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Dominique Cardon : "Les réseaux sociaux ne sont que le reflet de notre société"

Brut

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[0:00]Notre vie sociale, on a l'impression qu'on est curieux et qu'on rencontre des gens différents,
[0:08]Et ces 15 personnes, il n'y a pas de mystère, dès qu'on va les voir, c'est des gens qui se connaissent, qui se sont croisés il y a 2 heures, qui vont se revoir dans 3 heures.
[0:08]Donc, en fait, ce qu'ont fait les réseaux sociaux, c'est d'abord de s'incruster dans l'espace très ordinaire, très quotidien, très relationnel, très amical, amoureux, disputailleur aussi de la vie sociale des individus.
[0:08]On est en relation avec des gens qui nous ressemblent plus ou moins, qui ont des proximités d'âge, de territoire, de lieux de travail commun, de lieux d'enseignement commun, de sport en commun.
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[0:00]Notre vie sociale, on a l'impression qu'on est curieux et qu'on rencontre des gens différents,

[0:08]alors qu'ils ne sont en fait que le reflet de notre société. C'est ce que pense le professeur de sociologie Dominique Cardon. 150 amis en moyenne, mais en fait, on discute avec 15 personnes. Et ces 15 personnes, il n'y a pas de mystère, dès qu'on va les voir, c'est des gens qui se connaissent, qui se sont croisés il y a 2 heures, qui vont se revoir dans 3 heures. Donc, c'est des gens qui appartiennent au même cercle, mais la communication devient continue, on se voit, on échange et puis après, on pense à l'autre et puis on lui envoie une photo, et puis on lui envoie une blague, et puis on continue la conversation et puis on est sur Messenger. Donc, en fait, ce qu'ont fait les réseaux sociaux, c'est d'abord de s'incruster dans l'espace très ordinaire, très quotidien, très relationnel, très amical, amoureux, disputailleur aussi de la vie sociale des individus. En France, il y a environ 33 millions d'utilisateurs actifs sur Facebook. On est en relation avec des gens qui nous ressemblent plus ou moins, qui ont des proximités d'âge, de territoire, de lieux de travail commun, de lieux d'enseignement commun, de sport en commun. Donc, il y a dans nos relations sociales, une sorte de principe de ressemblance, ce qui fait que notre vie sociale, on a l'impression qu'on est curieux et qu'on rencontre des gens différents, ce n'est pas vrai du tout. Et du coup, les réseaux sociaux vont reprendre cette chose-là. Et il y a des vraies différences sociales, c'est-à-dire que plus on est haut dans l'échelle sociale, qu'on a du capital économique et culturel comme on dit, plus en fait on a des réseaux sociaux qui sont variés, diversifiés géographiquement, socialement, et cetera. Du coup, on a accès à des informations très riches et très diverses. En revanche, ceux qui ont moins de capital culturel comme on dit, c'est-à-dire de niveau de diplôme, ont souvent un espace relationnel qui est très très similaire. On a des goûts qui sont assez proches, on a des idées politiques qui peuvent être assez proches et dans ces cas-là, effectivement, il y a quelque chose qui peut nous enfermer. Mais dire que ça nous enferme, ça veut pas dire qu'on est complètement colorés de la même manière. La réalité c'est qu'il y a toujours de la variation entre les individus et que du coup il y a quand même un peu de diversité dans cette bulle. 73% des 18-24 ans s'informent avec les réseaux sociaux. Dans dans l'ancien monde, celui d'avant le numérique, les gens qui lisaient l'humanité ne lisaient pas le Figaro. Ce principe d'exposition sélective, on va le retrouver sur les réseaux sociaux. On exerce un effet de sélection qui va faire que des des effets de préférence vont venir nous conforter dans nos propres préférences et ne jamais aller voir curieusement la diversité des des des opinions qui peuvent être aussi partagées ailleurs mais que nos amis qui nous ressemblent ne partagent pas du tout. Br

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