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HGGSP - De nouveaux espaces de conquête 1/5 - Océan et espace : quelles spécificités ? Bac 2026

La Boîte à Bac

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[0:06]Aujourd'hui, on se retrouve pour parler du premier thème du programme d'HGSP, les nouveaux espaces de conquête.
[0:06]Dans cette série de vidéos, nous nous efforcerons de comprendre les possibilités de développement et d'affirmation de la puissance des États à travers la conquête de l'espace et des océans.
[0:06]Il s'agira également de comprendre les défis et les rivalités notamment avec l'arrivée de nouveaux acteurs.
[0:36]Nous allons nous intéresser aux spécificités des espaces de conquête dont nous allons parler, à savoir les océans et l'espace.
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[0:06]Salut, c'est Tanguy de La Boîte à Bac. Aujourd'hui, on se retrouve pour parler du premier thème du programme d'HGSP, les nouveaux espaces de conquête. Dans cette série de vidéos, nous nous efforcerons de comprendre les possibilités de développement et d'affirmation de la puissance des États à travers la conquête de l'espace et des océans. Il s'agira également de comprendre les défis et les rivalités notamment avec l'arrivée de nouveaux acteurs.

[0:36]Voici le programme du jour. Nous allons nous intéresser aux spécificités des espaces de conquête dont nous allons parler, à savoir les océans et l'espace. Puis, on attaquera ensemble le premier axe de ce thème, conquête, affirmation de puissance et rivalité, à travers le premier jalon, les espaces géopolitiques d'une conquête, la course à l'espace des années 50 à l'arrivée de nouveaux acteurs, tel que la Chine, l'Inde ou les entreprises privées. Dans les vidéos suivantes, nous allons nous intéresser aux autres enjeux de ce thème avec notamment la question nucléaire ou encore celle de la coopération en matière scientifique. Enfin, dans une vidéo exclusive réservée à l'application, nous traiterons de l'objet conclusif à savoir la Chine et son rôle dans la conquête de l'espace et des océans. N'hésite pas à aller découvrir cette vidéo sur l'application La Boîte à Bac disponible sur Apple et sur Android. En plus de ça, tu as des quiz, tu as des fiches, bref, tout ce qu'il faut pour cartonner le jour du bac et même tout au long de l'année.

[1:47]Intéressons-nous tout d'abord aux spécificités de la conquête et de la maîtrise des océans. Avant toute chose, dis-toi que l'océan est un espace tridimensionnel. Et donc, quand on parle de sa conquête, on parle à la fois de la conquête de ses profondeurs océaniques, les abysses, qu'on connaît pour l'instant assez mal, et d'autre part, de la prise de contrôle de ses surfaces. L'océan couvre 71 % de la planète, c'est bien plus important que nos espaces terrestres. Et cet espace maritime forme un réseau entièrement interconnecté. Tu peux aller de tout point du monde en passant par les mers et océans avec des espaces particulièrement stratégiques que sont les détroits et les golfs, car ils sont très étroits et ils permettent d'éviter des grands détours. Tu peux penser aux détroits de Bab el-Mandeb et le canal de Suez qui permettent d'éviter de devoir contourner l'Afrique pour relier la Chine, l'Inde et les pays pétroliers à l'Europe. Les premières expéditions européennes de découverte et de conquête de la surface des océans datent du 15e siècle. Tu as notamment Christophe Colomb, que tu connais très bien en 1492 ou encore Magellan en 1519-1522. Ces expéditions m'ont un premier partage du monde entre les puissances maritimes avec en premier l'Espagne et le Portugal.

[3:17]Et tu vois ainsi que dès le départ, il y a des enjeux de pouvoir et des enjeux économiques. Les premières expéditions à visée scientifique, que l'on peut appeler les missions océanographiques, débutent durant le 19e siècle. Et tu en as une très importante qui est l'expédition Challenger en 1872, qui va permettre de mieux comprendre la physique des océans et aussi d'en apprendre plus sur les fonds marins. L'océanographie correspond à l'étude scientifique des mers et océans à travers la cartographie des fonds marins, la connaissance des courants marins et de la biodiversité. Elle est principalement impulsée par les États, car cela nécessite des grands investissements. Et c'est ainsi qu'en France, l'Institut océanographique de Paris est institué en 1906. Et si tu as l'occasion, va découvrir ce bâtiment, il est incroyable. L'océanographie a longtemps été limitée dans son étude des abysses, c'est-à-dire des grandes profondeurs marines, car il y a beaucoup de difficultés techniques liées à l'obscurité, à la pression, au manque d'oxygène. Et c'est pour cela qu'il a fallu attendre 1950 pour faire les premières études concluantes de ces espaces de profondeur. Et encore aujourd'hui, avec des équipements censés être à la pointe de la technologie, les accidents arrivent. Songe à l'été 2023, donc il n'y a pas très longtemps, lorsque le sous-marin Titan a implosé juste à côté de l'épave du Titanic. Décidément, ce navire porte malheur. Les premières expéditions à 6000 m de profondeur permettent de prendre les premières photos de ces grands fonds marins. Et tu peux notamment retenir l'expédition de 1956 du commandant Jacques-Yves Cousteau. C'est d'ailleurs lui qui crée le brevet du premier scaphandre autonome très pratique pour aller à ces profondeurs. Ces explorations ont été largement ralenties par la guerre froide, car les États préfèrent faire la course à l'espace plutôt qu'aux profondeurs. Mais ça reprend à la fin de cette guerre. Vu qu'il faut des investissements très importants, les intérêts des États ne sont pas juste scientifiques. Alors, certes, c'est intéressant de découvrir des éléments sur la biodiversité ou les courants, mais ils recherchent surtout des gisements de pétrole ou de gaz qui sont pour l'instant trop profonds et trop chers à exploiter. Mais une fois découverts et une fois que ça deviendra plus rentable de les utiliser, ils pourront dire, on était les premiers et on sait où ça se trouve. Également, ces profondeurs peuvent avoir des terres rares particulièrement intéressantes, car elles ont des propriétés électromagnétiques que l'on ne trouve pas ailleurs sur Terre. Et ça, ça pourra servir aux futures batteries de téléphones ou encore à certains ordinateurs. Tu le vois, la maîtrise et la connaissance des océans recouvrent un nombre d'enjeux importants qui permettent aux puissances de s'affirmer. Longtemps, ce fut l'hégémonie de l'Empire britannique, mais aujourd'hui, la première puissance maritime, ce sont les États-Unis. Ils sont la première flotte navale militaire et marchande, et de très loin, et également la plus grande ZEE. La Zone économique exclusive est un espace contrôlé par un État qui part de sa ligne de côte jusqu'à 200000 nautiques et sur laquelle il exerce une hégémonie économique. C'est-à-dire que ce sont les seuls à pouvoir exploiter ou donner le droit d'exploiter ces espaces, que ce soit au niveau des surfaces ou encore au niveau de la croûte. Mais attention, les choses évoluent vite au 21e siècle et cette hégémonie est de plus en plus contestée, notamment par la Chine, qui a fait du contrôle des océans une de ses priorités pour asseoir sa puissance mondiale. Et ça, on aura l'occasion d'en reparler.

[7:23]La conquête de l'espace, comme tu t'en doutes, est bien plus récente que la conquête des océans. Et jusqu'au milieu du 20e siècle, nos connaissances sur l'espace se limitent à ce qu'on peut observer, et ce qui avait d'ailleurs été facilité par l'invention du télescope. Le tournant des connaissances spatiales, c'est bien sûr le développement des fusées à partir des années 50. Tout comme pour la conquête maritime, les enjeux géopolitiques rattrapent très rapidement les enjeux scientifiques. En effet, pendant la guerre froide, il y a une course effrénée à l'espace entre l'URSS et les États-Unis, une façon de montrer leur supériorité technique. D'abord l'URSS est en pole position, avec l'envoi de Spoutnik en 1957, le premier satellite, et ensuite l'envoi du premier homme, Youri Gagarine en 1961, qui revient avec les premières photographies de la Terre depuis l'espace. Mais tout comme Lewis Hamilton, les États-Unis finissent par rattraper l'URSS et même les dépassent avec l'envoi des premiers hommes sur la Lune, notamment Neil Armstrong en 1969.

[8:34]Et une fois cette petite guéguerre finie, les enjeux scientifiques peuvent reprendre le dessus. Dans les années 70, la première station spatiale habitée est envoyée, fruit d'une coopération entre de nombreux États. Aujourd'hui, ce sont plus d'une soixantaine de pays qui ont leur propre agence spatiale, dont certaines qui ont des programmes très ambitieux, notamment la Chine et l'Inde. Ainsi, l'Inde a envoyé en août 2023 son premier rover à destination de la Lune. Alors, un rover, c'est un petit véhicule qui peut se balader sur la lune en collectant de très nombreuses données scientifiques. En septembre 2023, donc juste un mois après, ce même pays envoie une sonde à destination du soleil pour collecter des informations sur cet astre. Bon, comme tu l'imagines, il va pas atterrir sur le soleil, c'est beaucoup trop chaud, mais s'en approcher le plus possible. Cela te démontre bien les ambitions de l'Inde à être une grande puissance spatiale. Par ailleurs, on a même des entreprises privées qui se lancent dans la course à l'espace, mais ça, on en parlera plus tard.

[9:48]On le voit, l'exploration de l'espace et des océans est déjà bien avancée. Surtout l'océan, puisque on navigue à travers tous les océans actuellement, on a également exploré une bonne partie des fonds et installer de nombreux câbles sous-marins. Mais il reste encore beaucoup de choses à y découvrir et également dans l'espace extraterrestre. Ainsi, ce sont de nouvelles frontières à repousser. Les ressources de la Terre sont en train de décliner à une vitesse alarmante, entre autres les ressources alliotiques, c'est-à-dire les ressources en poisson, mais aussi nos ressources en énergie. En parallèle, la population mondiale est en train de continuer à augmenter et on estime qu'on sera entre 9 et 10 milliards d'ici 2050. Par conséquent, les océans peuvent apparaître comme un réservoir énorme de ces ressources, d'autant plus que certaines sont renouvelables. Songe aux énergies hydroliennes et éoliennes ou encore solaires. L'espace est également un enjeu central pour l'avenir de notre planète. Alors, les ressources de l'espace sont bien plus difficiles à exploiter, mais il y en a beaucoup. Notamment, il y a des minerais qu'on ne peut pas trouver sur la Terre ou en quantité infime. On a également des gaz, l'énergie solaire qui est bien plus puissante, et cetera. Et d'ailleurs, dis-toi que la Chine a déjà prévu d'avoir une centrale solaire en orbite d'ici 2050. Pas mal. Les satellites en orbite sont également une source d'information indispensable sur l'état de la planète et le changement climatique avec toutes les informations que cela peut donner en terme de météorologie notamment. Et les satellites rendent beaucoup d'autres services, notamment, ils nous permettent de te géolocaliser à travers cette vidéo. Le développement de la conquête des océans et des espaces est facilité par l'arrivée de nouveaux acteurs, et tout d'abord, les entreprises privées. En effet, elles sont de plus en plus nombreuses à s'intéresser notamment à l'espace et tu peux songer à Space X de Elon Musk. Tu sais, le mec qui contrôle Twitter, enfin, je veux dire X. Car il cherche à développer le tourisme spatial et ils envisageraient même de pouvoir envoyer des êtres humains sur Mars. Et les entreprises privées sont déjà très présentes sur les océans, que ce soit pour le transport de marchandises ou encore l'exploitation du pétrole. Ça pose des dilemmes, car pour certains, ces espaces ne devraient pas être exploités dans un objectif économique. Cette exploitation est dénoncée par certaines ONG qui s'intéressent de plus en plus à l'espace et aux océans, dénonçant notamment les conséquences sur l'environnement d'une telle exploitation. Et puisque les enjeux sont de plus en plus nombreux, il convient de réglementer l'exploitation de ces différents espaces. En matière d'océan, on a déjà bien avancé, car nous avons notamment la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer de 1982, qui donne un cadre juridique complet à l'exploitation des océans, que ce soit par les entreprises ou les États. Elle définit les différentes zones maritimes, les eaux territoriales, zone économique exclusive ou encore la haute mer, et établit les droits et responsabilités des États côtiers dans ces zones. Elle réglemente la pêche dans une perspective de gestion durable des ressources afin de préserver les écosystèmes marins. Elle établit un régime pour l'exploration et l'exploitation des ressources minérales des fonds marins en dehors des ZEE. Enfin, elle garantit la liberté de navigation en haute mer pour tous les navires. Car sans cette liberté de naviguer, il serait difficile de faire du commerce. Et sans commerce, on n'aurait pas de belles baskets.

[13:40]Très récemment, en septembre 2023, un autre texte est venu compléter cet arsenal pour les océans. Ce texte, c'est le traité international de protection de la haute mer et de la biodiversité marine, qui met en place plusieurs dispositions indispensables pour protéger l'espace en dehors des ZEE. Notamment, la création de très grandes aires maritimes protégées, ainsi que la mise en commun des ressources génétiques marines. Pour l'espace, la réglementation passe également par des conventions internationales, ce qui est logique car ça englobe bien tous les États du monde. Ainsi, en 1967, est passé la Convention des Nations Unies sur l'espace extra-atmosphérique, appelé plus simplement le traité de l'espace. Il y a trois dispositions majeures. D'une part, l'interdiction de placer des armes en orbite. D'autre part, le fait que l'espace doit rester libre d'utilisation par tous, ce qui suppose une interdiction de s'approprier l'espace. En 1979, ce dispositif est complété par l'accord sur les activités menées sur la Lune et les autres corps célestes, qui réaffirme les principes du traité de l'espace, mais les complète en précisant que l'espace englobe tous ces corps célestes et qui crée l'obligation pour les États de notifier leurs intentions quant à la Lune. On le voit, ces dispositifs cherchent à promouvoir un usage pacifique de l'espace, qui soit utilisé pour le bien de toute l'humanité et qui ne deviennent ainsi pas une zone de conflit. Pour résumer cette rapide introduction, retiens que d'une part, les océans et l'espace sont une source de connaissance et de progrès. L'océanographie étudie la cartographie des fonds et des courants marins ainsi que la biodiversité. L'océan et l'espace représentent également un levier de puissance à l'image du rôle de l'espace dans la guerre froide. D'autre part, l'océan et l'espace sont aujourd'hui de nouvelles frontières à investir, que ce soit pour leurs ressources ou dans la lutte contre le réchauffement climatique et ce, en dépit des contraintes juridiques, économiques et techniques auxquels les États et entreprises peuvent faire face. Pour surmonter ces contraintes, deux choix sont possibles : faire cavalier seul de la conquête pour prendre de l'avance sur les autres ou coopérer et partager ses connaissances. Nous allons maintenant nous intéresser à l'axe 1 et nous interroger sur la conquête, l'affirmation de puissance et les rivalités dans ces différents espaces. Nous allons commencer dans notre premier jalon par nous pencher sur les enjeux géopolitiques de l'espace de 1950 à nos jours.

[16:25]Nous l'avons vu en introduction, la course à l'espace démarre véritablement après la Seconde Guerre mondiale grâce aux avancées techniques. Et au départ, c'est une course entre les deux grands, l'URSS et les États-Unis. Cette course est tout d'abord militaire, puisque cela permettrait de mettre en orbite des armes de destruction massive et également idéologique, puisqu'il s'agit pour l'un comme pour l'autre de montrer la supériorité de son modèle, capitalisme contre communisme. L'État est l'acteur principal, et nous l'avons vu, l'URSS est d'abord aux premières loges pour gagner cette course. Ça devient donc un enjeu essentiel pour les États-Unis. Et c'est ainsi qu'en 1962, John Kennedy prononce ce discours qui montre bien tout l'enjeu de l'espace pour les States. Les yeux du monde sont dorénavant tournés vers l'espace, vers la Lune et les planètes au-delà, et nous avons fait vœu de ne pas voir cet espace gouverné par l'étandard hostile de la conquête, mais par la bannière de la liberté et de la paix. Tu l'as compris, l'étendard hostile de la conquête représente aux yeux de Kennedy l'URSS, tandis que la bannière de la liberté et de la paix, ce sont bien évidemment les États-Unis. Le président reconnaît bien le retard des États-Unis et l'impératif de se rattraper. Ainsi, dit-il, mais nous n'avons pas l'intention de rester derrière, et dans cette décennie, nous rattraperons le retard et continuerons à avancer. Ainsi, Kennedy met en place le programme Gemini, destiné à rattraper le retard. Et dès 1968, les États-Unis vont faire un vol orbital autour de la lune et ça ne s'arrête pas là, puisque 1 an plus tard, Neil Armstrong pose le pied sur la Lune. avec deux autres spationautes dont on se rappelle jamais du nom.

[18:30]Mais l'URSS ne s'en laisse pas compter. Il crée la station Mir, première station orbitale, pouvant accueillir régulièrement divers spationautes et ainsi faire toute une batterie de tests très intéressants. Les années 70 marquent un basculement de la conquête de l'espace et ce pour deux raisons. D'une part, la rivalité américano-soviétique laisse place progressivement à la coopération. Et ainsi, il y a la première opération Apollo-Soyouz en 1975. C'est ainsi l'un des symboles de la détente entre les deux pays. D'autre part, cette décennie voit l'arrivée de nouveaux acteurs dans le domaine spatial qui formeront le New Space avec de nouveaux enjeux. Au-delà des missions de coopération, l'espace est aussi un levier de militarisation. Et là, pourtant, tu vas me dire, mais attends, tu m'as dit qu'en 1967, une convention des Nations Unies interdit la militarisation de l'espace. De quoi tu me parles maintenant ? Franchement, vous croyez que les États-Unis, l'URSS et les grandes puissances vont s'arrêter à des conventions des Nations Unies ? Non, en réalité, l'espace devient aussi utile pour faire de l'espionnage, de la surveillance, ou encore tester de nouvelles armes. Et c'est ainsi que les grandes puissances vont développer un arsenal d'armes défensives, mais également des outils de brouillage anti-satellite et d'autres armes potentielles qui pourraient être lancées en orbite. Dans les années 70, les États-Unis et l'URSS ne sont plus les seuls à s'intéresser à l'espace. La Chine tout d'abord s'y intéresse particulièrement. Et c'est ainsi qu'en 1970, ils envoient leur premier satellite, le Dongfanghong, qui est surtout un outil de propagande. En effet, ce satellite permet de diffuser à la radio en permanence l'hymne national, l'Orient est rouge.

[20:42]En 1973, c'est l'Union européenne qui s'affirme sur la scène spatiale avec le programme Ariane. Il s'agit principalement de pouvoir envoyer leurs propres satellites sans dépendre des lanceurs russes ou États-Unis. Depuis les années 2000, ce sont principalement les pays émergents qui se lancent dans la course à l'espace. Nous avons déjà parlé des programmes chinois et indiens. Prenons ce tableau récapitulatif des nouveaux acteurs spatiaux avec comme unité de mesure le lancement de satellites en orbite. Tu constates d'une part qu'on envoie moins de satellites qu'avant, mais surtout qu'il y a de plus en plus d'États qui en lancent. Et tu vois d'ailleurs que la catégorie others devient assez importante et que la Chine est actuellement en tête en nombre de satellites envoyés par an. Penchons-nous un peu plus sur les ambitions spatiales de la Chine et de l'Inde. D'une part, il y a des enjeux symboliques. La Chine, par exemple, recherche les prouesses technologiques, comme l'envoi en 2019 d'un rover sur la face cachée de la lune. Mais il y a aussi des enjeux économiques, car ce sont des territoires gigantesques et que tu ne peux pas apporter du réseau par câble dans tous les endroits de la Chine et de l'Inde. Et c'est pour cela que les satellites sont particulièrement importants. Ça leur permet de diffuser la radio, la télévision, Internet, ce genre d'éléments cruciaux pour se développer. Au-delà des pays émergents, les entreprises privées s'intéressent à l'espace. On en a déjà parlé. Et au passage, on peut distinguer New Space et Old Space. New Space, ce sont donc les nouveaux acteurs avec les États émergents et les entreprises privées. Old Space, c'était les États-Unis, l'URSS qui avaient principalement des enjeux symboliques. Le New Space a des enjeux de plus en plus économiques. Ainsi, les entreprises privées cherchent à faire un profit en employant l'espace et ça va être intéressant car ça apporte de nouvelles logiques à cette conquête. Ainsi, prenons SpaceX.

[22:59]On a vu que SpaceX fait des voyages de tourisme dans l'espace, mais surtout, ils envisagent d'envoyer des hommes sur Mars. Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, est également passionné par l'espace. Et il a fondé l'entreprise Blue Origin qui cherche de nouvelles technologies visant à baisser le coût des voyages dans l'espace. Enfin, des entreprises comme Planetary Resources, visent à miner les ressources des astéroïdes, car il y a de nombreuses terres rares qu'on ne peut pas trouver ou en quantité importante sur Terre. Ainsi, tout comme le Far West dans l'histoire des États-Unis, d'un enjeu symbolique, l'espace devient un enjeu économique et de grandes entreprises visent à être les premiers à exploiter ces ressources. En résumé, tu peux retenir que la conquête de l'espace, au-delà des connaissances scientifiques qu'elle permet, représente un moyen pour les pays d'affirmer leur puissance et leur supériorité technique. Pendant longtemps, elle s'articule autour de la rivalité de deux grands, États-Unis et URSS : c'est le Old Space. Depuis la fin de la guerre froide, de nouveaux acteurs ont rejoint la course : des entreprises privées, notamment américaines, et des nouveaux États tels que la Chine, l'Inde ou encore l'Europe. C'est le New Space. Cette redéfinition des acteurs de la conquête spatiale en modifie les enjeux. L'espace n'est plus seulement un terrain de jeu pour affirmer sa supériorité idéologique, mais un moyen pour certains pays de s'affirmer comme puissance économique et technique et pour les entreprises privées de générer du profit. Et voilà, c'est tout pour cette première vidéo sur les nouveaux espaces de conquête. J'espère qu'elle t'a intéressé et que les vidéos suivantes te plairont encore plus. N'oublie pas également qu'il y a l'objet conclusif sur notre application. On a pris des heures à la créer, donc pense à y jeter un coup d'œil, ça te sera super utile. Et tant qu'on y est, pense également à t'abonner et à laisser des petits commentaires pour dire à quel point on est géniaux ou encore pour poser tes questions. Ça nous fait toujours plaisir d'avoir des retours, car on consacre beaucoup de temps à créer ses contenus et on aime toujours discuter avec vous. Bon, j'arrête de parler et en attendant la prochaine vidéo, je te dis à bientôt.

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