[0:04]Comment les transformations de Paris réalisées par Haussmann reflètent-elles le projet politique et social de Napoléon III? En 1850, Paris compte 1 million d'habitants. Elle est derrière Londres la deuxième ville la plus peuplée d'Europe. Ses rues sont sombres et étroites, les équipements sanitaires font défaut, des Parisiens sont obligés de recourir à l'eau de la Seine pour boire ou se laver. L'absence d'égouts favorise la propagation des épidémies. Le développement urbain est désordonné. Les entrepreneurs implante leurs fabriques sans contrôle. Avec l'exode rural, les ouvriers de plus en plus nombreux s'entassent dans de petits logements insalubres. Cette situation ternit encore plus l'image de Paris, considérée depuis la Révolution comme une cité insurrectionnelle. Napoléon III veut assainir et renouveler la capitale. Impressionné par Londres, il veut un Paris moderne, éblouissant et facile à contrôler. La capitale impériale doit être à l'image de sa puissance. Son réaménagement est confié au préfet de la Seine, Georges Eugène Haussmann. Il prend le contrôle de la ville et annexe une douzaine de communes situées entre le cœur de la cité et les fortifications extérieures. Paris, divisée en 20 arrondissements, compte 40 % de superficie et 300 000 habitants en plus. Il perce de larges voies en plein cœur de la capitale afin de permettre une intervention rapide des forces de l'ordre en cas d'émeute. Il procède à la destruction de 25 000 maisons, tandis qu'il encourage la reconstruction de nombreux immeubles. Un réseau d'eau potable et d'assainissement de plusieurs centaines de kilomètres est réalisé. Des squares et des parcs sont implantés et les bois situés en périphérie sont aménagés selon le modèle londonien de la ville aérée. Cinq gares conçues comme les nouveaux temples de l'Empire structurent la cité nouvelle. Elles donnent sur des avenues aux trottoirs arborés et jalonnés de bancs, de kiosques et de fontaines. Les chaussées sont pavées et bordées d'immeubles de sept étages construits en série. L'unité architecturale de l'ensemble compose ainsi un style nouveau typiquement haussmannien. Grâce aux artères réagencées, les omnibus traversent Paris en 20 minutes. Pour ravitailler une population grandissante, les Halles sont reconstruites selon le vœu de l'Empereur qui souhaite un parapluie de verre. De nombreux bâtiments sont rénovés ou réhabilités. De nouveaux lieux du pouvoir et de la culture sont édifiés comme le Palais de Justice et l'Opéra Garnier. Les curieux affluent du monde entier pour voir Paris transformé. Mais les Parisiens endurent les désagréments d'une restructuration colossale. Napoléon III et Haussmann veulent agir vite sans trop se soucier du patrimoine. Certaines personnalités attachées au Paris médiéval condamnent les destructions massives en rupture avec le passé. D'autres, comme Jules Ferry, critiquent le coût excessif des transformations et dénoncent les opérations immobilières qui profitent aux proches du régime. Voici une cité de 2 millions d'âmes condamnées à la cherté éternelle et à la hausse permanente des loyers. Même si beaucoup d'ouvriers travaillent sur les chantiers, nombre d'entre eux n'ont plus les moyens d'habiter le centre de la ville. Chassés du cœur de la capitale, ils partagent un profond sentiment d'amertume. En raison de ses nombreuses critiques, Haussmann est démis de ses fonctions quelques mois avant la chute de l'Empire. Mais cela n'empêche pas les travaux de se poursuivre jusqu'à la Première Guerre mondiale. À la fin du XIXe siècle, Paris est une ville réinventée. Comme Napoléon III le souhaitait, les travaux du Baron Haussmann ont fait entrer dans la capitale la lumière bienfaisante du soleil.

Paris haussmannien - La transformation d'une ville
Réseau Canopé
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