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L’agriculture bio peut nourrir et protéger la planète ? - C'est pas sorcier

C'est pas sorcier

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[0:04]je me suis lancé dans la culture bio sans produits chimiques sans rien faire rien que du naturel.
[0:04]J'ai mis, sans produits chimiques, d'accord, mais sans rien faire là, tu exagères.
[0:04]Des tomates, mais c'est pas la saison, tu préfères pas des carottes ou encore des radis.
[1:32]Bon Jamy, si tu veux toujours te lancer dans l'agriculture biologique, c'est le moment, on a besoin de main pour récolter les courgettes.
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[0:04]Ah ben j'ai mis qu'est-ce que tu fais ? je me suis lancé dans la culture bio sans produits chimiques sans rien faire rien que du naturel. C'est bien ça. Oh ! Oh ! Ma tomate bio. Ta tomate bio. J'ai mis, sans produits chimiques, d'accord, mais sans rien faire là, tu exagères. Le bio c'est du boulot. D'ailleurs j'ai des courgettes à ramasser, excuse-moi, il faut que j'y aille. Tu aurais peut-être des tomates. Des tomates, mais c'est pas la saison, tu préfères pas des carottes ou encore des radis. C'est vrai, après, on a la main verte ou on l'a pas, hein ! Oh le t'ai il faut toujours qu'il ramène sa fraise. Et sa fraise bio. Ouais, bah ça va, il commence à me prendre le chou. Ouais, mais bio. Ouais, bon, c'est bon. Allez, Marcel, démarre le tracteur. On va pas pouvoir rester ici.

[1:32]Bon Jamy, si tu veux toujours te lancer dans l'agriculture biologique, c'est le moment, on a besoin de main pour récolter les courgettes. Nous sommes dans une ferme bio du Vaucluse, près d'Avignon, où l'on cultive non seulement les courgettes mais aussi les pommes de terre, les petits pois, les melons, le raisin, les asperges. Et en plus, tout est naturel et oui, on n'utilise aucun produit chimique, c'est le grand principe du bio, pas d'herbicide chimique contre les mauvaises herbes, pas d'insecticides chimiques contre les chenilles et autres insectes ravageurs, pas de fongicides chimiques contre les champignons ou autres maladies, bref, tout est naturel. Alors Jamy, je te mets combien de kilos de courgettes ? Oh bah un bon kilo. Et Jamy, si tu veux, je peux aussi te ramener du chou, des radis, du jus de pomme ou du pain, tout ça, ce sont des produits bio, certifiés. Viens voir par le label AB, ça c'est le label français mais il existe aussi un label européen. Alors tous ces produits, aujourd'hui, on peut les trouver dans des magasins spécialisés ou encore dans les grandes surfaces, de plus en plus d'ailleurs, mais ici, à Rennes, c'est original, ce sont des agriculteurs, une vingtaine, qui se sont réunis pour ouvrir cette boutique. Du coup, ils vendent en direct et les prix sont raisonnables car c'est vrai que le bio, parfois, c'est un peu cher et puis ce qui est sympa, ici, regardez c'est que les agriculteurs nous informent sur leur façon de produire. Tiens Jamy, je vais te prendre quelques œufs bio. C'est vrai que tu as du bio. Ah ah oui, et pondus par de belles poules bio. En France, l'agriculture biologique commence à se développer dans les années 70, en réaction à l'agriculture dite conventionnelle, une agriculture très productive. Bah oui, après la Seconde Guerre mondiale, tout a changé dans les campagnes pour nourrir tout le monde, il a fallu augmenter les rendements et on n'a pas lésiné sur les engrais et les pesticides chimiques. Résultat : des rivières polluées par les nitrates et des résidus de pesticides que l'on retrouve partout dans la nature mais aussi dans nos assiettes. Certains scientifiques s'inquiètent aujourd'hui des effets qu'ils peuvent avoir sur notre santé. Pas étonnant donc que les produits bio connaissent depuis quelques années un vrai succès. La production est même insuffisante, en France, seuls 2% des terres cultivées le sont en bio. En agriculture bio, on n'utilise pas de produits chimiques, c'est entendu, mais les champs et les cultures sont tout de même traités. Par exemple, pour enrichir les sols en éléments minéraux (azote, phosphate, potassium) dont les plantes ont un grand besoin pour bien se développer et bien ici on utilise du compost, compost obtenu à partir de déchets verts, branches, feuilles, épluchures qu'on a laissé se dégrader pendant un an. On peut aussi trouver dans le commerce des engrais naturels, aucun composant chimique, uniquement de la matière organique, par exemple, des déchets de betteraves. L'avantage Jamy, c'est qu'avec ces produits naturels, on respecte la biodiversité du sol, on laisse vivre les vers de terre, bactéries, champignons qui jouent un rôle dans la régénération des sols. Creusons un peu le sujet, pour comprendre comment se régénère le sol, observons d'abord ce qui se passe dans la nature quand l'homme n'intervient pas. Quand une plante meurt, elle ne reste jamais très longtemps sur le sol, à la nuit tombée, Marcel, lumière. Les vers de terre et autres détritivores comme on les appelle, remontent à la surface et passent à table. Une fois l'estomac bien rempli, ils redescendent dans leurs appartements histoire de digérer. Évidemment tout ce qui rentre d'un côté sort de l'autre. c'est dégoûtant tout ça. Oui, mais ça fait le bonheur de certaines bactéries qui poursuivent le travail de dégradation et transforment la matière organique en minéraux. En nitrate, en potassium, en phosphore, des minéraux indispensables à la croissance des plantes et qui vont donc être captés par les racines de l'une d'entre elles et lui permettre de se développer. Jusqu'à ce qu'elle meure, et cetera, et cetera. C'est beau la nature, hein. Eh ben tu vois, sauf que ça nourrit pas son homme. En fait, les civilisations se sont développées grâce à l'agriculture, autrement dit, en brisant ce cycle, en récoltant les plantes avant qu'elles ne meurent. L'ennui, c'est que de cette manière, les sols se régénèrent moins bien en sel minéraux. Pour produire, les agriculteurs sont donc obligés de compenser en apportant des sels minéraux à la terre, des engrais. Alors ceux qui pratiquent l'agriculture conventionnelle utilisent essentiellement des engrais chimiques. Ces engrais sont fabriqués à partir de gaz naturel, ce qui n'est pas très écologique. Par ailleurs, les minéraux étant en quelque sorte prêt à consommer, et bien les vers de terre et autres bactéries n'ont plus rien à faire, surtout, ils n'ont plus rien à se mettre sous la dent, du coup, ils disparaissent. Mais Jamy, en agriculture biologique aussi on récolte, donc on brise le cycle. C'est vrai, et là aussi, il faut amender les sols mais comme Sabine l'a montré, l'agriculture biologique n'utilise pas d'engrais chimiques que des engrais naturels, du compost par exemple.

[6:33]Dans la mesure où il s'agit de matière organique, et bien, le travail des vers de terre et des micro-organismes est nécessaire. En fait, avec ce type d'engrais, les agriculteurs reproduisent fidèlement le cycle naturel des plantes. C'est bon, hein. Eh bien moi les amis, je suis en Bretagne dans une ferme bio et vous allez voir comment on s'y prend ici pour fertiliser la terre sans utiliser bien sûr d'engrais chimiques. C'est parti.

[7:03]En fait, c'est très simple, on laisse d'abord pousser de l'herbe dans une grande prairie et lorsqu'elle est suffisamment haute au bout d'environ 3 semaines, et bien on la coupe, enfin, on la fauche. Et ça coupe bien, hein. Cette herbe fraîche, elle va ensuite servir à nourrir les vaches, c'est bon ça, les vaches qui vont produire du bon lait. Mais elles rejettent aussi des bouses que l'on récupère sans en perdre une miette car ces bouses sont précieuses, elles permettent de faire ce que l'on appelle le lisier. Et c'est ce lisier que l'on épand dans la prairie, en fait, il sert d'engrais naturel pour faire pousser l'herbe. Et c'est pas fini, Jamy, dans deux ou 3 semaines, on recommence. Oui, il faudra refaucher l'herbe pour renourrir les vaches qui reproduiront du bon lait et qui rejeteront des bouses pour refaire du lisier que l'on épandra sur d'autres prairies. Ça va, on a compris. C'est un cycle. Exactement Jamy, ici on fonctionne en autonomie, on est donc sûr que tout est bio et que le lait est à 100% bio, en plus il est bon, santé. Dans les fermes conventionnelles, les vaches sont essentiellement nourries avec des céréales traitées aux pesticides, leur lait n'est donc pas bio. Et pour passer de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique, il y a une période de reconversion, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Alors, lorsqu'on a pris la décision de reconvertir la totalité de l'exploitation en agriculture biologique, à l'instant T, on sait qu'on a une période de 2 ans où toute la ferme doit être conduite en agriculture biologique, sans pour autant commercialiser les produits sous le label agriculture biologique. Le lait est plus cher à produire en bio et durant deux ans, l'agriculteur ne peut pas le vendre au prix du bio, il perd donc un peu d'argent. Mais cette période de reconversion est indispensable pour que le sol se régénère, les cultures qui y poussent ensuite sont alors bio et si elles servent à nourrir des vaches, leur lait sera alors lui aussi bio, mais pas forcément leur viande. Alors pour la viande, il faut que l'animal ait passé les 3/4 de sa vie alimenté en agriculture biologique. Toutes ces règles sont surveillées de très près par des organismes indépendants qui peuvent effectuer des contrôles à l'improviste et gare s'ils trouvent des traces d'engrais ou de pesticides chimiques. Alors elle en est où notre petite paysanne ? Quoi ? Je t'entends pas ! Ah, désherbage. Ah, désherbage sans herbicide chimique. C'est ce qu'on appelle un faux semis, on a préparé le sol que l'on a aéré, ensuite, on a attendu qu'il pleuve ou on a arrosé. Aussitôt des mauvaises herbes se sont mises à pousser et là hop, on les élimine avec cette herse et c'est seulement après que l'on va semer la bonne plante. Ouf ! Merci la petite voix d'avoir tout expliqué à ma place. On s'entendait plus parler dans ce tracteur. Je t'en prie. Maintenant, dans cette parcelle, cette année, on va semer des petits pois, l'an prochain, on y sèmera des melons et l'année suivante, des pommes de terre. C'est ce qu'on appelle la rotation des cultures, une technique également utilisée dans l'agriculture conventionnelle mais en bio Jamy, c'est indispensable pour lutter contre les parasites et autres insectes ravageurs. Que se passerait-il si on cultivait la même plante, du blé, par exemple, sur la même parcelle plusieurs années de suite ? Et bien, la première année, pas grand-chose, des mauvaises herbes apparaîtraient et des insectes ravageurs friands de blé. Mais vous le voyez, pas de quoi mettre la récolte en péril. La deuxième année maintenant, et bien à cause des graines, des mauvaises herbes et des œufs pondus par les insectes, et bien ces mauvaises herbes et ces insectes se multiplieraient, du coup, la récolte serait moins bonne. L'année suivante, ce phénomène s'accentuerait encore et ainsi de suite, bref, à terme, cette parcelle finirait par ne plus produire grand-chose. Pour éviter ce genre de problème, les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures. Concrètement, la première année, il y a du blé dans ce champ, du colza dans celui-ci et des pois dans celui-là. La deuxième année, l'agriculteur décale les cultures, le blé passe dans ce champ, il est remplacé par les pois et le colza passe dans celui-ci. La troisième année, il les décale encore. Et ça, ça suffit à écarter les insectes ravageurs, Jamy ? En partie, oui, si l'agriculteur sème des pois là où il y avait l'année précédente du blé, et bien les insectes ravageurs qui se nourrissaient quasi exclusivement de blé ne vont plus rien avoir à se mettre sous la dent avec les pois, ils vont disparaître. Par ailleurs, les mauvaises herbes qui poussaient entre les épis de blé vont avoir beaucoup de mal avec les pois. Alors certes, d'autres insectes ravageurs vont faire leur apparition et des mauvaises herbes aussi, mais au départ, ils ne sont pas très nombreux, ils ne vont pas mettre la récolte en péril. D'ailleurs, pour éviter qu'à leur tour, ils ne deviennent dangereux, et bien, l'année suivante, l'agriculteur va semer du colza, par exemple, un oléagineux que les insectes ravageurs des pois n'apprécient pas du tout. Et l'année suivante, et bien l'agriculteur remettra du blé, et ainsi de suite. Dis donc Jamy, si je regarde bien ta maquette là, l'automne, tu sèmes, à la belle saison tu récoltes et l'hiver toi, tu te la coules douce. Non, parce que nous, l'hiver, ici, on fait pousser de l'avoine ou de la moutarde, enfin, on bosse, quoi. Oh Sabine, eh, c'est pas l'heure, il faut continuer. Parce qu'après moi il faut me semer. Tu vois ce que je veux dire, on bosse. Eh. Nous aussi on bosse. Alors effectivement, entre l'été où on moissonne et le printemps où on sème les pois, et bien les sols restent à nu. Si on ne fait rien, l'eau de pluie en s'infiltrant va entraîner les sels minéraux en profondeur, les nitrates notamment, du coup, les sols de surface s'appauvrissent. C'est dommage, pour éviter ce phénomène, et bien les agriculteurs peuvent semer de la moutarde en automne. Pour se développer, la moutarde va consommer le nitrate avant qu'il ne s'enfonce dans le sol. Au printemps, l'agriculteur fauche mais ne récolte pas, il laisse la moutarde se dégrader sur place et grâce au travail des vers de terre et des détritivores, les nitrates retournent à la case départ, ils sont désormais disponibles pour les pois, pas besoin d'en rajouter. Eh oh, vous n'êtes pas les seuls, ici aussi on pratique la rotation des cultures et en plus, on mélange plusieurs espèces sur une même parcelle, si si, venez voir. Regardez, ici on a semé du blé, de l'avoine et également du pois. L'avantage de ces trois espèces c'est qu'elles recouvrent bien le sol, donc les mauvaises herbes ont du mal à se développer et ce n'est pas tout, elles se protègent aussi les unes les autres. Par exemple, les champignons et les insectes qui s'attaquent spécifiquement au blé se propagent moins vite ici que dans un champ où il n'y aurait que du blé. Astucieux. Oui, mais après, pour récolter, comment tu fais le tri entre les trois espèces ? Ah bah ici, pas de problème, ces cultures sont destinées à l'alimentation animale, donc on récolte tout d'un seul coup. Et puis tu sais Jamy, je voulais dire quelque chose, il y a une plante qui est très importante pour la réussite de ses récoltes, c'est le pois. Si si, le pois, ça pèse. Mais ça n'écrase pas les autres cultures, au contraire, le pois soulage les sols. Comme on l'a vu, pour se développer, les végétaux puisent des sels minéraux dans le sol, du nitrate notamment car il contient de l'azote. Les légumineuses comme le pois, par exemple, peuvent aussi capter cette azote dans l'air. En fait, l'azote pénètre dans le sol qui est toujours plus ou moins aéré et il se retrouve ainsi au voisinage des racines de légumineuses. Celles-ci, vous l'avez peut-être déjà remarqué, sont pourvues de boursouflures. En fait, elles hébergent des bactéries qui vivent en symbiose avec la plante. Ces bactéries captent l'azote et le transforment en nitrate, le pois utilise ce nitrate sans puiser dans les réserves du sol, mieux, s'il en a trop, et bien, il le rejette dans le sol et le met à la disposition des copains. Dans ce cas, il se comporte comme un engrais vert. Dans une rotation, il faut donc savoir choisir les bonnes cultures et les faire tourner dans le bon sens. Des pommes de terre après des tomates, ça ne marche pas. Si on fait des tomates, les racines attirent, on appelle ça des vers de fil de fer, ce sont des petits vers qui se trouvent dans la terre, qui remontent si on fait de la pomme de terre derrière, vous savez la pomme de terre elle grossit dans la terre. Donc ils seront là, ils attaqueront plus facilement la pomme de terre. Comme on ne peut pas corriger un problème, on est obligé d'anticiper, de bien mettre en place des rotations, bien choisir les espèces. Si il y a un accident de maladie par exemple et bien, on ne peut plus soigner. Pour limiter les problèmes, on fait aussi appel à la sélection génétique, en croisant deux variétés de blé, on en obtient une troisième. En agriculture conventionnelle, on cherche surtout des variétés plus productives, pas forcément en bio. Ce qu'on cherche donc, c'est de créer de nouveaux blés, de nouvelles variétés de blé rustiques, c'est-à-dire qu'on va chercher à créer de nouvelles variétés qui sont plus résistantes aux maladies et qui vont être plus compétitives vis-à-vis des mauvaises herbes. Bon, mais il ne faut pas croire que les agriculteurs bio n'utilisent pas de pesticides, ils en utilisent mais uniquement des pesticides naturels, comme par exemple, la bouillie bordelaise. En fait, c'est un mélange de chaux et de sulfate de cuivre, c'est un fongicide naturel qui tue certains champignons. Attention, il ne faut pas en abuser car trop de cuivre dans l'environnement, ce n'est pas bon, on peut en retrouver notamment dans les cours d'eau. Et moi Jamy, je vais en mettre un petit peu quand même. Pas trop, hein. Victoire, j'en ai trouvé un. Un crapaud quoi ? Un carpocapse Jamy, c'est le ver de la pomme, enfin, on parle de ver en réalité il s'agit d'une petite chenille qui va se transformer en papillon. Le problème, c'est que le carpocapse adore les pommes et ravage les vergers et pour s'en débarrasser, et bien ici, on ne peut pas pratiquer la rotation des cultures, on ne peut pas déplacer les pommiers de parcelle en parcelle. Heureusement, on dispose d'autres moyens de lutte biologique. Ah ouais, efficace les moyens. OK Jamy, je te l'accorde, la tapette à carpocapse c'est pas très efficace, moins efficace que le filet qui empêche les papillons de s'approcher des pommes et de pondre dessus. Simplement, ça doit pas être facile à installer. Ah c'est sûr, c'est plus compliqué que la tapette. On peut aussi pulvériser un produit 100% naturel, un virus. Quoi, un virus, mais c'est dangereux ! Mais non Jamy, c'est pas dangereux pour l'homme, on utilise un virus qui s'en prend uniquement au carpocapse. Le système n'est pas toujours très efficace car certaines de ces petites bêtes ont fini par développer des résistances, mais bon, on essaie quand même. Ce qu'on veut nous, ce sont de belles pommes. Pour lutter contre les ravageurs, on essaie aussi d'attirer leurs prédateurs, le plus souvent des insectes. Pour ça, on préserve leur habitat notamment les haies, mais parfois, on aide un peu la nature. Certains sont élevés et servent pour faire des traitements qu'on appelle insecticides, par lâcher, d'auxiliaire. C'est le cas que vous connaissez bien des coccinelles qui consomment des pucerons, mais on a également des petits parasites qui se développent à l'intérieur de chenilles ou bien de leurs œufs ou de différents insectes ravageurs des cultures. Ces petites bêtes sont utilisées en agriculture biologique mais aussi en agriculture conventionnelle. Grâce à ces techniques d'agriculture biologique, on voit aujourd'hui apparaître toutes sortes de produits : des gâteaux, des confiseries, du chocolat, des conserves, du vin. Bref, c'est un marché, en tout cas, lorsqu'on consomme bio, on participe avant tout à la protection de l'environnement, bien entendu, on pense aussi à sa santé car non seulement ces produits ne contiennent pas de pesticides, mais en plus de ça, ils sont riches en vitamines et en minéraux. Quant au goût, et les consommateurs achètent de plus en plus leurs fruits et légumes directement auprès de producteurs locaux. On est sûr que ce sont alors des produits de saison car acheter des fruits bio que l'on fait venir de l'autre bout de la planète, ça ne protège pas l'environnement. Et pour que cette agriculture se développe en France, la restauration collective comme les cantines devraient servir 20% d'aliments bio d'ici à 2012. Dis donc Jamy, c'est bien de manger bio mais tu as remarqué quand on passe à la caisse, c'est pas toujours donné, hein, remarque, il paraît que les rendements sont différents entre l'agriculture intensive et l'agriculture biologique, c'est peut-être pour ça que c'est plus cher. 10 € 18 s'il vous plaît. Je disais pas ça pour vous, hein, je trouve que c'est très raisonnable, hein. J'espère que j'ai pas parlé trop fort. Mais non, t'inquiète pas, personne n'a entendu. Alors, pour cultiver un hectare de blé, un agriculteur français qui pratique l'agriculture conventionnelle utilise en moyenne 180 kg d'engrais, essentiellement de l'azote sous forme d'engrais chimique, ce qui n'est pas très écologique. Il réalise aussi en moyenne sept traitements par an, deux herbicides, un insecticide, trois fongicides et un régulateur de croissance pour éviter que le blé ne pousse trop haut et ne tienne plus debout. Avec tout cela, il obtient 9 tonnes de blé par hectare. En agriculture biologique maintenant, et bien l'agriculteur qui la pratique, n'utilise que 50 kg d'engrais. Uniquement issu de produits naturels, pas d'engrais chimiques, pas de pesticides chimiques que des pesticides naturels. Et de cette manière, il obtient 4,5 tonnes de blé par hectare, c'est moins. Cela dit, cet agriculteur va malgré tout s'en sortir financièrement puisqu'il va vendre son blé plus cher et qu'il n'aura pas à investir dans les produits phytosanitaires. C'est exactement ça, Jamy. Un champ de blé cultivé biologiquement peut être deux fois moins productif qu'un champ de blé conventionnel, mais pour d'autres cultures, le raisin par exemple, on s'en sort beaucoup mieux.

[20:57]Ici aussi les rendements sont moins importants mais l'écart est beaucoup moins grand, voilà. Juste une question, entre l'agriculture conventionnelle, très productive avec beaucoup de produits chimiques et l'agriculture biologique, pas de produits chimiques du tout. Il n'y aurait pas une solution intermédiaire ? Si, l'agriculture intégrée. Son principe, comme son nom l'indique, est d'intégrer toutes les solutions, la lutte biologique, les engrais verts, les pesticides naturels, la rotation des cultures et en dernier recours, des produits chimiques, mais en moindre quantité. Concrètement, pour un hectare de blé, on utilise 110 kg d'azote, dont une grosse partie sous forme d'engrais chimique. On traite aussi, mais trois fois seulement, deux herbicides et un fongicide. Résultat, on obtient 8 tonnes de blé par hectare. Cette agriculture dite intégrée pollue moins que l'agriculture conventionnelle et permet cependant d'obtenir de très bons rendements. Bon, imaginons, pour moins polluer l'environnement, il faudrait utiliser moins de pesticides. Ça veut dire aussi qu'il faudrait accepter l'idée de produire moins mais est-ce que c'est possible d'autant que pour que ce soit efficace, il faudrait réduire l'utilisation des pesticides dans le monde entier, pas facile, hein. Tu as raison Sabine, surtout qu'on sera 9 milliards sur la planète en 2050, ça va en faire des bouches à nourrir. Oui, mais d'ici là, on estime que la production agricole va devoir doubler. Alors pourquoi doubler, me direz-vous, puisqu'on passe de 6,5 à 9 milliards d'habitants ? Et bien, tout simplement, parce que certains pays, tels que la Chine ou l'Inde dont le niveau de vie augmente, vont se mettre à consommer davantage de produits, tels que le bœuf ou les yaourts. Or, pour produire 1 kg de bœuf, et bien il faut 16 kg de céréales. Par conséquent, on n'a pas le choix, il va falloir produire davantage. Comment ? En doublant les surfaces agricoles, par exemple, dans l'absolu, ce serait possible, mais on empiéterait gravement sur la forêt, ce qui accentuerait les dérèglements climatiques. Reste donc, l'augmentation des rendements. D'accord Jamy, mais si tu veux augmenter les rendements, il faudra utiliser des engrais et des pesticides, et ça, ce n'est pas bon. Et pour cause, ces produits sont polluants et dans nos régions, les rendements épuisent déjà les sols. Des pays comme la France ou les États-Unis devront donc en utiliser moins. Alors certes, les rendements risquent de baisser, mais c'est le prix à payer pour avoir une agriculture durable. Dans d'autres régions, en revanche, en Afrique, par exemple, les rendements peuvent et vont devoir augmenter. Mais pour cela, il va falloir sélectionner des espèces adaptées aux conditions climatiques et utiliser des pesticides et des engrais naturels dans la mesure du possible ou chimiques, le cas échéant, mais sans tomber dans l'excès. Et nourrir les pays pauvres par les pays riches n'est pas une solution contrairement à ce qu'on pourrait croire. Ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui sont sous-alimentés.

[23:53]Donc on ne va pas faire produire en gros en Argentine, au Canada, en Australie, encore plus d'excédents pour alimenter des agriculteurs qui n'arrivent pas à survivre. Donc ce qu'il faut faire, c'est développer la production agricole là où sont les besoins, c'est-à-dire dans les zones rurales des pays en développement. Ouais, mais c'est pas gagné. Aujourd'hui, les produits des agriculteurs africains se retrouvent en concurrence avec ceux qui sont importés d'Europe ou d'Amérique du Nord et qui coûtent beaucoup moins cher. Normal, les agriculteurs des pays riches reçoivent des subventions et disposent de techniques modernes. Face à eux, les agriculteurs africains ne font pas le poids, du coup, les citadins sont complètement dépendants des denrées venant des pays riches et quand les prix augmentent, ils n'ont plus les moyens de se nourrir. C'est ainsi qu'en 2008, des émeutes de la faim ont éclaté dans de nombreux pays pauvres. Au final, il faut donc protéger l'agriculture africaine en limitant les importations et inventer une nouvelle agriculture. Il y a des des centaines et des centaines de technologies qui peuvent être mises à profit parce qu'elles utilisent purement et simplement des fonctionnalités écologiques qui existent dans la nature et qu'il faut mieux utiliser. Par exemple, dans les régions relativement sèches, le problème c'est de conserver l'eau le plus possible dans le paysage, pas sous forme de grands barrages parce que c'est extrêmement coûteux, mais avec que tous les petits moyens possibles et imaginables pour retenir l'eau partout dans le paysage, de façon à ce que l'on puisse replanter des arbres qui sont des arbres fourragers de façon à favoriser l'élevage. Un espoir pour les 923 millions d'humains qui souffrent encore aujourd'hui de la faim. Allez, une petite pomme bio pour la route et puis bah j'y vais. Ouais, moi aussi j'y vais. Allez, Marcel, c'est parti. On y va nous aussi. Bah, vous allez où tous là ? Bah on part aux quatre coins du monde. Bah oui, aux quatre coins du monde pour voir comment on va réussir à nourrir la planète. Ouais, super, allez, on y va. Ouais bah c'est pas gagné, hein. Oh mon pauvre Jamy. Une émission présentée par Frédéric Courant, Jamy Gourmaud, Sabine Quindou. Si vous voulez revoir cette émission et avoir d'autres informations, vous pouvez nous retrouver sur le site internet de C'est Pas Sorcier à l'adresse www.france3.fr.

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