[0:00]à quel point la France va-t-elle être impactée. Cela fait maintenant une semaine que les États-Unis et Israël ont lancé une attaque majeure contre le régime islamique en Iran.
[0:08]qui en réponse bombarde notamment des installations militaires dans plusieurs pays alliés des États-Unis dans la région. Mais alors, quelles sont les conséquences de cette guerre pour la France ? Aujourd'hui, on ne va pas parler de tactique militaire mais plutôt de ce que cette crise signifie concrètement pour les Français d'un point de vue économique et sécuritaire. Salut, c'est Blanche, j'espère que vous allez bien, c'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Commençons déjà par les conséquences de la guerre sur l'économie française. Ce qu'on peut dire c'est que les premiers effets se voient déjà sur les marchés financiers. Depuis le début du conflit, les grandes bourses mondiales ont reculé à Paris, l'indice CAC 40 qui reflète la performance des grandes entreprises françaises a chuté de plus de 5 % en début de semaine, ce qui traduit une baisse significative de la valeur de ces sociétés. Cette baisse, même si elle reste modérée, s'explique par la prudence des investisseurs face à l'incertitude géopolitique. Le principal enjeu économique lié à cette guerre concerne surtout l'énergie. Depuis le début de la semaine, le baril de Brent, qui est une référence pour le pétrole international, a dépassé les 90 dollars contre environ 72 dollars avant le déclenchement des frappes. Là, on parle du pétrole brut, pas encore de ce qu'il devient ensuite comme l'essence. Cette hausse, elle s'explique notamment par les tensions autour du détroit d'Ormuz, un passage stratégique entre l'Iran et Oman. En temps normal, près de 20 % du pétrole consommé dans le monde y transite avec les menaces et les blocages du détroit annoncé par l'Iran, les marchés redoutent des difficultés d'approvisionnement, ce qui fait grimper le prix du pétrole, on en parlait en début de semaine. On reste toutefois loin des records historiques. Par exemple, en 1980, après la révolution iranienne, le prix du pétrole était environ deux fois plus élevé qu'aujourd'hui, si on tient compte de l'inflation, donc la hausse générale des prix. En 2008, pendant la crise financière des subprime, il avait atteint 147 dollars et au début de la guerre en Ukraine, au printemps 2022, il avait dépassé les 120 dollars. Concrètement, cette hausse du prix du pétrole s'est déjà légèrement grimper le prix de l'essence de quelques centimes à la pompe, mais selon le ministre de l'économie, Roland Lescure, il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France, ni sur le gaz ni sur l'essence et donc aucune raison de se ruer sur les stations-service. Maintenant qu'on a dit ça justement, parlons du gaz. Depuis le début du conflit, son prix a bondi de 50 % sur les marchés internationaux. D'un côté parce qu'une part importante du gaz naturel liquéfié passe aussi par le détroit d'Ormuz, de l'autre parce qu'une partie de la production de gaz naturel liquéfié du Qatar a été mise à l'arrêt après que deux de ses principaux sites de traitement de gaz ont été attaqués par des drones iraniens. À noter que Qatar Energy, la compagnie nationale est responsable en temps normal de 20 % de la production mondiale. Résultat, si une partie de cette production s'arrête, même temporairement, l'offre mondiale diminue et les prix montent mécaniquement. Maintenant, pour nuancer tout ça, le gouverneur de la Banque de France rappelle que la situation actuelle pourrait être temporaire et que 2026 n'est pas 2022 en référence au choc énergétique provoqué par la guerre en Ukraine. À l'époque, l'Europe était beaucoup plus dépendante du gaz russe, ce qui avait fait flamber les prix, mais depuis la France a diversifié ses fournisseurs et constitué davantage de stocks, ce qu'il la rend mieux préparée et limite le risque pour la stabilité financière. Au-delà de l'énergie, le fret maritime est aussi perturbé avec la fermeture du détroit d'Ormuz, certains trajets sont allongés, ce qui peut avoir des répercussions sur les prix comme l'explique le directeur général de la marque de mobilier Fermob à France Info. Les produits dérivés du pétrole comme le plastique, mais aussi les engrais ainsi que certains produits alimentaires comme les pâtes et le riz, pourraient aussi voir leurs prix augmenter dans les semaines à venir. Ce vendredi sur France Inter, le président du syndicat agricole FNSEA du Loir et Cher a d'ailleurs expliqué avoir de grandes craintes parce qu'on va exploser nos coûts de production. En résumé sur l'économie, si le conflit reste court, l'impact sur la croissance et les prix sera limité, mais s'il dure, il pourra peser sur le pouvoir d'achat, l'inflation et la compétitivité des entreprises, même si la France est mieux préparée qu'en 2022. Maintenant qu'on a dit ça, cette guerre peut-elle avoir des conséquences sur notre sécurité en France ? Emmanuel Macron l'a encore rappelé ce jeudi sur Instagram, la France ne fait pas la guerre au Moyen-Orient. En tout cas, les autorités françaises appellent à une vigilance renforcée face à un risque terroriste. Mardi dernier, lors d'une allocution télévisée, le président a annoncé avoir demandé au gouvernement de renforcer le dispositif militaire Sentinelle avec davantage de soldats déployés dans les lieux publics comme les gares, les aéroports ou les sites touristiques. La surveillance a aussi été renforcée autour des lieux et des personnes concernées comme les plus exposés. Parmi les cibles potentiellement visées, les représentations diplomatiques américaines ou israéliennes, les synagogues et plus largement les lieux fréquentés par la communauté juive française, mais aussi les opposants iraniens présents en France, qui peuvent être directement visés par le régime d'Iran. Pour le contexte, dans les années 80, la France avait été frappée par une série d'attentats liée à l'Iran. Depuis, la menace terroriste en France a surtout été associée au djihadisme, mais les spécialistes rappellent que l'Iran dispose toujours de capacités d'action à l'étranger. Elles peuvent aussi prendre plusieurs formes, d'abord des opérations menées directement par des agents iraniens. En 2018, par exemple, un attentat à la bombe contre un rassemblement d'opposants au régime iranien près de Paris à Villepinte, avait été déjoué par les services européens. Mais l'Iran peut aussi passer par des intermédiaires, des proxy. Il s'agit de groupes alliés ou même de criminels recrutés contre rémunération pour mener des actions violentes. Enfin, les services de renseignement redoutent aussi des actes commis par des individus isolés. Alors maintenant qu'on a dit tout ça, c'est important de noter que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez a affirmé qu'à date, il n'y a pas eu de projet d'attentat déjoué, pas de menace connue, identifiée et donc pas d'inquiétude particulière. Il a assuré que la vigilance antiterroriste reste à son plus haut niveau. En tout cas, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce vendredi qu'il réunirait mercredi les différents partis politiques afin de les briefer sur l'état de la menace et du positionnement de la France. On continuera évidemment à suivre tout ça et on enchaîne avec le reste de l'actualité importante du jour. On commence avec cette première actu. Israël a indiqué ce samedi avoir mené des frappes de grande ampleur sur Téhéran, la capitale de l'Iran et dans le centre du pays. Selon l'armée israélienne, plus de 80 avions de chasse ont mené une importante opération aérienne dans la nuit de vendredi à samedi. L'armée israélienne a annoncé avoir visé des sites militaires iraniens, des lanceurs de missiles et d'autres cibles décrites comme je cite, des infrastructures appartenant au régime terroriste iranien. Parmi les cibles visées, une académie militaire des gardiens de la révolution, qui est l'armée idéologique de l'Iran, utilisée selon Israël pour des opérations militaires, mais aussi un centre de commandement souterrain et un site de stockage de missiles. L'armée israélienne a aussi visé des sites de lancement afin de réduire l'ampleur des tirs dirigés contre le territoire de l'État d'Israël, d'après leur communiqué. En parallèle, l'aéroport international Merabat de Téhéran a été lourdement touché, c'est l'une des vagues de bombardement les plus importantes depuis le début de la guerre. En réponse, l'Iran a affirmé avoir tiré une nouvelle salve de drone et de missile sur des bases américaines et les territoires occupés d'Israël. Selon les autorités iraniennes, environ 1000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre dont 30 % sont des enfants, mais ce chiffre est difficilement vérifiable de manière indépendante. Le croissant rouge iranien évoque lui un bilan provisoire de 1250 morts. À noter au passage que le président iranien, Massoud Pechian a déclaré qu'il s'excusait auprès des pays voisins et a affirmé que l'Iran ne frapperait plus les pays du Golfe, sauf si une attaque provenait de ces pays. Il a également affirmé que son pays ne se rendrait ni aux États-Unis ni à Israël en réponse à la demande de capitulation sans conditions formulée par Donald Trump pour mettre fin à la guerre. Deuxième actu au Liban cette fois-ci, trois casques bleus, donc des soldats de l'ONU envoyés dans le cadre d'une mission de maintien de la paix ont été grièvement blessés ce vendredi dans le sud du pays. Une position de la Finul, donc la force intérimaire des Nations Unies au Liban a été prise pour cible. La Finul c'est une mission de l'ONU déployé dans le sud du Liban depuis 1978 pour aider à maintenir la paix entre Israël et le Liban. L'attaque a eu lieu alors qu'Israël et le Hezbollah, un groupe islamiste libanais, échangeaient des tirs. Deux attaques de missiles successives ont touché le quartier général du bataillon ghanéen de la Finul selon l'armée ghanéenne. Les casques bleus restent en effet des soldats envoyés par leur pays, ici le Ghana, un pays d'Afrique de l'Ouest, même s'ils sont déployés dans une mission de l'ONU. D'après l'organisation, deux soldats sont grièvement blessés et un autre a été traumatisé. Ils ont été pris en charge en attendant leur évacuation vers un hôpital de l'ONU et se trouvent dans un état stable. Pour le moment, l'origine de cette attaque n'est pas connue mais l'organisation onusienne a annoncé l'ouverture d'une enquête, précisant qu'il est inacceptable que des soldats de la paix accomplissant des tâches mandatées par le Conseil de sécurité de l'ONU soient pris pour cible. Le président libanais, Joseph Haoun, a de son côté accusé Israël d'avoir mené une attaque directe contre la Finul. Emmanuel Macron a lui dénoncé une attaque inacceptable et pour finir, le Ghana a annoncé saisir l'ONU dénonçant une grave violation du droit international équivalent à un crime de guerre. Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes ont fait près de 300 morts au Liban depuis que le pays a été entraîné lundi dans la guerre au Moyen-Orient. Troisième actu, le rappeur marseillais Naps, condamné le 17 février dernier pour viol à 7 ans de prison, a été remis en liberté ce vendredi. Nabil Bukabza de son vrai nom a été condamné pour avoir violé une femme de 24 ans pendant qu'elle dormait dans une chambre d'hôtel parisienne dans la nuit du 1er octobre 2021. L'artiste a toujours nié les faits affirmant qu'il s'agissait d'une relation consentie. Le rappeur avait comparu libre sous contrôle judiciaire devant la Cour criminelle de Paris et le 19 février, il a donc été condamné à de la prison. Il était depuis en détention à la prison de Fren, mais il a finalement été remis en liberté sous contrôle judiciaire en attendant son procès en appel. En gros, il est libre, mais il doit respecter certaines obligations comme ne pas quitter le territoire et pointer régulièrement au commissariat. Pour ses avocats, cette remise en liberté apparaît logique dès lors que l'artiste a interjeté appel de la décision rendue par la cour criminelle. Il rappelle aussi qu'à ce stade de la procédure, Naps demeure présumé innocent et reste déterminé à démontrer toute son innocence. Et on termine avec cette actu culturelle, on connaît la chanson qui représentera la France lors de la 70e édition du concours de l'Eurovision. C'est France Télévision qui l'a annoncé ce vendredi, il s'agit du titre Regarde, interprété par Monroe, une jeune chanteuse lyrique franco-américaine de 17 ans. La chanson a été composée par le duo de violonistes Violin Fnx, ainsi que par Fred Savio et Freddy March. C'est un mélange de pop et de champ lyrique. Monroe s'est fait connaître en remportant en janvier 2025, la 11e saison de l'émission Prodige, un concours de jeunes talents diffusé sur France 2. Elle succède donc à Lohan qui avait représenté la France à l'Eurovision l'année dernière avec la chanson Maman et qui avait terminé 7e. À noter que la France n'a pas remporté l'Eurovision depuis 1977 avec la chanson l'enfant et l'oiseau interprété par Marie Miriam. Cette année le concours se déroulera à Vienne en Autriche et la finale aura lieu le 16 mai. C'est tout pour ces actualités. Merci beaucoup pour votre fidélité et d'avoir suivi tous nos formats cette semaine. On continuera évidemment de vous informer sur la situation au Moyen-Orient. Je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.



