[0:08]Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenue dans notre web-série où nous poursuivons notre rencontre avec Jean Van Hemelrijck qui nous éclairera sur certains concepts clés de la psychologie. Et aujourd'hui, nous allons aborder la thématique de la systémique. Jean Van Hemelrijck, bonjour. Alors la systémique, c'est quoi exactement ? Alors c'est né, c'est né d'une observation empirique si vous voulez, on se rendait compte quelque part que les les les les psys qui s'occupaient d'enfants par exemple, à certains moments les parents leur apportaient un enfant qui n'allait pas bien, en disant voilà, est-ce que vous pourriez nous aider par rapport à ça. Ils faisaient leur job, l'enfant allait mieux puis il constatait de manière un peu comme une onde de choc si vous voulez, comme une vague, que d'autres personnes dans la famille n'allaient pas bien, que les parents se séparaient. Les gens se sont interrogés sur l'économie groupale de la souffrance humaine. Comment on peut comprendre ce qui ce qui arrive à un individu non pas comme étant ce qui lui arrive à lui mais comme étant ce qui arrive au groupe, dont il serait éventuellement le témoin, le porte-parole. La systémique s'intéresse donc au système humain, au groupe auquel nous appartenons, nos couples, nos familles, nos fratries, nos nos groupes de d'amis, nos groupes professionnels, nos collègues. En pensant que le groupe fonctionne selon une économie singulière, que chacun est partenaire de ce processus, que ce n'est pas facile la collectivité, l'appartenance, elle est fondamentale à notre identité, on a besoin d'appartenir pour être mais l'appartenance est complexe et difficile. Ça n'est jamais véritablement acquis, on doit tout le temps la remettre au travail et à certains moments, ça peut un peu bugger, ça peut un peu être en difficulté. Et la systémique réfléchit comment les systèmes font pour continuer à vivre dans le temps et dès lors qu'il réfléchissent comment les groupes durent, on a également réfléchi comment les gens font quand ça se passe mal. C'est c'est devenu un peu un peu plus populaire qu'avant, c'est là qu'on parle de patient désigné, qu'on parle d'homéostasie, que l'on parle de de méta-communication, ce sont des mots qui commencent à à peupler un peu le langage populaire. Le patient désigné, c'est celui qui dans un groupe, à un moment où le groupe ne va pas bien, va devenir le témoin de cette souffrance. Il va par son comportement, par sa gestuelle, par sa parole, par son état psychique, témoigner de la souffrance collective et devenir une ressource, mais naturellement, c'est une ressource qui fait du mal. hein, si l'on devient patient désigné, c'est c'est particulièrement douloureux, mais c'est une tentative de solution que le groupe met en place et la systémique est donc cet outil, cet appareillage épistémologique qui vise à réfléchir la collectivité. Le le le vivre ensemble au détour justement de la de la manière dont les hommes envisagent comment ils s'y prennent pour rester dans un lien qui répond à deux deux énigmes fondamentales. Comment être proche des autres sans être trop proche ? Comment s'écarter des autres sans les abandonner ? Vous savez, c'est c'est le fondement même de toute la de toute la vie des hommes, le fondement premier de notre existence a été dans une proximité étroite avec notre mère ou avec celle qui qui veillait sur nous dans un dans un geste maternel, dans une très très très grande proximité. Et c'est c'est vital. Je veux dire sans cette fusion initiale nous ne serions pas. Et puis on s'écarte. On s'écarte toute notre vie d'enfant, d'adolescent, va être de s'écarter et donc on va devoir résoudre sans jamais véritablement y arriver, comment s'écarter des autres, de ce que l'on aime pour gagner en autonomie, en dépendance, en différenciation. Pour être, pour pouvoir accéder à jeu, il faut pouvoir se distinguer des autres, mais il faut pouvoir se distinguer sans aller trop loin parce que sinon on est abandonné, on n'existe plus que dans l'opposition. Et puis par la suite de revenir vers les autres, de pouvoir créer du lien, de l'amour, de la proximité, de la tendresse, de l'amitié sans s'y perdre. Et donc la systémique réfléchit ces mouvements de l'intime au distal, de la de la distance aux autres et de la différence à la ressemblance, à la proximité des autres sans que l'on soit dans l'abandon, le désespoir, l'indifférence ou la fusion, le collage, la passion qui est destructrice. Vous avez employé un autre mot, l'homéostasie, souvenez-vous. L'homéostasie, c'est une c'est un un un un mot un peu un peu poussiéreux, mais qui revient, qui vient à la physiologie, qui est comment comment comment les groupes humains, comment les systèmes euh maintiennent un équilibre, c'est-à-dire un état de fonctionnement stable. Et donc euh, comment les choses restent en état, hein, l'état belge, tout ça. Et donc l'idée fondamentale de l'homéostasie, c'est toute la mécanique qui fait que le système se maintient en état d'équilibre. La crise étant lorsque l'homéostasie est rompue, c'est-à-dire lorsque qu'il n'y a plus cet état d'équilibre. L'homéostasie étant donc un apaisement parce que nous savons ce qui va nous arriver. Donc l'homéostasie, c'est un un un procédé relationnel qui fait que l'on sait vers quoi l'on va. Or, s'il y a bien une inquiétude que les hommes traversent, c'est l'ignorance de demain, l'inconnu, hein. Et donc pour éviter justement de d'être comment dirais-je, de se promener du côté de cette inquiétude, on met en place des mécanismes prédictifs. L'homéostasie, c'est le maintien d'un état avec la prédiction que ce qui est aujourd'hui sera demain. Et vous avez employé un troisième concept aussi quand vous avez parlé de la systémique, la méta-communication. Ah oui, alors là c'est c'est un concept qui est qui est tout à fait passionnant parce que nous sommes en lien. Et quand nous parlons, nous faisons deux choses monsieur Cochineau, nous nous nous disons des choses, nous nous transmettons du contenu, mais nous avons essayer d'établir une relation. Nous sommes en lien relationnel. Cette relation comme ici elle est relativement banale, nous pouvons concentrer toute notre attention sur le contenu. Imaginez que pendant que je vous parle, en gardant exactement le même contenu, je retire ma veste, je retire ma chemise et que je me mette à danser sur la chaise en regardant exactement le même discours. Vous auriez probablement ainsi que les gens qui ont le malheur de regarder cette émission, euh probablement un un tout petit peu de difficulté à écouter ce que je dis parce qu'à ce moment-là vous diriez mais qu'est-ce qu'il fout cet idiot, il est en train de de mettre un mal. Comme je vous connais, je pense que je dirais oui, c'est normal. C'est normal. Oui, d'accord, mais oui, mais mais peut-être que les gens qui me connaissent pas seraient certainement troublés, parce que le lien ce serait un congruant. Donc tout processus communicationnel, c'est l'établissement d'un lien et la transmission d'un contenu. Quand vous avez une dispute entre deux personnes, souvent on dit tu as écouté ce que je dis et l'autre répond non, quand tu me parles comme ça, je t'écoute pas. Donc l'un concentre son attention sur le verbe et l'autre sur le ton, sur la la le visage, sur la tonalité du du verbe, sur la gestuelle, sur la manière qu'il a de ne pas regarder. Donc il a il a comment dirais-je, il a mettre toute son attention sur le lien, sur la manière que l'autre a de mettre en lumière son lien, alors que l'autre dit écoute ce que je te dis et prends un ton de voix pour dire quelque chose qui fait que l'autre n'écoute pas. C'est parce qu'il y a une incongruité entre le processus relationnel et la communication. La méta-communication est une tentative de parler du processus relationnel. Tu as vu ce qui nous arrive. Quand toi tu parles comme ça, moi je réagis comme ça et donc nous deux, nous sommes en train de produire un malentendu. On fait un commentaire non pas sur le contenu, non pas sur le la relation, mais à un niveau méta, à un niveau au-dessus, c'est-à-dire qu'on commence à parler de nous, non pas tu me parles agressivement, tu n'écoutes pas ce que je dis. À ce moment-là, on n'est pas naturellement dans un processus de communication, on veut absolument intimider l'autre pour qu'il arrête en 30 secondes de soi-disant faire commentaire pour écouter ce que j'ai à dire, non pas un niveau méta. C'est un outil relationnel d'une puissance rare qu'on fait constamment. On ne peut pas ne pas vivre ensemble sans rééquilibrer nos processus relationnels par des commentaires. Qu'est-ce qui nous arrive ? Qu'est-ce qui se passe entre nous ? Alors on le fait de manière spontanée, on le fait de manière naturelle sans trop s'en rendre compte. Euh et ça marche assez bien parce que ce sont vraiment des des des techniques relationnelles qui permettent de remettre le lien en synchronie. Le gros problème, voyez-vous, c'est que dans la souffrance des hommes, quand elle surgit, la méta-communication souvent n'est plus opératoire, n'est plus possible parce que elle apparaît comme une tentative de prise du pouvoir par celui qui fait commentaire. Quand il dit qu'est-ce qui nous arrive, c'est comme s'il prenait la couver tirait la couverture à lui, prend le pouvoir de définir le lien, alors l'autre va lui refuser et la méta-communication devient difficile, le commentaire sur devient difficile. C'est pour ça qu'à ce moment-là, on peut aller voir un psy qui naturellement va travailler à l'ablement du côté de la méta-communication, tenter, parce que c'est pas toujours facile, de la réintroduire, de la de la mettre en mouvement, de faire commentaire en s'incluant lui. C'est c'est en parlant notamment de la manière qui n'est qu'il a de ne pas arriver à dire, de ne pas être entendu, de ne pas être en relation, de voir que que l'autre ne joue pas dans la pièce, qu'il s'y refuse, de faire commentaire par rapport à ça, de restaurer quelque part un un une possible méta-communication puisque tout homme qui fonctionne avec un autre communique, établi un lien et fait des commentaires à l'assablement sur le lien pour le rééquilibrer parce que vous savez, il y a des enfants qui qui qui nous montrent bien cela quand ils viennent nous voir et qu'ils disent mon père me parle, ma mère me parle comme si j'avais 4 ans. J'ai grandi. Quand il dit j'ai grandi, il se passe quelque chose, on peut le réfléchir comme il méta-communication, ça signifie quelque part que tout à coup, on doit de part et d'autre changer le mode relationnel. Et c'est pas si facile que ça de se rendre compte que son parent n'a pas compris qu'on avait vieilli parce que s'il acceptait qu'on ait vieilli, ça veut dire qu'il a vieilli lui aussi. L'enfant n'est plus un enfant mais un adolescent, et donc la méta-communication, c'est souvent aussi à un moment où où le système s'offre l'opportunité de faire un commentaire sur lui-même et donc de se penser. C'est quand même un un un très grand mouvement et et c'est en ça que c'est un outil intéressant aussi. Merci euh Jean Van Hemelrijck de nous avoir euh permis d'un peu mieux comprendre ce qu'était la systémique. Nous nous retrouvons dans le cadre de cette web-série pour euh découvrir d'autres concepts. Nous arrivons déjà au terme de notre magazine. Merci d'être resté avec nous au nom de toute l'équipe qui l'a préparé. Il ne me reste qu'à vous souhaiter une excellente journée et je vous dis à très bientôt.

Jean Van Hemelrijck : La systémique
Dominicains | Dominicanen
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[0:08]Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenue dans notre web-série où nous poursuivons notre rencontre avec Jean Van Hemelrijck qui nous éclairera sur certains concepts clés de la psychologie.
[0:08]Comment on peut comprendre ce qui ce qui arrive à un individu non pas comme étant ce qui lui arrive à lui mais comme étant ce qui arrive au groupe, dont il serait éventuellement le témoin, le porte-parole.
[0:08]La systémique s'intéresse donc au système humain, au groupe auquel nous appartenons, nos couples, nos familles, nos fratries, nos nos groupes de d'amis, nos groupes professionnels, nos collègues.
[0:08]Ça n'est jamais véritablement acquis, on doit tout le temps la remettre au travail et à certains moments, ça peut un peu bugger, ça peut un peu être en difficulté.
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