. je dans une alcove, il y avait même pas de chambre, c'était une alcove avec un rideau mais heureusement avec la complicité d'amis qui étaient à l'extérieur si je puis dire, je parle comme si j'avais été en prison mais c'était pas loin. J'avais reçu dans une boîte de cigarettes un poste à galène et là, j'ai découvert pour moi ça a été la révélation. C'est d'ailleurs un suit de ça que j'ai acheté ma première guitare et que j'ai joué dans un orchestre. La première vraiment la révélation dans le poste à galène bien caché pour que les pions ne me prennent pas. J'ai écouté les radios pirate anglaises, c'est-à-dire Caroline, il y en avait d'autres, il y avait Véronica du côté hollandais et alors on a on a découvert véritablement le rock and roll.

[8:04]Et donc, c'est l'époque où les jeunes prennent conscience de leur propre musique, c'est plus même brassens, c'était ils ont leur propre musique et la sortie du 45 tours et tout ça alors c'est le c'est un départ foudroyant. Oui oui, j'ai bien connu cette époque complètement folle et je peux vous assurer que les 45 tours et le petit tourne-disque, et ben c'était quelque chose. Et pendant ce temps-là, un grand projet gagne du terrain, la construction de l'Europe. Pas facile après la guerre, il faut bousculer les habitudes et vaincre des préjugés, vous imaginez bien. Mais on va y arriver.

[8:48]En 1950, le français Robert Schumann propose à six pays de mettre en commun leur production d'acier et de charbon. La Belgique est de ceux-là. La Communauté européenne du charbon et de l'acier vient de naître. C'est un pas décisif pour la paix. À ce moment-là, je pense que le grand objectif, c'était plus jamais la guerre. Plus jamais la guerre dans la partie du monde où nous où nous habitons, où nous vivons. Nous avons nous en avons connu deux plus horrible l'une que l'autre qui ont démoli économiquement euh nos nos pays et qui ont mis en danger la démocratie et la liberté. Donc plus jamais ça euh avec euh comme fondement des valeurs, la démocratie, la liberté, les droits de l'homme et tout ce qui nous paraît tellement normal aujourd'hui. Permettre une libre circulation des personnes et des biens, rassembler les pays d'Europe dans une grande communauté. Voilà la solution pour maintenir une paix durable et en finir une bonne fois pour toutes avec les volontés de domination. Un rêve de solidarité démocratique. Avec la France, l'Allemagne, l'Italie, la Hollande, le Luxembourg, la Belgique y croit fermement. Paul Henri Spaak représente notre pays. Il sait que les industriels belges redoutent la concurrence. Spaak va forcer le destin, mais il faudra encore beaucoup de persévérance pour qu'en 1957 le traité de Rome soit signé. Il jette les bases de l'Union actuelle.

[10:17]Les débuts ont été très très difficiles et je me rappelle dans les années 50 quand on a fait la Communauté européenne économique européenne, les entreprises étaient très inquiètes en disant nous n'arriverons jamais à tenir le coup dans un ensemble où il y a la France, où il y a l'Italie. nos entreprises ne sont pas prêtes un peu le même le même la même réflexe que vis-à-vis de l'élargissement aujourd'hui. Et mon père a dû être extrêmement ferme et on raconte toujours l'anecdote que je trouve tellement amusante, c'est qu'à un moment donné le premier ministre Van Acker était tellement assailli par les les lobby des entreprises qu'il a dit à mon père, écoutez, on arrête tout. Et il a dit mon père lui a répondu c'est c'est trop triste mais j'ai déjà signé.

[11:03]En Belgique, cette réussite économique sera terni par une terrible catastrophe.

[11:13]Nous sommes le 8 août 1956 au charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle, près de Charleroi. 8h15 au charbonnage de Marcinelle, la tragédie vient de frapper. Un incendie qui menace la vie de près de 300 mineurs s'est déclaré à l'étage 765 du puit du Cazier des charbonnages d'Amérique. Déjà les premiers secours s'organisent. Les familles des mineurs se sont précipité devant les grilles du charbonnage. Il y a le feu au Cazier. Le feu, l'ennemi mortel du mineur. Quand les sauveteurs descendent, la foule retient son souffle. Les premières civiers apparaissent. On a compris. Un long décompte macabre vient de commencer.

[12:04]Parfois, c'est inespéré, l'un ou l'autre survivant.

[12:16]Tous des cadavres. Nous n'avons retrouvé que des cadavres dû à ce sauveur italien en revenant de l'enfer. Les journalistes annoncent le drame à un pays atterré. Le roi Baudouin se rend à Marcinelle pendant les opérations de sauvetage. On lui apprend que tout espoir est perdu. Il n'y a plus aucun mineur vivant au fond des puits.

[12:44]La chaleur dégagée par l'incendie a fait fondre les structures de métal, les câbles, les engrenages. Ces photos, nous les devons à Désiré Deleuze, un photographe professionnel. Il est descendu dans les galeries à la demande des autorités du charbonnage. Il connaît bien le Cazier. Il y a perdu des amis. Les ingénieurs sont venus en moi, les ingénieurs de l'administration des mines qui m'ont demandé si j'étais bien d'accord de descendre. J'ai dit oui moi mon dieu, c'était c'était mon devoir aussi. Et alors mon impression, c'est d'avoir vu les premiers sauveteurs remonter du puits ou descendre. Ah je me suis dit quand même il fait triste ici.

[13:33]262 morts, 15 survivants. Quelques jours après la plus grande catastrophe minière de Wallonie, on enterre les premières victimes à Marcinelle. La Belgique est en deuil. La Belgique et l'Italie. 136 mineurs italiens ont perdu la vie au Cazier. Ce drame mettra fin à l'immigration officielle des Italiens en Belgique. L'enquête sur les causes de l'incendie conclura à une erreur humaine. La sécurité des charbonnages sera renforcée et le Cazier fermera définitivement en 1961. Dans les années 50, la vie quotidienne des Belges est encore marquée par les privations de l'après-guerre. Beaucoup de Belges se débrouillent comme peuvent. Sur les marchés, il n'est pas rare de rencontrer des personnes âgées qui arrondissent leur petite pension en vendant des fruits, des légumes ou des fleurs pour le compte des commerçants. Et on se rend compte que les ressources naturelles s'épuisent et que la Terre, notre bonne vieille Terre, nous le devons le respect. La Belgique, petit pays qui aligne et qui sort régulièrement des grands champions avec une très belle vitrine évidemment pour ce sont des des sportifs qui ont souvent été invités à l'étranger, qui se sont produits aussi dans dans des grands championnats, qui étaient là, lors des grands championnats, qui gagnaient l'un, le jour et l'heure c'est important.

[14:49]Et euh on on a généralement, ils ont tous répondu à l'attente euh c'est assez extraordinaire qu'on connaisse un Palmarès, c'est un athlète d'exception. Je crois qu'il faut le mettre à part. Pour moi, ça changera rien le tour de l'heure pour moi c'est une très grande satisfaction et euh dans les Il faut attendre près d'un demi-siècle pour qu'en 2001, une commission parlementaire reconnaissent la responsabilité morale de certains membres du gouvernement belge dans cet assassinat. La Belgique elle va vivre une période étonnante qu'on a appelé Golden 60. Des années d'or pour la croissance. Le niveau de vie de la classe moyenne belge augmente considérablement. On a de l'argent et on va le dépenser. Les mentalités changent aussi. Désormais, les jeunes filles se maquient au grand jour. On commence à se préoccuper de l'image qu'on donne de soi. Normal, les loisirs prennent de plus en plus de place. Il faut leur consacrer du temps.

[15:39]Et pour être dans le vent, c'est-à-dire branché, il faut aller s'éclater dans les discothèques à la mode. La jeunesse devient un groupe social à part entière.

[15:52]Elle va consommer des vedettes, des stars, des magazines et de la musique qui aille.

[16:09]Quant aux chanteurs belges, il jouissent eux aussi d'une belle popularité. Mais le plus grand, c'est incontestablement Jacques Brel.

[16:26]Il est au sommet de la gloire quand il fait ses adieux au public à l'Olympia de Paris, puis au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Nous sommes en 1966.

[16:44]Brel quitte la scène. Dans les stades, le public encourage aussi les athlètes belges comme Gaston Roelants, recordman mondial du 3000 m Stepple, les cyclistes sur piste comme Patrick Sercu ou encore Serge Reding au po et alter, médaille d'argent à Mexico. Le sport belge est au mieux de sa forme dans toutes les disciplines.

[17:10]La Belgique, petit pays, euh qui aligne, euh qui sort euh régulièrement euh des grands champions, euh avec une très belle vitrine évidemment pour, euh ce sont des des sportifs qui ont souvent été invités à l'étranger, qui se sont produits aussi dans dans des grands championnats, qui étaient là, lors des grands championnats, qui gagnaient, l'un le jour et l'heure, c'est important.

[17:40]Et euh on on a généralement, ils ont tous répondu à l'attente euh c'est assez extraordinaire, on reconnaît son palmarès, c'est un athlète d'exception. Je crois qu'il faut le mettre à part. Pour moi, ça changera rien le tour de l'heure pour moi c'est une très grande satisfaction et euh dans les C'est au cours des années 60 que les femmes vont clairement affirmé qu'elles valent bien les hommes. On le savait depuis longtemps nous, mais on faisait semblant de rien. Les femmes revendiquent une égalité qu'elles n'ont toujours pas.

[18:54]Les patrons engagent des femmes, d'accord, mais pour un même travail, ils les payent moins que les hommes. Injuste et révoltant pour les ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal qui partent en grève en 1966 avec un mot d'ordre à travail égal, salaire égal.

[19:27]Le Front de libération des femmes qui vient de se de se de se former à Bruxelles, va en fait engager une de ses membres, une étudiante en psychologie pour participer au concours. Et en plein concours, elle va jeter son numéro et elle va crier les femmes ne sont pas du bétail et évidemment dans la salle, il y avait des complices qui vont distribuer des tractes montrant des femmes représentées en morceaux de quartier de viande comme comme du bétail. Donc évidemment, il y a aussi une critique de cette image de la femme. La presse va relayer cette manifestation évidemment de manière très forte. Et donc ces concours vont être très critiqués et jusqu'à nos jours d'ailleurs, les les gens qui qui créent ce concours, qui font ce concours, ont toujours très peur que cela se reproduise mais ça ne s'est fait qu'une fois, je crois que ça ne peut se faire qu'une fois évidemment. La Belgique petite pays qui aligne qui sort régulièrement des grands champions avec une très belle vitrine évidemment pour ce sont des des sportifs qui ont souvent été invités à l'étranger qui se sont produits aussi dans dans des grands championnats qui étaient là lors des grands championnats qui gagnaient l'un le jour et l'heure c'est important.

[20:20]Et on on a généralement, ils ont tous répondu à l'attente c'est assez extraordinaire, on reconnaît son palmarès, c'est un athlète d'exception. Je crois qu'il faut le mettre à part. Pour moi, ça changera rien le tour de l'heure pour moi c'est une très grande satisfaction. Dans ces années 60, les femmes ont clairement affirmé qu'elles valent bien les hommes. On le savait depuis longtemps nous, mais on faisait semblant de rien. Les femmes revendiquent une égalité qu'elles n'ont toujours pas. Les patrons engagent des femmes, d'accord, mais pour un même travail, ils les payent moins que les hommes. Injuste et révoltant pour les ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal qui partent en grève en 1966 avec un mot d'ordre à travail égal, salaire égal. Il a déposé ce projet de loi unique qui a provoqué une révolte au niveau de de des travailleurs et surtout au niveau des syndicats.

[21:28]Plus forte en Wallonie, qu'en Flandre avec un dirigeant syndical qui a émergé comme un grand tribun André Renard y ajoutant d'ailleurs un élément communautaire. En disant euh je n'accepterai aucune patte flamande à la place Saint-Lambert à Liège, enfin c'était très très enflammé et c'était quand même une situation extrêmement dangereuse.

[22:15]Et donc quelque part, il est clair que les Flamands avaient le droit de de revendiquer une certaine égalité de droit dans dans l'expression de leur langue, mais en même temps euh ça sentait quand même un tout petit peu aussi la revanche de la communauté qui était désormais la première dans le pays. Évidemment la la Wallonie était était en crise, la Wallonie industrielle était en crise et donc c'est d'une manière un peu pour les Flamands de s'affirmer. La manière dont ils l'ont fait est peut-être criticable, effectivement, on aurait peut-être pu trouver d'autres solutions.

[22:48]La crise de l'Université de Louvain s'inscrit dans la période d'affirmation du mouvement flamand. D'ailleurs, plusieurs années auparavant, les bourgmestres avaient déjà défilé à Bruxelles pour exiger leur autonomie culturelle. Dans les administrations, on doit parler la langue de la région et Bruxelles doit être limitée au 19 communes. C'est que la Flandre redoute l'expansion francophone qu'elle a connu dans le passé. Flamand et Wallon ne se parlent plus qu'avec les points.

[23:37]Est-ce qu'on ne deviendrait pas de signer l'arrêt de mort de la Belgique ? On peut se poser la question et d'ailleurs beaucoup de Belges se demandent comment le pays peut encore rester uni. Comment le roi va réagir ? S'il va plutôt pencher vers le nord ou le sud ? Bref, est-ce que le roi est toujours belge ? Il a cru à à l'idée d'une Belgique unie, d'une Belgique qui s'entendrait parfaitement sur ces entre ces dimensions communautaires et qui a tout mis en œuvre pour le faire. Il est clair que dans les premières années des lois linguistiques des législations linguistiques, le roi n'est pas du tout favorable à ces législations linguistiques, il ne viendra que sur le tard. Baudouin sait qu'il règne mais ne gouverne pas. Il conserve pourtant la liberté de rencontrer qui il veut. Des travailleurs dans les entreprises par exemple. Le roi, que les Congolais aiment beaucoup, va tenter de calmer le jeu. Notre ferme résolution est aujourd'hui de conduire sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée les populations congolaises à l'indépendance dans la prospérité et la paix.

[24:53]L'indépendance du Congo est décidée. Dans l'esprit de beaucoup de Belges, il ne faut pas qu'elle change les choses en en profondeur. Des réunions dites de table ronde vont définir les structures politiques et économiques du pays. La date de l'indépendance est fixée au 30 juin 1960. Tout a été plus vite qu'on l'imaginait. Un peu comme s'il ne s'agissait que d'une décision de principe.

[25:21]Des élections législatives et provinciales sont organisées en mai 1960. Patrice Lumumba, leader du mouvement national congolais devient premier ministre et Joseph Kasavubu, président. À sa plus grande surprise. Je ne m'y attendais pas. Le 30 juin 1960, le roi Baudouin débarque à Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa. Il assiste aux cérémonies officielles de l'indépendance. L'accueil reste chaleureux, malgré le discours du premier ministre Lumumba qui épingle devant le roi les dérives de la colonisation belge. Mais dans les rues, c'est la fête, on danse au rythme d'indépendant tcha tcha tcha.

[26:12]Mais très vite, les choses se gâtent. Le 5 juillet, une mutinerie éclate au sein de la Force publique à Léopoldville. Le commandant belge, Émile Janssens a déclaré publiquement, après l'indépendance, tout sera comme avant. Sous-entendu, les Belges resteront toujours maîtres à bord. Une grossière erreur. Les militaires congolais de la Force publique se révoltent. La violence s'installe dans la capitale. Les Belges sont victimes de brimade et d'exaactions. Leur sécurité n'est plus assurée.

[26:48]En Belgique, ces événements suscitent l'émoi, la crainte et la peur. À Bruxelles National les rapatriés du Congo sont attendus avec impatience par leur famille inquiète. Ce sont surtout des femmes et des enfants qui débarquent. Les hommes sont restés sur place pour protéger leurs biens ou pour assurer le fonctionnement des entreprises et des institutions. Tous espèrent que le calme va revenir et qu'ils pourront regagner le Congo. Mais la situation se dégrade de jour en jour et le gouvernement décide d'envoyer ses troupes sur place pour protéger les colons belges menacés.

[27:57]Les choses se précipitent. Patrice Lumumba est faussement accusé de corruption et de sympathies communistes. Sur ordre du président Kasavubu, il est arrêté et jeté en prison sous les yeux d'un certain colonel Joseph Mobutu. Le 17 janvier 1961, Lumumba est exécuté sommairement. Son assassinat soulèvera un flot de questions très embarrassantes pour les autorités belges. Il faudra attendre près d'un demi-siècle pour qu'en 2001, une commission parlementaire reconnaisse la responsabilité morale de certains membres du gouvernement belge dans cet assassinat. La Belgique elle va vivre une période étonnante qu'on a appelé Golden 60. Des années d'or pour la croissance. Le niveau de vie de la classe moyenne belge augmente considérablement. On a de l'argent et on va le dépenser. Les mentalités changent aussi. Désormais, les jeunes filles se maquillent au grand jour. On commence à se préoccuper de l'image qu'on donne de soi. Normal, les loisirs prennent de plus en plus de place. Il faut leur consacrer du temps.

[29:09]Et pour être dans le vent, c'est-à-dire branché, il faut aller s'éclater dans les discothèques à la mode.

[29:20]La jeunesse devient un groupe social à part entière.

[29:28]Elle va consommer des vedettes, des stars, des magazines et de la musique qui aille. Quant aux chanteurs belges, il jouissent eux aussi d'une belle popularité. Mais le plus grand, c'est incontestablement Jacques Brel.

[29:50]Il est au sommet de la gloire quand il fait ses adieux au public à l'Olympia de Paris, puis au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Nous sommes en 1966.

[30:08]Brel quitte la scène. Dans les stades, le public encourage aussi les athlètes belges comme Gaston Roelants, recordman mondial du 3000 m Stepple, les cyclistes sur piste comme Patrick Sercu ou encore Serge Reding au po et alter, médaille d'argent à Mexico. Le sport belge est au mieux de sa forme dans toutes les disciplines. La Belgique, petit pays qui aligne qui sort régulièrement des grands champions avec une très belle vitrine évidemment pour ce sont des des sportifs qui ont souvent été invités à l'étranger qui se sont produits aussi dans dans des grands championnats qui étaient là lors des grands championnats qui gagnaient l'un le jour et l'heure c'est important.

[30:47]Et on on a généralement, ils ont tous répondu à l'attente c'est assez extraordinaire, on reconnaît son palmarès, c'est un athlète d'exception. Je crois qu'il faut le mettre à part. Pour moi, ça changera rien le tour de l'heure pour moi c'est une très grande satisfaction. C'est au cours des années 60 que les femmes vont clairement affirmé qu'elles valent bien les hommes.

[31:11]On le savait depuis longtemps nous, mais on faisait semblant de rien. Les femmes revendiquent une égalité qu'elles n'ont toujours pas. Les patrons engagent des femmes, d'accord, mais pour un même travail, ils les payent moins que les hommes. Injuste et révoltant pour les ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal qui partent en grève en 1966 avec un mot d'ordre à travail égal, salaire égal.

[31:47]Il a déposé ce projet de loi unique qui a provoqué une révolte au niveau de de des travailleurs et surtout au niveau des syndicats.

[32:13]Plus forte en Wallonie, qu'en Flandre avec un dirigeant syndical qui a émergé comme un grand tribun André Renard y ajoutant d'ailleurs un élément communautaire. En disant euh je n'accepterai aucune patte flamande à la place Saint-Lambert à Liège, enfin c'était très très enflammé et c'était quand même une situation extrêmement dangereuse.

[32:41]Et donc quelque part, il est clair que les Flamands avaient le droit de de revendiquer une certaine égalité de droit dans dans l'expression de leur langue, mais en même temps euh ça sentait quand même un tout petit peu aussi la revanche de la communauté qui était désormais la première dans le pays. Évidemment la la Wallonie était était en crise, la Wallonie industrielle était en crise et donc c'est d'une manière un peu pour les Flamands de s'affirmer. La manière dont ils l'ont fait est peut-être criticable, effectivement, on aurait peut-être pu trouver d'autres solutions. La crise de l'Université de Louvain s'inscrit dans la période d'affirmation du mouvement flamand. D'ailleurs, plusieurs années auparavant, les bourgmestres avaient déjà défilé à Bruxelles pour exiger leur autonomie culturelle. Dans les administrations, on doit parler la langue de la région et Bruxelles doit être limitée au 19 communes.

[33:44]C'est que la Flandre redoute l'expansion francophone qu'elle a connu dans le passé. Flamand et Wallon ne se parlent plus qu'avec les points.

[34:03]Est-ce qu'on ne deviendrait pas de signer l'arrêt de mort de la Belgique ? On peut se poser la question et d'ailleurs beaucoup de Belges se demandent comment le pays peut encore rester uni.

[34:20]Comment le roi va réagir ? S'il va plutôt pencher vers le nord ou le sud ? Bref, est-ce que le roi est toujours belge ? Il a cru à à l'idée d'une Belgique unie, d'une Belgique qui s'entendrait parfaitement sur ces entre ces dimensions communautaires et qui a tout mis en œuvre pour le faire. Il est clair que dans les premières années des lois linguistiques des législations linguistiques, le roi n'est pas du tout favorable à ces législations linguistiques, il ne viendra que sur le tard. Baudouin sait qu'il règne mais ne gouverne pas. Il conserve pourtant la liberté de rencontrer qui il veut. Des travailleurs dans les entreprises par exemple. Le roi, que les Congolais aiment beaucoup, va tenter de calmer le jeu. Notre ferme résolution est aujourd'hui de conduire sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée les populations congolaises à l'indépendance dans la prospérité et la paix.

[35:23]L'indépendance du Congo est décidée. Dans l'esprit de beaucoup de Belges, il ne faut pas qu'elle change les choses en en profondeur. Des réunions dites de table ronde vont définir les structures politiques et économiques du pays. La date de l'indépendance est fixée au 30 juin 1960. Tout a été plus vite qu'on l'imaginait. Un peu comme s'il ne s'agissait que d'une décision de principe.

[35:51]Des élections législatives et provinciales sont organisées en mai 1960. Patrice Lumumba, leader du mouvement national congolais devient premier ministre et Joseph Kasavubu, président. À sa plus grande surprise. Je ne m'y attendais pas. Le 30 juin 1960, le roi Baudouin débarque à Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa. Il assiste aux cérémonies officielles de l'indépendance. L'accueil reste chaleureux, malgré le discours du premier ministre Lumumba qui épingle devant le roi les dérives de la colonisation belge. Mais dans les rues, c'est la fête, on danse au rythme d'indépendant tcha tcha tcha. Mais très vite, les choses se gâtent. Le 5 juillet, une mutinerie éclate au sein de la Force publique à Léopoldville. Le commandant belge, Émile Janssens a déclaré publiquement, après l'indépendance, tout sera comme avant. Sous-entendu, les Belges resteront toujours maîtres à bord. Une grossière erreur. Les militaires congolais de la Force publique se révoltent. La violence s'installe dans la capitale. Les Belges sont victimes de brimade et d'exactions. Leur sécurité n'est plus assurée.

[37:06]En Belgique, ces événements suscitent l'émoi, la crainte et la peur. À Bruxelles National les rapatriés du Congo sont attendus avec impatience par leur famille inquiète. Ce sont surtout des femmes et des enfants qui débarquent. Les hommes sont restés sur place pour protéger leurs biens ou pour assurer le fonctionnement des entreprises et des institutions. Tous espèrent que le calme va revenir et qu'ils pourront regagner le Congo.

[37:37]Mais la situation se dégrade de jour en jour et le gouvernement décide d'envoyer ses troupes sur place pour protéger les colons belges menacés.

[37:55]Les choses se précipitent. Patrice Lumumba est faussement accusé de corruption et de sympathies communistes. Sur ordre du président Kasavubu, il est arrêté et jeté en prison sous les yeux d'un certain colonel Joseph Mobutu. Le 17 janvier 1961, Lumumba est exécuté sommairement. Son assassinat soulèvera un flot de questions très embarrassantes pour les autorités belges. Il faudra attendre près d'un demi-siècle pour qu'en 2001, une commission parlementaire reconnaisse la responsabilité morale de certains membres du gouvernement belge dans cet assassinat. La Belgique elle va vivre une période étonnante qu'on a appelé Golden 60. Des années d'or pour la croissance.

[38:46]Le niveau de vie de la classe moyenne belge augmente considérablement. On a de l'argent et on va le dépenser. Les mentalités changent aussi. Désormais, les jeunes filles se maquillent au grand jour. On commence à se préoccuper de l'image qu'on donne de soi. Normal, les loisirs prennent de plus en plus de place. Il faut leur consacrer du temps.

[39:08]Et pour être dans le vent, c'est-à-dire branché, il faut aller s'éclater dans les discothèques à la mode.

[39:20]La jeunesse devient un groupe social à part entière.

[39:27]Elle va consommer des vedettes, des stars, des magazines et de la musique qui aille. Quant aux chanteurs belges, il jouissent eux aussi d'une belle popularité. Mais le plus grand, c'est incontestablement Jacques Brel.

[39:50]Il est au sommet de la gloire quand il fait ses adieux au public à l'Olympia de Paris, puis au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Nous sommes en 1966.

[40:08]Brel quitte la scène. Dans les stades, le public encourage aussi les athlètes belges comme Gaston Roelants, recordman mondial du 3000 m Stepple, les cyclistes sur piste comme Patrick Sercu ou encore Serge Reding au po et alter, médaille d'argent à Mexico. Le sport belge est au mieux de sa forme dans toutes les disciplines. La Belgique, petit pays qui aligne qui sort régulièrement des grands champions avec une très belle vitrine évidemment pour ce sont des des sportifs qui ont souvent été invités à l'étranger qui se sont produits aussi dans dans des grands championnats qui étaient là lors des grands championnats qui gagnaient l'un le jour et l'heure c'est important.

[40:47]Et on on a généralement, ils ont tous répondu à l'attente c'est assez extraordinaire, on reconnaît son palmarès, c'est un athlète d'exception. Je crois qu'il faut le mettre à part. Pour moi, ça changera rien le tour de l'heure pour moi c'est une très grande satisfaction. C'est au cours des années 60 que les femmes vont clairement affirmé qu'elles valent bien les hommes.

[41:11]On le savait depuis longtemps nous, mais on faisait semblant de rien. Les femmes revendiquent une égalité qu'elles n'ont toujours pas. Les patrons engagent des femmes, d'accord, mais pour un même travail, ils les payent moins que les hommes. Injuste et révoltant pour les ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal qui partent en grève en 1966 avec un mot d'ordre à travail égal, salaire égal.

[41:47]Il a déposé ce projet de loi unique qui a provoqué une révolte au niveau de de des travailleurs et surtout au niveau des syndicats.

[42:13]Plus forte en Wallonie, qu'en Flandre avec un dirigeant syndical qui a émergé comme un grand tribun André Renard y ajoutant d'ailleurs un élément communautaire.

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