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Histoire de la PHOTOGRAPHIE - de l'Antiquité au Numérique

Derrière La Caméra

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[0:00]Salut internet, aujourd'hui je vais essayer de retracer l'histoire avec un grand H de la photographie, de ses balbuciments à aujourd'hui, c'est-à-dire l'ère du numérique. De nos jours et plus que jamais la photographie est rentrée dans l'esprit commun. Tout le monde ou presque a un appareil photo ou tout du moins, tout le monde a un téléphone qui peut prendre des photos. Mais si on remonte un peu en arrière, rien que de 20 ans par exemple, bah c'était loin d'être le cas avec l'argentique. Et si on remonte encore plus loin, et bien ça n'avait rien de populaire. Pour beaucoup de personnes, la photographie commence au début du 19e siècle, notamment en 1816 avec Nicéphore Niépce. Alors en un sens, c'est vrai et en même temps pas vraiment. Bon, je vous l'accorde, ça demande quelques clarifications. Commençons par définir le mot la photographie. On peut le considérer comme une technique consistant à représenter le monde qui nous entoure. Autrement dit, c'est une technique qui d'une part va permettre la création d'une image et d'autre part de fixer cette image sur un support par un processus chimique. Et le phénomène le plus basique permettant l'obtention d'une image photographique, c'est la chambre noire et le phénomène de réflexion et de réfraction. Et accrochez-vous bien, la chambre noire, c'est quelque chose qui était déjà connu à l'Antiquité par Aristote. Aristote écrit dans son ouvrage Probléma, tout objet placé en face d'une boîte entièrement fermée et percée d'un trou se reflète renversé sur le fond de cette boîte. En fait, il nous fait remarquer que les rayons lumineux passant par une ouverture dans une chambre noire, donc un lieu clos, constitue une image inversée dont la grandeur variait. Et ça, c'est ce qu'on appelle le sténopé. C'est avec ce principe qu'il aurait observé une éclipse solaire. Alors, à l'époque, c'était considéré comme un phénomène naturel et personne cherchait un procédé pour garder l'image obtenue de façon permanente. Bon, là, j'ai commencé par Aristote, mais en 1850, un archéologue nommé John Layard a découvert en Assyrie une lentille plan convexe datant de 700 avant Jésus-Christ à Nimrod. Qui serait la première lentille à destination optique qu'on est retrouvé, même si son usage continue à faire débat. Au 10e siècle, un savant arabe du nom de Alhazen est un des premiers physiciens à étudier la lumière. D'ailleurs, c'est aussi un des premiers ingénieurs et astronomes du monde musulman moyen-oriental. Et avec une expérience sur la chambre noire, il fut le premier à prouver que les rayons se dirigeaient en ligne droite. En fait, dans l'une de ses expériences, il a suspendu cinq lanternes dehors sur un mur adjacent au trou, et il s'est aperçu que les cinq lumières apparaissaient sur le mur intérieur opposé au trou. Or, lorsqu'un obstacle était placé entre une des lanternes et le trou, Al-Hazen observa que l'une des lumières n'était plus visible.

[2:39]Et comme la lanterne, l'obstacle et le trou étaient alignés, et bah, il fut le premier à prouver que la lumière se propageait bien en ligne droite. Et du coup, il prouve scientifiquement la théorie de l'intromission d'Aristote, selon laquelle la lumière entre dans l'œil, comme par exemple le fait que l'œil pouvait être ébloui ou même blessé lorsqu'on fixait une très forte lumière. Alors ça semble logique aujourd'hui, mais à l'époque, certains philosophes et scientifiques étaient pour la théorie de l'émission, c'est-à-dire, ils pensaient que c'était l'œil qui émettait de la lumière. Al-Hazen remarqua également que plus le trou qui laisse passer la lumière est petit et plus l'image est nette. On se retrouve au début du 16e siècle, Léonard de Vinci fait aussi mention d'une description de la camera obscura. Il raconte qu'en laissant les images des objets éclairés pénétrer par un petit trou dans une chambre très obscure, tu intercepteras alors ces images sur une feuille blanche placée dans cette chambre. Mais ils seront plus petits et renversés. Par ailleurs, la camera obscura va beaucoup être utilisée par les peintres de la Renaissance. En fait, la chambre noire leur permettait de décalquer le contour de leur sujet avec réalisme sans faire des erreurs de perspective. En 1540, le mathématicien et philosophe italien, Girolamo Cardano, remplace le sténopé par une lentille de verre convexe, permettant une netteté et reproduction des perspectives plus précises.

[3:52]Cardano vient d'inventer l'objectif. En 1568, Daniel Barbaro rajoute un diaphragme dans la chambre noire pour obtenir une image encore plus nette. Pendant le 17e siècle, la chambre noire devient portable et va être composée de lentilles à différentes distances focales, ainsi que d'un miroir permettant de redresser l'image. En 1727, Johann Heinrich Schulze démontre que le noircissement à la lumière était dû à la décomposition de chlorure d'argent. Mais Schulze et d'autres scientifiques de son époque étudient les réactions photochimiques sans parvenir à fixer l'image de la chambre noire. En 1802, Thomas Wedgwood parvient à obtenir l'image rudimentaire d'objets posés sur des surfaces de papier enduites de chlorure d'argent. Cependant, ces images ne sont pas stables et noircissent assez vite à la lumière. Du coup, on se retrouve en 1816 chez un français du nom de Nicéphore Niépce. Pour ses premières expériences, Nicéphore Niépce dispose au fond d'une chambre noire des feuilles de papier enduites de sel d'argent, connu pour noircir sous l'action de la lumière. Il obtient alors en mai 1816 la première reproduction d'une image de la nature. Il s'agit d'un négatif, mais l'image ne reste pas fixée car en pleine lumière le papier continue de se noircir complètement. Et c'est en 1826 que le français Nicéphore Niépce essaie une autre technique. Il va fixer une image sur des plaques d'étain recouvertes de bitume de Judée et d'essence de lavande. Alors, cette photographie représente une partie de la propriété de Niépce. Le soleil a éclairé le mur de droite puis celui de gauche plus tard dans la journée. La pose ayant duré une dizaine d'heures, certains parlent de plusieurs jours. Et on considère à ce jour que c'est la première image photographique. Il bâtit son invention l'héliographie. Alors là, on a bien avancé, mais il nous reste encore 2 siècles avant d'arriver à la photographie comme on la connaît. En 1829, Niépce va s'associer avec Louis Daguerrere, qui était un peintre et décorateur de théâtre pour développer l'invention de l'héliographie. Mais en 1833, Niépce meurt subitement et Jacques Daguerrere poursuit leurs travaux en remplaçant le bitume de Judée par du iodure d'argent, réduisant ainsi le temps d'exposition de 8h à 20 minutes. Ce procédé est nommé le Daguerréotype. Il consistait à fixer l'image positive obtenue dans la camera obscura sur une plaque de cuivre enduite d'une émulsion d'argent et développée aux vapeurs d'iode. Ça te permettait d'obtenir pour la première fois une reproduction directe et précise de la réalité. En 1839, son appareil est un succès mondial et le brevet est acheté par le gouvernement français. Le principal problème du Daguerréotype, c'est qu'il est impossible de dupliquer une image vu qu'il produit directement un positif. En 1841, le scientifique britannique William Henry Fox Talbot développe la technique négative-positive que nous connaissons à ce jour, ce qui rendit en fait possible le tirage d'un grand nombre de reproductions à partir d'une seule photo. Son procédé s'appelle le calotype. Le procédé négatif-positif deviendra la base de la photographie argentique moderne. Le calotype eu moins d'amélioration que le Daguerréotype parce que Talbot avait déposé son brevet. En 1847, Blanquart-Evrard améliore le papier sensible et fonde à Lille la première imprimerie photographique. En 1851, Le Gray et Scott Archer inventent le procédé au collodion humide sur plaque de verre, permettant de réduire la pose de 1 centième de seconde en plein soleil et de 2 à 5 secondes pour un portrait en studio. En 1869, le premier procédé indirect de photo couleur a été mis au point par Charles Cros et Louis Ducos du Hauron. Ce procédé, qui nécessite la superposition de trois images correspondant aux trois couleurs primaires, reste difficile à mettre en œuvre. Non seulement il faut prendre trois clichés identiques avec des filtres colorés, mais le temps de pause est très long et les résultats plutôt aléatoires. Et il est également l'inventeur des anaglyphes. Vous savez, ce sont les images imprimées en relief, la 3D, tout ça, tout ça. En 1888, George Eastman dépose son brevet pour les premières pellicules, remplaçant les plaques de verre jusqu'alors utilisées. Et il va lancer la marque Kodak. Le principe est simple, une caméra boîtier compact, donc le Kodak numéro 1 avec suffisamment de films pour 100 photos au prix de 25 dollars. Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste, promettait George Eastman en 1888. Une fois la pellicule pleine, il fallait envoyer son boîtier au fabricant. Kodak développait et renvoyait ensuite ses clichés au client, ainsi que l'appareil chargé d'une nouvelle pellicule. Les clichés produits par le Kodak Number 1 sont facilement identifiables par leur forme circulaire d'un diamètre de 6,3 cm. Eastman démocratisa la photographie à travers ses inventions. Et il se suicide à 78 ans, laissant derrière lui une note, mon travail est effectué, pourquoi attendre. Effectivement, une belle ironie. En 1898, Kodak commercialise l'appareil photo de poche pliant à soufflet accordéon, le Folding Pocket Kodak. La fin du 19e siècle est rythmée par l'apparition du cinéma avec Edison et les frères Lumière. En 1903, les frères Lumière présentent l'autochrome, premier procédé industriel connu pour réaliser des photos en couleur. L'idée consiste à saupoudrer la surface sensible de grains colorés en rouge, vert et bleu afin qu'il filtre la lumière. Ils essayent plusieurs matières, mais c'est finalement la fécule de pomme de terre qui montre les meilleurs résultats et qui sera utilisée par la suite. Toutefois, la présence du filtre réduit la sensibilité de 4 à 8 diafs, il fallait donc un temps de pause de plusieurs secondes. En 1925, est commercialisé en Allemagne le tout premier Leica avec une pellicule de 35 mm. Il était petit et léger, le Leica 1 offrait une liberté inédite aux photographes d'art et aux reporters. En 1935, c'est l'apparition de la pellicule couleur avec le Kodachrome et l'Agfacolor, les deux permettant d'avoir des diapositives en format 8, 16 et 35 mm. En 1948, c'est l'invention du Polaroid Land à développement instantané par l'Américain Edwin H. Land, permettant d'obtenir un positif sur papier en quelques secondes. En 1968, c'est la fabrication des premiers réflexes à contrôle automatique de l'exposition par mesure de la lumière. C'est d'ailleurs en décembre de la même année que fut prise la première photo de la Terre vue de la Lune lors de la mission Apollo 8. En 1975, l'ingénieur américain de chez Kodak, Steve Sasson, invente le tout premier appareil photo électronique. Il était composé d'une optique de caméra Super 8, un enregistreur de cassette, 16 batteries, le capteur CCD, c'est un capteur photosensible qui convertit la lumière entrante en signaux électriques. L'appareil capturé une image avec une résolution de 10000 mégapixels grâce à son capteur, et l'enregistrement d'une image nécessitait 23 secondes. Mais son invention resta malheureusement dans un placard, Kodak refusant la commercialisation. En 1981, bah Sony comprend l'intérêt du numérique et va présenter leur premier appareil photo numérique, le Mavica. L'appareil est doté d'un capteur en silicium de 279300 pixels, donc c'est à peu près du 570 par 490. On est pas de la HD, mais voilà, on est déjà pas mal. Il est capable de stocker 50 images en couleur qu'il enregistre analogiquement sur une mini disquette. Il y avait une seule sensibilité de 20 Hz et une vitesse de 1/60e de seconde. L'appareil était également équipé d'objectifs interchangeables à baïonnette. En 1986, Nikon présente son premier réflex, le Photokina et Canon présentait lui également son premier APN réflex, le RC 701. Ensuite, il va avoir toute une cascade d'invention jusqu'en 2013 où va sortir le Canon 700D. Bon OK, c'est pas la sortie du siècle mais mais c'est quand même l'appareil qui me filme à chaque fois pour mes vidéos. Il fallait quand même que je le situe dans toute cette chronologie. Le Canon 70D est un très bon appareil, je vous le recommande. Voilà, c'est tout pour l'histoire de la photographie. J'espère que vous avez tenu jusqu'au bout, que la vidéo a pas été trop longue. Là, j'ai essayé un concept un peu différent avec quelque chose de beaucoup plus accès sur la culture, la théorie, mais j'essaie de rendre ça intéressant, un peu ludique en faisant de trois animations. N'hésitez pas à me dire si ce concept vous a plu et si vous aimeriez le voir sur d'autres thèmes. Je vais certainement faire l'histoire du cinéma, une spécialité en particulière, un matériel, l'évolution de voilà d'une d'une pratique, du moment que c'est lié à la chaîne au monde de l'image, je vais certainement continuer dans dans ce style-là. Portez-vous bien la prochaine.

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