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Comment expliquer l'engagement politique? (1/2) | Terminale SES (Bac 2025)

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[0:00]Dans les sociétés démocratiques, il existe de nombreuses manières de s'engager politiquement.
[0:28]Voter consiste à participer à une élection organisée par les pouvoirs publics en déposant une enveloppe dans une urne.
[0:28]Le militantisme consiste à participer à la défense d'une cause précise : la défense des animaux, l'égalité des sexes, la protection de l'environnement, l'arrêt d'une guerre, et cetera.
[0:28]Il y a trois types d'organisations dans laquelle les citoyens peuvent militer et tu dois les connaître pour le bac.
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[0:00]Dans les sociétés démocratiques, il existe de nombreuses manières de s'engager politiquement. En fait, toute action que tu réalises pour défendre une valeur politique, c'est-à-dire pour défendre ta conception de la liberté, ta conception de l'égalité ou ta conception de la justice, est en soi une forme d'engagement politique. Pour le bac, tu dois connaître les trois formes d'engagement qui existent.

[0:28]Premièrement, il y a le vote. Voter consiste à participer à une élection organisée par les pouvoirs publics en déposant une enveloppe dans une urne. Un citoyen qui vote exprime bien une opinion politique, soit il met le nom d'un candidat qu'il veut voir gouverner, soit il vote blanc en glissant une enveloppe vide pour montrer qu'il n'est pas satisfait par ce que proposent les candidats. Deuxième forme d'engagement politique, le militantisme. Le militantisme consiste à participer à la défense d'une cause précise : la défense des animaux, l'égalité des sexes, la protection de l'environnement, l'arrêt d'une guerre, et cetera. Concrètement, un militant peut réaliser des activités très variées, comme distribuer des tracts, coller des affiches, participer à des manifestations, à des grèves, à des grèves de la faim, à des actions de désobéissance civile, et cetera, et cetera. Le plus souvent, un militant est membre d'une organisation. Il y a trois types d'organisations dans laquelle les citoyens peuvent militer et tu dois les connaître pour le bac. Déjà, on peut militer dans un parti politique comme la France insoumise, le Front national, le Parti socialiste, et cetera. L'unique but d'un parti, c'est simple, c'est de remporter des élections pour conquérir le pouvoir. Et pour ça, ils ont évidemment besoin de l'aide de nombreux militants qui réalisent des tâches diverses. Mais il est aussi possible de militer au sein d'un syndicat tel que la CGT ou la CFDT dont tu as peut-être déjà entendu parler. L'objectif d'un syndicat est de défendre les intérêts des travailleurs, obtenir des augmentations de salaire, obtenir des améliorations des conditions de travail, et cetera. Pour cela, les syndicats ont besoin de militants qui organisent des grèves et des manifestations, des militants qui négocient avec les patrons et les pouvoirs publics, des militants qui aident les salariés qui subissent du harcèlement au travail ou des licenciements abusifs, et cetera. Et enfin, un militant peut s'engager dans une association. De nombreuses associations ont un but politique. Comme c'est le cas de Médecins sans frontières ou de la Croix-Rouge que tu connais sans doute et qui protège des populations vulnérables. Ou encore de Greenpeace ou WWF qui protège l'environnement. La troisième et dernière forme d'engagement que tu dois connaître est la consommation engagée. La consommation engagée, c'est lorsque tu fais exprès d'acheter ou au contraire de ne pas acheter un bien pour faire pression sur les entreprises qui le produisent. Le plus souvent, la consommation engagée consiste à ne pas consommer un bien, à le boycotter, je sais pas si tu as déjà entendu ce terme pour montrer son mécontentement. Par exemple, les végétariens qui ne mangent pas de viande pour dénoncer la souffrance animale dans les abattoirs ou Jean-Jacques qui décide de ne plus acheter de t-shirt Zara ou H&M parce que ces entreprises sont accusées de recourir au travail d'esclave en Asie. Finalement, s'engager politiquement revient dans la très grande majorité des cas à participer à une action collective, c'est-à-dire à participer à une action de groupe. avec d'autres individus. La question qu'on va se poser dans cette partie, c'est pourquoi les individus participent-ils à des actions collectives ?

[3:29]La participation à une action collective ne va pas de soi. Selon Mancur Olson, il est même irrationnel de participer à une action collective. En effet, Olson estime qu'un individu qui veut participer à une action collective fait un calcul coût-gain. Si les coûts de la participation sont supérieurs aux gains, il ne participe pas. Si les gains sont supérieurs au coût, il participe. Et selon Olson, en l'occurrence, il n'est jamais rationnel de participer à une action collective. Pour l'exemple, prenons le cas d'une grève organisée dans une usine et qui a pour objectif d'obtenir une augmentation de salaire pour tous les salariés sans exception. Mets-toi dans la peau d'un travailleur qui hésite à rejoindre la grève. S'il participe à la grève, il subira un coût évident. Il ne sera pas payé pendant la durée de la grève, ça lui prendra du temps et il risque même d'être mal vu par son patron. Mais à l'inverse, qu'il participe ou non à la grève, les gains seront les mêmes. Un gréviste en plus ou en moins ne changera pas les chances que la grève réussisse et donc qu'il obtienne une augmentation de salaire. Ainsi, les coûts supportés sont supérieurs aux gains espérés. Et dans cette perspective, l'individu n'a pas intérêt à participer à l'action collective. Parce qu'il existe une stratégie encore plus rentable que se mobiliser : regarder les autres se mobiliser. Autrement dit, un individu rationnel, logique, préférera toujours se comporter en passager clandestin. C'est-à-dire ne pas se mobiliser et regarder les autres faire le travail à sa place. Mais Olson soulève alors un petit problème à cette théorie. Si tout le monde se comportait ainsi, personne ne se mobiliserait. Et il n'y aurait donc aucune action collective. C'est ce qu'il appelle le paradoxe de l'action collective. En théorie, si tous les individus se comportaient rationnellement, il n'y aurait jamais d'action collective. Pourtant, en pratique, on observe bien parfois des actions collectives dans la réalité. Comment expliquer ce paradoxe ? C'est-à-dire ce décalage entre la théorie et la réalité.

[5:30]Alors que ce n'est pas rationnel, on observe que dans les faits, les individus participent parfois à des actions collectives. Pourquoi ? Premier élément de réponse : les individus peuvent s'engager car ils reçoivent des incitations sélectives. Pour inciter un maximum de personnes à s'engager, les partis politiques, les syndicats et les autres organisations qui organisent des actions collectives accordent des avantages à ceux qui acceptent de participer à l'action. Ces avantages, ça peut être par exemple, offrir un repas gratuit, verser une somme d'argent à ceux qui en font la demande, fournir une assistance juridique gratuite aux militants en difficulté, et cetera. Ces avantages qu'on appelle les incitations sélectives, ils visent à réduire les coûts supportés par les participants à une action. Deuxième élément qui explique que les individus s'engagent malgré le paradoxe de l'action collective, c'est que les individus ne sont pas uniquement motivés par les gains économiques et concrets visés par l'action. Lorsqu'il décide de s'engager, il s'engage aussi parce qu'il va en tirer des rétributions symboliques, des gains symboliques. En effet, beaucoup d'individus s'engagent tout simplement parce que c'est un bon moyen de se faire des amis, c'est un bon moyen de donner du sens à sa vie, d'avoir le sentiment d'appartenir à un groupe, et cetera. Ça peut sembler idiot, mais ces motivations symboliques sont très importantes pour les individus. Moi, je suis bénévole dans une association par exemple. Et si je suis content d'y aller une fois par semaine, c'est beaucoup parce que j'y retrouve mes copains. Et enfin, troisième réponse à la question, pourquoi les individus décident-ils de s'engager ? Les individus s'engagent lorsque la structure des opportunités politiques est favorable. Autrement dit, une action collective naît si le contexte politique permet d'espérer un succès. Si le contexte politique est défavorable et que les chances de succès sont faibles voire nulles, les individus ne s'engagent pas. À l'inverse, quand le contexte politique est favorable et les chances de succès sont élevées, alors les individus sont plus motivés et s'engagent plus facilement. En science politique, on considère que la structure des opportunités politiques est favorable si : 1, l'État est tolérant à l'égard des actions collectives. L'État peut être jugé tolérant s'il est par exemple autorisé de manifester, de faire grève, et cetera. On se doute bien que dans un pays où les pouvoirs publics emprisonnent et torturent les manifestants, les gens sont légèrement moins motivés à l'idée de participer à une action collective. Deuxième critère : si les participants à l'action collective ont des connaissances, ont des alliés qui ont une influence politique. Autrement dit, si certains participants ont un réseau de relations qui leur permet de porter leur revendication dans les médias, auprès des maires ou des députés, et cetera. Si toi et tes camarades avaient envie de manifester pour obtenir la rénovation des bâtiments de votre lycée, par exemple, qui sont en très mauvais état. Si l'un d'entre vous a une mère députée, un père journaliste au journal Le Monde ou s'il est ami avec McFly et Carlito, je ne sais pas, et que vous savez que vous aurez leur soutien, alors vous aurez une plus grande chance de gagner et d'obtenir une rénovation du lycée. Ce qui sera très motivant pour tous les élèves. Troisième caractéristique qui rend le contexte politique favorable à l'engagement, c'est si l'État a la capacité de répondre positivement aux revendications de l'action collective. Les gens ont évidemment la flemme de s'engager s'ils savent d'ores et déjà que leurs demandes seront refusées. Par exemple, parce que l'État n'a pas les moyens financiers ou techniques de satisfaire ces demandes. Et enfin, la structure des opportunités politiques est considérée comme favorable si les partis politiques sont divisés et qu'une élection approche, puisque ça permet à ceux qui organisent l'action collective d'obtenir facilement le soutien d'un parti, un allié puissant. Allez, c'est tout pour aujourd'hui, on se retrouve pour la fin de ce chapitre dans la vidéo suivante. Merci d'avoir suivi et à bientôt.

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