[0:00]Chapitre: Quels sont les sources et les défis de la croissance économique? Commençons par le plan. En introduction, nous nous demanderons qu'est-ce que la croissance économique? Nous la définirons. Ensuite, dans une première partie, nous verrons quelles sont les sources de la croissance économique, dit autrement, quelles sont ses causes, ses origines. Enfin dans une deuxième partie, nous nous demanderons quels sont ses inconvénients. Introduction, qu'est-ce que la croissance économique? Je commence par une définition simple et qu'il faut connaître par cœur, la croissance économique, c'est la hausse durable du PIB, donc du produit intérieur brut. Maintenant, qu'est-ce que le PIB? Le PIB en fait, c'est l'ensemble de la production de l'ensemble des organisations dans un pays sur une année donnée. Vous pensez tout de suite à la production des entreprises, effectivement, mais il n'y a pas que les entreprises qui produisent. Il y a aussi les administrations publiques. Vous connaissez les hôpitaux, vous connaissez les professeurs, on peut aussi citer les policiers, les pompiers. Ces administrations publiques fournissent un service gratuit ou presque gratuit, contrairement aux entreprises qui fournissent des biens et des services payants. Et enfin, il y a les associations, troisième type d'organisations qui produisent des services gratuits. On peut penser au resto du cœur qui produisent un service de repas à une population vulnérable et démunie. Et donc le PIB, qu'est-ce que c'est? C'est la production des entreprises, plus la production des administrations publiques, plus la production des associations, et c'est ça qui donne le PIB, le produit intérieur brut. Et la croissance économique, c'est tout simplement la hausse de cette production. Cela semble assez simple, en fait, c'est pas si évident de mesurer la production d'une entreprise. Prenons un exemple simple. Une entreprise qui produit des pots de sauce tomate, 10 000, et chaque pot de sauce tomate est vendu 2 €. Ça nous fait 20 000 €. Il serait alors tentant de nous dire, il suffit de comptabiliser ces 20 000 € dans le PIB. Mais en fait, on aurait tout faux. Pourquoi? Parce que ce qu'on vient de calculer, c'est le chiffre d'affaires. Le chiffre d'affaires, c'est tout simplement un indicateur de vente. Est-ce qu'elle a vendu beaucoup ou non de pots, et est-ce que le pot était plus ou moins cher?
[2:21]Mais ce n'est pas un indicateur de production. Parce que qu'a produit notre entreprise? Quelle est son activité? Son activité, déjà, ce n'est pas celle de produire des tomates. En effet, qui a produit les tomates? Un agriculteur. Et notre entreprise, ce qu'elle a fait, de ces par exemple 5 000 € de tomates, elle les a utilisées et transformées dans son entreprise, dans son usine, pour donner un pot de sauce tomate, effectivement, qu'elle a vendu pour un total de 20 000 €. Nous, ce qu'on veut savoir, c'est pas euh combien euh valent les les tomates. Ce qu'on veut, c'est combien vaut l'activité de notre entreprise de sauce tomate. Pour savoir cela, en fait, il va falloir déduire de son chiffre d'affaires tous les éléments, toutes les consommations intermédiaires, c'est-à-dire les produits qui ont été fabriqués par d'autres, donc pas par elle, mais qui ont été utilisés dans son activité.
[3:26]Et c'est ce qu'on appelle la valeur ajoutée. Et vous le voyez, 20 000 € de chiffre d'affaires de vente, moins les 5 000 € de tomates de consommation intermédiaire, cela nous donne sa valeur ajoutée à elle, c'est-à-dire sa production réelle, une fois déduit la production des autres. On va additionner toutes les valeurs ajoutées donc des différentes organisations produisant dans dans un pays, et cela va nous donner le PIB, le produit intérieur brut.
[4:00]C'est la hausse durable du PIB. Première partie: Quelles sont les sources de la croissance économique? En fait, il y a deux grandes sources de la croissance économique. Premièrement, l'accumulation des facteurs de production, ça veut dire l'augmentation de la quantité de facteurs de production, et ensuite le progrès technique. Commençons par la première source. Il y a deux facteurs de production. Le facteur travail. Le facteur travail se compose en fait de la main d'œuvre, dit autrement et mieux défini, c'est l'ensemble des travailleurs qui fournissent leur temps, leur énergie, leurs compétences à différentes organisations productives, les entreprises, les administrations publiques et les associations, contre rémunération, un salaire. Et ben le facteur travail contribue à la production et donc à sa possible hausse et donc à la croissance économique. Mais il peut aussi aussi y avoir une politique de natalité, de natalité importante, c'est-à-dire une forte hausse des naissances qui à moyen terme vont donner davantage de travailleurs.
[5:41]On peut aussi songer à retarder le départ à la retraite. Enfin, vous voyez, ces différents éléments permettraient d'augmenter le facteur travail et donc d'augmenter le PIB. Deuxième facteur à prendre en considération, c'est le facteur capital qui se compose en fait des biens durables, donc qui durent plus de un an, contrairement aux aux tomates qui sont transformées en sauce tomate et qu'on a vu précédemment. Donc, par exemple, la machine qui euh transformait les tomates en sauce tomate, typiquement, font fait partie du du facteur capital. Deux scénarios peuvent être envisagés euh ou le facteur capital augmente. Imaginons la création d'une nouvelle usine avec de nouvelles machines, la production va augmenter, on appelle ça un investissement de capacité car l'organisation est alors en capacité de produire davantage. On augmente le nombre de machines dans une entreprise afin d'accroître la productivité, l'efficacité des travailleurs.
[7:13]Extensive comme extension, augmentation du nombre de facteurs de production. Voyons maintenant le deuxième élément qui permet la croissance économique, c'est le progrès technique. Donc, première définition à connaître par cœur, le progrès technique, c'est l'amélioration des conditions de production. Et il prend quatre formes. Tout d'abord, l'innovation de produit. Le nouveau produit va permettre aux organisations d'être plus productive, exemple le passage à l'agriculture avec des animaux comme les bœufs et l'utilisation du tracteur permet aux organisations, ici à l'agriculteur, d'être plus productif.
[7:50]Dit autrement, ça veut dire de produire davantage dans la même journée. La même journée avant, il produisait une tonne de blé, maintenant il peut en produire deux. La durée n'a pas changé, mais lui, il est plus efficace. Deuxième forme du progrès technique, la nouvelle source d'énergie. Prenons l'exemple des hydrocarbures, le pétrole, mais aussi le nucléaire. Ces deux sources d'énergie qui sont nouvelles ont permis euh de d'alimenter des machines beaucoup plus puissantes et donc de produire davantage. Du fait qu'il avait qu'une seule tâche, il devenait de plus en plus précis, de plus en plus expert de sa tâche, il ne perdait plus de temps et il était beaucoup plus efficace que lorsqu'il changeait d'une tâche A, B ou C et cetera, il perdait du temps, il était moins expert dans dans dans son travail.
[8:56]C'est juste qu'ils étaient plus efficaces, plus productifs. Enfin, 4ème forme du progrès technique, l'amélioration du capital humain, c'est-à-dire l'amélioration de la capacité des travailleurs à produire. Plus les individus sont instruits, plus ils sont à même d'être productifs, d'innover sur le travail et cetera.
[9:26]Le deuxième élément, c'est la santé des travailleurs. Lorsque les travailleurs sont en bonne santé, ils peuvent produire davantage que lorsque ils sont tout simplement absent, fatigués et cetera. Que soient les nouveaux produits, la nouvelle organisation de travail, la nouvelle source d'énergie, une amélioration de l'humain, en fait, ici, euh, ce que permet le progrès technique, c'est une hausse de la productivité du facteur travail et du facteur capital.
[9:56]On est dans une augmentation, une amélioration plutôt des facteurs de production. Ils sont plus productifs, plus efficaces. C'est pour ça qu'on dit que le progrès progrès technique permet une hausse de la productivité globale des facteurs de production. La productivité, un synonyme c'est l'efficacité, globale, c'est parce qu'on parle des deux facteurs de production. Que ce soit les machines et les travailleurs, ils sont plus efficaces. Ils arrivent à produire davantage de biens et de services, alors même que la quantité n'a pas changé. C'est ça le la la hausse de la productivité globale des facteurs de production. Et donc, comme il y a une production qui augmente, alors même que les quantités de facteurs de production sont restées inchangées, il y a une hausse de la production, il y a croissance économique.
[10:46]On utilise au mieux les facteurs de production. On les utilise mieux et aussi parce qu'ils sont euh plus productifs, ils sont de meilleure qualité, notamment les machines. Maintenant, passons à une idée un peu complexe, qu'est-ce que le progrès technique endogène?
[11:03]Endogène, ça vous fait peur, c'est un mot que vous n'avez jamais vu, il est compliqué. Laissez-moi vous expliquer en quelques minutes. Donc, les nouvelles idées ce sont un peu comme des biens collectifs. Les biens collectifs, ce sont une notion que vous avez normalement vu en première, mais je vais la reprendre si vous l'avez oublié. Donc, les biens collectifs s'opposent aux biens privés. Un bien privé, c'est par exemple une pomme. Une pomme, lorsque vous l'achetez, elle a un prix. Et le fait que vous payez ce prix, elle vous appartient, et elle n'appartient pas à quelqu'un d'autre. Première chose, donc vous pouvez exclure les autres de la propriété, de la possession de cette pomme. Et d'autre part, lorsque vous allez manger cette pomme, bah, tout bêtement, vous empêchez les autres de la manger. Voilà. Si vous la mangez, elle n'existe plus, les autres ne vont pas la manger en même temps. Donc, on dit que un bien privé, il est exclusable et rival. On peut exclure les autres qui n'ont pas payé, et on peut euh manger la pomme et empêcher les autres de la manger, donc elle est rivale. Les biens collectifs, c'est l'inverse, ils sont non-excluables et non-rivaux. Et les nouvelles idées, par exemple, vous avez une nouvelle idée géniale, et tiens, si je révisais mon cours de SES plus souvent dans l'année, et ben cette idée-là, elle est non-rivale, non-excluables. Peut-être qu'ils vont y penser demain après-demain et cetera, et vous pouvez pas les exclure de penser à cette idée.
[12:26]On peut pas exclure les autres d'y penser. Deuxième élément, elle est non-rivale. Une nouvelle idée, c'est pas parce que vous vous alliez vous allez y penser le jeudi à 20h, que quelqu'un d'autre ne peut pas y penser le jeudi à 20h.
[12:48]Là, les nouvelles idées, elles sont non-excluables et non-rivales. Et du fait qu'elles sont non-excluables et non-rivales, elles vont pouvoir en fait se propager, circuler euh l'ensemble des agents économiques, des entreprises, des inventeurs, des entrepreneurs vont pouvoir s'en inspirer. Alan Turing, c'est une personne qui est considérée comme le père de l'informatique.
[13:10]Alors à l'époque, c'était un gros gros ordinateur, une grosse machine qui demandait beaucoup d'énergie. Mais le simple fait qu'il est inventé cet ordinateur, cette nouvelle donc euh invention, mais qui qui donne une idée, un un ordinateur qui traite énormément d'informations et cetera, a pu susciter chez d'autres personnes l'idée de créer un ordinateur par exemple plus petit. Le progrès technique d'Alan Turing, son nouveau produit, a stimulé la recherche d'autres chercheurs, d'autres entrepreneurs, d'autres entreprises.
[13:54]En fait, c'est presque sans fin. Parce que une idée, une fois qu'elle voit le jour, elle va être partagée à d'autres inventeurs. Et une fois que ces personnes-là auront connaissance de cette idée-là, vont pouvoir s'en inspirer pour leurs propres recherches et pour produire de nouveaux produits, de nouvelles idées qui elles-mêmes vont susciter peut-être chez d'autres encore de nouvelles idées et cetera, sans fin. Et c'est pour ça qu'on dit que le progrès technique s'auto-entretient. Il est en même temps cause et conséquence. Il le progrès technique permet le progrès technique qui lui-même progrès technique, c'est un peu comme un cercle sans fin, un cercle vertueux. Et c'est ça en fait, l'endogénéité, le fait de dire que le progrès technique est endogène, c'est que le progrès technique s'auto-entretient. Et pourquoi? Du fait qu'il soit non-excluables et non-rivales. Les idées peuvent être partagées par le plus grand nombre par de nombreux scientifiques. Ils peuvent s'inspirer les uns les autres, et une fois que une idée a germé dans l'esprit de quelqu'un d'autre, ils pourront partager cette idée et la produire à chaque fois de nouvelles idées, de nouvelles idées et cetera, sans fin.
[14:56]Voyons maintenant en quoi les institutions permettent le progrès technique et la croissance économique. Définition déjà pour commencer, une institution, c'est une règle juridique qui encadre le comportement des individus en société. Et un exemple tout simple, ne pas voler, c'est une institution, c'est une règle juridique qui encadre le comportement des individus. Les institutions, elles sont fondamentales parce qu'en économie, elles permettent l'innovation, le progrès technique et donc la croissance économique. Parce qu'elles vont rassurer en fait les entrepreneurs, les innovateurs. S'il n'avait pas d'institution, il y aurait un trop grand risque, un risque qui empêcherait toute innovation d'apparaître et donc toute croissance économique. Apple, qui produit des téléphones que vous connaissez, de qualité et cetera, euh produit des téléphones, mais parce qu'auparavant, ils ont investi des millions, voire des milliards en recherche et développement. Et une fois que le prototype a été réalisé, créé, tout de suite, Apple va le breveter.
[16:01]C'est-à-dire déposer un brevet afin d'avoir un monopole et éviter ainsi d'être imité. C'est-à-dire que le brevet, il va reconnaître un monopole, c'est-à-dire l'exclusivité, le fait d'être seul, l'exclusivité de la production et de la vente de ce bien précis. On ne brevete pas une idée, non, les idées, elles, on ne peut pas les breveter, on peut simplement breveter un prototype précis. Et une fois que Apple a ce monopole, donc le fait qu'il soit les seuls à pouvoir produire et vendre ce bien, ils vont pouvoir engranger, enregistrer un profit important. Donc, Apple s'est dit je vais investir, je vais essayer d'innover parce que je sais que j'aurai un monopole après avoir breveter mon mon prototype. Et comme j'aurai un monopole, je vais avoir énormément de profit qui viendront compenser mes millions et milliards investis en R&D.
[17:01]C'est qu'il rassure Apple et les autres entreprises. Vous pouvez innover, vous serez protégés contre l'imitation et cetera. Et oui, parce que si quelqu'un ose imiter euh le le bien inventé et breveté par Apple, évidemment, imité euh de manière précise, hein, pas une vague imitation, et ben le juge pourra euh condamner euh l'imitateur et lui imposer des dommages intérêts, il devra une somme d'argent à Apple.
[17:37]Le progrès technique ne fait-il que détruire des emplois? Souvent, on a cette idée-là que les robots remplacent les ouvriers. Alors, il y a une destruction d'emploi. Ça, c'est sûr. Lorsqu'il y a du progrès technique, des nouvelles manières de faire, des manières d'organisation de travail, un nouveau produit et cetera.
[17:52]Mais ce qu'on oublie souvent, c'est que le progrès technique s'accompagne aussi de création d'emploi. Et la plupart du temps, la création d'emploi est supérieure à la suppression d'emploi. Et c'est pour ça que les économistes parlent de processus de destruction créatrice. Voyons un exemple avec la Google Car. La Google Car, c'est une nouvelle voiture inventée par Google qui peut se passer de conducteur. Donc c'est une innovation, nouveau produit, qui va s'accompagner par une suppression d'emploi.
[18:18]On peut imaginer que les chauffeurs VTC, les taxis peuvent être en danger. Première chose, et deuxième chose, les auto-écoles risquent certaines en tout cas, risquent de fermer. D'accord. Mais là, on ne voit qu'un aspect, c'est le côté suppression d'emploi, suppression de secteur d'activité, OK.
[18:35]Mais il y a d'autre part, une création d'emploi. Qui doit fabriquer ces nouvelles voitures? Bah, des techniciens, des ouvriers aussi qui seront appelés euh dans de nouvelles usines. Donc, on voit qu'il y a un aspect aussi création d'emploi. Mais ces voitures sont quand même particulières, il a fallu des ingénieurs encore plus qualifiés. Parce que c'est pas une voiture quelconque, de, donc de nouveaux ingénieurs et surtout qui ont des compétences en informatique pour voir peut-être la création d'informaticiens qui ont su créer le logiciel et l'algorithme de la voiture pour qu'elle puisse conduire seule. Donc vous voyez, en fait, la Google Car en tant que progrès innovation et en tant que progrès technique, elle détruit les emplois, mais elle en crée tout un un ensemble de nouveaux emplois.
[19:18]Et normalement, cette création d'emploi doit être supérieure à la suppression d'emploi. Donc, de nouveaux secteurs vont venir remplacer les anciens secteurs, plus performants, plus productifs qui vont eux embaucher justement certaines personnes qui des anciens secteurs et qui ont pu se retrouver à un moment en chômage. Donc voilà le processus de destruction créatrice, c'est comme ça que l'innovation se réalise, c'est en détruisant des emplois, mais en même temps en en créant de nouveaux.



