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Ep1 : Pourquoi on se sent seul même entouré de gens ?

Hafsa Psychologue

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[0:19]J'espère que vous allez me dire que vous aussi vous l'avez déjà vécu ou pas, parce que sinon on serait que deux, moi et ma patiente.
[0:19]Mais si je viens parler de ce sujet aujourd'hui, c'est parce que récemment, j'ai une patiente qui m'a dit qu'elle avait souvent l'impression, même quand on était au milieu des gens, de se sentir extrêmement seule.
[0:19]Beaucoup trop souvent, et que ce soit en famille ou que ce soit entre amis, elle avait cette sensation.
[0:19]Et elle était bien plus à l'aise dans les dans les relations duel ou en tout cas, quand elle était avec deux, trois personnes maximum.
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[0:00]Salam aleykoum warahmatullahi wabarakatuh. Bienvenue dans cet épisode 1 du podcast entre deux consulte by Hafsa. Salaam aleykoum warahmatullahi wabarakatuh.

[0:14]Trop speed, sorry.

[0:19]Aujourd'hui, je voulais parler d'une chose. J'espère que vous allez me dire que vous aussi vous l'avez déjà vécu ou pas, parce que sinon on serait que deux, moi et ma patiente. Mais si je viens parler de ce sujet aujourd'hui, c'est parce que récemment, j'ai une patiente qui m'a dit qu'elle avait souvent l'impression, même quand on était au milieu des gens, de se sentir extrêmement seule. Beaucoup trop souvent, et que ce soit en famille ou que ce soit entre amis, elle avait cette sensation. Elle me disait, c'est dans les plus grandes foules que je me sens le plus seul. Et elle était bien plus à l'aise dans les dans les relations duel ou en tout cas, quand elle était avec deux, trois personnes maximum. Mais à partir du moment il y avait un peu trop de gens, elle se elle commençait à pas se sentir bien, à se sentir complètement déconnectée et surtout se sentir seule. Quand elle m'a dit ça, ça a un petit peu fait écho à la petite Hafsa du passé. Je me souviens avoir déjà ressenti ça notamment quand j'étais au collège dans dans la cour de récréation ou quand j'étais au milieu des gens, je me sentais vraiment seule alors que j'étais entourée, que j'avais mes mes copines autour de moi. Et que on était en train de discuter X ou Y chose, et j'avais un peu cette sensation, vous savez, comme dans les films, quand d'un seul coup la personne est au milieu de la foule, genre tout devient noir autour et il y a juste elle où il y a un faisceau de lumière dessus, ces petits effets visuels cinématographiques. C'est un petit peu ce que je ressentais dans ma tête. Donc ça a vraiment fait écho et je me suis posé cette question, je me suis demandé mais pourquoi on peut arriver à se sentir seul, même qu'on est entouré de monde. Donc j'ai cherché, j'ai cherché un petit peu déjà pour pouvoir l'aider, pour pouvoir l'accompagner elle, et ce que j'ai découvert par rapport à ça, il y a plusieurs éléments. Déjà dans un premier temps, les chercheurs en psychologie nous expliquent qu'on a besoin de stabilité dans nos relations. En tant qu'être humain avec un grand H, on a besoin de stabilité, on a besoin de savoir comment l'autre va réagir quand on va venir parler avec X ou Y personne. Là, vous allez me dire non, moi j'aime bien qu'on me surprenne, ceci, cela. Oui, à petite dose. Pas tous les jours. Et si tu dis le contraire, tu mens, sache-le, ce n'est pas vrai parce que on n'est pas fait en tant qu'être humain pour aimer et supporter l'instabilité constante. Pourquoi ? Tout simplement parce que, rapidement, si on fait un point cognitif sur la manière dont notre cerveau fonctionne, notre cerveau on arrive face à une situation. Un, il regarde, OK, est-ce que j'ai déjà vécu cette situation ? Non. OK, est-ce que j'ai déjà vécu une situation similaire qui pourrait m'aider à comprendre comment je vais devoir agir ? Et si il y a aucun des deux, et ben comment je peux utiliser mes compétences aujourd'hui pour savoir comment répondre à cette situation. Et ça nous demande beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie, ça nous demande beaucoup d'énergie de repartir à zéro. Essayez de vous souvenir quand vous vous étiez en train d'apprendre à conduire au début, c'était OK, je dois embrayer, j'accélère, ensuite je lâche le frein et ci et ça, c'était 1000 et une petites étapes qui vous prenaient tellement d'énergie. Et moi je me souviens la première fois que j'ai fait ma son de conduite, je me dis mais je vais jamais me souvenir de tout ça. Il y a trop d'étapes alors qu'aujourd'hui, on conduit, on s'en rend même pas compte parce que c'est devenu automatique. Et donc ça demande beaucoup beaucoup moins d'énergie parce que le cerveau sait comment ça fonctionne, il dit ah conduite, je mets les les logiciels qui sont qui savent gérer ça et moi je vais m'occuper d'autre chose, je vais mettre mon attention sur autre chose. Et en parallèle, on peut écouter un podcast, on peut discuter avec quelqu'un, on peut manger, on peut envoyer des SMS, même s'il ne faut pas envoyer des SMS, mais en tout cas, c'est ce qui nous permet d'avoir les compétences cognitives de le faire. Et si on était constamment, constamment, constamment en train d'être mis face à de nouvelles situations, notre cerveau, il serait vraiment vraiment vraiment pas à l'aise. Donc on a besoin de prévisibilité. Ça nous rassure, ça nous sécurise de savoir comment les gens autour de nous vont réagir, vont nous répondre pour qu'on se sente socialement soutenu. Et ce qu'ils disaient donc dans ces dans ces études là, c'est notamment que quand on arrive à avoir ce sentiment de solitude au sein d'un groupe, c'est souvent qu'il y a eu un élément de rupture. C'est-à-dire que on était dans le groupe, on n'est jamais 100 % lié de la même manière aux 10 personnes qui sont autour de nous. Il y a toujours une ou deux qui sont plus proches et qui sont des ressources pour nous, des références. Et à ce moment-là, une de ces personnes, généralement, soit elle a pas rebondi à la blague, soit il y a eu un sourire gênant, on s'est pas senti soutenu, soit on s'est senti gêné par des personnes qui ne sont pas censées réagir comme ça avec nous. Pourquoi ? Parce que pour nous, c'était des soutiens. Donc on était sécurisé dans cette relation, et elle a agi d'une manière qui m'a insécurisé parce que je m'y attendais pas. Sa réaction a été imprévisible pour moi et à ce moment-là, ça m'a mis dans un état émotionnel désagréable et je me suis senti déconnectée de tout le reste de la salle. Parce que j'ai senti que cette personne-là m'avait entre guillemets abandonné, lâché et tout ça, c'est c'est une perception. Ça veut dire que peut-être que la personne elle l'a pas du tout fait, c'est vraiment quelque chose en lien avec nous avant que ça soit en lien avec l'autre. Donc à ce moment-là, on on se sent complètement seul au milieu de de toute cette foule. On est insécurisé dans ce schéma relationnel et ce que je trouve très très très intéressant, c'est qu'en réalité, cette stabilité dont on a besoin, cette sécurité complète et permanente dont on a besoin. On sait très bien qu'on la trouvera pas dans ce bas monde. En tout cas, c'est pas ici qu'on trouvera ça parce que tous les êtres humains sont faillibles. Absolument tous les êtres humains sont faillibles et tout ce qu'on vit dépend de notre interprétation personnelle de la situation. Ce qui fait qu'en fait, il y a rien de stable chez l'être humain. Sur cette terre, il y a absolument rien de stable. Et c'est ce que nous dit Allah Ta'ala qui vient nous rappeler dans sourate Al-Ikhlas quand il nous dit Al-Samad, Al-Samad, l'infaillible, celui qui est toujours présent, celui qui est stable, celui qui est qui est permanent. Al-Samad c'est le seul à être complètement et entièrement permanent et le seul sur qui on peut absolument s'appuyer avec une confiance aveugle en 100 %. À partir du moment où on sait que il n'y a qu'Allah Ta'ala qui peut avoir cette infaillibilité, on est moins étonné quand ça nous arrive avec d'autres personnes. Ce sentiment de de solitude, ça a toujours, c'est quelque chose qui a toujours fait couler beaucoup d'encre. La solitude de l'être humain, de l'espèce humaine, pourquoi on est la seule espèce qui s'est parlé, qui s'est qui s'est interagir avec d'autres gens, blablabla, ça a toujours fait couler beaucoup d'encre chez les philosophes notamment. Il y a ce philosophe allemand, du coup Martin Heidegger qui parle de la solitude comme étant une condition humaine universelle. Parce que au final, on a beau être entouré autant qu'on veut, que ça soit de nos enfants, de nos amis, de nos parents, de nos époux, de nos collègues, on a beau être entouré autant qu'on veut. À la fin de la journée, on est seul avec nos pensées, on est seul à porter nos peurs, on est seul à porter nos espoirs, on est seul à porter nos doutes. Donc cette solitude, elle est vécue et on la porte déjà avec nous au quotidien. Quand bien même on s'en rend pas compte, quand bien même c'est masqué par d'autres choses, on l'apporte déjà avec nous, c'est une expérience qui est inhérente à l'espèce humaine. Al-Razali, le savant polymathe musulman, rebondit en disant d'ailleurs que la solitude, c'est pas tant une mauvaise chose que ça. Pourquoi ? Parce qu'elle nous permet de reconnecter avec Allah Ta'ala, elle nous permet de nous reconnecter avec notre âme, elle nous permet de nous reconnecter avec nos vrais objectifs pour remettre un petit peu de de cohérence. C'est une prise de recul par rapport à ce qui se passe dans notre vie. En Islam, la solitude, elle a toujours été explorée avec un lien profond, c'est quelque chose qui est présenté d'une manière positive ou en tout cas, au moment où on en parle dans différentes histoires coraniques, ça a toujours des moments clés. En fait, c'est au moment où la personne est dans cet état de solitude qu'il se passe quelque chose, qu'il réalise quelque chose, qu'il apprend quelque chose. D'ailleurs c'est le cas dans beaucoup de choses, quand on regarde les films hollywoodiens, quand on regarde les films de Marvel, les mangas, ce que vous voulez, au moment où le personnage principal a ses plus grandes réalisations, c'est dans les moments de solitude. On garde One Piece, on garde Naruto, au moment où les personnages ils vont vraiment glow up, ils vont évoluer, ils vont revenir avec toute la force qu'ils ont et il vraiment un un nouveau, un autre level, c'est dans des moments de solitude. Ils partent toujours s'isoler pour travailler sur eux, s'améliorer et ensuite revenir. Et en en Islam, c'est aussi c'est aussi la même chose, il y a beaucoup beaucoup d'exemples pour ça, ne serait-ce que le premier et le plus grand d'entre eux, le prophète Mohamed Sala Alayhi wa Salam, qui s'est était en solitude dans la grotte Al-Hira, en train de méditer au moment où il a reçu la la visite du coup de l'ange Jibril, l'ange Gabriel qui est venu lui lui révéler ce premier verset Ikra. Ça a été dans un moment de solitude qu'il a reçu cette révélation là. Il y a beaucoup d'autres exemples, il y a le prophète Yunus Alayhi Salam quand il s'est retrouvé dans le ventre de la baleine, dans la solitude et le noir le plus complet, où il a eu l'occasion de méditer, de comprendre son erreur, d'être dans cette connexion avec Allah Ta'ala et dans un repentir sincère. On a aussi le prophète Moussa Alayhi Salam lorsqu'il a dû quitter l'Égypte et s'exiler à Madiane, c'est un trajet qu'il a dû faire seul. On a Mariam, Radhi Allah Anha, ceux qui ont suivi ma conférence les larmes de Mariam le savent bien, lorsqu'elle s'est retrouvée seule dans le désert prête à accoucher, en train d'accoucher avec absolument personne qui la soutient et qu'elle s'est retrouvée à avoir ces mots sourate Mariam verset 23. Il y a, si seulement j'étais morte avant de vivre cela et une oubliée parmi les oubliées. Ça veut dire qu'en plus d'être seule, isolée, elle voudrait être oubliée, que plus personne ne se souvienne d'elle, que plus personne ne vienne à elle parce qu'elle était trop dans un état de souffrance et qu'elle n'arrivait plus à supporter cette situation, mais ceci est un autre sujet que vous pouvez trouver dans dans dans ma conférence en question. On a aussi le prophète Yusuf Alayhi Salam qui s'est retrouvé seul, isolé à la fois dans le puit dans lequel ses frères l'ont l'ont jeté par jalousie, mais aussi en prison où il a été jeté injustement. Et que toutes ces étapes là ont été extrêmement importantes dans son évolution et dans son cheminement pour l'amener là où il a été par la suite gouverneur du du pays. Et en fin, je voulais rajouter l'histoire de Hadjar, qui était donc la femme du prophète Ibrahim Alayhi Salam, lorsqu'elle s'est retrouvée seule avec son fils, le prophète Ismail, et elle était seule avec lui dans l'isolement le plus total et qu'elle cherchait à à abreuver son fils qui était en train de pleurer et qu'elle a entendu l'eau de la montagne de Safa jusqu'à la montagne de Marwa et qu'elle était en train de courir de l'un à l'autre. Et cette histoire de cette solitude là est née l'un des rituels les plus importants du haj, donc c'est le pèlerinage, un des cinq piliers de de l'Islam. On retrouve encore une fois cette notion de solitude d'un point de vue positif, c'est-à-dire que c'est pas forcément une mauvaise chose, c'est pas quelque chose de de pas bien, c'est pas quelque chose qu'on doit forcément éviter et ou mal vivre. On voit que c'est pas forcément quelque chose de négatif, mais en plus de ça que c'est inhérent à à l'espèce humaine. Cependant, lorsque j'en suis arrivé là dans ma recherche, je me suis rendu compte que OK, mais tout ça c'est des solitudes choisies. Ça veut dire que ils ont choisi de s'extraire et ils sont seuls parce qu'il n'y a personne autour d'eux. Que ce soit les différentes histoires des prophètes que je viens de décrire ici, ils étaient seuls parce qu'il n'y avait personne autour d'eux. Là, la solitude dont on parle, c'est la solitude où on est entouré de gens. Donc on est en société, pourtant on a cette sensation, cette impression d'être seul à l'intérieur de nous. Et là-dessus, il y a déjà eu des écrits ou en tout cas, il y a des concepts psychologiques qui je pense peut nous apporter un début de réponse et de compréhension de ce sentiment-là de solitude alors que nous sommes entouré de plein de personnes. Et pour cela, il y a deux choses. La première, c'est le concept du soi social. C'est un concept qui a été élaboré par le psychologue Goffman en 1959, où il parle en fait de mise en scène. C'est-à-dire que pour lui, la société et je c'est pas pour blâmer ah la méchante société, pas du tout la société telle qu'elle existe et telle qu'elle a toujours existé dans toutes les cultures, c'est comme une une une espèce de mise en scène sociale où on a différents masques. Et c'est complètement normal parce que Hafsa psychologue que vous voyez ici, c'est pas la la Hafsa qui va être avec ses frères, c'est pas la Hafsa qui est avec sa copine, qui est avec sa famille. Forcément, on a des masques sociaux qui sont différents. Si il est naturel et normal d'avoir des ajustements sur la manière dont on va se comporter en fonction des personnes avec qui on est. L'ajustement il peut être trop fort parce qu'on est dans un environnement qui ne nous correspond vraiment pas ou auquel on s'identifie très peu. Et là, on va rentrer dans ce qu'on appelle la dissonance cognitive qui est un concept psychologique cognitive qui a été développé par Festinger en 1957. C'est quand la manière dont on se comporte et ce qu'on ressent à l'intérieur de nous est en dissonance avec ce qu'on va extérioriser et ce qu'on va exprimer. Globalement, si on est dans un groupe où tout le monde est super heureux parce que c'est je sais pas le le le le mariage de mon ami et je suis très heureuse pour elle, mais ça ne changera rien au fait que moi actuellement dans ma vie, je suis dans de grosses épreuves et j'ai globalement un état de de tristesse. Un état de tristesse que j'ai pas envie d'exprimer parce que c'est sa fête, je vais pas venir lui gâcher sa fête avec mes problèmes personnels. Donc je vais vraiment faire cette dissociation entre extérieurement comment je vais prendre sur moi pour pouvoir profiter de sa fête et lui montrer que je suis fière d'elle et que je suis contente pour elle. Et intérieurement comment je me porte parce que je je porte quelque chose de qui qui est lourd pour moi. Et donc là, je rentre dans cet état de dissonance cognitive. Donc ça, que ce soit du coup le concept du soi social ou le concept de la dissonance cognitive, ce sont deux théories en psychologie qui vont venir expliquer en partie pourquoi on sent ce décalage. Mais là, on parle de décalage interne, c'est-à-dire que ma dissonance, elle est de moi à moi. C'est parce que moi j'ai quelque chose actuellement qui n'est pas aligné avec mes valeurs et avec qui je suis qui fait que j'ai ce ressenti là. Mais du point de vue extérieur, il y a deux théories qui peuvent venir expliquer ça, notamment ce qu'on va appeler les biais cognitifs et les attentes sociales. Donc dans un premier temps, on a expliqué d'où peut venir ce sentiment de solitude, la la notion de soi social et de dissonance cognitive qui ne va pas être adaptée à ce masque social qu'on porte à l'instant T. Et euh, là, on va parler de du pourquoi on ressent cette cette déconnexion là. La première théorie, la plus importante et qui je pense donne une partie des réponses à mon humble avis, c'est le concept de pression sociale et de conformisme. C'est-à-dire, c'est un modèle qui a été développé par H en 1951. Et c'est une expérience, les étudiants en psychologie, je suis sûre que vous l'avez déjà vu. Globalement, l'expérience qu'il a mis en place, c'est il y a une personne dans la salle qui est le sujet. Tous les autres participants de l'expérience sont des complices, le sujet ne le sait pas. Il pense que tout le monde est là, que l'épreuve du jour c'est de tester l'acuité visuelle et cetera, il sait pas du tout quel est le vrai objectif de l'expérience. Donc tout le monde rentre en place et il va projeter des euh il va projeter des bâtons en fait sur un écran, il y a le bâton témoin et après il y a A B C D E quatre propositions de bâtons, il dit OK, quelle est la taille du bâton qui correspond au bâton témoin. Le premier round, deuxième round, troisième round arrive, les différences sont assez flagrantes, des fois le bâton témoin, il est comme ça et d'un seul coup le bâton qui sont proposés sont beaucoup plus grands, il y en a qu'un seul qui correspond, c'est assez c'est assez évident. Au bout d'un moment, un des complices va faire une erreur complètement évidente. Ça veut dire que le bâton témoin est comme ça et lui il va dire B parce que les réponses sont données à voix haute. Donc il y a cette pression sociale. Tout le monde voit ce que tu réponds, tout le monde entend ce que tu réponds. Et donc le premier complice répond B. Là généralement, le sujet, il a un petit regard en mode qu'est-ce qu'il raconte celui-là, vraiment. Parfois même un un un petit rictus, un petit sourire et on va passer un, deux, trois, quatre mais tout le monde va dire B parce qu'ils sont tous complices. Tout le monde va dire B. Ce qu'il a observé, c'est que dans 40 % des cas, la personne se plie à la pression sociale. Dans 40 % des cas, le sujet va venir répondre B, alors que c'est évident que c'est pas B et que c'est C par exemple. Le fait de voir que tout le monde a pris une décision, quand bien même il sait consciemment et cognitivement qu'elle est fausse, va le pousser à répondre cette réponse fausse pour ne pas se démarquer du reste du du groupe et pour rester dans la majorité sociale.

[15:19]Qu'est-ce que nous en indique cette expérience sur le conformisme, c'est que quand bien même ma valeur à moi n'est pas en accord avec ce qui se passe à l'extérieur, ça ne va me faire que s'amplifier et s'empirer parce que je vais pas oser le dire. Parce que je vais pas oser le dire parce que je me rends compte que elle, elle est d'accord, elle est d'accord, elle, elle est d'accord. OK, ben je vais rien dire parce que peut-être que c'est moi qui suis qui ai tort et quand bien même je sais que c'est c'est pas moi qui ai tort et que c'est juste pas en accord avec mes valeurs, je ne vais rien dire pour pas m'opposer frontalement devant tout le monde à la majorité. Et là, on rentre dans le deuxième concept qui est le biais d'ignorance pluraliste. C'est un biais cognitif que que j'aime beaucoup, qui a été introduit par Alport en 1920. Et il explique que globalement, chaque individu dans un groupe va être amené à croire qu'il est le seul différent, qu'il est le seul à pas comprendre, qu'il est le seul à penser ça ou à penser ci. Et c'est ce qui se passe en fait quand on est dans une salle de classe et que le prof, il a expliqué un concept où on a rien compris, un concept mathématique par exemple. Et il va dire est-ce que vous avez des questions, une personne va lever la main. Parce qu'on va se dire tout le monde a compris sauf moi. Mais on est 5 6 7 8 à avoir l'impression que tout le monde a compris sauf moi. Et quand on est absolument persuadé qu'on est les seuls différents et les seuls à ne pas avoir compris, alors on va jouer le jeu. On va dire oui, oui, j'ai compris. Et là, qu'est-ce qui se met en place ? La pression sociale de H parce que si tout le monde dit oui, quand bien même moi c'est non, et ben du coup, je vais rien dire. Je vais rien dire et ça va amplifier mon sentiment de mal-être parce que ça va amplifier la dissonance entre ce que je ressens et ce que je projette socialement à l'extérieur. Globalement, cette solitude là, elle peut être expliquée par ces différents principes cognitifs. Si je reprends assez rapidement, donc le le concept du soi social, le fait qu'on n'est pas complètement soi-même face à toutes les personnes qu'on rencontre, c'est quelque chose de normal. Le concept de dissonance cognitive, c'est-à-dire quand au moment où le soi social qu'on met en place est un peu trop éloigné de qui on est de qui on est réellement, on commence à ressentir une gêne parce qu'on n'est pas en accord avec ça. Et on a ensuite du coup le concept de ignorance pluraliste qui fait qu'on a l'impression qu'on est les seuls à pas être d'accord ou avec les valeurs qui sont en train d'être discuté par exemple autour de la table et que par conformisme à la pression sociale, je ne vais pas l'exprimer. Et du coup, je commence à me sentir de plus en plus seul parce que moi mes idéaux et mes valeurs sont complètement détachés de toutes celles qui sont en train d'être discuté, validé euh et qui autour desquels les gens eu rigolent, s'amusent, discutent. La solitude en soi, c'est pas une mauvaise chose, il faut voir ça comme un signal. Un signal de hmm, si je me sens déconnecté de toutes les personnes qui sont autour de moi, c'est que le cercle ne me convient pas et dans ce cas-là, pourquoi ? Et en fait, c'est un peu un signal pour commencer à aller creuser là-bas là-dedans et se dire qu'est-ce qui m'a fait ressentir ça. C'est-à-dire que la prochaine fois que vous avez cette sensation de vous dire, ah j'ai pas apprécié X ou Y moment parce que je me suis senti vraiment seule au milieu de de toutes les autres femmes qui étaient présentes, posez-vous la question. Déjà un, est-ce qu'il y a un élément qui a déclenché ça ? C'est-à-dire est-ce que il y a une amie avec qui vous étiez en contact et qui n'a pas répondu ou n'a ou a agit d'une manière qui vous a déstabilisé ? Dans ce cas-là, est-ce qu'il y a un élément déclencheur ? Et si c'est pas le cas, est-ce qu'il y avait une dissonance dans laquelle je commençais à me mettre en place ? C'est-à-dire que mes croyances, mes valeurs, ma manière d'être différaient de celle du groupe et que du coup, je n'ai pas osé l'exprimer. Je tiens juste à souligner quelque chose, ça veut pas dire que vos croyances sont meilleures ou que les leurs sont pires, pas du tout non plus. Ce que ça veut dire par contre, c'est que vous vous avez l'impression que les vôtres sont meilleurs. Et là, l'impression, la manière dont on voit les choses, la manière dont on comprend les choses, ça c'est encore un immense sujet que je pense on devra discuter à un autre moment avec un épisode probablement sur les biais cognitifs, inch'Allah. Donc voilà, je pense que j'ai fait à peu près le tour du sujet, j'espère que ça a répondu à la question s'il y a d'autres personnes qui ont vécu ce genre ce genre de choses aussi. J'aimerais finir avec ce verset de sourate Tauba verset 40, Allah Ta'ala nous dit ne t'afflige pas car Allah est avec nous. Et il le reprend dans sourate verset 16, nous avons certes créé l'homme et nous savons ce que son âme lui suggère et nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire. Ce que je trouve beau là-dedans en fait, c'est que même dans le dans les instants où tu te sens le plus seul possible, même dans les instants où tu te sens complètement isolé, incompris des gens qui t'entourent, que ça soit vrai, que ça soit pas vrai, c'est pas le problème. En attendant, à l'instant T c'est ce que tu ressens, rappelle-toi que Allah Ta'ala est toujours avec toi. Et que c'est le seul à pouvoir réellement comprendre chaque variation de ton âme et chaque émotion que tu ressens sans que tu aies besoin d'expliquer tout le contexte. Merci beaucoup pour votre écoute. Je vous souhaite de prendre soin de vous, prendre soin de vous de votre âme, de vos proches et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode entre deux consultes by Hafsa.

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