[0:00]Bonjour à tous. Je suis trop content de vous retrouver pour une vidéo un petit peu plus légère, où on va décortiquer des promos d'artistes catastrophiques. Oui, nouvelle sélection de petites histoires qui auraient dû rester au stade de projet. J'aime bien ces petites vidéos plus simples, moins lourdores, ça va être cool. Petit rappel de l'utilité d'une promotion d'artiste pour ceux qui n'ont pas vu la première vidéo, que je vous encourage à aller voir. Les promos, les promotions comme je les appelle, c'est tout simplement les techniques et stratégies marketing qui sont utilisées par soit l'équipe, soit par l'artiste lui-même, pour essayer d'attirer au maximum l'attention du public. Afin de booster les ventes, les streams et parfois même l'image de l'artiste. Mais parce qu'il y a un mais, parfois avec des idées trop grandes ou alors des plans pas bien préparés, bah ça finit par avoir l'effet opposé que celui qui est attendu. Et ça, ça nous régale. On a essayé de trouver des trucs pas trop connus non plus. J'espère que ça va vous plaire. Mais avant que cette vidéo ne commence, sachez qu'elle est sponsorisée par Saily. Saily, c'est une application de eSim conçue par Nord Security. Une eSim, c'est le nom cool pour dire que c'est une carte SIM mais dématérialisée. J'ai eu la chance de l'adopter dans mes habitudes de voyage, notamment pour ma série Souvenirs qui sort avec Sofiane sur Canal+ le 15 octobre. Je fais une promo dans la promo. On a beaucoup voyagé et pour le coup, bah, c'était vraiment pratique. L'application vous permet de choisir parmi différents forfaits abordables dans plus de 190 pays et 8 régions du monde et ça vous permet d'avoir une connexion internet n'importe où durant la durée de votre séjour. Que vous soyez en Inde, en Roumanie, en Afrique du Sud, ou en Corée du Sud. C'est juste des exemples de pays, rien à voir avec ma série. Si, comment ça marche ? Il suffit d'installer l'application, une e-SIM, et juste avant de voyager, d'activer le forfait qui te plaît et ça t'évitera de payer 10 € le MO sans ton consentement. Alors oui, c'est pas les seuls à faire ça, mais pour le coup, il y a plusieurs avantages de leur côté. Il te suffit d'installer une e-SIM qu'une seule fois et pas à chaque fois pour chaque nouveau voyage. Tu auras pas besoin de chercher la Wifi partout comme un galérien. Il y a même une option qui active le forfait automatiquement quand il capte le réseau local de où tu atterris. Et petit 4, c'est compatible iOS et Android. J'ai une offre exclusivement pour vous, vous aurez 15 % de remise avec le code SEB au moment de l'achat. Je vous mets un petit lien en haut de la description. N'hésitez pas si jamais ça vous intéresse ou si vous anticipez vos prochains voyages. Merci à eux en tout cas pour le soutien depuis tout ce temps. Installez-vous confortablement car il est temps de passer au sujet de cette vidéo.
[2:13]On commence avec Susan Boyle. Est-ce que vous vous souvenez ? C'est une chanteuse britannique qui de base n'avait pas la prétention de devenir une artiste mondialement connue. Elle alternait entre des petits boulots et une période de chômage sans jamais lâcher sa passion pour le chant qu'elle exerce au sein d'une chorale. Voilà, elle a une petite vie tranquille, Susan elle aime bien chanter mais ça reste dans la sphère privée et elle est très heureuse comme ça. Mais après avoir remporté plusieurs concours de chant en Écosse, Susan va s'inscrire au programme Britain's Got Talent et elle va délivrer une performance qui va dépasser les frontières.
[2:52]Est-ce que tu t'attendais à ça ? Non. Et évidemment, le contraste entre son âge, son physique qui est très largement moqué et sa voix qui est juste unique, ça va la propulser dans une nouvelle dimension et attirer la curiosité du monde entier. Et même si elle a pas remporté l'émission, Susan va devenir l'une des vidéos les plus virales de cette époque sur YouTube et elle va décider par la suite de devenir chanteuse à plein temps, en commençant par publier des albums. Bravo à elle. Elle fait partie des premières qui osent ça quoi. Son premier album, I Dreamed a Dream, va se classer en tête des charts en Europe, aux États-Unis, et cetera. Un énorme succès. Susan bosse. Je sais que ça y est, je suis un vieux monsieur, j'ai des vieilles refs et cetera, mais dites-vous qu'à cette époque, Susan vend plus d'albums qu'Eminem sur la première semaine. Son album, c'est juste l'album le plus vendu au monde en 2009 avec 14 millions de copies. Et tout ça à une période où le téléchargement illégal était au top de sa forme. Je sais pas si on se rend compte ou si on mesure la taille du buzz, mais si on devait le retranscrire dans notre époque, c'est monstrueux. Donc, voilà, il faut mettre quand même du respect sur Susan Prime parce que à cette période-là, elle a tout cassé et pour tous ceux qui sont vieux comme moi, vous vous en souvenez. Bref, les années passent et Susan va continuer de sortir des albums qui se vendent moins bien mais ça reste toujours 3 millions d'exemplaires minimum, donc rien de dramatique en soi, elle va très bien. Et puis vient l'année 2012. Pour un peu de contexte, 2012 c'est un peu l'année de l'explosion des réseaux sociaux. Entre Facebook, Insta, Twitter et il y a beaucoup d'artistes à cette époque qui vont utiliser les réseaux sociaux comme un outil pour promouvoir directement leurs albums. Susan a 51 ans et s'apprête à sortir un nouveau projet, Standing Ovation, et va opter pour une stratégie des réseaux sociaux en lançant le hashtag Susan Album Party. J'imagine qu'il y a rien qui vous choque là ? Moi non plus. Au début, j'avais pas j'avais pas tilté. Parce que le truc c'est que ce hashtag, il peut être lu de deux manières différentes. Susan Album Party ou bien Su s anal bum party, qui signifie littéralement C'est notre fête de l'anal !
[4:54]Vous savez que c'est des petites erreurs bêtes mais qui peuvent prendre de l'ampleur. Je l'avais pas moi. J'aurais pu passer à côté, je pense que son entourage, les gens qui l'ont conseillé sont aussi un peu passés à côté, mais il y a des gens à qui ça n'a pas échappé. C'est Twitter. Le hashtag va être utilisé près de 20 000 fois en 24 heures, ce qui pour l'époque est juste énorme sur Twitter. L'affaire va être relayée par plusieurs médias, des journaux, des émissions télé, un espèce d'effet boule de neige et tout le monde va commencer à parler de la fête du cul de Susan.
[5:29]Alors, c'est maladroit, c'est pas de chance, mais c'est arrivé. Et c'est là, c'est ça cette vidéo. C'est toutes ces petites erreurs que les gens ont fait, plus c'est pas volontaire, plus c'est savoureux. Et même si c'est une énorme boulette et que tout le monde se moque de cette promo, ça reste un énorme buzz qui aurait dû avoir un impact sur les ventes de son dernier album. Il n'y a pas de mauvais buzz, on parle de toi. Bon, non. Malheureusement, pour Susan, le projet Standing Ovation se vendra deux fois moins que son précédent album et elle deviendra juste un même. Et voilà ce que j'appelle une promo ratée. L'année d'après, elle essaiera tant bien que mal de sortir un album avec des chants de Noël, mais le succès ne sera pas au rendez-vous. Voilà, du coup, j'en profite pour tous les gens qui sont en école de marketing, qui continuent de voir le hashtag comme un truc super important pour mesurer l'impact d'une campagne et cetera. Déjà, de un, c'est un peu ringard, mais pensez à vous relire avant de valider. Bon, Susan Boyle, c'est une petite bonne, une petite boulette là. Vous allez voir que on passe un cran dans la boulette. Le Montreux Jazz Festival. Comme son nom l'indique, c'est un événement musical orienté principalement sur le jazz et qui se déroule en Suisse. Et c'est pas un petit festival, non non non, il se déroule pendant deux semaines et ça attire chaque année des milliers de spectateurs. C'est vraiment un gros truc. En 2013, le festival dévoile sa programmation pour sa 47e édition avec des artistes de renom comme Woodkid, ZZ Top, Sting, Deep Purple, Kendrick Lamar, Prince ou encore Wyclef Jean. Il y en a pour tout le monde, pour tous les goûts et pour tous les âges. Mais justement, qui dit tous les âges signifie qu'il y aura sûrement des parents avec des jeunes enfants qui voudront assister à certains concerts. Du coup, les organisateurs vont avoir une idée de créer une garderie pour enfants au sein même du festival de l'événement, comme ça les parents n'ont pas d'excuses et ils peuvent profiter des spectacles. Et ben, les enfants et les confier, voilà, entre de bonnes mains. C'est un truc qui se fait, c'est une bonne idée. Pour l'instant, tout va bien. Il reste plus qu'à diffuser l'information pour qu'un maximum de personnes soient au courant qu'il y a une garderie pour les enfants. Et pour faire ça, ils vont choisir de mettre une annonce dans leur propre journal, le Montreux Jazz Chronicle. J'imagine que la graphiste va taper sur Google images d'enfant, elle va en prendre une au hasard, la flouter un peu, ajouter une description, service de garderie, voilà, chick-chack, chick-chack. C'est parfait. Chose très simple et pour l'instant, c'est ce que tout le monde aurait fait. Elle a fini son taf, tac, elle montre à ses supérieurs. Ils valident tous, voilà, super pub, c'est très bien, garderie, truc, il l'intègre au journal et instantanément après, c'est directement publié. C'est surtout les journaux. Le problème, on y vient, c'est qu'elle a pas utilisé une image libre de droit déjà, mais encore pire, elle a choisi d'utiliser cette photo. Mais oui, ça c'est une boulette, tu vois. Pour ceux qui ne voient pas le problème, cet enfant, c'est le petit Grégory Villemin, qui a été assassiné à l'âge de 4 ans dans les années 80 et dont l'enquête est toujours en cours même 30 ans après les faits. Oui, le petit Grégory sur l'affiche. Les quatre personnes qui étaient gardées à vue hier soir dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory, ces quatre personnes ont été libérées la nuit dernière. Et apparemment, l'enquête doit maintenant repartir à zéro. Alors, le Montreux Jazz Festival là, ils ont fait une connerie. Mais en tout cas, une chose est sûre, c'est que le moment où ils s'en rendent compte et qui disent attendez, qui a mis le petit Grégory là, bah, c'est trop tard, c'est déjà imprimé, c'est sur tous les journaux. Et on peut plus faire marche arrière entre le moment de la validation et le moment où ils se sont rendu compte de leur erreur, il y a eu que quelques heures. Mais ces quelques heures, ça a suffit. Quand ils s'en sont rendu compte en gestion de crise, ils ont pu la retirer et modifier la version numérique. Mais pour ce qui est du journal papier qui est tiré en plusieurs milliers d'exemplaires, c'était déjà imprimé et c'était en train déjà d'être distribué partout. Donc bah tant pis, il va falloir assumer. La boulette de fou. Essayez de vous mettre un petit peu à la place des parents qui ont vu l'annonce avec la photo d'un enfant assassiné avec la mention garderie. Ça a pas pris quoi, c'est vraiment une erreur, c'est con. Après ça, l'annonce sera partagée sur les réseaux et des journalistes vont s'empresser d'écrire des articles sur cette bourde monumentale. Les parents du petit Grégory vont apprendre la nouvelle et déclaré via leur avocat vouloir entamer des procédures judiciaires à l'encontre du festival en déplorant le manque de désolation à leur rencontre. C'est un motif pitoyable, inacceptable et nous envisageons effectivement le recours à la justice. Les organisateurs vont essayer de corriger le tir comme ils le peuvent en leur envoyant des mails d'excuses. Et le directeur du festival va apparaître à la télévision suisse quelques heures plus tard en s'excusant publiquement tout en essayant de justifier cette erreur. Cette photo a été prise par une jeune graphiste en fait de de 20 ans qui est une étudiante qui n'a même pas reconnu cette photo puisqu'elle ne connaissait pas l'histoire. Nous présentons nos excuses à toute personne qui aurait été évidemment pu pu être offusquée par la vision de cette photo. Face à cette prise de parole, l'avocat de la famille Villemin va déclarer que les parents souhaitent maintenant prendre le temps de la réflexion. Il s'accorde une quinzaine de jours pour décider de la suite à donner à cette histoire. Au final, aucune plainte ne sera déposée. Tout est bien qui finit bien entre guillemets. Je pense que la stagiaire a juste dû se taper un avis de stage vraiment pas ouf. On n'a pas le fin mot de cette histoire, mais en tout cas, plus de peur que de mal. Voilà. Donc, si jamais vous voulez devenir graphiste, faites attention aux images que vous utilisez, ça peut vous éviter ce genre de dinguerie. Tout d'abord, remettons un peu de contexte et replongeons-nous dans les années 2010. À la fin des années 2000, Katy Perry est une des chanteuses les plus populaires de la planète.
[10:53]Mais elle n'est pas encore à son prime. En 2010, elle va juste s'imposer comme l'une des plus grandes artistes pop de cette époque avec son album Teenage Dream. La tracklist de ce projet est juste remplie de hits. Entre Teenage Dream, Last Friday Night, California Girls, Firework, Peacock, The One That Got Away, Not Like the Movies et cetera et cetera et cetera.
[11:23]C'est beaucoup pour un seul et même projet et pour vous rendre compte à quel point c'est beaucoup, c'est juste le premier album de l'histoire d'une artiste féminine à compter 5 singles au top 1 du classement Billboard. La solo de personne qui avait réussi à faire ça, c'était Michael Jackson avec Bad en 87, encore lui, il a tous les records, il est insupportable. Mais ceci dit, Katy Perry à ce moment-là, c'est Katy Perry quoi. Bon, le décor est planté. Cathy vient sûrement de pondre le meilleur projet de sa vie, mais comment faire mieux ? Comment attirer encore plus de gens pour écouter sa musique ? Là, c'est bien complexe. Sachant que pour ce projet, elle avait opté d'en faire la promotion à travers des clips toujours plus impressionnants et limite ça en est devenu sa signature artistique.
[12:09]En plus de ses clips, elle avait ajouté pour la première fois des produits dérivés dans ses albums comme par exemple un petit parfum. Bref, 3 ans après tout ça, il est temps pour elle de revenir avec un nouveau projet. Prism. Elle va opter pour les mêmes stratégies de promotion avec des clips toujours plus marquants visuellement comme avec Roar ou encore Dark Horse.
[12:36]Mais surtout avec de nouveaux produits dérivés à glisser dans les pochettes d'albums. Cette fois-ci, Katy Perry, qu'est-ce qu'elle va nous concocter comme goodies ? Le projet se veut naturel, sauvage. Beaucoup plus sauvage que le précédent. Du coup, il a intégré des produits genre cosmétiques comme celui d'avant. Ça n'aurait pas trop de sens. Du coup, qu'est-ce qu'on peut bien foutre dans ces foutu CD ? Katy Perry et son équipe vont cogiter et avoir l'idée d'inclure une graine à l'intérieur du packaging de l'album. Tout simplement. Franchement, plutôt bonne idée. C'est écologique, c'est propre, ça symbolise la renaissance, la croissance. Ça correspond de fou à l'AD de projet et au vu de sa notoriété, c'est potentiellement des millions de plantes qui vont pousser à travers le monde grâce à elle. Mais alors, que fout Katy Perry dans cette vidéo ? Et ben tout simplement, avec ses foutues graines, elle a failli causer une catastrophe écologique dans plusieurs écosystèmes à travers le monde.
[13:32]Voilà. En fait, il y a tout un tas de pays qui possèdent des lois très strictes vis-à-vis de l'import des plantes ou bien des animaux qui pourraient devenir nuisibles et impacter négativement toute leur biodiversité unique. On pense à des régions comme Madagascar, l'Amérique du Sud, ou bien encore l'Australie. Si une plante n'est pas fait pour pousser dans cet environnement là, elle est peut-être nuisible pour d'autres. Le B A BA. Mais c'est vrai qu'il faut le voir venir. Et là, c'était une idée de con. Par exemple, pour l'Australie, les graines envoyées par Katy Perry n'ont pas été approuvées par les autorités et posaient un risque potentiel pour l'environnement local. Les autorités australiennes ont donc demandé à mettre tous les albums en quarantaine et que les graines soient détruites ou renvoyées. Avec les CD, du coup. Ça, c'est un lancement raté quoi. C'est pas grave, mais c'est c'est raté. Quelqu'un pouvait y penser. C'est facile moi je suis dans mon siège, donc je me permets. Bah, vous êtes con quoi. Alors oui, les fans par exemple en Australie de la chanteuse ont été déçus. Surtout qu'il y avait une campagne sur les réseaux où les gens partageaient la croissance de leurs petites plantes en continuant d'entretenir la promotion du projet et eux bah, ils se sentaient exclus du truc. Mais bon, voilà, je vous rassure, à chaque fois, il y a des solutions. Cathy, elle en a trouvé une en concevant son album directement en Australie en y intégrant des graines qui sont déjà issues des biomos australiens et comme ça, tout le monde est content. Mais voilà, c'était juste la petite idée, le petit truc. J'espère que vous l'aviez pas cette histoire parce que c'est un peu marrant. Et comme quoi, parfois les très bonnes idées de promotion ne sont pas vraiment bonnes pour tout le monde. L'intention est là, mais c'est tout. Après, pour rappel, Katy Perry cette année, c'était aussi cette meuf. C'est-à-dire une meuf qui va dans l'espace pour dévoiler une tracklist de son projet sur un petit papillon, mais illisible. On n'arrive pas à lire. Du coup, elle est moquée par tout le monde, c'est jugé comme un truc de surface, un truc en plus réservé à une élite, il n'y a pas de vrai progrès. Quand elle redescend au sol, elle embrasse la terre, c'est too much. Tout ça surtout pour un vol suborbital à la con, le message écologique il est raté. Et la morale un petit peu féministe du projet vu que c'était un vol de femme uniquement est marketingement ratée lui aussi. Tu fais tout ça pour dévoiler une tracklist et on peut pas la lire. Il n'y a rien à retenir. Ce n'était ni le moment ni l'endroit. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, c'est c'est raté. Je me sens totalement en phase avec l'amour. Tellement en phase avec l'amour. Bref, pour en revenir à Katy Perry et cette histoire à la base de cacher des trucs dans les CDs, ça me faisait penser à Mister You chez nous. À l'époque, il avait découpé des lamelles de shit qu'il avait glissé dans les CDs et qu'il avait foutu en magasin de lui-même, ça avait fait parler de fou. J'ai mis du shit dans mes CDs, celui qui venait acheter mon CD, il avait trois joints. Dans tous les CDs, c'est le même. Même les mecs qui vendaient les CDs dans les magasins de disques ils savaient pas qu'ils vendaient du shit dans les CDs. Je pense que c'était pas dans beaucoup de CDs non plus, mais ça a entretenu le mythe et à l'époque, bah c'est l'un des premiers buzz promos dont je me souviens de trucs qui étaient cachés dans les CDs quoi. C'était assez ouf, ça m'a marqué. Et voilà, pour ceux qui en avait jamais entendu parler, euh, c'est marrant. OK, on continue. J'ai envie de vous parler de Joke. Déjà, pour ceux qui ne verraient pas qui est cet artiste, on va retourner dans les années 2010. À cette période, Joke vient de sortir un EP, Tokyo. Ce projet, il est hyper innovant dans le paysage rap de l'époque et c'est ce qui va le désigner comme l'un des rookies à absolument suivre à cette période là. On débarque, on tire, on sort les katanas. On en a la pleine, les femmes, on en a la soif. C'est bon de personne qui purrait le tube à la One. Je suis fly comme Apollo, fly comme Balave. Un an plus tard en 2014, Joke travaille sur son premier album, nommé Ateyaba, issu de son deuxième prénom, qui deviendra son nom de scène plus tard et qui aujourd'hui est considéré comme étant un classique de sa discographie. On a pas élevé les cochons ensemble, pas soulevé les cochons ensemble. À l'approche de la date de sortie du projet, Joke va promouvoir son album avec une série de photos sur ses réseaux sociaux. Chacune d'elles représente une image sans avoir un lien avec un titre de la tracklist et mentionne un décompte avant la publication d'Ateyaba. Et il va utiliser la même stratégie pour sortir le clip du son On est sur les nerfs. Je sais pas si vous arrivez à suivre. Teasing avec une petite photo en lien avec le titre du truc et cetera. Du coup, comme pour l'album, il poste chaque jour une image en lien avec le morceau et il y affiche un décompte. On y retrouve les images d'une bombe, de Zinedine Zidane qui casque Materazzi, et cetera et cetera. Mais vous le sentez venir, il va déraper et il va également utiliser une photo qui ne va pas faire l'unanimité. Cette photo, c'est celle de Rihanna, le visage tuméfié de Rihanna suite aux violences conjugales qu'elle a subi durant sa relation avec Chris Brown. Alors OK, je fais le lien avec le titre On est sur les nerfs, mais non, on peut pas faire ça. L'utilisation de cette photo va énormément faire réagir sur les réseaux, certains vont critiquer Joke pour l'utilisation non autorisée de l'image. Certains vont interpréter ça comme une banalisation des violences faites aux femmes et franchement quand ça sort comme ça sans contexte, sans rien, moi je comprends et j'ai même pas besoin de vous expliquer en quoi ouais, c'est problématique d'avoir fait ça. C'est pas passé. L'utilisation de cette photo va énormément faire réagir sur les réseaux. Certains vont critiquer Joke pour l'utilisation non autorisée de l'image, certains vont interpréter ça comme une banalisation des violences faites aux femmes. Et franchement, quand ça sort comme ça sans contexte, sans rien. Moi je comprends et j'ai même pas besoin de vous expliquer en quoi ouais, c'est problématique d'avoir fait ça. C'est pas passé. Mais Internet, ça n'oublie rien. Vu que c'était le premier single de l'album, personne ne savait réellement à quoi s'attendre. Est-ce qu'il va faire référence à cette photo dans le morceau ou même dans le clip ? Est-ce qu'on va trouver des lyrics qui vantent la violence conjugale ? Tout le monde y allait de sa propre interprétation. Six jours plus tard, le clip sort comme prévu. Et aucune parole ou même image ne fait référence à la photo de Rihanna ou aux violences envers les femmes. Conclusion, c'était sûrement un très mauvais choix d'illustration et Joke va revenir sur cet incident en interview. Et aussi par rapport à la photo de Rihanna, j'ai vu que ouais, ça ça ça par contre, après, ouais, il y a une polémique après je peux comprendre aussi que ça ça apporte un peu à à confusion. Moi après, je me je me livre pas trop dans dans mes, tout ça, mais même moi, tu vois, ça j'ai vécu avec ma daronne, tout ça, j'ai déjà vécu ça, tu vois. C'était de l'humour noir, on va dire, tu vois, c'est de l'humour noir. Après, je comprends ce que ça choque. En même temps, je comprends pas parce que moi ça me choque pas. Moi ce que je trouve fou dans ces petits moves un peu ratés que je pense la plupart des gens ont oublié, c'est que c'était évitable. Mais enfin bon, on se régale. On continue. Vu qu'on parle de Rihanna, on va rester avec elle. Et évoquer une de ses stratégies de promotion qui a complètement foiré et pourtant, ce n'était pas une si mauvaise idée. Rihanna, c'est une artiste originaire de la Barbade, une petite île située dans les Caraïbes et elle est accessoirement l'une des chanteuses les plus importantes des années 2000. Bla bla bla bla bla bla. On va pas faire genre on connaît pas Rihanna, tout le monde sait qui est Rihanna. On est en 2012. Rihanna a sorti ce projet depuis presque un an. Un tout petit projet, pas ouf avec très peu de hits. Elle est très bien lancée et s'apprête maintenant à dévoiler un nouveau projet. Unapologetic.
[20:22]Et pour frapper très fort, elle imagine une tournée promotionnelle un peu hors du commun. 7 concerts en 7 jours dans 7 pays. Tout ça en voyageant dans un Boeing 777 privatisé. Elle nommera cet événement le 777 Tour, logique. Et vous vous en doutez, ça ne s'est pas passé comme prévu. Jour 1. L'idée au départ, c'était de rendre cette tournée vraiment unique. Elle invite 150 journalistes de 82 pays différents, des fans triés sur le volet et plusieurs médias pour la suivre dans cette aventure. Donc dites-vous qu'il y a énormément de monde. Ça a son importance. À leur arrivée sur le tarmac de l'aéroport, les invités ont droit à des petits cadeaux. Ils sont installés en première classe. Ils ont un masseur à disposition, ils peuvent écouter le prochain album en exclusivité, et cetera. Tous les salauds qui vont croire qu'ils vont passer 7 jours inoubliables avec Rihanna. Mais les problèmes vont commencer à apparaître très rapidement. Cette tournée, c'est aussi une fête pour célébrer la sortie de son album. Donc, qui dit fête dit souvent alcool. Non non non, alcool. On est encore un peu bourré de la fête d'hier. J'ai vomi deux fois dans le bus. Bon, vous voyez quand même le truc qui commence à se dessiner. Les organisateurs avaient prévu plus d'alcool que de nourriture, ce qui va clairement impacter l'ambiance dans l'avion.
[21:52]Vous imaginez bien. Les journées sont extrêmement chargées et les nuits plus le sommeil sont très très courtes. Vous le sentez venir, il y a un mélange de trucs qui fait que, ah.
[22:21]Les participants, qu'ils soient journalistes ou fans, manque de sommeil et n'ont parfois même pas le temps de manger. Un journaliste raconte qu'après un concert, le seul repas a été un vieux sandwich triangle d'air d'autoroute. Bien loin de ce qu'on peut imaginer comme repas quand on voyage tout frais payé avec l'une des plus grandes stars sur la planète. Et en plus, tout ce beau monde là, tous ces gens, ils doivent suivre à la lettre le planning de Madame Rihanna. Car oui, ils assistent à tout tout tout tous ces concerts et c'est cool. Mais voir la même performance sept fois en sept jours, il faut vraiment être un fan hardcore pour supporter ça. Rihanna à part Rihanna, 7 fois en 7 jours, c'est insupportable. À un moment donné, tu craques. Il y a encore, j'imagine qu'il y a plein de gens parmi nous qui vont dire, franchement, moi je prends insérer le nom de mon artiste préféré. Vous n'écoutez pas si vous dites ça.
[23:28]Rihanna, elle s'en fout. Et eux pendant ce temps, pourquoi faire ça, je ne sais pas, mais ça doit être un mélange d'ennui, de fatigue, un taux d'alcoolémie.
[23:58]Je sais pas. J'ai pensé qu'on avait besoin de rire. Voilà, mais au moins, ça a un peu diverti les autres participants parce que il ne se passe rien.
[25:46]C'est une séquestration. Je veux que tu restes. Pitié, on n'en peut plus ! On va sauter ! Et Rihanna est folle parce que c'est des journalistes, c'est pas malin, ça va se savoir. Et elle a séquestré 300 personnes pendant une semaine. C'est ça ce que je voulais faire un petit petit clic. Grosso modo, en tout cas, cette scène va être filmée et la vidéo va tourner un petit peu partout sur les réseaux. Les premiers articles des journalistes vont être publiés et tout le monde commence à être au courant du fiasco de cette tournée. Vous pouvez confirmer que Tim porte bien un pantalon ? Non, malheureusement, je ne peux pas. Mais voilà, type pas qui arrive le 7e jour. Au 7e et dernier jour, Rihanna a forcément été mise au courant des conditions de vol de ses invités et cetera. Ce qu'elle fait pour apaiser les tensions, elle va sortir de sa cachette, 30 minutes, pas plus, juste avant l'atterrissage, l'histoire de avoir un échappatoire quand même pour répondre à deux, trois questions à des fans vite fait.
[26:49]Ouf ! Alors, je peux la comprendre de ne pas être venu plus souvent avec les invités, si c'est pour voir des gens tout nus courir et entendre ma propre musique en boucle avec des gens bourrés. Bon, sur le papier, ça fait pas rêver non plus de son côté. Tu vois ce que je veux dire ? C'est une catastrophe. Il y a un truc qui ne prend pas sur ce projet. Ça s'est pas très bien passé quoi. C'est ce qu'on appelle un échec. Voilà pourquoi on en parle ici. C'était super ! En soi, avec un peu de recul, on peut pas dire que l'idée était mauvaise. C'était peut-être un poil trop ambitieux pour être parfaitement réalisable pour qu'il y ait des bonnes conditions pour tout le monde. Les invités se sont sentis bloqués, contraints de suivre un rythme qu'ils ne peuvent pas assumer. Et certains journalistes ont comparé ça à une expérience de kidnapping, ce qui est pas non plus la meilleure promo que tu puisses avoir. Au final, cette tournée était censée rapprocher Rihanna de son public et des médias et ça a eu l'effet juste inverse. Et c'est marrant, elle a pas refait. Bizarre. Bon malgré tout ça, c'est Rihanna en fait. L'album est rendu public et ça fonctionnera. Bon, même si comme le précédent, très peu de hits, un presque bide en fait. Évidemment, si jamais vous avez des idées que vous pensez à un truc, ce serait marrant d'en parler, n'hésitez pas.
[28:34]Merci à vous d'être resté jusqu'ici. Merci une dernière fois à Saily. Le lien est en description. Moi je vous dis à bientôt, que ce soit sur ma chaîne YouTube ou sur Canal+ avec ma série Souvenirs qui sort le 15 octobre. Un petit extrait là.



