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Développement des satires

Alain Viala - Topic

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[0:00]On voit également que Jean Demain est devenu de plus en plus satirique, qu'il critique les femmes, l'amour idéalisé.
[0:00]Bref, qu'il s'éloigne de l'idéologie courtoise de la première partie et qu'il manifeste un antiféminisme qui donnera peu à peu et de plus en plus matière à polémique.
[0:00]Et bien, cela on le retrouve aussi chez d'autres auteurs dont nous allons parler dans un instant.
[0:00]Il atteste ainsi que la poésie française du 13e siècle est devenue capable, à travers l'allégorie, de se constituer comme une poésie d'idée.
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[0:00]On voit également que Jean Demain est devenu de plus en plus satirique, qu'il critique les femmes, l'amour idéalisé. Bref, qu'il s'éloigne de l'idéologie courtoise de la première partie et qu'il manifeste un antiféminisme qui donnera peu à peu et de plus en plus matière à polémique. On a remarqué également qu'il fait la critique, la satire des ordres mendiants. Et bien, cela on le retrouve aussi chez d'autres auteurs dont nous allons parler dans un instant. Mais avant de parler de ces autres auteurs, je voudrais signaler que le roman de la rose a été très lu, très cité, très critiqué, très imité par beaucoup d'auteurs et cela non seulement en France, mais aussi en Europe, par exemple en Angleterre avec Chaucer et en Italie avec Pétrarque. Il atteste ainsi que la poésie française du 13e siècle est devenue capable, à travers l'allégorie, de se constituer comme une poésie d'idée. Et le débat d'idée et la satire qui ont souvent parti ensemble, ont les retrouve chez d'autres poètes et sous d'autres formes, par exemple, si nous retournons à Arras, nous avons vu tout à l'heure que le poète Jean Baudel y avait inventé le genre du congé. Et bien à Arras, Jean Baudel a été imité par un autre poète, Adam de la Halle, je l'ai cité tout à l'heure, qui à travers le congé qu'il donne à sa ville, fait une satire forte de la ville d'Arras et de ses habitants. Ainsi, la ville et ses habitants deviennent à la fois le lieu, le milieu, le destinataire et la matière de la poésie satirique nouvelle, dans une écriture où le mois du poète commence à s'exprimer à la première personne. Et si nous quittons Arras et que nous passons dans une autre ville, la plus grande et la plus active de l'Europe à cette époque, Paris, nous y trouvons parmi les nombreux poètes qui exercent leur talent un autre auteur remarquable nommé Rutebeuf. Rutebeuf est un clair formé à l'université qui essaie de vivre de sa plume en la mettant au service des puissants ou en essayant de vendre ses chansons. Et il est mort dans la plus complète misère en 1280. Mais comme il était clair et comme l'université était alors divisée, nous en avons dit un mot par toutes sortes de discussions sur la scolastique. Il est intervenu pour composer des poèmes qui combattaient les ordres mendiants dont l'influence ne cessait de croître. J'ai peut-être oublié de vous dire que Thomas D'Aquin était un moine venu des ordres mendiants et Rutebeuf soutient lui les traditionalistes de l'université. Poésie satirique, mais également poème dans un genre que l'on appelle le dit et dont nous aurons à reparler, qui est un genre de forme libre et où dans une inspiration proche de celle du des congés du genre du congé, il s'adresse à ses amis pour évoquer la misère qui le frappe et qui frappe leur milieu de bohème. Ou bien pour déplorer l'infidélité de ses amis lorsque la misère justement devient trop rude.

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