[0:05]L'objectif de cette vidéo est de comprendre les effets de la politique monétaire de la Banque centrale sur le niveau des prix et sur l'activité économique.
[0:18]La politique monétaire menée par la Banque centrale consiste à contrôler l'évolution de la masse monétaire. Pour ce faire, la Banque centrale peut mobiliser différents instruments. L'instrument qui est aujourd'hui privilégié est celui de la manipulation des taux d'intérêt directeur. Les taux d'intérêt directeurs sont des taux d'intérêt à court terme fixés par la Banque centrale pour prêter de la monnaie centrale aux banques de second rang sur le marché monétaire interbancaire. Il s'agit en quelque sorte du prix de la monnaie centrale dont ont besoin les banques de second rang. La modification des taux de réserve obligatoire est toujours possible mais elle intervient rarement.
[1:06]La manipulation des taux d'intérêt directeurs par la Banque centrale sur le marché monétaire interbancaire peut avoir des effets sur la croissance économique. On distingue alors deux stratégies aux effets contraires. La politique monétaire expansive. Elle se caractérise par une baisse des taux d'intérêt directeurs. Téris paribus, c'est-à-dire tout chose étant égale par ailleurs, cette baisse des taux d'intérêt réduit le coût des emprunts de monnaie centrale auprès de la Banque centrale. Tout ceci devrait favoriser l'augmentation des crédits proposés par les banques de second rang à leurs clients, ménages et entreprises, et ce à des taux d'intérêt plus faibles. La masse monétaire s'accroît dans ces conditions. Cela devrait permettre de stimuler la consommation finale et l'investissement donc l'activité économique. La politique monétaire restrictive. Elle se caractérise par un contrôle plus étroit de la masse monétaire, limiter sa progression, voire la réduire grâce à la hausse des taux d'intérêt directeur. Quitéris Paribus, cette hausse des taux d'intérêt directeur réduit la quantité de monnaie centrale disponible et renchérit son coût. Cela devrait donc conduire les banques de second rang à accorder moins de crédit à leurs clients et à des taux d'intérêt plus élevés. Ces taux d'intérêt plus élevés devraient alors dissuader les clients d'emprunter, pénalisant ainsi la consommation finale et l'investissement. L'activité économique devrait donc en pâtir, ralentissement de la croissance, voire récession.
[2:57]La manipulation des taux d'intérêt directeurs par la Banque centrale sur le marché monétaire interbancaire peut avoir des effets sur le niveau des prix. Nous retrouverons alors les deux stratégies précédentes. Une politique monétaire expansive risque de stimuler l'inflation. Hausse continue et généralisé du niveau des prix. La baisse des taux d'intérêt directeur permet aux banques de second rang de réduire les taux d'intérêt de leur prêt aux ménages et aux entreprises. Cela devrait stimuler la demande de crédit et donc accroître la demande sur les marchés des biens et services, consommation finale et investissement. Mais l'offre de biens et services n'étant pas extensible à court terme, ce déséquilibre, la demande de biens et services de bien supérieur à l'offre de biens et services, se traduira par une augmentation des prix. Une politique monétaire restrictive aurait les effets inverse. La hausse des taux d'intérêt directeur se traduirait par une hausse des taux d'intérêt pratiqués par les banques de second rang. La demande de crédit devrait alors se contracter entraînant avec elle la demande de biens et services. Cette contraction de la demande ou bien ce ralentissement de la croissance de la demande selon l'ampleur du phénomène, devrait conduire à la baisse des prix ou au ralentissement de sa croissance.
[4:35]Depuis les années 1980, les banques centrales se sont vu confier comme mission première de lutter contre l'inflation. Il est alors fréquent qu'elle se fixe comme objectif de limiter la progression annuelle de l'indice des prix à la consommation. Par exemple, pour la Banque centrale européenne, la BCE, l'objectif est de ne pas dépasser les 2 % d'inflation annuelle, tout en restant proche de ce seuil. Le soutien éventuel à l'activité économique passera donc au second plan. Si donc le taux d'inflation se situe nettement en dessous des 2 % requis, la BCE sera alors incité à mener une politique monétaire expansive en réduisant ces taux d'intérêt directeur, ce qui devrait stimuler l'activité économique quitéris paribous. Si au contraire, le taux d'inflation se situe au-dessous de ces 2 % ou risque de passer prochainement au-dessus. La BCE sera alors incité à mener une politique monétaire restrictive en augmentant ses taux d'intérêt directeur, ce qui pourrait pénaliser l'activité économique.



