[0:00]Je vous propose maintenant à l'occasion des 30 ans de mai 68 cette rétrospective des événements dans leur globalité du vendredi 3 mai, date des premières échauffourrées à l'évacuation de la Sorbonne et du Panthéon à la mi-juin. L'agitation en milieu universitaire, vous le savez, avait commencé en mars à Nanterre, mais c'est réellement le 3 mai que démarre le mouvement, très rapidement, il s'étendra au monde ouvrier, c'est notre enquête de ce soir, Daniel Wolfro. C'est le premier pavé de mai 68. D'un coup, le jeune homme fait mouche, le policier assis dans le car est atteint en plein visage. Il est 17h30, boulevard Saint-Michel, ce vendredi 3 mai autour, d'autres sont prêts à en découdre. Peu avant à l'intérieur de la Sorbonne, un certain Coben et une centaine d'étudiants décident d'occuper la faculté, craignant des incidents, le recteur appelle la police qui embarque tout le monde. La Sorbonne est évacuée. Au quartier latin, la nouvelle se répand vite. Les forces de l'ordre croient s'en sortir en tapant dans le tas, mais surprise, les manifestants accusent le coup et contre-attaquent. Lundi 6 mai, Daniel Cobendit et sept étudiants passent en conseil de discipline. Un quart d'heure plus tard, la police tente de disperser une manifestation de solidarité en vain. Initiée le 22 mars à Nanterre, la crise universitaire tourne à l'émeute. Excuse de vous prendre à partie, si vous aviez un garçon de 25 ans qui est allé à l'école de 15 à 25 ans qui Les négociateurs vont tenter de calmer le jeu, mais le gouvernement refuse de réouvrir la Sorbonne et les étudiants restent mobilisés. Il nous demandons de faire des lignes jusqu'au fond pour qu'il n'y ait pas de débordement sur les côtés. C'est tout. Vendredi 10 mai, tout est prêt pour un nouvel affrontement. Au soir commence la première nuit des barricades. 2h du matin, 6 000 policiers reçoivent l'ordre d'attaquer. Les affrontements se poursuivent jusqu'à l'aube, des centaines de blessés de part et d'autres, près de 500 interpellations et la désolation au cœur de la capitale. Le Premier ministre Georges Pompidou de retour d'Afghanistan, fait alors des concessions. J'ai décidé que la Sorbonne serait librement ouverte à partir de l'undi. Mais la révolte déborde du cadre étudiant, les syndicats ouvriers prennent le relais, lundi 13, image insolite, Jean Chegui presque au coude à coude avec Daniel Kobendit. Derrière 300 000 manifestants, le plus gros défilé depuis la libération. Nous avons affirmé plusieurs fois au cours de ces jours le caractère anticapitaliste, anti-bourgeois de notre lutte. La Sorbonne est réoccupée par les étudiants, pendant 3 semaines au cœur de Paris, elle sera l'emblème de la commune de mai. Mardi 14 mai, les 2000 ouvriers de Sud Aviation près de Nantes votent une grève illimitée et occupent les locaux. Au même moment de leur côté, les métallurgistes de Renault Cléon près de Rouen desbreil. Mais j'estime quand même qu'à 63 ans, je pourrais un peu me reposer et profiter un peu de la. En 2 jours, la France s'arrête, paralysée par le plus grand mouvement social depuis 36.
[3:43]Pour couronner le tout, le Déon est envahi par la foule. Pendant un mois, le théâtre se transforme en spectacle permanent. personnes de différentes tendances qui acceptent de venir se réunir maintenant en comité pendant 10 minutes pour décider du thème de la discussion. L'histoire s'accélère, 3 6 10 millions de grévistes le 20 mai, le pays est paralysé. Une décision du ministre de l'Intérieur Christian Foucher va de nouveau mobiliser une partie de la jeunesse. L'expulsion vers l'Allemagne de Daniel Cobendit en pleine crise sociale déclenche le 24 mai la deuxième nuit des barricades.
[4:29]Ces images mêlées au projet avorté de référendum proposé par le général de Gaulle paraissent sonner le glas du régime. Mais c'est un trompe-l'œil. Certes, on relève deux morts, l'un à Paris, l'autre à Lyon, mais ces carcasses de voitures, ces vitrines défoncées, ces arbres coupés vont retourner cette fois la France profonde contre les étudiants. Le lendemain, toutefois, l'homme du jour, celui vers lequel la gauche non communiste et une partie de la jeunesse paraissent se tourner, c'est lui, Pierre Mas France, l'ancien président du Conseil. Mais après le meeting de Charlie, Mandez, la figure de proue du PSU refuse l'aventure politique. Croyant alors son heure arrivée, François Mitterran lui se jette à l'eau. Je propose d'un gouvernement provisoire de transition et de gestion, soit aussitôt mise en place. C'est dans cette atmosphère trouble que de Gaulle disparaît quelques heures le 29 mai à Baden Baden. Saisi par le vide politique, la France conservatrice va le soutenir massivement. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. 500 000 manifestants sur les Champs-Élysées. Après ce succès golliste et les accords de Grenelle qui prévoient d'importantes hausse de salaire, les travailleurs vont accepter la reprise. Le mouvement va s'effilocher pendant tout le mois de juin, malgré la mort de deux métaux à Socho et celle d'un lycéen à Flin. Vendredi 14 juin, la messe dite, l'Odéon est évacué dans l'indifférence générale. 2 semaines plus tard, les élections législatives consacreront le radar golliste et une défaite humiliante pour la gauche. Épilogue douloureux pour ceux qui croyaient alors que la vie allait immédiatement changer, ils ne pouvaient pas se douter que leurs idées allaient faire leur chemin dans la société tout entière.



