[0:01]Est-ce que vous vous êtes déjà senti effrayé à l'idée de vous lancer vers l'inconnu en ayant le sentiment de ne pas avoir la carrure pour y arriver ? Si c'est le cas, continuez à regarder parce que l'histoire de Phil Knight, le créateur de Nike va vous prouver que rien n'est impossible quand on est déterminé. Dans son autobiographie L'Art de la Victoire, Phil Knight revient sur ses débuts difficiles et la passion qui l'a animé jusqu'à aujourd'hui pour faire de Nike l'une des marques les plus populaires au monde. On va voir ensemble les nombreuses leçons qu'on peut tirer de cette incroyable histoire. Le livre commence en 1962, alors que Knight se retrouve chez ses parents dans son cher Oregon après son retour de la prestigieuse école de Stanford où il a obtenu un Master en commerce. Comme à son habitude, il était parti courir et son esprit était rempli de doutes et d'ambition. Il était là, timide, pâle et tout maigre avec le sentiment de n'avoir jamais rien expérimenté de fort dans sa vie. Il n'avait jamais cédé à aucune tentation, jamais enfrein aucune règle, jamais eu de copine. Comme tous ses amis, il voulait réussir, mais il n'avait aucune idée de ce que ça voulait dire. L'argent, le mariage, des enfants, une maison, bien sûr, mais il aspirait à quelque chose d'autre, quelque chose de plus grand. Il avait de plus en plus le sentiment que la vie était courte et il voulait que la sienne ait un sens, qu'elle soit passionnée, créative, importante et par-dessus tout qu'elle soit différente. Il avait toujours rêvé d'être un grand athlète, mais n'avait jamais réussi. Il avait bien remporté quelques titres dans sa région, mais ça n'était jamais allé plus loin. Mais cette passion pour le sport et la course à pied en particulier, avait donné naissance à une idée folle. Dans le cadre d'un cours d'entrepreneuriat à Stanford, il avait dû présenter un devoir à sa classe qui avait fini par devenir une obsession absolue. Passionné par le monde des affaires, il savait que les appareils photo japonais avaient révolutionné le marché, dominé jusque là par les Allemands. Il avait donc soutenu dans sa présentation que les chaussures de course japonaises pourraient faire la même chose en concurrençant Adidas, le leader incontesté à l'époque. Sa présentation avait profondément ennuyé ses camarades, mais il avait quand même obtenu un A. À l'époque, la course à pied était très peu populaire. Le peu de joggeurs qui s'aventuraient à courir sur la route étaient considérés comme des fous et ils se faisaient insulter et jeter des canettes par les voitures qui passaient. Il s'est dit que peut-être, il pourrait partir au Japon pour essayer de trouver une entreprise de chaussures et lui présenter son idée folle et en profiter pour découvrir le monde en même temps. Comment est-ce qu'il pouvait laisser sa trace dans le monde sans le connaître un minimum ? Avant de mourir ou d'être trop vieux, il voulait visiter les plus beaux endroits du monde, goûter les autres cuisines, entendre d'autres langues, s'immerger dans d'autres cultures et ressentir une réelle connexion avec le monde. Après avoir difficilement convaincu son père de lui prêter un peu d'argent, il s'est donc acheté un billet aller simple pour Hawaï avec un ami et s'est trouvé un petit boulot à vendre des encyclopédies en porte à porte. Il était extrêmement timide, donc il s'en sortait pas très bien, mais ça lui suffisait pour payer son loyer et profiter de la vie à Hawaï. Après quelques mois passés là-bas, c'était l'heure de partir seul pour le Japon. Grâce à un contact qu'on lui a donné là-bas, il a pu rapidement rencontrer un producteur de chaussures sur place, Onitsuka. Le moment de vérité était arrivé. Il avait passé des jours à répéter son speech et à apprendre les coutumes locales pour ne pas faire de gaffe. En plus, il faut se rappeler le contexte de l'époque. 20 ans plus tôt, les Japonais coulaient Pearl Harbor et les Américains détruisaient Hiroshima et Nagasaki. Même si c'était le passé, le poids de cette guerre était toujours très présent dans les esprits et c'était pas comme aujourd'hui où on part faire des études à l'étranger et où on cherche sur TripAdvisor les bonnes adresses, les voyages internationaux étaient encore très rares. Il était donc là dans cette salle de réunion, entouré de japonais impassibles, encore une fois terrorisé et gêné par sa timidité. Pour le citer, j'avais envie de courir et d'aller me cacher chez mes parents. Mais il a récité sa présentation aux membres d'Onitsuka et à sa grande surprise, les Japonais ont été séduits, Blue Ribbon, l'ancêtre de Nike était né. Après avoir fait un tour du monde rapide, il se retrouvait de retour chez ses parents à attendre les échantillons de chaussures d'Onitsuka. Pour subvenir à ses besoins, il a décidé de passer un concours pour apprendre la comptabilité, puis de travailler dans une boîte de compta. Un an après être rentré en 1964, il reçoit enfin les échantillons et réussi à convaincre son ancien coach de l'université de l'Oregon, Bill Bowerman, de prendre la moitié des parts de Blue Ribbon. Il lui vouait une profonde admiration, c'était lui qui avait fait naître sa passion pour le sport et il était lui aussi obsédé par les chaussures. C'est là que l'aventure a commencé et que les obstacles se sont enchaînés pour lui. Il a dû convaincre son père qui ne croyait pas du tout en son projet, négocier constamment avec son fournisseur japonais pour garder l'exclusivité de la distribution de leurs chaussures aux États-Unis, trouver une demande pour ses chaussures en commençant par écumer les meetings d'athlétisme pour vendre directement aux athlètes, puis en créant petit à petit des boutiques physiques. Faire face aux concurrents qui essayaient de revendre les mêmes chaussures que lui, aux trahisons et aux tentatives de rachat hostile de leur entreprise, se défendre en justice contre une plainte de son fournisseur, puis contre le gouvernement américain suite à des magouilles d'Adidas et Puma pour les faire couler et tout simplement créer un produit et des concepts qui soient toujours novateurs. Trouver un nom et un logo qui colle avec l'esprit de rébellion et l'obsession pour la victoire de Nike, fonder une famille et accorder du temps à ses enfants tout en développant son entreprise et trouver de quoi financer sa vie et celle de sa famille. Le problème le plus récurrent auquel ils ont dû faire face et auquel on doit toujours faire face quand on crée une entreprise, c'est le problème de la trésorerie. Quand vous vendez un produit, vous devez d'abord financer la création de ce produit avant de l'avoir vendu. Vous devez donc débourser de l'argent que vous n'avez pas. Si par exemple Nike devait payer pour 50 000 dollars de chaussures à Onitsuka, même en étant sûr de pouvoir vendre toutes les chaussures aux États-Unis pour 100 000 dollars, il fallait pouvoir commencer par payer les 50 000 dollars sans avoir encore eu de rentrée d'argent. Peu importe combien de gens sont prêts à acheter votre produit, si vous n'avez pas d'argent pour financer votre croissance, votre entreprise ne pourra pas survivre. Plus votre croissance est forte, plus votre besoin en liquidité, ce qu'on appelle le besoin en fond de roulement augmente. La solution la plus simple, c'est d'effectuer un emprunt auprès de votre banque pour financer cette avance. Le problème c'est que surtout à l'époque, les banques n'aimaient pas le risque et plafonnaient leur prêt. Nike s'est donc retrouvé pendant plus de 15 ans avec de graves problèmes de trésorerie, avec des niveaux d'endettement de 90% qui les ont mis plusieurs fois au bord de la faillite. Car l'autre solution la plus courante pour financer la croissance, c'est l'ouverture du capital, c'est-à-dire que vous vendez une partie de vos parts à des investisseurs, ce qui fait rentrer des liquidités dans l'entreprise qui permet de financer cette croissance. Mais Phil Knight et son équipe ne voulaient surtout pas perdre le contrôle de Nike au profit d'investisseurs. Il a fallu tenir jusqu'à 1980 pour trouver un moyen de vendre des actions sans pouvoir perdre le contrôle de l'entreprise. Ce livre est littéralement bourré d'histoires fascinantes et de leçons de vie, mais si je devais en retenir cinq, ça serait les suivantes. Phil Knight et son équipe sont l'incarnation du stoïcisme qu'on a vu dans la vidéo l'obstacle est le chemin qui consiste à transformer n'importe quel obstacle en opportunité. C'est incroyable de voir la détermination de toute son équipe à travers toutes les épreuves. C'est leur passion qui leur a donné ce courage. Toute son équipe partageait la même passion que lui pour la course à pied et les chaussures et ils étaient prêts à tout pour que le monde entier porte les leurs. C'est d'ailleurs cette passion et cette fois en son idée folle qui a permis à Phil Knight de vaincre sa peur du rejet et son manque de confiance en lui et de devenir irrésistible dans toutes ses négociations avec ses fournisseurs, ses banques et ses collègues. La deuxième leçon, c'est regrouper les bonnes personnes autour de vous, les personnes en qui vous avez confiance et vous serez inarrêtable. Phil faisait entièrement confiance à son équipe. Sa philosophie c'était ne dites jamais aux gens comment faire les choses, dites-leur ce qu'il faut faire et ils vous surprendront par leur ingéniosité. Ce livre c'est vraiment l'histoire d'un groupe d'amis qui s'est formé autour de la même obsession et que rien ne peut t'arrêter. La troisième leçon, c'est le rôle de la créativité et la volonté de toujours s'améliorer. Comme il le dit lui-même, la croissance c'est la vie, on grandit ou on meurt. Que ce soit pour régler ses problèmes financiers, créer de nouveaux produits ou pour faire la promotion de ses produits, Nike est un exemple de créativité. Avant qu'ils entrent sur le marché, courir, ça devait pas être une expérience très confortable. C'est eux qui ont inventé la plupart des semelles de sport qu'on porte aujourd'hui, que ce soit les couches épaisses de caoutchouc, les gaufriers ou les semelles à air. C'est aussi eux qui ont démocratisé le concept du sponsoring des athlètes pour faire la promotion de leurs produits et participer à créer une image de marque et une culture unique. Leur idée c'était de convaincre des athlètes qui sortaient du moule de porter leurs chaussures. Steve Prefontaine, John MacEnroe, Michael Jordan, Tiger Woods, leur technique était simple. Créer les meilleurs produits qui puissent exister, les proposer aux meilleurs athlètes et prier pour qu'ils gagnent en les portant et regardez les ventes explosées quand ça arrivait. La quatrième leçon, qui a inspiré le nom du livre en français, c'est justement l'obsession pour la victoire. On peut d'ailleurs sentir chez lui que c'est pas forcément très sain, ça vient plutôt de ses frustrations. La frustration de ne jamais avoir pu être un athlète reconnu, l'envie de prouver à son père et à son coach qu'il n'est pas un loser et qu'il peut devenir quelque chose. C'était un compétiteur maladif, mais peu importe l'origine, c'est cette rage de vaincre qui lui a donné la force d'aller créer cet empire et détrôner Adidas et d'aller partager sa passion et créer le meilleur produit possible pour des millions de personnes. Et enfin, la dernière grande leçon que j'ai retenu de ce livre, c'est que Phil Knight n'a pas créé un produit, il a créé une identité. À votre avis, pourquoi la marque Nike est aussi puissante aujourd'hui ? Porter des Nike, utiliser un Mac ou conduire une Harley, c'est plus qu'une histoire de chaussures, d'ordinateur ou de moto, c'est des moyens d'expression. Ces marques donnent la possibilité à leurs utilisateurs d'exprimer leur identité, que ce soit passer à l'action et ne rien lâcher jusqu'à la victoire, penser différemment ou être américain, rebelle et fier de l'être. On a tous une identité en nous qu'on cherche à exprimer et qu'on cherche à partager avec les autres. Dans 20 ans, on se demandera tous comment c'était possible de porter un quette gang sur la tête ou de porter des slips moulant multicolores. Mais la vérité c'est que c'est un comportement humain normal. On cherche tous des moyens d'exprimer notre identité et de s'identifier à un groupe de personnes avec qui on partage des valeurs et des idées communes. Et ce qu'ont compris les entreprises qui réussissent, c'est que les gens n'achètent pas un produit ou une marque, ils achètent un moyen d'expression et la possibilité d'appartenir à un groupe de gens qui leur ressemble. Certains n'acceptent plus qu'on continue à polluer avec nos voitures à essence, mais ne voulaient pas non plus passer pour des hippies révolutionnaires. Ce qu'a fait Tesla, simplement, c'est créer un produit pour ces gens. Créer une voiture qui permettent aux gens de montrer je suis soucieux de l'environnement, mais je fais quand même partie des gens qui réussissent. Et le meilleur moyen de créer un produit ou une marque qui soit susceptible d'intéresser les gens qui cherchent à exprimer leur identité, c'est de créer un produit qui vous permet à vous d'exprimer votre identité et qui n'existe pas encore. Phil Knight rêvait de pouvoir exprimer sa rage de vaincre par le sport. Steve Jobs ne pouvait pas supporter l'idée de se conformer au bien-pensant et le créateur du Slip français considérait que ça n'avait pas de sens de produire des produits à l'autre bout du monde qu'on pouvait produire localement. Maintenant, ces marques sont devenues de véritables mouvements qui dépassent largement leurs créateurs. Et vous, est-ce que vous imaginez le monde autrement ? Est-ce que vous pensez pouvoir exprimer pleinement votre identité et que le monde est en parfait accord avec vos convictions ? Ou est-ce que vous pensez à un produit ou un mouvement qui puisse permettre aux gens qui pensent comme vous de le changer ? Je vous laisse méditer sur ça. C'était le résumé de l'art de la victoire de Phil Knight, j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à liker la vidéo et à vous abonner pour être sûr de pas rater les prochaines. À très bientôt.

L'art de la victoire - L'incroyable histoire du créateur de Nike (Phil Knight)
Pause Dev'
11m 38s2,369 words~12 min read
Auto-Generated
Watch on YouTube
Share
MORE TRANSCRIPTS


