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COURS DE TERMINALE SPÉCIALITÉ SVT CHAP.20: L'ORGANISME DÉBORDÉ DANS SES CAPACITÉS D'ADAPTATION

Bio Logique

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[0:00]Bonjour à tous. Les systèmes nerveux et hormonaux interviennent dans la régulation de paramètres physiologiques indispensables au maintien de l'organisme en bonne santé. Et dans la précédente vidéo, dont le lien apparaît en haut à droite de votre écran, nous avons travaillé sur le stress aigu. Et on a vu ensemble qu'il s'agissait d'une réponse normale face à un agent stresseur et que l'ensemble des réactions mise en place permettaient d'y faire face, de s'adapter physiologiquement et que par la suite, se mettait en place un retour à l'équilibre, un retour à la normale. Or, pour certaines situations, le retour à l'équilibre ne peut pas se produire, ce qui peut engendrer d'importantes conséquences sur la santé. On parle alors de stress chronique et c'est ce que je vous propose de voir plus en détail dans cette vidéo. Allez go, c'est parti.

[1:02]L'étude du comportement de rat soumis à des contraintes répétées a permis de mettre en évidence les effets du stress sur le long terme. Dans la vidéo précédente, nous avons parlé de stress aigu, permettant une adaptabilité physiologique de l'individu face à l'agent stresseur. En fait, il s'agit d'une réponse neuro-hormonale décrite pour la première fois par le médecin québécois en 1936, qu'il a également appelé syndrome général d'adaptation. Et à la suite de toutes ces recherches, il a construit un modèle décrivant la réaction au stress. Alors, ce modèle comporte trois phases. La première phase correspond à la phase d'alarme. C'est la réaction de survie immédiate dans laquelle l'individu mobilise très rapidement ses ressources. Nous avions vu tout cela avec notamment les glandes médullosurrénales libérant de l'adrénaline dans votre sang, et à l'issue de cette phase, le corps retrouve l'équilibre. Ici, le stress en tant que réaction d'alerte doit rester occasionnel. Puis, vous avez la deuxième phase, appelée phase de résistance, correspondant à l'ensemble des réponses biologiques permettant à l'individu de résister dans le temps. Biologiquement, qu'est-ce qu'il se passe ? Et bien, certaines structures du cerveau, notamment l'hypothalamus et l'hypophyse, fabriquent des hormones, CRH et ACTH, qui stimule alors les glandes surrénales, et plus précisément, la partie périphérique des surrénales, c'est-à-dire la corticosurrénale. Puis, ces glandes produisent et libèrent alors dans le sang des glucocorticoïdes comme par exemple ici le cortisol. Il s'agit d'une hormone qui stimule la fabrication de glucose permettant de fournir en énergie votre organisme pour se défendre. Donc ici, sans rentrer dans les détails, vous allez former du glucose à partir de substrat ou de briques, si vous préférez, qui ne sont pas de nature glucidique. De plus, ce cortisol freine la digestion et la croissance des os. Enfin, il bloque le système, c'est-à-dire qu'il exerce un rétrocontrôle négatif permettant d'éviter que la machine ne s'emballe. Si vous voulez tous les détails, je vous renvoie à la vidéo du chapitre 19 dans les liens qui se trouvent en haut à droite de votre écran. Donc, à retenir pour vous concernant cette phase de résistance, c'est une mobilisation de l'axe hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien sur le long terme. J'y suis arrivée. Ici, l'organisme se retrouve adapté aux agressions répétées ou intenses. Enfin, troisième phase, la phase d'épuisement. L'individu est incapable de faire face au stress. Ce qui se passe biologiquement, c'est que, à force de sollicitation, les systèmes neuro-hormonaux peuvent se dérégler et le fameux rétrocontrôle de la phase de résistance que vous avez ici sur votre écran de couleur bleue, et bien, il ne s'opère plus. Et ça, c'est majeur. Rappelez-vous, on en a parlé dans la vidéo précédente, ainsi que pour la phase de résistance. Avoir un système de rétrocontrôle est plus qu'important. Sinon, la machinerie mise en place, ben qui fait que vous libérez des hormones déclenchant tout un ensemble de réactions à court et moyen terme, et bien elle ne s'arrête plus, c'est en continu. D'accord, imaginez ça. Et bien, dans cette troisième phase, hélas, il n'y a plus de rétrocontrôle négatif. Vous produisez de manière accrue et en continue du cortisol et des signes délétaires du stress apparaissent. De la fatigue en continue, un épuisement des réserves énergétiques, une diminution des défenses immunitaires rendant alors l'organisme plus vulnérable et donc favorisant l'apparition de maladies infectieuses ou inflammatoires. Chez les humains, on parle de stress chronique lorsque le système d'adaptation de l'organisme est débordé. Et en plus des conséquences négatives que je viens de vous citer, on observe des troubles de la tension et de la mémoire, ainsi qu'une diminution des performances cognitives. Retenez que le stress chronique est un phénomène complexe. Il y a de nombreuses dimensions comme la durée et l'intensité des agents stresseurs et retenez que ce stress est caractéristique et spécifique pour chaque individu. Depuis plusieurs années maintenant, beaucoup de recherches ont été réalisées au niveau des structures cérébrales associées aux apprentissages grâce aux techniques de marquage fluorescent ou encore grâce aux IRM. Et les résultats obtenus nous montrent que l'exposition à des agents stresseurs trop intenses ou répétés provoque d'importantes modifications. Regardez, voici un exemple. Vous avez ici un graphique vous représentant le nombre de nouvelles cellules formées au sein de l'hippocampe, donc une structure contenue au niveau du système limbique qui se trouve à cet endroit par exemple chez les humains. Ici, il s'agit de prolifération cellulaire et vous voyez que pour des rats stressés, ben vous avez une différence significative du nombre de nouvelles cellules formées par rapport à des rats non stressés. Et ce qu'il a été montré, c'est que non seulement le nombre, mais aussi la structure des neurones de ces régions cérébrales sont modifiés en cas de stress. Regardez. Ici, vous avez une comparaison de la morphologie de neurones présents dans le cortex antérieur chez des rats témoins non stressés en haut et des rats soumis à des agents stresseurs durant 21 jours en bas. Des modifications de taille de dendrites ont été mises en évidence ainsi que le nombre de connexions. On parle pour tous ces changements de plasticité mal adaptive. Et oui, car à la base la plasticité cérébrale qui d'habitude est une capacité avantageuse dans l'adaptation de l'individu à son milieu de vie, et bien ici, c'est un inconvénient avec ce contexte particulier de stress chronique. Pour avoir une idée, cette plasticité mal adaptative joue notamment un rôle négatif dans les processus de raisonnement, de planification et de prise de décision. Est-ce qu'il est possible de mieux gérer son stress ? Parce que agir sur les agents stresseurs n'est pas toujours possible. On peut selon les situations diminuer leur nombre ou leur intensité, mais de là à pouvoir les supprimer totalement, c'est pas si évident. La recherche médicale a depuis les années 50 mis au point des traitements médicamenteux pour limiter l'épuisement lié au stress chronique et favoriser la résilience. Et depuis les années 90, de nombreux travaux scientifiques ont souligné une consommation très importante en France de médicaments contre l'anxiété, et ces médicaments appartiennent principalement à la famille des benzodiazépines. Et la consommation a bien explosé depuis cette date-là. Allez, quelques chiffres pour vous montrer l'ampleur du phénomène en France. 11,5 millions de personnes consomment chaque année des benzodiazépines. Chaque seconde, c'est l'équivalent de quatre boîtes de benzodiazépines qui sont consommées. Imaginez par rapport à la vidéo que vous êtes en train de regarder, combien il y a eu de boîtes, faites le calcul. Allez, zoomons ensemble sur ces fameuses molécules. Alors, vous voyez ici la structure générale de cette grande famille et lorsque vous en consommez, et bien très rapidement ces composés vont agir au niveau de votre cerveau. Allez, plongeons maintenant dans votre cerveau. Alors, vous avez ici des neurones, vous avez des synapses. Allez, ralentissons un instant. Voici un neurone avec son axone et sa gaine de myéline. Bien, si je vous schématise de manière simplifiée l'organisation structurale entre plusieurs neurones avec le neurone principal au centre au niveau duquel est conduit l'information nerveuse, et bien imaginez qu'il soit impliqué dans l'établissement du stress chronique avec une très forte sollicitation. Et bien au niveau du système nerveux central, je vous rappelle que la plupart des neurones ont la capacité de recevoir plus ou moins simultanément des milliers d'informations synaptiques. Allez, je vous zoom sur ce neurone principalement et je vous rajoute partout autour des connexions avec d'autres neurones. Cela forme, vous le savez sûrement, mais je vous le rappelle, c'est la forme des synapses. Je vous les entoure. Alors, si l'on on récapitule ensemble, ici, on a notre neurone central qui intègre tous ces signaux complexes à partir de différentes synapses et cela vous génère un signal simple, le fameux potentiel d'action. Si vous voulez revoir la vidéo dans laquelle je vous développe tout cela, je vous place un lien en haut à droite vers la vidéo du chapitre 15 sur le cerveau et les mouvements. Or, le rôle de certaines synapses consiste à abaisser le seuil d'excitabilité de la cellule avec laquelle elles sont en connexion, par exemple ici, disons que cette synapse appartient à cette catégorie. Si l'on regarde au niveau de la membrane du neurone principal de couleur orange, voici ce que l'on peut observer. La présence de nombreux récepteurs, je vous en dessine deux pour l'exemple ici. Alors, c'est tout petit sur votre écran, je vous propose de zoomer sur l'un d'entre eux. En voici un, il s'agit de récepteurs canaux qui ne laissent passer qu'un seul type d'ion. Ici, il ne laisse passer que des ions chlore Cl-. Alors, pour ce schéma sur votre écran, ce récepteur canal est ici au repos, on dit aussi qu'il est inactif et dans cette configuration, les ions chlore ne peuvent pas entrer dans la cellule. Autrement dit, ce canal récepteur est ici fermé, mais il peut s'ouvrir et cela seulement lorsqu'un neurotransmetteur qui s'appelle GABA entre en interaction avec ce récepteur. D'ailleurs, on les appelle récepteurs GABA parce qu'ils sont activés par ce neurotransmetteur GABA. En voici un schématisé pour vous de couleur verte. Avant d'aller plus loin, GABA, qu'est-ce que c'est ? C'est l'acronyme du terme anglais gamma-aminobutyric acid, et en français, ça donne l'acide gamma-aminobutyrique, mais vous pouvez rester sur GABA sans problème. Et lorsque ce neurotransmetteur se lit au récepteur, vous avez alors ouverture de ce canal. Je vous le schématise juste à côté. Vous avez alors un changement de la forme du récepteur qui ménage alors un passage spécifique pour les ions chlore qui peuvent maintenant passer à l'intérieur de la cellule. Ainsi, vous avez une entrée d'ions chlore. Voici un autre schéma complémentaire à ce que je viens de vous expliquer, mais ici, il est moins zoomé. Vous avez la synapse avec au-dessus le neurone libérant des neurotransmetteurs, notre fameux GABA, et en dessous, notre neurone principal avec deux récepteurs GABA. Vous avez une libération des neurotransmetteurs, les GABA se fixent sur ce récepteur canal au départ fermé, puis une fois fixé, vous avez un changement de forme et une ouverture du récepteur canal ne laissant passer que du chlore. Et oui, c'est spécifique, hein, je vous le rappelle. Ce sont les flèches rouges sur votre écran. Le chlore entre dans la cellule, entre dans le neurone principal. Est-ce que tout cela est OK maintenant pour vous ? Vous arrivez à bien visualiser, c'est bon ? Allez, je vous enlève ce zoom de synapse. Nouvelle petite question maintenant. Quelle est la conséquence de cette entrée de chlore dans la cellule ? Et bien, cela vous engendre une hyperpolarisation au niveau de votre neurone post-synaptique. Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire tout simplement que ça limite l'excitabilité du neurone. Bien. Vous me suivez ? C'est OK ? Alors, je peux vous parler maintenant du lien avec notre benzodiazépine, vous vous rappelez ? Regardez, voici notre molécule de benzodiazépine qui est schématisée ici, et ce composé a la capacité de se fixer sur ces récepteurs et d'amplifier l'action du GABA. Ça veut dire qu'une fois lié au récepteur GABA, notre molécule permet une entrée massive d'ion chlore qui va alors abaisser encore plus l'excitabilité de notre neurone central, hein, notre neurone impliqué dans l'établissement du stress chronique. Vous comprenez le principe ? Ici, c'est très simplifié mais dans votre cerveau, ce sont des milliers, voire des centaines de milliers de neurones qui vont être responsables de ce stress chronique pour lesquels les benzodiazépines, en activant les récepteurs à GABA, vont alors induire une atténuation des symptômes. Parce que c'est de ça que l'on parle ici, d'une atténuation des symptômes. Du coup, on pourrait se dire, yes, c'est bon, on a la solution, prenons ces médicaments, ça inhibera notre stress, pas de soucis. Le problème, c'est que le pas de soucis, ben non, c'est pas trop ça, c'est que ces molécules entraînent des effets indésirables comme par exemple de la somnolence, des troubles de la tension et dans certains cas extrêmes, on a observé l'apparition de convulsions, de coma, voire même d'amnésie. Donc, des effets secondaires très nombreux et non négligeables à prendre en compte. C'est pourquoi, la prise de ce genre de médicaments doit respecter un protocole rigoureux suivi par un médecin. Alors, serait-il possible de limiter les effets du stress sans consommer ce genre de substance que l'on qualifie d'ailleurs de de psychoactives ? Et bien oui, il existe des techniques non médicamenteuses pouvant favoriser la résilience qui se développe de plus en plus, comme des techniques de respiration, de méditation, ainsi que la pratique d'activités sportives. Toutes ces activités ont montré une diminution de l'anxiété et une amélioration des performances cognitives. Donc, à ne pas négliger et à s'y intéresser de près, surtout pour vous, chers étudiants préparant votre bac. Le stress monte au fur et à mesure que la date fatidique approche et c'est tout à fait normal, mais il ne doit pas devenir omniprésent. Il ne doit pas vous inhiber, il ne doit pas vous perturber au point de ne plus pouvoir faire grand-chose. En tout cas, cette vidéo correspond à la dernière maintenant du programme de terminale spécialité SVT. Ça y est, je viens de finir, on a vu tous les points principaux, on vient de voir ce dernier chapitre, ce 20e chapitre. On a vu à travers toute cette belle série sur YouTube, 20 chapitres, ça passe super vite. Vous m'avez laissé beaucoup de commentaires, un énorme merci à vous tous pour vos encouragements. C'est à mon tour maintenant de vous souhaiter plein de courage, plein de réussite et surtout de vous dire que le bac, finalement, ce n'est qu'une clé qui vous ouvre la porte pour l'enseignement supérieur. Vous avez encore énormément de choses à découvrir, de projets à méditer et encore une fois, merci à tous d'avoir suivi toute la série de terminale spécialité SVT. Dites-moi en commentaire si vous voulez que je crée de nouvelles vidéos et surtout, donnez-moi des idées, si vous pensez que des suppléments pourraient être bien pour vous, selon les chapitres. J'attends vos commentaires. Voici maintenant le message traditionnel de fin de vidéo. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes ces informations dans le manuel de cours chez Nathan, dans le chapitre 20. C'est donc le dernier. Vous y retrouverez tout ce que l'on a vu dans la vidéo et bien plus encore.

[16:21]Chers étudiants de terminale, voici en quelques mots ce que vous devez connaître dans ce chapitre. Le stress est une réponse physiologique naturelle permettant à notre organisme de mobiliser nos ressources face aux changements. Mais face à des agents stresseurs répétés ou intenses, le système d'adaptation peut être débordé, entraînant un stress chronique. Le nombre, l'aspect et les connexions des neurones dans le cortex préfrontal et le système limbique sont modifiés, entraînant des troubles. De l'attention, de la mémoire, des performances cognitives. On parle alors de plasticité mal adaptative. L'apparition du stress chronique dépend de chaque individu, mais aussi de la durée et de l'intensité des agents stresseurs. Les benzodiazépines sont des molécules présentes dans les traitements médicamenteux qui activent les récepteurs à GABA. Ce sont des neurotransmetteurs inhibiteurs du système nerveux. Les effets de ces benzodiazépines favorisent le sommeil, réduisent l'anxiété et l'épuisement liés au stress chronique. Ils favorisent alors la résilience de l'individu. Or, des effets secondaires existent comme la sédation ou encore des problèmes de l'attention. Leur consommation doit suivre un protocole rigoureux. Enfin, des pratiques non médicamenteuses comme des techniques de respiration, des techniques de méditation ou encore des entraînements sportifs peuvent diminuer l'anxiété, améliorer les performances cognitives et favoriser la résilience.

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