Thumbnail for La mesure de la délinquance by Les SES en vidéos

La mesure de la délinquance

Les SES en vidéos

6m 39s829 words~5 min read
YouTube auto captions
Transcript source

YouTube auto captions

This transcript was extracted from YouTube's auto-generated caption track. The transcript below is server-rendered so it can be read, searched, cited, and shared without opening the original YouTube player.

Timestamped outline
Pull quotes
[0:36]Le premier moyen de le mesurer est d'utiliser les statistiques policières et judiciaires.
[0:36]à partir d'une infraction, deux cas sont possibles, soit la victime porte plainte et cette plainte est reçue par les services de police, soit l'infraction est directement constatée par la police et prise en compte.
[0:36]Les statistiques policières et judiciaires comptabilisent l'ensemble des procès verbaux qui ont été transmis aux autorités judiciaires.
[0:36]Elles comptabilisent le nombre de plaintes enregistrées par la police ou la gendarmerie.
Use this transcript
Related transcript hubs

[0:04]Dans cette vidéo, nous allons étudier la mesure de la délinquance avec deux objectifs: comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance et comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance. La délinquance correspond à la transgression des normes juridiques. C'est une forme de déviance. C'est celle qui est punie par la loi et qui fait l'objet d'une sanction pénale.

[0:36]Comment peut-on mesurer le niveau de délinquance? Le premier moyen de le mesurer est d'utiliser les statistiques policières et judiciaires. Comment sont-elles construites? à partir d'une infraction, deux cas sont possibles, soit la victime porte plainte et cette plainte est reçue par les services de police, soit l'infraction est directement constatée par la police et prise en compte. Dans ces deux cas, un procès verbal d'infraction est établi. Toutefois, toutes les plaintes ne font pas l'objet d'un procès verbal. Les statistiques policières et judiciaires comptabilisent l'ensemble des procès verbaux qui ont été transmis aux autorités judiciaires. Elles comptabilisent le nombre de plaintes enregistrées par la police ou la gendarmerie. Cela permet de mesurer annuellement le nombre d'actes de délinquance enregistrés par les institutions judiciaires. Les statistiques policières et judiciaires reflètent donc l'activité de ces administrations. Cependant, ce type de mesure présente plusieurs limites. En effet, les estimations tirées des statistiques policières et judiciaires ne correspondent pas à la réalité de la délinquance. La première limite tient à l'évolution du périmètre juridique. La délinquance mesurée dépend de ce que la société considère comme une infraction. Dès lors, il est difficile de comparer le niveau de délinquance dans le temps puisque les qualifications de nos actes se modifient. Par exemple, émettre un chèque sans provision n'est plus une infraction depuis 1992. Au contraire, le rassemblement dans les halls d'immeubles est devenu une infraction en 2003.

[2:22]La deuxième limite, très importante, tient à l'attitude des victimes. En effet, il faut tout d'abord qu'elle reconnaisse l'infraction comme telle, ce qui est difficile dans certains cas comme l'abus de faiblesse, la corruption ou l'agression verbale. Ensuite, il faut qu'elle porte plainte. Or, les taux de plainte varient considérablement selon les infractions. Alors que certains vols comme ceux de téléphones portables sont systématiquement déclarés, notamment pour des questions d'assurance, certaines formes de délinquance grave comme le viol sont systématiquement sous déclarées. De même que le harcèlement moral ou les menaces. Les statistiques ne prennent donc en considération qu'une partie des infractions commises dans la société, celles qui font l'objet d'une plainte. Enfin, la troisième limite tient à l'attitude des policiers. Selon l'intensité du contrôle et des poursuites effectuées par les policiers, le nombre d'infractions recensées varie. Ainsi, une consigne donnée par le ministère pour se focaliser sur le trafic de stupéfiants, par exemple, va mécaniquement augmenter le nombre d'infractions le concernant, alors que la délinquance réelle n'aura pas changé. Ainsi, en raison de l'évolution du périmètre juridique, de l'attitude des victimes et de l'attitude des policiers, les statistiques policières et judiciaires donnent une estimation inexacte de la code délinquance. On parle alors du chiffre noir de la délinquance. Ce chiffre noir correspond à la différence entre la délinquance mesurée et la délinquance réelle. Cette différence est importante et doit être prise en compte.

[4:14]C'est pourquoi les sociologues utilisent une autre manière de mesurer la délinquance, les enquêtes de victimisation. Comment sont-elles construites? Elles consistent à demander aux enquêtés, c'est-à-dire à un échantillon représentatif de la population, si elles ont été victimes d'actes de délinquance et de détailler ces actes qu'ils aient fait ou non l'objet d'une plainte. Le témoignage des victimes permet de reconstruire le niveau de délinquance subi. Ainsi, les enquêtes de victimisation n'interrogent pas l'activité des administrations, mais le vécu de la population. Le but des enquêtes de victimisation est de réduire le chiffre noir de la délinquance par rapport aux statistiques policières et judiciaires.

[5:10]Elles permettent ainsi de mesurer assez finement la fréquence et l'évolution des comportements, indépendamment de l'action des administrations et de l'évolution du droit. Cependant, ce mode de collecte des données présente également des limites. Elles sont principalement de trois ordres. Elles excluent les infractions sans victime directe comme la fraude fiscale ou l'immigration irrégulière par exemple. Ensuite, si elle comptabilise certaines infractions qui n'ont pas fait l'objet d'une plainte, elle ne permettent pas d'enlever toutes les réticences à répondre, qui peuvent exister notamment en cas de corruption ou de consommation de substances prohibées. Enfin, elles peuvent subir des erreurs d'interprétation quand l'infraction peut ne pas être identifiée par tous les enquêtés, par exemple en cas d'abus de confiance ou d'escroquerie. Pour conclure, on peut considérer qu'il est impossible de connaître les vrais chiffres de la délinquance en évitant tout chiffre noir, mais qu'il faut chercher à s'en approcher. L'important est de comprendre comment les statistiques sont construites afin de leur donner du sens. En effet, l'interprétation de ces chiffres pose un problème si on ne prend pas en compte la manière dont ils sont calculés et ce d'autant plus qu'ils ont un enjeu politique fort.

Need another transcript?

Paste any YouTube URL to get a clean transcript in seconds.

Get a Transcript