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CHASSEUR CUEILLEUR PARENT Résumé par B. Debruères

Bertrand DEBRUERES

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[0:01]Je vais vous parler du livre de Michaeleen Doucleff, qui est édité aux éditions Leduc, qui s'appelle chasseur cueilleur parent.
[0:01]Elle ne comprend pas le stress, les larmes, l'épuisement alors même qu'elle veut comme tout parent faire du mieux possible pour sa fille.
[0:01]L'une des premières questions qu'elle pose, c'est de savoir si notre modèle éducatif est pertinent.
[1:17]Pour illustrer cette différence culturelle, l'autrice utilise l'illusion de Franz Müller-Lyer.
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[0:01]Je vais vous parler du livre de Michaeleen Doucleff, qui est édité aux éditions Leduc, qui s'appelle chasseur cueilleur parent. Et pourquoi je résume le livre, c'est parce que j'ai vu que l'autrice se trouve piégée dans une confrontation avec sa fille, cela l'épuise, la pousse à bout, elle crie sur sa fille, comme on a crié sur elle quand elle était enfant. Elle ne comprend pas le stress, les larmes, l'épuisement alors même qu'elle veut comme tout parent faire du mieux possible pour sa fille. Alors elle utilise son expérience de journaliste scientifique pour aller voir ce qui se passe ailleurs, et elle construit une réponse intéressante, dans un livre que j'ai trouvé très complet et que j'ai souhaité résumer pour en transmettre le sens à mes enfants. L'une des premières questions qu'elle pose, c'est de savoir si notre modèle éducatif est pertinent. Elle s'appuie sur des études et montre que l'étude de la psychologie de l'éducation souffre d'un biais majeur: en effet, 96 % des études n'étudient que des personnes d'ascendance européenne qui se caractérisent par l'acronyme WEIRD, qui signifie civilisation et culture de l'Ouest de la planète,

[1:17]généralement éduqué, en pays industrialisé, riche et démocratique. Or ces civilisations ne représentent que 12 % de la population mondiale. Ceci signifie qu'en terme chiffré, les personnes issues des sociétés occidentales comptent par les populations parmi les moins représentatives que l'on puisse trouver pour établir des généralités sur l'ensemble des êtres humains. Et quand on compare nos sociétés occidentales à des sociétés de culture ancestrale, elles apparaissent différentes, bizarres, à de nombreux niveaux (attribution des sanctions, conception de l'équité, valoriser le choix, l'analyse de l'espace en trois dimensions, la stimulation des enfants, les compliments, etc.). Pour illustrer cette différence culturelle, l'autrice utilise l'illusion de Franz Müller-Lyer. Il faut regarder les deux lignes situées à la partie supérieure de la diapositive. Si vous montrez ces lignes à des Américains, ils vont penser que la longueur de ces lignes est différente, avec une ligne du haut plus longue que l'autre. Si vous montrez ces deux lignes à des Africains, ils ne vont pas y voir de différence. Ceci peut s'expliquer par la théorie des boîtes. En effet, certaines civilisations, par exemple, la civilisation américaine, vivent dans des environnements à angle droit ou charpentés comme les maisons, les lits, les trains, les bureaux qui sont assimilés à des boîtes. Et dans ces circonstances, le cerveau occidental transforme inconsciemment les lignes bidimensionnelles en boîtes tridimensionnelles.

[2:56]La ligne du bas ressemble à un bord qui vient vers nous, donc qui est plus proche. La ligne du haut ressemble à un bord qui s'éloigne de nous, donc qui s'éloigne. Inconsciemment, le cerveau de culture occidentale (WEIRD) étire la ligne du haut du fait de son environnement dans des civilisations charpentées. Mais dans bien des cultures, les gens sont environnés de formes arrondies (dômes, matériaux souples, arbres, animaux).

[3:32]La nature produit moins d'angles droits, elle adore les courbes. Dans ces cultures on ne fait pas de différence entre les deux lignes.

[3:44]On voit donc que les sociétés non WEIRD ont une interprétation différente de l'illusion optique. Quelle conclusion peut-on en tirer ? La première conclusion est de dire si appartenir à une culture déforme une chose aussi simple que la perception de deux lignes noires, notre culture peut-elle influencer des processus plus complexes, par exemple les effets de l'éducation sur notre manière de percevoir le comportement des enfants ? Et la deuxième chose, c'est se poser la question si certaines idées communément admises dans nos sociétés n'étaient en réalité que des « illusions d'optique » créées par notre culture. Une autre question que se pose l'autrice c'est la question de la famille nucléaire. La culture occidentale considère la famille nucléaire comme modèle idéal (père, mère, enfants, sous un même toit). Mais en fait, dans l'histoire de l'humanité entière, pendant 99,9 % du temps passé par l'être humain sur terre, la famille nucléaire n'existait pas. Elle n'a pas de racines réelles dans le passé.

[4:58]Pendant des millénaires l'éducation était une affaire multigénérationnelle. Pendant les mille dernières années, la famille occidentale s'est progressivement réduite. Et finalement les parents se retrouvent actuellement seuls pour élever leurs enfants, ce qui entraîne tension et épuisement.

[5:20]Beaucoup d'études constatent que l'isolement des parents, l'absence de conseillers, l'absence de compétences acquises à partir des ascendants est une source profonde de tensions psychologiques, ainsi que dépressions du post-partum et de dépressions de l'enfant et de l'adolescent.

[5:40]Dans une famille élargie, chacun a des obligations et des responsabilités vis-à-vis des autres. Il doit tenir compte des besoins d'autrui, les besoins individuels passent après la sociabilisation et la coopération. Quand on passe à table, tout le monde mange le même plat, issu de la même casserole. Il n'y a pas d'autre choix. Dans un famille réduite à deux parents et deux enfants, beaucoup de ces obligations s'envolent. On perd les aptitudes à composer et tenir compte des autres. On a le temps et l'espace pour les besoins et les préférences de chacun. En une centaine d'années, on peut aboutir à une situation où, à table, chacun mange un plat différent, et il y va de son propre avis sur la manière dont il doit être préparé et mangé. L'individualisme règne en maître. Les enfants peuvent devenir autoritaires. Autre question posée par l'autrice : pourquoi éduquons-nous nos enfants comme nous le faisons ? On part généralement du principe que les conseils des experts et des médecins sont les meilleurs. Et l'autrice cite une étude d'un écrivain qui s'appelle Christina Hardyman, 1980,

[7:03]qui était mère de 4 enfants, se trouva submergée par les conseils donnés par ses médecins et décida de colliger 650 publications (du XVIIe siècle, John Locke jusqu'à 1990, W & M Sears) dans son livre Dream Babies. Les conclusions de cet ouvrage sont intéressantes. Premièrement, la plupart des conseils éducatifs aujourd'hui en circulation ne se fondent ni sur des études scientifiques ou médicales, ni sur des savoirs traditionnels transmis de mère en mère.

[7:34]Deuxièmement, la plupart sont des informations souvent rédigées par des hommes, pour permettre de « gérer » un nombre important d'enfants en même temps (en institution). Troisièmement, la diffusion de ces informations régulièrement mises à jour a été facilitée par une audience croissante de parents épuisés avides de conseils, stimulés par les éditeurs.

[8:00]Et puis, il y a les sujets éternels. On lit au fil du temps des conseils totalement opposés sur l'alimentation, le rythme des repas, la gestion des pleurs, l'apprentissage de la propreté, la durée et les rythmes du sommeil, la façon d'endormir un bébé, le berceau, etc.

[8:20]Et il y a particulièrement trois pratiques qui attirent l'attention, l'apocalypse des bidules, l'orgie d'apprentissage et les compliments. Pour parler de l'Apocalypse des Bidules, il faut revenir au début du 19e siècle, aux USA, où tous les enfants, riches ou pauvres, jouaient de la même manière, comme depuis 200 000 ans. Ils créaient leurs propres jouets à partir d'objets trouvés à la maison. Les jouets « informels » étaient plus importants que les jouets « officiels »: découper des robes de poupée dans des draps, fabriquer des bâtons avec du bois, des cerfs-volants avec du papier, etc. Au début du 19e siècle, Germa, chez les experts en éducation l'idée d'utiliser des blocs pour apprendre l'ordre et la construction, et des jeux de société pour inculquer les notions de planification et de commandement.

[9:20]Puis la révolution industrielle apporta en masse les jouets, poupées, puzzles, livres, etc. dans les foyers, et simultanément les psychologues décidaient qu'il fallait encourager à jouer plutôt qu'à contribuer aux tâches domestiques.

[9:37]Le consumérisme acheva d'alimenter la pléthore en jouets, soutenu par psychologues, pédiatres, experts en santé publique et surtout les médias qui, parallèlement, encourageaient tout ce qui pouvait être vendu dans l'intérêt des enfants.

[9:55]L'orgie d'apprentissage découle d'une idée née dans les années 50, après le lancement de Spoutnik 1.

[10:07]Certains évoquèrent le retard technologique des USA et naquit l'idée que les enfants américains étaient moins bien élevés, en terme d'innovation et de performance scolaire et universitaire, que les enfants russes. D'où une injonction à accélérer activement l'apprentissage des enfants, les éduquer dans un environnement stimulant, bruyant, coloré, en constante évolution, enseigner précocement les mathématiques, les sciences, le vocabulaire, etc.

[10:35]Nouvelle mission des parents: stimuler, instruire, éduquer.

[10:41]Parfois, de la part des spécialistes de l'éducation en ayant recours à la peur ou la culpabilisation des parents.

[10:50]De nos jours, ces conseils sont devenus des habitudes - ou des obligations - pour la plupart des parents. Parfois à l'excès. Au risque que cette stimulation permanente épuise les parents et détourne les enfants.

[11:08]En ce qui concerne les compliments, on complimente un enfant en pensant que cela renforce son estime de soi, selon psychologues et pédiatres des années 80/90, précurseurs de la période actuelle du développement personnel.

[11:27]En réalité, l'examen des données montre qu'il n'y a pas de causalité évidente entre une estime de soi médiocre et toutes sortes de problèmes sociaux, émotionnels, l'échec scolaire, l'alcoolisme, la toxicomanie, la criminalité, la violence, etc. Le conseil de porter les enfants aux nues, d'ignorer leurs erreurs, de les complimenter, de les critiquer avec parcimonie, de manier la discipline avec précaution, entraîne, suivant les études des conséquences très diverses et pas forcément positive.

[12:03]Dans certains cas, les louanges sont démotivantes et détournent l'enfant de ce pourquoi il est félicité. Certaines études indiquent que l'excès de compliments augmente l'égocentrisme de l'enfant et stimule la compétition avec ses frères et sœurs pour obtenir les louanges des parents. Ces éléments devenant plus tard pourvoyeurs d'anxiété à l'âge adulte.

[12:30]Notre approche éducative est unique au monde. Dans les sociétés qui ne complimentent pas ou peu, la confiance en soi, la force mentale, l'efficacité en famille, l'écoute et la coopération des enfants paraît meilleure.

[12:48]La méthode Maya. L'autrice s'est rendue avec sa fille jusqu'à la péninsule du Yucatan pour partager l'éducation des enfants Mayas, très étudiée par les anthropologues. La particularité est la notion d'enfant acomedido: enfant attentif à ce qui se passe autour de lui, habile, autonome et remarquablement serviable pour s'acquitter d'un grand nombre de tâches, sans qu'on lui demande.

[13:19]Les ¾ des mères confirment que leur enfant, quand il constate que c'est nécessaire, prend naturellement l'initiative d'assumer une tâche, sans consigne de sa mère: ranger si une pièce est en désordre, prendre son frère dans les bras s'il pleure, faire la vaisselle s'il voit qu'elle est sale.

[13:39]L'enfant n'a besoin d'aucune sollicitation, n'est pas complimenté, prend plaisir à accomplir des tâches, et en est fier. Cette méthode n'est pas propre aux communautés Mayas et Nahuas, elle est répandue partout dans le monde. Plus on s'approche de régions urbaines et occidentales moins elle est présente.

[14:03]Comment apprendre aux enfants à aider volontairement ? L'étude du comportement des enfants humains met en évidence deux caractères communs à tous les enfants du monde: les colères et la serviabilité. Le désir d'aider serait pour tous les petits humains secondaires au désir fort d'être entouré par leur famille et reliés à leurs parents. Faire quelque chose avec autrui les rend heureux et participe grandement à leur développement émotionnel.

[14:38]Que les enfants naissent avec le désir spontané d'aider ne fait aucun doute. À partir de là, deux voies possibles, qui dépendent de l'attitude des parents.

[14:51]De nombreux parents (occidentaux) rabrouent leur enfant quand il veut aider et/ou trouvent que cela est inutile. L'enfant est mis à l'écart (dans une pièce à côté, devant un écran): cela signifie: ne fais pas attention à ce que je fais, ne m'aides pas. Rapidement, l'enfant est moins attentif et n'aide plus. Il apprend qu'aider n'est pas de sa responsabilité. Les mères Mayas font l'inverse: elles accueillent l'aide des enfants, même si elle est maladroite ou brutale: rapidement, l'enfant aide naturellement avec plaisir et en est heureux.

[15:35]La première étape pour élever des enfants serviables se résume en une phrase: il faut les laisser s'entraîner: à ranger, à cuisiner, à cueillir, à nettoyer, à construire, etc.

[15:51]Il n'est jamais trop tard pour le faire, il faut commencer dès le plus jeune âge. Et les enfants sont capables de bien plus que ce qu'on imagine. Il faut placer la barre haut et laisser l'enfant montrer ce dont il est capable. Ceci permet aussi aux parents d'apprendre beaucoup sur leurs enfants. Et de les aimer davantage. Évidemment on doit rester prudent et adapter l'aide à l'âge de l'enfant.

[16:21]Avec les bébés (de la naissance à la marche), dès que l'enfant tient assis, l'asseoir à côté de soi quand on travaille ou que l'on s'occupe à autre chose, pour qu'il voit ce que l'on fait. Oublier l'idée de l'obligation à « divertir », avec des jouets ou gadgets. Inclure l'enfant dans toutes les tâches de la vie quotidienne, en sécurité. Lui montrer ce que l'on fait, sans nécessairement lui expliquer. L'enfant: observer, le parent: inclure.

[16:54]Avec les jeunes enfants (1 à 6 ans environ), d'abord montrer, éviter d'envoyer les enfants ailleurs, les inviter à rejoindre les parents et rester près d'eux pour les faire participer.

[17:11]Ensuite, encourager. Si un enfant demande à aider, l'encourager, même s'il fait mal, le guider pour corriger; en restant dans une activité compatible avec les compétences de l'enfant.

[17:27]Ensuite, demander de l'aide pour stimuler la coopération: tiens ça, remue ça, porte ça, occupe-toi de ceci, fais cela.

[17:39]Ne pas penser qu'il y a des tâches plus gratifiantes que d'autres, c'est le fait d'aider qui est important. Il faut que l'enfant apporte une contribution réelle à la famille, il doit la percevoir comme telle. Ne pas utiliser de « faux » instruments, les enfants voient tout de suite la différence, ni de missions fausses ou simulées. Les tâches doivent être réalisables. Ne jamais forcer un enfant, et ne pas abuser des demandes.

[18:13]Quand on cherche à élever des enfants coopérants, il y a une différence frappante entre les parents Mayas et les parents de Chicago. Les parents Mayas ne ressentent pas le besoin constant de divertir leurs enfants et de jouer avec eux. Ils ne pratiquent pas les activités « centrées sur l'enfant », c'est-à-dire les activités qu'ils ne pratiqueraient pas s'ils n'avaient pas d'enfant. Au lieu de cela, ils les accueillent dans la vraie vie et leur en donne l'accès sans restriction. Les jeunes enfants adorent cela car ils meurent d'envie d'y participer. Ils ne font pas la différence entre le travail adulte et le jeu. Ils associent les tâches ménagères, par exemple, comme des activités positives, amusantes et ludiques. Cela a deux avantages. Premièrement, il n'y a pas à planifier des activités pour les enfants, c'est reposant pour les parents. Deuxièmement, pour les enfants il est plus facile et moins stressant d'apprendre de cette manière, cela génère moins de conflits et de résistances. Et le plus important est que ainsi cette attitude donne aux enfants une carte de membre.

[19:40]Pour expliquer la carte de membre, il faut dire que en Occident, il y a deux leviers de motivation: le récompense et la punition.

[19:52]Dans bien d'autres cultures est exploitée une autre source de motivation: l'ardeur que met l'enfant à faire partie intégrante de la famille, son besoin d'appartenance. C'est une source très puissante de motivation. Les enfants réalisent des tâches avec une aisance relative parce qu'ils sont dévoués à leur famille. Ils ont programmés pour coopérer ainsi, c'est l'une des caractéristiques de l'être humain.

[20:24]Il y a une condition pour que cette motivation s'exprime: avoir conscience d'être pleinement et réellement contributeurs dans la famille. Les enfants sont conscients dès leur plus jeune âge de leur relation avec les autres et savent s'ils font ou non partie de l'équipe.

[20:45]À chaque fois qu'on intègre l'enfant on renforce cette motivation; à chaque fois qu'on choisit une activité centrée sur l'enfant, on lui retire un peu de sa carte de membre, on éloigne sa motivation à vivre en équipe.

[21:01]La participation aux tâches domestiques et l'autonomie sont les plus puissants pourvoyeurs d'équilibre.

[21:10]En pratique, comment former à la coopération ? Par exemple, faire du week-end un jour d'adhésion familiale = remplacer les activités centrées sur les enfants par des activités centrées sur la famille et le monde des adultes. Prendre chaque jour un moment qui ne soit pas consacré à divertir ou instruire les enfants, et les laisser tranquilles pendant ce moment. La règle des 10-10-10: chaque jour pendant 10 minutes je suis à au moins 10 m de mes enfants et je me tais pendant 10 mn. Réduire les activités centrées sur les enfants. Augmenter son exposition au monde des adultes. Réduire les jouets, n'en garder que quelques uns. Encourager l'enfant à ranger les jouets. Utiliser les jouets pour apprendre le partage. Reconsidérer son rôle de parent: suis-je animateur de divertissement ou acteur de l'aide et de la coopération? Demander à l'enfant de mettre la main à la pâte aussi souvent que possible.

[48:02]La leçon de l'alloparentalité.

[48:08]On peut regarder la tribu des Efe, en Afrique Centrale, où dès qu'une femme accouche, d'autres aident, portent, câlinent, bercent, allaitent pour 20% puis 40% puis 60% du temps à 16 semaines.

[48:25]Au bout de quelques mois, la mère retravaille et confie le bébé à une allomère. En Afrique centrale, chez les Bakaya, il y a une vingtaine de personnes autour de l'enfant. En Inde du Sud, les alloparents s'appellent « sonta » (= groupe de frères et sœurs), les adultes appellent fils ou filles tous les enfants se trouvant chez eux, et les enfants appellent « petit père » ou « petite mère » les alloparents les plus proches. Chez les Hadza, que l'on a vu un peu plus avant, l'alloparentalité est omniprésente. La situation dans ces peuples est donc très différente de ce que l'on observe en Occident.

[49:10]Les alloparents ne sont pas toujours des membres de la famille et la notion d'alloparentalité s'est étendue (Étude des familles Agta d'Abigail Page sur la côte Nord des Philippines). Les alloparents y sont des adultes, mais aussi des enfants, âgés de 6 à 12 ans, qui s'occupent d'un quart des soins au plus jeunes. Un enfant de 5 ans est le meilleur enseignant du monde. L'étude conclut que la culture occidentale sous-estime la valeur de l'enseignement d'enfant à enfant. « Vous êtes responsables de vos propres enfants, mais vous devez aimer tous les enfants comme les vôtres », dit Subion, mère Hadza. L'alloparentalité a de gros avantages pour l'enfant (stimulation, physique et mentale) mais elle est aussi bénéfique pour les « les vieux » (réduction du stress, de l'anxiété, des maladies cardio-vasculaires, addictions, dépression, etc. Apprendre l'autonomie, c'est faire la différence entre indépendance et autonomie, c'est la connectivité avec l'environnement familial. Pour qu'un enfant soit autonome, se limiter à trois ordres, questions, demandes, par heure; attendre avant de donner une consigne, se demander si elle est pertinente; réserver les demandes et ordres pour rapprocher l'enfant de la famille (le rendre serviable et généreux).

[44:49]Simultanément, l'autonomie s'accompagne de responsabilités vis à vis d'autrui, en apprenant le partage 1/ en donnant des occasions de pratiquer le partage 2/ en montrant l'exemple du partage 3/ en étant reconnaissant du partage.

[45:09]Ainsi l'enfant est à la fois autonome et apprend à partager.

[45:15]Ceci aboutit à la liberté et au travail d'équipe quand l'enfant grandit (alors qu'on considère souvent ces deux notions comme contradictoires). Le tout se faisant sous l'œil bienveillant du parent, en coulisses.

[45:35]Les bienfaits de l'autonomie: la confiance en soi. En fournissant à l'enfant des occasions de pratiquer l'autonomie, et en montrant l'exemple de la confiance en soi, le parent apprend à l'enfant la confiance en soi. Tout comme l'exercice et le sommeil, l'autonomie semble bénéfique à l'enfant sur à peu près tous les plans (Stixrud et Johnson, neuropsychologues).

[46:05]En pratique: tenter de ne donner que trois ordres par heure; voir si un enfant peut se sortir tout seul d'un obstacle ou d'un danger; laisser faire sur des règles sans importances. Augmenter progressivement le temps de cette expérience.

[46:24]Ne pas répondre à sa place à un interlocuteur; laisser les enfants gérer une dispute. Apprendre à l'enfant à éviter ou gérer les dangers dans la maison et autour (Aïe, ça fait mal, le chaud!). Trouver à l'enfant des zones d'autonomie, où le parent se met en retrait en tissant un filet de protection invisible.

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