Thumbnail for Démarche et méthodes pour la conception de l’expérience utilisateur - LuxI/O 2018 by InTech S.A.

Démarche et méthodes pour la conception de l’expérience utilisateur - LuxI/O 2018

InTech S.A.

28m 5s4,906 words~25 min read
Auto-Generated

[0:11]Bonjour à toutes et à tous. Donc l'objectif de mon de mon atelier, de ma conférence, c'est ça va être de vous présenter euh la démarche générale et quelques méthodes pour concevoir autour de l'expérience utilisateur.

[0:30]Donc pour concevoir pour vos utilisateurs finaux, que ce soit pour la conception de service ou de produits ou de système informatique, voilà, peu importe.

[0:36]Euh cette euh du coup, cette heure, elle va être organisée avec un atelier que j'espère vous ne connaissez pas. En tout cas, je sais qu'il y en a au moins deux dans la salle qui connaissent et j'espère que pour les autres, ça sera une surprise.

[0:47]Euh et ensuite, je vous présenterai également euh bah de façon plus théorique ce que c'est que l'expérience utilisateur pour moi et comment l'intégrer dans les projets et quelques retours, voilà, de de projets concrets que j'ai pu mener euh avec des méthodes X.

[0:59]Alors, euh je me présente rapidement. Moi, je m'appelle donc Guillaume Gronier. Euh je suis chercheur au Luxembourg Institute of Science et Technology.

[1:09]Donc je développe des méthodes UX euh et euh on a une vocation de recherche appliquée, donc je les applique aussi euh toujours avec une connotation recherche euh au sein de de gros projets.

[1:20]Euh donc en tant que chercheur, j'ai un un doctorat en psychologie, hein, je viens plutôt de ce domaine-là.

[1:27]Et j'ai co-écrit un livre qui s'appelle Méthodes de design UX et que je vais vous faire gagner.

[1:31]J'ai un exemplaire à vous faire gagner aujourd'hui, donc dans le cadre de l'atelier qu'on va faire, il va y avoir plusieurs équipes et parmi l'équipe gagnante, on tirera au sort une personne de cette équipe et elle repartirait avec le avec un exemplaire du livre.

[1:47]Alors pour cet atelier pratique, on va faire ce qu'on appelle le Marshmallow Challenge.

[1:54]Et alors, je vous pose la question, qui connaît ce Marshmallow Challenge?

[1:58]Ça va, pas trop trop.

[2:02]On va dire un tiers, un quart, un tiers de la salle.

[2:05]Alors, ce Marshmallow Challenge, il est euh il est simple et après bien sûr, on l'expliquera et moi, je vous donnerai mon interprétation de ce Marshmallow Challenge, ce qu'on peut en déduire.

[2:13]Ce Marshmallow Challenge donc il va consister pour vous en équipe de quatre, euh 5, 6 personnes maximum, euh à construire une tour en spaghetti, avec du scotch, de la ficelle et un Marshmallow, le Marshmallow devront être placé le plus haut possible sur la tour.

[2:30]L'objectif étant donc euh euh d'avoir la tour la plus haute possible et on mesurera la distance qui sépare la table du Marshmallow.

[2:39]Et l'équipe qui aura le Marshmallow le plus le plus haut euh aura gagné.

[2:42]Je vous donne les règles précises.

[2:45]Il faudra que vous construisiez une tour auto-portante.

[2:50]C'est-à-dire euh vous n'avez pas le droit pas le droit de la faire s'appuyer sur je sais pas une chaise, un mur, la scotcher au plafond, il faut qu'elle repose sur la table, faut imaginer qu'on puisse la déplacer.

[2:59]Donc on n'a pas le droit non plus de la scotcher sur la table. Vous avez le droit euh d'utiliser tout ou une partie du kit, c'est-à-dire euh utiliser, ben, tous les spaghetti ou pas, toute la ficelle ou pas, voilà.

[3:10]Ça à vous de faire euh comme vous le souhaitez, vous pouvez bien sûr casser les spaghetti, couper euh le le le scotch, couper la ficelle, mais vous n'avez pas le droit de croquer ou couper le Marshmallow.

[3:20]Il faut que ça soit le Marshmallow entier qui soit placé en haut de la tour, soit posé, soit planté dans les spaghetti, comme vous le souhaitez.

[3:29]Et je vais vous laisser exactement 18 minutes. Donc, je mettrai un chronomètre à l'écran et à la fin des 18 minutes, on fera comme dans les jeux de télé-réalité.

[3:38]On lève les bras et puis on regarde quelle est la tour la plus haute.

[3:43]Ça va? Est-ce que vous avez des questions? Non? Et ben super. Alors on va commencer. Il va falloir s'adapter en fait au lieu, hein, parce que voilà, il y a d'autres compéances qui viennent après, donc on n'a pas pu agencer les tables comme on le souhaitait.

[3:57]Top départ! 18 minutes.

[5:15]On a encore des spaghettis à se servir de bois.

[5:45]Alors je suis content parce que c'est la première fois que je fais un Marshmallow Challenge dans le cadre d'une conférence comme ça.

[5:51]Je me suis dit, pas sûr que ça passe en terme d'organisation et tout, qu'on prenne trop de temps pour s'installer, se désinstaller et en fait, c'est super, c'est très rapide.

[5:58]Alors, on va, bah, on va expliquer, enfin moi je vais vous expliquer le lien qu'il y a avec l'expérience utilisateur.

[6:04]Déjà, si on regarde, je vous l'ai fait assez rapidement, mais il y a une vidéo sur Ted Talk.

[6:10]Euh si vous tapez euh Ted Talk euh Marshmallow Challenge, vous allez tomber sur une vidéo qui est euh traduite en français euh qui est faite par un américain qui anime cet atelier Marshmallow Challenge.

[6:19]C'est pas l'inventeur, mais il l'anime partout dans le monde, comme il l'explique.

[6:27]Euh c'est très bien fait, c'est très humoristique et il explique aussi d'autres choses que je vais vous expliquer ici, en tout cas ma vision du Marshmallow Challenge.

[6:34]Ce qu'il explique quand même, c'est euh que quand on construit sa tour, en fait, c'est un mini projet, hein, 18 minutes, bah, on a des objectifs et cetera.

[6:43]Et on passe beaucoup de temps à imaginer ce que ça va être et à suivre, en fait, notre chemin idéal, en fait, notre la tour idéale qu'on s'est construite.

[6:51]Et quand on regarde, qu'on s'est construite mentalement, quand on regarde, en fait, les tables, les différentes tables, moi ce que je trouve très intéressant, c'est que le Marshmallow, il est toujours placé sur le côté.

[7:00]Et on le met à la fin et comme il le dit, les gens positionnent le Marshmallow sur leur tour dans les dernières secondes, les dernières minutes et parfois, ils disent, Ta-da!

[7:15]Et souvent, ce Ta-da se transforme en oh-oh et la tour s'effondre, en fait, ça tient pas.

[7:19]Et le message que moi j'ai derrière, c'est que il faut itérer.

[7:23]Il faut construire des prototypes et itérer progressivement, tester avec le Marshmallow progressivement.

[7:31]Et il y a un groupe, le groupe qui a été euh là-bas, en fait, très vite, il a positionné son Marshmallow, il a testé avec le Marshmallow.

[7:38]Et il aurait pu, il lui restait 6 minutes environ, il aurait pu à nouveau, si ça fonctionnait pas, pouvoir adapter la tour pour avoir une tour qui tienne avec le Marshmallow.

[7:47]Donc, le secret en fait, dans tout ça, c'est comme pour tout projet, il faut itérer, il faut tester, il faut prototyper.

[7:54]Et c'est ça la démarche X, prototyper, tester et affiner et puis on avance progressivement.

[8:03]Et ça, ça touche un concept dont vous êtes probablement familier, ça touche le concept de produit minimum viable, voilà.

[8:08]On part pas avec notre produit super euh fini qu'on va construire pendant 6 mois, on sait que ça marche pas et qu'à la fin des des 6 mois, généralement, c'est la panique.

[8:19]On sait que euh ben c'est le principe de l'agilité, hein, il faut euh voilà, fonctionner par sprint, par des courtes périodes et le produit minimum viable, hein euh vous savez que pour pour construire une voiture, on va plutôt euh partir de quelque chose de minimum, hein ici un skateboard.

[8:37]Et euh progressivement avancer, même si ça, vous le savez aussi, ça a été enfin c'est critiqué en disant, bah, passer d'un skateboard à une voiture, il y a quand même un monde, euh ce serait plutôt ce concept là, on part de quelque chose de plus rudimentaire et peu petit à petit, on le fait évoluer.

[8:52]Cette métaphore là aussi, elle est très souvent utilisée, si vous voulez vendre des donuts euh avant de vous intéresser à l'enrobage de vos donuts, euh vous allez devoir travailler votre recette, votre pâte parce que vous aurez beau avoir les meilleurs enrobage du monde, c'est le produit minimum viable, c'est votre recette de donuts qui fera votre succès.

[9:12]Donc, la conclusion de cette atelier, notamment, c'est ça, il faut toujours intégrer l'élément central de son produit

[9:22]Et dans une démarche UX, ben l'élément central de notre produit, ça va être l'utilisateur.

[9:27]Et on va, notre petit utilisateur Chamalo, euh on va pas le mettre à côté et puis hop, le tester vers la fin de la conception de notre produit.

[9:37]Au contraire, on va l'intégrer le plus rapidement possible dans la démarche dans notre démarche de conception.

[9:47]Ceux qui réussissent le mieux, ce Marshmallow Challenge, vous le verrez dans la vidéo, ce sont les enfants d'école maternelle parce qu'ils sont pas dans notre façon de penser, de construire euh ben ce que le le le single right plan, la meilleure façon de faire.

[10:02]En fait, eux, ils partent du Marshmallow et construisent la tour à partir du Marshmallow et ils zitérent.

[10:08]Alors, c'est ça la démarche UX. On va revenir à deux, trois fondements et puis je vous donnerai quelques euh quelques méthodes très simples, hein.

[10:18]Euh mais généralement, on construit un système ou un produit avec un but, un service euh avec un but à atteindre pour l'utilisateur.

[10:28]Et ce système, ben on le construit de manière à ce qu'il l'atteigne le but, mais on le construit euh pas toujours avec l'utilisateur.

[10:36]Or, l'utilisateur, il a son parcours.

[10:40]Il a il l'utilise d'une certaine façon, et généralement, enfin ou parfois, on constate des écarts entre la façon dont le service a été conçu et puis ce que fait réellement l'utilisateur.

[10:53]Donc c'est ça la démarche X, c'est se centrer sur ce que fait l'utilisateur.

[10:58]Dans une démarche itérative, ça j'en ai parlé, l'objectif étant de plus on se trompe tôt et plus vite on réussit, en fait.

[11:08]Donc il faut se tromper, il faut itérer.

[11:11]L'expérience utilisateur, ben, pour la synthétiser en fait, elle repose sur une triade.

[11:18]On a les utilisateurs, l'utilisateur qui a des besoins et puis on lui propose un service ou un produit qui va répondre à ses besoins là et les utilisateurs vont utiliser ce produit ce service dans un contexte particulier.

[11:32]Et le contexte aussi est très important euh surtout de nos jours où on est dans des contextes parfois mobiles et il faut les prendre en compte, ces contextes là.

[11:44]Alors, j'aime bien prendre l'exemple de du site de Blablacar qui a évolué progressivement.

[11:49]Je sais pas s'il y a des gens qui ont travaillé sur ce site ici, parfois ça arrive.

[11:53]Mais bon, je sais que c'est une agence à Paris, donc euh sur le site de Blablacar, au début du service, il y a eu plusieurs itérations, hein.

[12:03]Mais euh ici, c'était une version, il y a 3 ans.

[12:06]C'était très axé sur ben qu'est-ce que propose notre service?

[12:09]Donc, ici, c'est un système de covoiturage, hein, Blablacar et comment le rendre euh euh comment donner de la confiance aux personnes et comment le rendre facile d'utilisation.

[12:20]Donc, on avait trouvé votre covoiturage avec date de départ, euh enfin, non, plutôt lieu de départ, lieu d'arrivée et une date et on cherchait.

[12:28]Et on avait quelques petits éléments de témoignage qui sont vrais ou faux, peu importe, hein, en plus, généralement, l'utilisateur, il est pas dupe, il sait que souvent c'est un peu manipulé.

[12:38]Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est c'est que ces témoignages, il repose sur deux choses principalement, c'est quand on fait du covoiturage, ben la les deux difficultés, les deux pay-point pour les utilisateurs, c'est est-ce que je vais passer un trajet agréable?

[12:54]Parce que si je dois faire Luxembourg-Paris avec quelqu'un qui va pas écouter la même musique que moi et cetera, ça risque d'être un peu difficile.

[13:02]Donc, ça c'est le caractère un peu sympa du trajet et est-ce que je peux avoir confiance en la personne avec qui je vais covoiturer euh soit en tant que conducteur, soit en tant que passager.

[13:13]Parce que si euh voilà, j'attends une personne sur un parking à 6h du matin et qu'il vient pas, ben ça va vraiment être embêtant et inversement si j'attends quelqu'un avec ma voiture euh qui doit venir avec moi et qui vient pas, ça va être embêtant également.

[13:24]Donc, ces messages-là, à chaque fois, ils insistent sur le caractère, voilà, il y a de la confiance.

[13:30]Ça marche, le covoiturage, on peut avoir confiance et les gens sont sympas.

[13:34]Voilà, par exemple, je prends au hasard, mais c'est toujours les mêmes messages, en fait, passager ponctuel et très sympathique, on a la ponctualité, la confiance, le caractère sympathique, c'est euh bah, l'expérience positive, euh et cetera.

[13:46]Et alors, petit à petit, ils ont évolué et ça, c'est l'une des toutes dernières versions.

[13:54]Blablacar maintenant, ils se sont fait un nom et ils vont chercher à véhiculer euh non plus un caractère très utilitaire de leur service, mais un caractère un peu plus émotionnel, plus expérientiel.

[14:05]Et le message principal maintenant qui est visible, c'est bon, déjà, cette cette image, hein, on n'a plus comme avant, juste une route.

[14:14]On a, et ça, c'est intéressant, des gens qui se rencontrent.

[14:18]Voilà, on pourrait presque penser en plus que c'est un un site de euh d'agence matrimoniale.

[14:27]Euh parce que c'est deux jeunes, ils ont le même âge et tout, ils pourraient bien, ils pourraient bien coller.

[14:32]Mais l'idée, c'est ça, faire des rencontres et c'est la communauté est là pour vous.

[14:37]On parle pas tout de suite de covoiturage. Après on en parle, le covoiturage simplifie vos trajets. Voilà. Et là, on change un peu d'optique, on change le discours, on fait évoluer et on répond, en fait, à à d'autres besoins qu'un besoin purement utilitaire.

[14:50]Voilà, et du coup, c'est ça l'expérience utilisateur, c'est aussi ouvrir à d'autres choses que des choses uniquement liées à la simplicité d'utilisation.

[14:58]J'aime bien euh un modèle, en tout cas un trois niveaux de design qui ont été définis par Norman, qui est euh l'inventeur, on va dire du concept de l'expérience utilisateur.

[15:08]Et il dit que quand on conçoit un service ou un système, l'utilisateur, il est d'abord confronté à un niveau viscéral.

[15:17]Il faut designer le niveau viscéral, c'est-à-dire il y a quand la personne, elle est en contact pour la première fois avec ce produit ou ce service, elle va ressentir des choses.

[15:24]C'est ce concept-là, quand on voit une voiture, une Ferrari, il se passe quelque chose pour peu qu'on aime les voitures.

[15:33]Ensuite, le deuxième niveau qui sera perçu pour l'utilisateur, ça va être le niveau comportemental, c'est le plaisir d'utilisation, la simplicité d'usage, ce qui est intéressant si je sais pas si parmi vous, il y a des gens qui ont des Ferrari, moi j'en n'ai pas, mais il y a quelques cas de très mauvaise euh de très mauvais design des tableaux de bord de Ferrari, parfois, il y a des choses qui marchent pas du tout.

[15:56]Les essuie-glaces et cetera, parfois, il y a des aberrations.

[16:00]Et on se dit, ben, comment ça a été pensé, parfois, ça a pas toujours été bien pensé.

[16:03]C'est juste pour dire que c'est un autre niveau, cette simplicité d'utilisation, euh ce plaisir d'utilisation, c'est un autre niveau aussi qu'il faut tenir compte.

[16:13]Voilà, là, c'est euh les premiers travaux qui ont porté sur les simplicités d'utilisation, ils ont été appliqués au cockpit d'avion pendant la Seconde Guerre mondiale.

[16:21]C'était euh à un moment donné, totalement ingérable pour les pour les pilotes.

[16:26]Et puis le troisième niveau, c'est un niveau plus méta, c'est un niveau donc réflexif, c'est qu'est-ce que le service ou le produit peut renvoyer de positif à l'utilisateur.

[16:37]Voilà, quelle image de lui-même on peut lui renvoyer, comment on peut lui permettre de s'accomplir.

[16:42]Ça c'est un niveau un peu plus complexe, mais les utilisateurs, ils sont de plus en plus demandeurs et friands de ce genre de d'approche.

[16:49]Voilà, s'accomplir, se réaliser.

[16:52]Et alors, la démarche UX, là aussi, je reprends peut-être un schéma que vous avez déjà vu, mais que j'aime bien parce que il est il résume bien de façon conceptuelle ce que c'est que la démarche.

[17:03]Bah, c'est au départ, pleine d'idées, c'est ce que vous avez fait avec votre tour, hein, euh voilà, il y en a des qu'il faut construire des triangles, on va faire trois pieds, non, quatre et cetera.

[17:10]On part un peu dans tous les sens et puis petit à petit, on retient des concepts et euh on les affine et on les conçoit.

[17:18]Mais il faut garder toujours une boucle itérative.

[17:21]Et cette démarche-là, elle s'inscrit dans plusieurs phases.

[17:28]Euh je vais les décrire ici, je vais vous donner quelques illustrations, hein, parce que on n'a pour malheureusement pas toutes les voir, mais il y a une phase d'exploration, où on va recueillir les besoins des utilisateurs, une phase d'idéation, où à partir des besoins qu'on a collecté, on va se demander, bah, comment on peut répondre à ces besoins-là.

[17:45]À partir de ces idées qu'on a généré, euh ben, on va générer des des maquettes, des des produits, hein, dans une première forme, dans un produit minimum viable et puis on va tester, on va évaluer et on va revenir, on voit pas très bien, mais c'est une phase itérative et on peut revenir jusqu'à l'idéation, parfois.

[18:04]On n'a pas les bonnes idées, ça répond pas bien aux utilisateurs ici parce que tout ça à chaque fois, dans toutes ces démarches, l'utilisateur, il est au cœur de de la démarche.

[18:11]Et il y a plein de méthodes, hein, qui sont euh qui correspondent à chacune de ces étapes.

[18:17]Alors, je vous donne quelques illustrations, euh mais vous avez peut-être déjà vous euh appliqué certaines de ces méthodes là ou en tout cas, certaines phases dans le conception de vos systèmes, par exemple.

[18:30]Alors, la première chose à faire, hein, généralement, euh c'est de venir observer ou aller s'entretenir euh avec les utilisateurs, que font nos utilisateurs?

[18:41]Et alors, je vous illustre ça avec euh un projet que j'ai mené il y a quelques années avec euh voilà, une équipe de recherche sur les métros parisiens.

[18:49]Alors, j'ai trouvé ça très intéressant parce que c'est vraiment un cas qui est loin des systèmes informatiques, mais euh l'objectif euh de ce projet là, à la demande de la RATP, c'était de reconcevoir les euh les cabines de de pilotage des métros pour les conducteurs.

[19:07]Parce que euh il y avait plein de problèmes en fait, euh d'utilisation, avec des erreurs qui étaient commises, de la fatigue aussi, engendrée par la la disposi le dispositif.

[19:17]Et la RATP nous a demandé bah, comment on peut améliorer nos cabines?

[19:20]Donc, cabine de pilotage. Donc quand on est passager de ces métros, ça vous avez sûrement déjà pris le métro à Paris, c'est c'est comme ça.

[19:29]Là, il y a pas beaucoup de monde. Et nous, ce qu'on a fait, c'est que on a été avec les conducteurs en cabine et on a filmé des heures et des heures, on a fait plein plein de trajets et on a observé ce que faisaient réellement les conducteurs et on les a aussi interrogé sur leurs difficultés.

[19:44]Et quand on est conducteur, en fait, il y a plein plein de choses, il y a plein d'infos qui sont importantes.

[19:47]Il y a des feux, il y a des de la signalétique, il y a de la vitesse à respecter.

[19:53]Euh et la vitesse, on prévient pas, c'est pas bon à cet endroit-là, il faut être à 50 km/h, il y a un panneau 50 km/h, il faut être à 50 km/h à cet endroit-là, donc c'est à eux d'anticiper.

[20:05]Et ils ont une connaissance généralement très euh très pointue de la ligne et pour les novices, c'est un peu plus difficile bien sûr parce qu'ils connaissent pas toujours bien la ligne et il y a un système dans tous les métros de pilotage automatique qui est plus utilisé par les novices.

[20:17]Voilà, donc il y a plein de commandes en fait, hein, ça peut paraître simple de conduire un métro, mais il y a plein de commandes et c'est à partir de ce manipulateur qu'on peut euh freiner, reculer, mais il y a plein d'autres plein d'autres choses à gérer.

[20:31]Et alors, notamment, dans ces observations et dans les difficultés, hein, dans ce qu'on pouvait améliorer, c'était l'objectif de ce projet, on a notamment, hein, observé que vous voyez ici, la personne, elle accélère, elle freine, généralement, elle a ici une boisson, sa petite bouteille d'eau, un sandwich, des choses comme ça.

[20:49]Et là, il y a un gros bouton rouge qui est le bouton d'arrêt d'urgence. S'il y a un problème, c'est un coup de poing, elle donne un coup de poing dessus, le métro s'arrête.

[20:57]Mais la difficulté pour les conducteurs qu'on a observé, c'est que le coup de poing, il est si il est en tout cas dans cette euh quand on l'a observé à ce moment-là, il était très sensible, c'est-à-dire que on pouvait poser sa main dessus et on pouvait par mes garde l'enfoncer le le coup de poing ou si la bouteille d'eau se renversait ou euh pour X raison, elle pouvait enfoncer le coup de poing.

[21:20]Bref, il y avait une peur des conducteurs d'enclencher par mes gardes l'arrêt d'urgence et beaucoup bloquer le coup de poing avec soit le micro, on le voit pas, enfin soit le fil du micro, on le voit pas, mais ici, il y avait un il y avait un micro avec un fil, donc ils tiraient le micro et ils entouraient le fil sous le coup de poing ou ils mettaient leur euh une leur anse de de sac, de sac à main pour les pour les femmes.

[21:40]L'objectif pour eux, c'était d'éviter d'appuyer par mes garde sur ce coup de poing qui était pour eux mal placé en fait, trop près d'une zone en fait qui est manipulé en permanence.

[21:52]Donc là, on voit que l'observation, donc on a fait des recommandations par rapport à ça et puis plein d'autres, hein, il y en a il y a eu je ne sais plus, mais une petite centaine de recommandations, il y a plein de choses de ce type que l'on ne peut détecter que par l'observation.

[22:06]Quand on avance après l'observation, je coupe certaines étapes, mais le maquettage, bah, c'est un élément fondamental, le prototypage, comment on prototype.

[22:16]Je me mets un peu ici parce que il y a il y a il y a quelqu'un juste derrière le pilier, comme ça, je vous vois aussi.

[22:21]Euh voilà, le maquettage, comment on peut produire des solutions.

[22:26]Là, je vous présente euh, je peux pas vous le présenter en détail parce que à chaque fois, il y a toujours un caractère un peu confidentiel, mais euh ça c'est pour une administration luxembourgeoise et euh on l'objectif c'était de repenser euh les écrans euh de saisi de ce type là.

[22:42]Donc, vous voyez qu'ici, on est vraiment euh dans un écran qui qui est plus d'actualité, hein, on fonctionne plus vraiment comme ça.

[22:50]Et donc pour les repenser, on a mis en place une démarche participative.

[22:55]Au lieu de penser, comment on pourrait généralement le faire dans une équipe projet et se dire, allez, on va mettre l'écran comme ça, c'était un peu le chemin qui avait été engagé, euh ben mais on a on a mis en place une démarche UX de design UX et on a demandé ici, c'est deux utilisatrices euh à qui on a distribué une grande feuille de papier euh des marqueurs et des petits morceaux de papier qui correspondent aux champs de saisi que les personnes euh utilisent.

[23:24]Et on leur a demandé, ben, voilà, dans votre écran idéal, comment vous disposeriez ces champs de saisi?

[23:30]Je me souviens qu'il y a une utilisatrice qui m'a dit sur le coup, mais écoutez monsieur, moi, je suis là pour travailler, je suis pas là pour euh pour faire des découpages et m'amuser avec des petits bouts de papier.

[23:40]Alors, je lui dis, mais si, essayez quand même, allez, on prend un peu de temps, on prend 5 minutes.

[23:45]Et en fait, l'exercice a a pris 2 heures et à la fin des 2 heures, les deux utilisatrices étaient enchantées parce qu'on les avait écouté déjà et puis parce qu'elles ont conçu leur écran.

[23:55]Elles ont pensé leur écran et en fait par rapport à ce que les concepteurs, les développeurs avaient imaginé, et ben l'organisation était était différente, en fait.

[24:05]Elles ont dit, bah, ça, ces champs-là, on les utilise quasiment jamais, on va le mettre là, ça, par contre, on a telle organisation et cetera et cetera.

[24:11]Vous voyez un peu la démarche, ça nous a permis de construire une maquette qu'on a testé.

[24:18]Voilà, jusqu'à un produit plus final à nouveau qu'on a testé.

[24:21]Donc démarche itérative et on avance progressivement.

[24:26]Et puis le Saint Graal de la démarche UX, c'est les tests utilisateurs, donc c'est tester notre produit.

[24:34]Alors ça, bien sûr, j'ai plein d'exemples, mais malheureusement, je peux vous en présenter aucun parce que à chaque fois, il y a un caractère hautement confidentiel, mais euh j'ai interrogé plusieurs euh partenaires, plusieurs clients pour leur demander si je pouvais présenter voilà des des tests, mais puisqu'on voit leur écran, euh ben ça ça marche pas.

[24:51]Souvent, c'est des écrans qui sont pas encore en ligne et cetera, donc euh donc je ne peux que vous présenter euh voilà, un une image générale pour vous illustrer que demander simplement à l'utilisateur, en restant à côté de lui, ça reste simple, c'est ce qu'on peut appeler une méthode Guerrilla euh et observer ce qu'il fait sans interagir, lui demander de réaliser certaines tâches, ça marche très très bien.

[25:14]On n'a pas toujours le temps ou en tout cas, on ne prend pas toujours le temps de le faire dans les projets de de conception et pourtant, c'est c'est fondamental, il faut prendre le temps.

[25:23]Alors, pour résumer, ben, le design UX, ça permet d'éviter ça.

[25:27]Là, il y a prescription, je peux vous présenter des écrans d'un système qui avait été développé pour la Commission européenne, euh donc c'est pas rien, euh à la DG 10, Direction générale numéro 10, c'est-à-dire, gestion des multimédia.

[25:43]Donc, il y a eu un appel d'offre et ils ont acquis un système de gestion de multimédia qui permet de gérer les photos, les vidéos, les bande-sons, et cetera et cetera.

[25:50]Je vous rassure, cet écran, euh il date un peu, il date des années 2000 et il est plus il est plus en en face, mais cet écran là, donc, il a été acquis sur la base d'un cahier des charges.

[25:59]Il répondait parfaitement au cahier des charges, mais l'utilisateur avait été, vous imaginez bien, oublié, sinon, je vous le présenterai pas.

[26:06]Voilà à quoi ça ressemblait, ces écrans là, et en fait, euh ben là dans cette mission, on m'a demandé de de, c'était un peu mission opération pompier, euh comment on peut réduire les problèmes liés à cet écran.

[26:20]Les utilisateurs, commetteaient plein d'erreurs de saisie dans la base de données, euh ils devenaient complètement honnêtement fous avec ces cet écran là.

[26:31]Donc il y avait beaucoup de d'absentéisme, euh des problèmes de conjonctivite.

[26:37]Vraiment, ça a posé un gros problème. Voilà, et ce qui est intéressant, c'est l'interrogation, euh enfin quand j'ai interrogé aussi l'équipe de développement, hein, c'est une entreprise qui est parisienne, euh en fait, les logiques de conception, c'était pas du tout les mêmes logiques que l'utilisateur et on voit par exemple les couleurs des champs, à chaque fois, ça correspondait une logique de concepteur, mais les utilisateurs, ils disaient, mais ça, à quoi ça correspond?

[27:01]Pourquoi on a des intitulés verts avec des champs bleu ciel et cetera?

[27:07]On comprend pas. Et à chaque fois, le le le concepteur disait, bah, si, il y a une logique derrière, je pourrais plus vous dire, mais le plus simple c'était pour les icônes, les icônes rouges, ça touche directement la base de données, les icônes jaunes, on consulte simplement la base de données et les icônes vertes, comme imprimé, ça n'a aucun impact sur la base de données.

[27:23]Voilà. Donc là aussi, très intéressant, plein d'icônes qui ont été créées et ajoutées au fur et à mesure de la demande des utilisateurs, mais à la fin, bah, ça ressemble à rien, pour comprendre entre un bonhomme jaune, un bonhomme rouge et un bonhomme rouge, un bonhomme noir, quelle est la différence, bah, ça marche pas en fait.

[27:41]Et pareil, ici, vous voyez qu'il y a des boutons qu'on retrouve en haut et en bas, mais cliquer sur un bouton en bas, ne fait pas la même action que cliquer sur un bouton d'en haut parce que l'écran est divisé ici par une fine ligne, vous voyez que vous voulez là et du coup, ben, quand on clique sur les boutons, on modifie le l'écran d'en bas euh et non pas l'écran d'en haut, inversement.

[28:03]J'ai terminé, il est 51, c'est parfait. Merci de votre attention.

Need another transcript?

Paste any YouTube URL to get a clean transcript in seconds.

Get a Transcript