[0:13]La production de thuya occidentalis, communément appelé cèdre, occupe une place très importante dans le secteur de la production en pépinière ornementale au Québec,
[0:27]autant en matière de nombre de producteurs qu'en superficie cultivée. L'IQDHO évalue qu'environ 20 % des superficies en production ornementale sont occupées par cette culture.
[0:37]Parmi les problèmes rencontrés dans cette culture, la surproduction de semences demeure celle qui occasionne le plus de pertes.
[0:45]En plus de ralentir la croissance, les cornes affectent la qualité esthétique des tuyas et les rendent invendables.
[0:54]Dans cette capsule, nous discuterons de l'importance des dommages, puis nous verrons le développement des cornes, et enfin, comment contrôler la production de ceux-ci.
[1:09]La production de semence est un phénomène naturel et obligatoire chez le tuya. En conditions naturelles, elle se produit normalement à partir de l'âge de 5 ou 6 ans.
[1:21]En production, ce phénomène apparaît dès la deuxième année après la plantation, soit 4 ans après le semis.
[1:28]Un des problèmes le plus préoccupant dans la production de tuya est la surproduction de semence.
[1:33]Ce phénomène occasionne beaucoup de perte dans les tuya, il peut les rendre inesthétique, donc invendable.
[1:39]Il peut aussi impacter la croissance des tuyas parce que les cornes ont besoin beaucoup d'énergie pour leur développement.
[1:46]Durant le développement des cornes, la croissance des rameaux du thuya est fortement ralentie, passant d'environ 30 à 45 cm de croissance à seulement 15 à 25 cm par année.
[2:00]La présence de cornes sur les arbres en production est inesthétique et rend les arbres invendables pendant 2 ans.
[2:10]Certains cultivars sont plus sensibles comme les Nigra. L'IQDHO estime que le tuya est l'espèce qui génère le plus de revenus dans la production en pépinière ornementale et est évalué à environ 800000, plus ou moins 200000, le nombre de tuya produit annuellement en champ par les producteurs au Québec en 2022.
[2:30]Le prix de vente moyen en gros se situe entre 25 et 50 dollars par arbre de 130 à 180 cm.
[2:40]La perte monétaire liée à la surproduction de semences est donc considérable et varie fortement d'une année à l'autre et d'une région à l'autre.
[2:48]À la pépinière, on a décidé d'arrêter de produire des cèdres noirs justement à cause de la surproduction de caunes. On s'est dirigé vers le tué émeraude qui lui en fait peu ou ou pas du tout là.
[2:58]Avec la surproduction d'on en fait ce qui se passe c'est qu'on par pas une année de croissance et qu'on rajoute une année de croissance à la plante. Donc du coup supplémentaire ça monopolise nos champs pour une année de plus.
[3:09]Qu'à long terme, c'est que ça nous enlève la possibilité d'avoir une culture supplémentaire dans dans le champ dans lesquel ils sont plantés.
[3:16]Un plan de cèdre noir plein de caunes, ça raconte pas les les critères de standard de qualité pour le cèdre noir. Donc quand on veut livrer un un client un cèdre qui est plein de semence, on peut pas le faire. Tu sais visuellement, c'est pas beau puis on peut pas se permettre d'envoyer des des cèdre plein de semence comme ça.
[3:37]L'initiation florale se produit durant l'été en condition de jour long et les boutons floraux commencent à être apparents dès le mois d'août.
[3:47]La floraison a lieu tôt au printemps suivant, tout au début du mois d'avril.
[3:52]Les fleurs femelles s'ouvrent et produisent des gouttes polliniques lorsqu'elles sont prêtes à être pollinisées.
[3:59]On peut observer des boutons floraux dès la première de septembre.
[4:03]Euh c'est des protubérances qu'on peut voir aux extrémités des rami, euh comme on peut le voir ici.
[4:11]Donc voici la différence entre les deux rami. Euh ici, on a des rami femelles et euh ici, on a des rami mâles.
[4:20]Le tuyas est une espèce monoïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles se trouvent sur un même plan.
[4:28]Les fleurs mâles sont situées sur la partie inférieure d'un rameau de 2 ans, alors que les fleurs femelles sont situées sur les ramilles des extrémités de ce même rameau.
[4:39]Une partie des fleurs femelles vont être fécondées.
[4:43]Les cornes provenant de ces fleurs croissent ensuite durant l'été et pour atteindre leur maturité au début de l'automne, vers le mois de septembre.
[4:52]C'est à ce moment qu'ils ouvrent et libèrent leur semence. La plupart des ramilles ayant porté des fleurs mâles vont jaunir et tomber à l'automne.
[5:02]L'abondance ou non de la production de cornes selon les années est tributaire d'une équation complexe dans laquelle différentes variables entrent en jeu.
[5:13]Les principales variables connues qui amplifient le phénomène sont la fertilisation azotée, le stress thermique et le stress hydrique.
[5:21]La sur fertilisation azotée est un élément qui amplifie l'induction de la floraison. Cette variable peut difficilement être éliminée en production, puisqu'on cherche à optimiser la croissance des tuyas par la fertilisation.
[5:37]La surproduction de semence dans les tuya est influencée par d'autres facteurs. Par exemple, dans le champ,
[5:43]euh une pluviométrie faible ou un sol compacté, un sol mal drainé, euh, une production dans des bessières peuvent avoir une incidence sur la production de cone. Euh dans une production en pot, euh
[6:01]euh un plan qui est asphyxié ou un surplus d'eau euh peuvent aussi influencer la surproduction de cone.
[6:05]Oui, le mauvais drainage et la compaction ont un effet direct sur la surproduction de caunes. Les années où on s'est aperçu qu'il y avait le plus de de surproduction, c'était les années où nos champs étaient plus compactés, le sol plus lourd, un mauvais drainage.
[6:14]Donc on voyait les les cèdres dépérir au fur et à mesure que la saison avançait puis on voyait les les fleurs s'installer tranquillement.
[6:28]Des cornes peuvent avorter en cours de route. La nouaison des cornes est un phénomène mal connu.
[6:38]Il a été observé que la pluie ou l'irrigation pouvait nuire à la pollinisation et mener à plus d'avortement de cornes.
[6:49]Afin de contrôler la production de cornes, certaines des variables vues précédemment peuvent être gérées dans une certaine mesure, comme éviter de sur fertiliser avec de l'azote ou maintenir une irrigation adéquate lors de sécheresse.
[7:05]En 2014 et 2015, dans le cadre d'un projet, l'IQDHO a testé des produits dans le but de réduire la production de cornes dans les tuyas.
[7:20]Les résultats étaient variables selon le moment d'application.
[7:24]Pour les deux produits les plus efficaces, soit l'été et la chauvre, les résultats révèlent que le moment d'application fonctionnait le plus était durant la floraison qui dure normalement 2 semaines.
[7:38]Le phénomène de surproduction de de semence est un phénomène euh qui est encore mal compris.
[7:44]Euh l'IQDHO s'est penché sur euh ce problème en 2014-2015 euh avec un projet. Euh où on a vu que l'étefon et la chausouré étaient euh étaient testés et jugés efficaces euh contre la surproduction.
[8:00]On a aussi observé des changements de morphologie sur les fleurs femelles. Euh où on voyait des euh des gouttes euh polliniques. Euh qu'on pense qu'ils ont qu'il influence euh l'efficacité des traitements.
[8:17]Suite aux essais du premier projet de surproduction de caun, ici à la pépinière on pulvérisait au printemps.
[8:24]On était vraiment attentifs à la bonne journée pour faire la pulvérisation, on allait chaque jour voir le stade de développement de la fleur et puis on on détectait vraiment la bonne journée pour effectuer les pulvérisations. Je crois que pour la fenêtre d'état, on était vraiment dans les bonnes dates mais année après année on se rendait, on se rendait compte que c'était jamais égal.
[8:44]Même si on mettait les produits vraiment de la même façon, on respectait le protocole, on arrivait jamais à enrayer la la surproduction de caunes. Donc des années, ça a super bien marché. Il y a aucun compte qui est apparu et certaines autres années, on arrosait dans les règles de l'art puis les caunes ça se faisait quand même.
[8:59]La variabilité de l'efficacité des traitements, en plus des changements de morphologie qu'on observe sur les fleurs femelles, ont amené l'IQDHO à refaire un deuxième projet.
[9:09]Un deuxième projet a été mené de 2021 à 2022 où l'objectif spécifique était de déterminer la période d'application optimale du produit durant la floraison et d'évaluer l'efficacité des applications en fonction du moment de la journée et de la morphologie de la fleur.
[9:28]En parallèle, un essai de caractérisation du processus de floraison de tuya occidentalis et d'identification des repères phénologiques a aussi été mené. Seule la chaux soufrée, qui agit en brûlant les fleurs avant la pollinisation, a été testée cette fois, puisque l'homologation de l'étéfon était en réévaluation à ce moment-là.
[9:51]Durant le projet, on a essayé de déterminer la période optimale d'application du produit durant la floraison. Donc, on a fait quatre applications à 3 jours d'intervalle euh sur 2 semaines euh parce que on sait pas combien la floraison est dure exactement.
[10:07]Aussi, on a essayé d'évaluer l'efficacité du traitement euh en fonction du moment de la journée et de la morphologie de la fleur. En fait, on on sait pas à quel moment la goutte elle sort. Donc, c'est pour ça qu'on a fait deux traitements dans la même journée, un au début de la journée et un au début de l'après-midi.
[10:25]Durant le projet et avant chaque application, on observait à la loupe euh les fleurs femelles pour noter la présence ou absence des gouttes.
[10:33]Donc, en notant la présence ou absence des gouttes, on veut vérifier s'il y a une relation entre l'efficacité des traitements et la goutte pollinique.
[10:41]Ensuite, on a essayé de caractériser la floraison en installant des caméras euh timelapse vis-à-vis des fleurs femelles pour savoir le moment exact de la sortie des gouttes dans durant la journée.
[10:54]Enfin, le dernier objectif était d'identifier euh des repères phénologiques qui pourront nous aider à identifier euh le début de la floraison.
[11:01]Voici les principaux résultats du deuxième projet qui a duré 2 ans. Il y a eu jusqu'à trois fois moins de cornes fécondées dans les tuyas traitées à la chaux soufrée comparativement aux témoins pour les 2 années du projet.
[11:16]Le projet nous a permis de découvrir que lorsqu'on appliquait le traitement entre 125 à 187 degrés jour, le produit a été efficace. Dans cet intervalle, les gouttes étaient présentes sur les fleurs.
[11:31]Lorsque les traitements sont faits en présence de gouttes, cela fonctionne.
[11:37]La période, soit avant-midi ou après-midi, n'a pas eu d'impact considérable sur l'efficacité des traitements.
[11:45]Le défi de cette méthode de contrôle est de traiter lorsque les gouttes sont apparentes, mais les fleurs du tuya sont très petites et parfois difficiles à observer à l'œil nu.
[11:57]Jusqu'à maintenant, on se basait sur la floraison de l'érable argenté et de l'érable rouge pour nous situer par rapport au début de la floraison et donc qu'en traité.
[12:07]Dès le début de la floraison de l'érable argentée, on peut commencer à observer les fleurs femelles à l'aide d'une loupe pour voir l'ouverture des fleurs et la sortie des gouttes. Donc, cela va nous aider à cibler le moment de de début de traitement.
[12:24]Le suivi des degrés jour est un outil déterminant pour cibler la période de floraison.
[12:30]L'observation des gouttes sur les fleurs femelles à l'aide d'une loupe sur le terrain est le meilleur moyen de s'assurer de leur présence.
[12:39]La floraison de l'érable argentée peut servir de repère phénologique pour débuter l'observation des fleurs du tuya. Ce dernier fleurit autour de 100 degrés jour.
[12:50]Pour terminer, la production de cornes dans les tuyas occasionne des pertes importantes en pépinière ornementale. Elle nuit à la croissance des arbres et mène à leur déclassement.
[13:02]Afin de contrer cette problématique, certains paramètres de production peuvent être gérés différemment, mais dans une certaine mesure seulement, puisqu'il est impossible de ne pas fertiliser en azote les tuyas en croissance ni de contrôler les températures.
[13:19]De plus, d'autres variables qui restent encore mal connues, règlent l'initiation florale de cette plante. Le traitement avec de la chaux soufrée sur les fleurs, au moment de la floraison, permet une réduction considérable des cornes en production.
[13:35]Un bon suivi et l'observation des fleurs femelles sont toutefois nécessaires pour la réussite des traitements.



