[0:18]Le brouillard d'hiver enveloppe la ville de Bayeux. Nichée au cœur de la ville, le monastère Sainte Trinité, raisonne des champs des Bénédictines du Saint-Sacrement. Si les voix des plus jeunes sœurs sont assurées, d'autres sont plus chevrotantes. Le fait d'avoir de jeunes sœurs qui ont à peine dépassé 40 ans, jusqu'à des sœurs qu'ont 99 ans. Ça crée des liens un peu comme une famille là pour le coup. On retrouve des anciens et on retrouve des jeunes. Alors, il y a tout ce partage et puis euh bah les idées que peuvent avoir des gens de 90 ans, et les idées de quelqu'un de 40. C'est un échange magnifique.
[1:05]Dans cette vie bénédictine, faite de prière et de travail, chacune trouve sa place pour répondre à l'appel de Dieu, selon son âge et ses forces. Sœur Marie France, elle est responsable des cuisines pour nourrir les 15 sœurs présentes et les nombreux visiteurs que reçoit le monastère. Au menu aujourd'hui, elle nous propose des recettes d'hiver.
[1:31]Alors bonjour à tous. Je suis Sœur Marie-France. Alors aujourd'hui, je vais vous préparer une une recette que vous ne savez peut-être oublier, ça s'appelle la panade. En fait, c'est à base de pain, d'eau et de crème et de sel et de poivre. Ensuite, je vous présenterai une autre recette, c'est le le pain doré ou pain perdu. Pour lesquels j'ai besoin de beurre, d'œufs, du lait et du sucre. Donc ce sont deux recettes à base de pain, euh principalement pour l'hiver, effectivement, où on peut on a besoin de de se réchauffer, de se réconforter. Donc euh des bonnes recettes qui donnent de de de l'énergie. Donc, je vais d'abord vous présenter la panade, qui est donc une recette ancienne qui a qui perdure dans les monastères. Peut-être moins à l'extérieur. Il faut d'abord couper du pain rassis. Donc on va couper en en morceaux assez gros. On va recouper ensuite pour que ça cuise bien. Donc la panade c'est une recette dont j'avais entendu parler autrefois, mais c'est ici vraiment que j'ai qu'on m'a qu'on m'a transmis cette recette. Alors, c'est une recette de carême ou de jeûne, comme vous voulez. Mais je peux vous dire que dans le monastère, on attend ces jours-là parce que la panade, c'est particulièrement apprécié. On utilise toujours du pain rassi, jamais du pain frais. Euh ça peut même être du pain dur carrément euh et c'est vraiment euh la façon dont on cuit le pain qui qui donnera cette cette onctuosité. À la maison, on en faisait, maman en faisait, mais alors avec du sucre. J'ai horreur de ça. Le lait sucré, je déteste. Mais quand je suis rentrée au monastère, alors là, c'était autre chose. La la panade avec du du poivre et du sel alors ça pour moi, c'est divin entre guillemets. Alors tout à l'heure, avant de couper le pain, j'ai mis à bouillir une grande casserole d'eau avec une poignée de sel. Donc là, j'ajoute le pain. L'eau est bouillante, donc il va bien s'imprégner de d'eau. Il faut que ça soit, il y ait pas mal d'eau parce que ça va cuire longtemps et ça réduit beaucoup. Voilà. Ça réduit. Alors là, j'ai mis un pain entier, donc 400 g de pain. Plus les petites miettes qu'on récupère pour ne pas gâcher la marchandise. Tout est là. Donc là, je vais remettre sur le feu pour que ça boue pendant 2 heures.
[4:38]Bon, maintenant ça a bien mijoté et on va pouvoir passer à la suite qui est en fait rapide. Donc je je verse ma ma soupe dans un grand saladier ou une soupière. J'en fiche partout. Voilà. Alors là, il est il est onctueux, il a il a tant plus la crème là, il est Donc là, je mets à peu près 1 demi litre de crème. C'est quand même une recette assez riche. La crème normande, bien sûr. Alors une bonne soupe bien chaude, ça me rappelle mon mon premier hiver au monastère, où on aspirait à une bonne soupe bien chaude parce que nous n'avions pas de chauffage. Très vite, quand les fro le froid est venu, j'ai j'ai eu beaucoup d'engelure principalement aux mains. Je pouvais plus plier mes mains. Et alors, la soupe était la bienvenue. Donc qu'est-ce qui m'a qu'est-ce qui m'a amené au monastère ? Ça, en fait, j'ai je suis née dans une famille chrétienne. Euh, dans un village où il y avait une abbaye. Donc nous étions une fratterie de sept et curieusement, j'ai été la seule par un concours de circonstances à être catéchisée par un moine. Souvent, il me prenait, il m'asseyait sur la la fenêtre du parloir et m'expliquait ce qu'il y avait dans le monastère. Il me dit tu vois là, c'est la boulangerie, là c'est la biandrie, là c'est le la fenêtre là, c'est la la fenêtre du père abbé, enfin et cetera. Donc j'ai été familiarisée avec la vie bénédictine depuis mon enfance. Et quand la question s'est posée de vocation parce que un jour, je suis allée me confesser à un moine et celui-ci, après m'avoir entendu, me dit Dieu vous cherche. Alors là, j'ai été un peu saisie par cette phrase. Dieu vous cherche, que je cherche Dieu, ça faisait pas de problème, mais que lui me cherche, alors là, c'était une révélation pour moi. Et ça a été le départ de ma de ma recherche et de dans quel sens j'allais, de quelle manière j'allais répondre à cet appel de Dieu. Un jour, j'ai rencontré à la sortie des vêtbres, j'ai rencontré le moine qui m'avait fait le catéchisme et qui m'a dit tu tu me paraît en recherche. Alors, je lui ai dit bah oui, c'est vrai, je pense à la vie religieuse, mais je sais pas encore sous quelle forme et cetera. Alors, il m'a posé quelques petites questions. Alors, il m'a dit Carme et cetera, visitandine, enfin bref, et puis Bénédictine. Alors, je lui dis non non, pas Bénédictine parce que les Bénédictines, c'est des grandes dames et moi je suis pas une grande dame. Voilà, donc Puis après, il me dit mais non, les Bénédictines, c'est pas des grandes dames, c'est autrefois ça, mais maintenant, voilà, mais je te conseille d'aller voir à Bayeux. Et donc je suis arrivée ici et j'ai senti que c'était là. C'est curieux, mais j'ai senti que c'était ma ma future maison. Alors cette année, je fais de mes 40 ans de présence au monastère. J'ai j'ai le sentiment que j'ai accompli ce que le Seigneur me demandait et que je suis ma vie et est riche et je suis heureuse. Tout en nous racontant sa vocation, sœur Marie France a assaisonné la panade au sel et au poivre pour obtenir un mélange bien relevé. Alors si euh vous il vous en reste, ne la jetez pas, faites-la réchauffer, c'est encore meilleur. Voilà, donc la panade est prête. Vous pouvez donc la servir en soupe, euh, c'est un très très bon plat d'hiver pour se réchauffer.
[8:45]Pour compléter la panade, je vais vous faire un petit dessert toujours à base de pain. Donc le pain doré ou pain perdu. Je trouve que pain doré c'est plus joli et c'est pas moi qui l'ai inventé. Donc je vais couper d'abord le pain en grosse tranche. Je coupe un peu en biais pour que ça soit un peu plus conséquent. Une fois le pain coupé, sœur Marie-France casse les œufs entiers, y ajoute un peu de lait et bat le mélange à la fourchette. Ça nous sert de dessert assez fréquemment puisque nous avons souvent souvent du pain rassi parce que nous avons l'hôtellerie et les gens mangent ou ne mangent pas le pain, c'est toujours un peu difficile de gérer le pain avec le l'hôtellerie. Donc pour ne pas perdre le pain, nous faisons soit du pain perdu, du pain doré ou du pain, du pudding. Donc je trempe les tranches dans mon mélange. Il faut que ce soit bien imprégné, voilà, pour que ça soit moelleux. Les choses sèches c'est pas très bon, n'est-ce pas ? Donc il faut que ça boivent le lait et l'œuf. Les tranches sont bien imprégnées, il faut pas les laisser trop longtemps non plus parce que ça risque de de se défaire. Là, je vais mettre d'abord du beurre dans la poêle. Et je vais y mettre les tranches de pain imprégnées. Voilà, je vais faire dorer mon pain.
[10:27]Patienter quelque comme si vous faisiez un steak d'une certaine manière.
[10:35]Voyez, quand le le pain est doré, on le retourne.
[10:44]Voilà, il est doré des deux côtés. Alors je laisse tomber un peu le beurre.
[11:08]Nous allons juste les saupoudrer avec du sucre. Donc, je vous ai préparé un repas d'hiver, comme vous avez pu le constater, c'est un repas très énergisant et qui réchauffe pendant l'hiver, même en cas de panne de chauffage. Bon appétit.
[11:37]Pour faire la panade, vous aurez besoin de 400 g de pain rassi, de 3 l d'eau, d'un demi l de crème liquide, de gros sel et de poivre. Pour commencer, mettre l'eau à bouillir et la saler. Puis, couper le pain rassi en gros morceaux et l'ajouter à l'eau bouillante. Laisser bouillir pendant 2 heures jusqu'à ce que le mélange devienne onctueux. Après avoir arrêté la cuisson, ajouter 1 demi litre de crème et mélanger. Saler et poivrer selon votre goût. Et n'oubliez pas, c'est encore meilleur réchauffé. Passons maintenant au pains dorés, pour lesquels vous aurez besoin d'un pain rassi, de 4 œufs, d'un peu de lait, de beurre et de sucre. Pour commencer, couper des tranches épaisses de pain rassi. Dans un saladier, battre 4 œufs entiers à la fourchette et ajouter un peu de lait. Tremper les tranches de pain une à une dans le mélange, afin qu'elles soient bien imprégnées. Faire fondre du beurre dans une poêle. Dorer les tranches de pain des deux côtés. Sortir du feu et saupoudrer de sucre.
[12:51]C'est prêt, bon appétit.



