[0:04]Les objectifs de cette vidéo sont de savoir distinguer les notions de travail, d'activité, de statut d'emploi, salarié ou non salarié et de chômage. de comprendre également que les évolutions des formes d'emploi rendent plus incertaines les frontières entre emploi, chômage et inactivité.
[0:29]Le mot travail peut revêtir des sens différents. L'étymologie du terme reste incertaine. Certains considèrent qu'il viendrait du bas latin Tripalium, désignant un appareil formé de trois pieux servant à immobiliser des animaux comme des bœufs ou des chevaux ou à torturer des esclaves. Le travail est alors assimilé à une souffrance. Pour d'autres, il faudrait explorer de nouvelles pistes étymologiques pour s'éloigner de cette forte connotation négative du travail et le considérer finalement comme une activité humaine permettant à notre espèce d'assurer au mieux sa pérennité de s'épanouir. Le travail pourrait donc s'interpréter comme une activité humaine produisant de la valeur. Il peut être rémunéré et déclaré, il se confronte alors avec l'emploi. S'il n'est pas déclaré, travail clandestin, activité illégale comme le trafic de drogue, travail au noir, constitué d'activités légales échappant aux impôts et aux cotisations sociales. Ou s'il n'est pas rémunéré comme le travail domestique ou le bénévolat, les économistes ne le retiennent pas alors comme un emploi. Enfin, le travail est également considéré comme un facteur de production et comme un facteur d'intégration sociale. Si le travail est une activité humaine, tous les humains ne travaillent pas nécessairement au sens restreint que lui accordent les économistes, une activité rémunérée et déclarée. Une partie de la population n'est pas en âge de travailler, les moins de 15 ans. Une partie de la population en âge de travailler est inactive, les élèves, les étudiants, les retraités, les personnes au foyer. Enfin, parmi la population active, on distinguera les personnes qui occupent effectivement un emploi et les personnes qui cherchent à en occuper un, les chômeurs. Pour les économistes, il faut donc bien noter que les chômeurs sont des actifs. Cette population active regroupe donc l'ensemble des personnes qui déclarent exercer ou chercher à exercer une activité professionnelle rémunérée et déclarée.
[3:03]L'emploi est donc une activité professionnelle rémunérée et déclarée, il correspond à la population active occupée. L'emploi peut alors recouvrir des statuts bien différents. Le statut de non salarié pour les personnes travaillant à leur compte, agriculteurs exploitant, artisan commerçant, chef d'entreprise, profession libérale, mais aussi les aides familiaux. Le statut de salarié pour les personnes travaillant pour un employeur. On distingue alors les salariés du secteur privé, ceux de la fonction publique, État, collectivité territoriale ou fonction publique hospitalière.
[3:52]Les emplois salariés peuvent se caractériser par leur stabilité et la durée du travail qu'ils impliquent. On peut donc occuper un emploi stable comme un CDI, contrat à durée indéterminée ou un emploi instable, précaire. CDD, contrat à durée déterminée, intérim, stage ou contrat aidé. Cet emploi peut être à temps complet, 35 heures hebdomadaires ou à temps partiel qu'on l'ai choisi ou qu'on le subisse faute de mieux. La plupart des emplois restent aujourd'hui des emplois stables à temps complet. Mais depuis les années 80, se développent les emplois dits atypiques. Instable et ou à temps partiel. Ils occupent une part de plus en plus importante de l'ensemble des emplois et représentent la majorité des nouveaux emplois créés.
[4:59]Ces évolutions de l'emploi rendent plus incertaines les frontières entre l'emploi, le chômage et l'inactivité. Si le cœur du marché du travail reste constitué des emplois stables à temps complet, le développement du temps partiel subi positionne les individus entre emploi et chômage, tandis que le temps partiel choisi les positionne entre emploi et inactivité. De même, le développement des emplois précaires s'accompagne de périodes d'emploi et de période de chômage. Certains chômeurs, notamment les chômeurs de longue et très longue durée, deviennent difficilement employables. D'autres, les plus âgés sont incités à ne plus rechercher d'emploi. D'autres enfin, découragés par le manque d'emplois disponibles correspondant à leur qualification, versent dans l'inactivité mais pourraient à tout moment redevenir actifs si la situation économique s'améliorait. Enfin, en marge des activités légales, certains se réfugient dans le travail clandestin. Ces personnes ont une position officielle de chômeur ou d'inactif, mais exercent une activité rémunérée, mais non déclarée. Le chômage mesuré par l'INSE correspond à la définition du BIT. Il faut pour cela être en âge de travailler, 15 ans ou plus, être sans emploi, ne pas même une heure pendant la semaine de l'enquête emploi, être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours et avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent. Cette mesure particulière du chômage permet d'établir des statistiques comparable d'un pays à l'autre. Une autre institution publie des données sur le chômage en France. Pôle emploi qui comptabilise le nombre de demandeurs d'emploi en fin de mois DEFEM. Les critères utilisés sont les suivants. Être en âge de travailler, c'est-à-dire avoir 15 ans ou plus, être inscrit à Pôle emploi comme demandeur d'emploi. On distingue alors plusieurs catégories de chômeurs selon leur situation. La catégorie A correspond à des demandeurs d'emploi tenu de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi, pas même une heure de travail durant le mois. Les catégories B et C correspondent à des personnes ayant exercé une activité réduite et recherchant un emploi. Enfin, les catégories D et E correspondent à des personnes n'étant pas tenu de rechercher un emploi. Si la définition du chômage proposée par l'INSE est assez proche de celle de Pôle emploi pour la catégorie A, les résultats obtenus peuvent être parfois très différents.



