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Vivre en banlieue : Une bonne ou mauvaise idée ? - C'est pas sorcier

C'est pas sorcier

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[0:08]Non, non, non, si tu veux faire du rap, on va faire un tour en banlieue, voir des copains.
[1:38]En tout cas, d'ici, on a une vue imprenable sur tout le nord de l'agglomération parisienne.
[1:38]Toutes ces tours, toutes ces barres, c'est ce que l'on appelle officiellement les grands ensembles ou plus couramment les cités.
[1:38]Les premières sont sorties de terre dans les années 50, mais la plupart ont été construites dans les années 60 et 70.
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[0:08]Yo, Jamy est dans la place, spéciale dédicace avec Iglesias. Eh, pourquoi pas avec la calasse ? Tu as raison, avec la calasse. Non, non, non, si tu veux faire du rap, on va faire un tour en banlieue, voir des copains. Tu en connais, toi ? J'en connais, moi Jamy. Des musiciens, Montgomery et Jennifer. Ils habitent La Courneuve en banlieue parisienne. C'est un grand ensemble avec des tours, des barres. Enfin bref, vous voyez ce que je veux dire ?

[0:38]Allez, c'est parti pour la Courneuve. Vas-y, Marcel. OK. On y va.

[1:38]Oh, Sabine ! Oh ! Oh, ils sont pas là nos copains. Mais c'est pas grave ! On va les chercher ! En tout cas, d'ici, on a une vue imprenable sur tout le nord de l'agglomération parisienne. Toutes ces tours, toutes ces barres, c'est ce que l'on appelle officiellement les grands ensembles ou plus couramment les cités. Les premières sont sorties de terre dans les années 50, mais la plupart ont été construites dans les années 60 et 70. Et aujourd'hui, il y en a des centaines en France. Bon, bah moi, je redescends. Le grand ensemble de la Courneuve, lui, a été construit au tout début des années 60. Le quartier compte 4000 logements. C'est pour cette raison qu'on l'appelle le quartier des 4000, et 13 000 personnes vivent ici. Je crois que finalement entre Mongo et Jennifer, ça va pas être simple, hein. Ouais, c'est pas gagné. Salut les artistes. Qu'est-ce que vous faites ? Genre, on fait un graphe qui retrace l'histoire des 4000. Ah, bonne idée. Et le masque, c'est pourquoi ? Bah, la bombe, c'est un peu toxique, donc pour l'instant, c'est conseillé un masque. D'accord, ça je préconise. Bon, on vient vous voir tout à l'heure. Bon graph. À plus tard. Et ben, ils ont un bon coup de pinceau, hein, enfin, de bombe, mais attention, on ne peut pas grafer comme ça sur les murs. Il faut une autorisation et eux, ils l'ont. Enfin, il faut aussi savoir grafer, hein, Jamy. Bah, quoi ? C'est pas mal pour un début. Alors, la Courneuve, c'est pas le bout du monde. Cette petite ville de 35 000 habitants se trouve ici au cœur de l'agglomération parisienne à seulement 3 km de Paris. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici la Cité des 4000, coincée entre deux autoroutes. Évidemment, il y a mieux comme paysage. Ici, les 4000 Nord et là les 4000 Sud où nous nous trouvons actuellement. Alors, bien évidemment, ce n'est pas l'unique cité en France, il y en a dans toutes les agglomérations. Parfois, on entend parler de zones urbaines sensibles. Eh bien, derrière ce terme administratif, se cache en fait 750 cités sensibles, car depuis une vingtaine d'années, de nombreux problèmes sont apparus dans beaucoup de ces grands ensembles. Et ces problèmes, ben, on a un peu tardé à s'en occuper. Résultat, depuis les années 80, on parle de crise des banlieues. Et ces images, hélas, elles font souvent la une des journaux télévisés. Mais attention, cela ne reflète qu'une partie de la réalité. La plupart du temps, c'est même plutôt calme. Et puis il faut pas non plus jeter de l'huile sur le feu. On commence à se braquer sur un quartier ou une cité et on en parle beaucoup. Je pense que les jeunes à un moment donné, ils font, même ceux qui ont tort ou mal n'ont pas du tout un comportement de ce qu'on dit des racaille. On un petit peu l'envie de le faire pour pour parler d'eux, puis pour se faire reconnaître un petit peu. Ouais, mais beaucoup ont trouvé d'autres moyens d'expression, comme le graphe ou encore le rap. Le mouvement hip-hop, venu des États-Unis, au début des années 80, s'est développé dans les cités avant de devenir à la mode. Alors, Jamy, on prend le frais ? Absolument un grand bol d'air, ça fait du bien. Et tu vas peut-être pas me croire, mais tu sais qu'ici autrefois c'était un vrai coin de campagne. Absolument et tous ces bâtiments là, ces HLM, ces habitations à loyer modéré, et ben, elles ont même été construits sur des champs de betteraves. Mais ça, ça ne date pas d'hier, les premiers HLM ont été construits en France dans les années 1950 pour faire face à une grave crise du logement. Et d'ailleurs, avant, les gens vivaient dans des taudis. Et oui, et c'est même pour ça que toutes ces habitations ont été construites. Bouge pas. Ah, elle est partie. Remettons-nous dans le contexte de l'époque. En 1945, l'économie redémarre. Des usines voient le jour un peu partout en France, y compris en région parisienne. À ce propos, il y a 50 ans, Paris et sa banlieue avaient un tout autre visage, pas de tour, pas de barre, simplement des petites zones pavillonnaires. Mais ça va bouger. En effet, pour faire tourner les usines, il faut de la main d'œuvre. Beaucoup de jeunes couples vont alors quitter la campagne et débarquent en région parisienne. Évidemment, rien n'est prévu pour les accueillir et c'est bien dommage, car ils arrivent par milliers et pas que des campagnes françaises d'ailleurs. Les besoins en main d'œuvre sont tels que la France fait appel à la main d'œuvre étrangère. On vient d'Italie, d'Espagne, du Portugal, des pays du Maghreb. Et puis, il y a aussi le fameux Baby Boom. Le quoi ? Le baby-boom. Mais je comprends pas. Mais si, les gens reprennent confiance, alors. Alors quoi ? Eh ben, ils font des bébés. Et c'est ainsi que l'on passe de 41 millions d'habitants en 1945 à 52 millions d'habitants en 1975. Toute cette population va se masser en ville. Tenez-vous bien, en 1945, un peu plus de la moitié des habitants vivaient en ville, en 1975, ils sont presque les trois quarts. Alors au début, et bien les gens s'installent là où ils peuvent, y compris dans des bidonvilles, en rouge sur la carte. Pour faire face à cette crise du logement, l'État va lancer un vaste programme de construction. Et c'est ainsi qu'en 20 ans, 8 millions de logements vont être construits. Les premiers grands ensembles sont bâtis à Sarcelles, Pantin, Gennevilliers, et cetera, et cetera. Et il était temps, car à ce moment-là, le logement, c'est la honte de la France. Les bidonvilles se comptent par centaines, surtout peuplés de travailleurs immigrés. Les autres, les familles ouvrières, mais aussi les classes moyennes, s'entassent dans une ou deux pièces sans hygiène et sans confort. Nous, on vivait à la Courneuve dans une logement de plain-pied où la salle de bain était la cuisine et où on rentrait carrément dans la cuisine où il fallait se sauver quand on faisait la cigarette et ça c'est les douves pour tout le monde. Alors forcément, les grands ensembles, ça fait rêver. Ces tours et ces barres, c'était plutôt futuriste pour l'époque. On découvre aussi le chauffage central, les vide-ordures, une vraie salle de bain, bref, tout le confort moderne. Pour les Parisiens qui vivaient dans les taudis, qui sont arrivés ici, bah ça a été quelque chose d'extraordinaire. Il y a une voisine qui disait on a ici le plein air. On voulait venir. Dans les années 60, on s'envoyait même des cartes postales de la Courneuve. Bon, forcément, après, ça s'est un peu gâté. En quelques décennies, le centre commercial s'est même transformé en un véritable no man's land. Face à l'insécurité et faute de rentabilité, les boutiques ont fermé les unes après les autres. Mais depuis 2005, un nouveau centre d'activités a vu le jour, avec des commerces de proximité, des services publics ou encore une structure qui aide à la création d'entreprises dans le quartier. Tiens, Sabine, elle s'est fait de nouvelles copines. Alors, il y a Sarah, Enlia, Arfata et Sabrina. Bon, vous venez avec moi, j'ai un truc à vous montrer. Allez, on y va. Et voilà le travail, regardez. Pas mal, hein ? Pas mal du tout, allez à vous de jouer les filles. Nous on va faire un tour dans le quartier. On y va les gars. Ça fait longtemps que vous vivez dans la cité, vous les gars. Alors, toi Jibril, tu es né ici, Dama aussi. Toi, tu es pas né ici, hein, Karim. Non, moi, je suis pas né ici. Je suis arrivé ici, j'avais 2 ans. Ah, tu avais 2 ans. Bon, ça fait donc très longtemps. Qu'est-ce qu'il y a changé dans la cité depuis que vous êtes tout petit ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé ? Ah, beaucoup de choses. Il y a déjà une ambiance et euh, des jeux c'est devenu moins c'est devenu calme. Avant avant, c'était moins calme que ça. On dit toujours que dans les cités, l'ambiance est assez chaude quand même, mais c'est pas le cas ici, Dama. Oui, c'est un peu chaud, mais ça s'est calmé par rapport à avant. Il y a plus d'associations, je crois, c'est pour ça. Ah, ouais. Quand quand vous n'allez pas à l'école, qu'est-ce que qu'est-ce que vous faites ? C'est quoi vos occupations ? Souvent, on va à la tour. On est chez nous, on joue à console. On tient les murs, comme on dit, c'est-à-dire que vous vous mettez dans les cages d'escaliers. Voilà, un peu près un peu ça. Ouais, bah certains ne font pas que les tenir, ils dégradent. Et pourtant, c'est chez eux. On parle souvent des dégradations commises par les jeunes, mais dans les cités, les bâtiments se sont aussi un peu abîmés tout seul. Tout ça Jamy, ça a pas été construit un peu vite fait, mal fait. Oh ! Alors, ça c'est malin. Vraiment, je me pose des questions. Effectivement, pour aller plus vite, les entrepreneurs ont dû mettre au point de nouvelles techniques. D'abord, ils assemblaient une ossature. Puis, à l'aide d'une grue, ils venaient déposer les façades et les planchers sur lesquels le mobilier était parfois installé. Cette technique permet de gagner pas mal de temps. Ensuite, une fois le bâtiment terminé, bien le chantier se déplaçait et on construisait un nouvel immeuble. Seulement à l'époque, ce n'était pas encore suffisant, il fallait faire encore plus vite. Aussi, les entrepreneurs ont trouvé le moyen de construire plusieurs bâtiments sans avoir à déplacer la grue. En fait, les immeubles s'élevaient autour de la grue et l'espace entre ces immeubles que l'on juge souvent trop étroit, dépend en fait de la longueur de la flèche utilisée à l'époque. Une technique un peu similaire fut utilisée pour la construction des barres. On installait au sol une voie ferrée sur plusieurs centaines de mètres de long et sur laquelle se déplaçait facilement la grue. Les bâtiments étaient construits de part et d'autre de cette voie ferrée. Et oui, il faut construire vite, mais aussi pas cher. Ça devient de l'industrie lourde. Plus les barres sont longues et hautes et plus c'est rentable. Mais avec ces méthodes, on a surtout bâti des cités dortoirs et à force d'habiter dans des cages à lapin, beaucoup vont commencer à broyer du noir, surtout les femmes au foyer. Après la construction de Sarcelles, on a même parlé de Sarcellite, la maladie des grands ensembles. Alors, à la fin des années 50, on a créé les ZUP, les zones à urbaniser par priorité comme le quartier du Mirail à Toulouse. Urbaniser, ça veut dire construire des routes, des transports en commun, des commerces, des activités. Le problème, c'est que toutes ces infrastructures se sont faites un peu à tord. Bref, on a construit encore plus grand, mais pas mieux. Aujourd'hui, dans les cités, on entend raisonner pas mal de noms maghrébins comme Fatima, Amar, Camel. Alors tous les jeunes qui portent ces noms sont français puisqu'ils sont nés ici. Bah oui, c'est comme ça en France. Pour déterminer la nationalité de quelqu'un, on lui applique ce qu'on appelle le droit du sol. Ce sont les parents ou les grands-parents de ces jeunes qui sont nés à l'étranger, qui sont venus travailler en France dans les années 50, 60 ou même 70 et qui se sont finalement installés dans les cités. Alors c'est quoi ça ? Du bleu. Pas mal du bleu. De rouge peut-être. Ça me va mieux ton Alors, reprenons le fil de l'histoire. Nous sommes dans les années 50-60. Les grands ensembles sont alors occupés principalement par des ouvriers, des fonctionnaires et même des cadres. Les travailleurs étrangers, ceux notamment qui sont venus du Maghreb, seuls, sans leur famille, occupent des emplois sans qualification et logent dans des foyers voir dans des bidonvilles. Et puis le temps passe. Nous nous retrouvons 20 ans plus tard. Les premiers locataires des grands ensembles éprouvent alors le besoin d'accéder à la propriété. Encouragé par l'État, ils se font construire des petits pavillons en banlieue. Au même moment, les travailleurs étrangers qui sont ici depuis 15, 20 ans, décident de rester en France et ils font venir leur famille. C'est ce qu'on appelle le regroupement familial. En France, c'est un droit, le droit de vivre en famille. Ces familles, modestes, sont alors logées dans les grands ensembles où justement les appartements ont été libérés. Et puis, le temps passe encore et nous nous retrouvons en 1973. C'est le premier choc pétrolier. La France découvre alors le chômage. Les premiers touchés par ce fléau sont les emplois non qualifiés dont beaucoup sont tenus par des personnes qui vivent dans les grands ensembles. Petit à petit, les habitants s'appauvrissent, ils ne peuvent plus changer de logement, résultat, la population des grands ensembles ne se renouvelle plus. Tu as raison, Jamy, ici les gens ne gagnent pas beaucoup d'argent et puis il faut pas croire, il n'y a pas que la communauté maghrébine. À la Courneuve, il y a 87 pays représentés, tu te rends compte. Salut Fred. Bonjour, Fatima. Ça va ? Je vous présente Fatima. Alors, tu es animatrice de jeunes à la maison de quartier. Il y a combien de temps que tu vis à la Courneuve ? Mais ça fait une quinzaine d'années, quand même. 15 ans. Alors, justement, explique-nous ces différentes communautés, comment vivent-elles ensemble ? Mais écoutez, c'est c'est c'est enrichissant parce qu'on a un peu l'impression de voyager tout en restant dans la cité. Il y a plein de gens de partout, des Indiens, des Comoriens, des Maliens, des des Mal, des Algériens, des Marocains. Et ceux qu'on appelle les Français de souche, comment ils s'intègrent à ces communautés ? En fait, c'est assez marrant parce que des fois on a l'impression qu'on est on est plus en France et que c'est que cette intégration, c'est c'est c'est rigolo, mais bon, d'une manière générale, ben, on peut dire que ça va. Bon, c'est vrai qu'à mon avis, il y en a certains qui le prennent assez mal, mais bon, c'est ça va, c'est convivial quand même. Alors, si je comprends bien, il n'y a pas de racisme dans la cité. Bah, pas vraiment. Je pense que le racisme, c'est plutôt à l'extérieur de la cité. C'est ce que vivent les jeunes au quotidien, savoir qu'à chaque fois qu'ils franchissent la porte de la cité, bah on les pointe du doigt, on leur refuse à certains endroits. Même quand ils partent en vacances dans leur pays, bah, ce ne sont plus que des étrangers. Donc, à un moment donné, bah, ils ont ils ont envie de se sentir bien chez eux et chez eux, c'est ici, c'est leur cité, leur ville. C'est pour ça qu'ils ont du mal aussi à accepter qu'on entre dans la cité. Bah, ils ont ils sont assez mal acceptés ailleurs. Donc c'est vrai qu'ils ont également du mal à accepter les autres. Bon, les filles, l'avenir justement, vous le voyez comment ? Vous le voyez dans la cité ou en dehors de la cité ?

[15:37]Dans la cité. À l'unanimité. Merci. De rien. Merci. Pour beaucoup de jeunes, la cité, c'est leur identité. Le problème, c'est que pour certains, il n'y a pas d'autre horizon. Ils font du surplace et au bout d'un moment, ils restent collés au béton. Oui, on fait corps avec la cité, le type ne peut plus s'arracher dans la prise de sa cité. C'est-à-dire, chaque fois qu'il traverse le périf. On dit le biseau est obligé de charger la cité sur son, sur ses épaules. Attention, moi je suis de la cité, c'est-à-dire, il fait une démonstration de ce qu'il est là-bas parce qu'il a peur de ce qu'il est ici. Et à l'opposé, les gens ont peur de ce qui se passe dans les cités. Bref, ce sont deux mondes qui ne se parlent pas beaucoup. Mais ces quartiers ne sont pas non plus des ghettos ou des zones de non-droit et les jeunes des cités, malgré les apparences, ne sont pas tous pareils. Il y a des jeunes des banlieux. Il faut toujours respecter la complexité et la diversité qui qualifie ces jeunes des banlieues. Par conséquent, moi, je les vois toujours à peu près trois. Un tiers de jeunes qui sont parfaitement, entre guillemets, intégrés dans le système. Qui ne font pas de bruit, qui ont du boulot, qui ont des projets, une vie familiale. À l'opposé, il y a un tiers de jeunes que je qualifierais de désintégrés. Et ce sont ceux-là qui font parler d'eux et qui rendent certains quartiers invivables. Entre les deux, il y a un tiers de jeunes qui sont ni l'un ni l'autre. Qui, au gré des opportunités, peut basculer dans le camp des désintégrés ou bien dans le camp des intégrés. Évidemment, les éducateurs et les animateurs de quartier font tout pour que cela ne devienne pas des délinquants. Marcel, j'en reviens, j'ai rendez-vous. Comment ça, un rendez-vous ? Bah, il s'en va en pleine émission, lui. Eh, reviens, Jamy, c'est pas fini. Dis donc, où il va ? Tu sais quoi ? Jamy, il est sorti du camion, mais je sais pas où il est parti. Il est où ? J'ai vu passer, il était donné un coup de main au soutien scolaire. Oh ! On peut lui faire confiance. Confiance, confiance, c'est vite dit. Je suis sûr qu'il a rien révisé. Bonjour, Amar. Bonjour, Jamy. Bonjour, les enfants. Je suis venu te donner un petit coup de main. Pas de problème, tu es le bienvenu, hein. Ça va ? Alors, dis-moi, qu'est-ce qu'ils font les enfants ici ? En fait, ils font leurs devoirs, hein, ils font leurs devoirs, on les accueille tous les soirs, Jamy. Et euh, ça va, il s'intéresse ici, c'est c'est comme l'école ou c'est Enfin, on voudrait pas, on voudrait pas que ce soit comme l'école, mais euh, c'est on organise des séances d'aide aux devoirs, soutien scolaire, tous les soirs.

[18:06]Ils ont quel âge les enfants ici ? Ils sont âgés de 6 à 15 ans, enfin, de de du CP jusqu'à la 3e. Pourquoi ils viennent ici les enfants pour faire leurs devoirs ? Il y a il y a le copain ou la copine qui vient, c'est tout le temps préférable de travailler en groupe. Sinon, il y a il y a des enfants qui sont en difficulté, ils peuvent pas trouver à la maison l'aide qu'ils pourraient avoir ici. D'accord, ils posent beaucoup de questions. Il posent, ouais, ils sollicitent constamment, quoi. C'est tant mieux. Non, tant mieux, quoi. D'accord, ben écoute, on va arrêter de parler, puis on va s'y mettre tout de suite. C'est parti. Bon, par qui je commence ? Moi, moi. On va commencer par les filles, hein. Allez. Jamy, Jamy, s'il te plaît, tu pourrais pas venir m'aider parce que les fractions, je m'y connais pas trop. Ah ben moi non plus, hein, je m'y connais pas très bien en fraction. Eh ben, voilà, gagné. Je te l'avais pas dit de réviser tes fractions. Mais tu sais Jamy, ici, on ne fait pas que ses devoirs. Il y a aussi des loisirs, des activités, des sorties. Ce que je trouve aussi important, c'est de susciter des vocations aux petits, quoi. Faire de manière à ce que, qu'ils soient au CP ou au collège, hein, surtout au collège, faire de manière à ce qu'ils rencontrent différents milieux et différentes personnes. Et oui, c'est important, car ici, même à l'école, on est encore dans la cité. Et même si certains réussissent très bien leurs études, c'est vrai que l'échec scolaire est plus important dans ces quartiers. Des quartiers classés en ZEP, zones d'éducation prioritaire, ce qui leur permet d'avoir plus de moyens. À la Courneuve, on a aussi créé une école de la deuxième chance, car beaucoup de jeunes quittent l'école à 16 ans sans aucun diplôme et le regrette après. Alors, avec cette formation, ils peuvent trouver un emploi ou reprendre leurs études et c'est pas tout, il y a aussi des cours pour les parents. No. Et s'ils ont des problèmes en français, tu peux les aider ? Non. Non. Parce que je comprends pas le français. C'est pour ça qu'ici, il y a des cours de français et ils sont gratuits. Depuis une vingtaine d'années, on essaie de rendre la vie plus agréable dans les grands ensembles. On a commencé notamment à rénover les bâtiments. Ici, par exemple, on a eu une idée lumineuse. On a creusé des trous dans la barre Balzac pour laisser passer la lumière. Ailleurs, on a repeint les façades. Alors, c'est un début, mais pour les habitants, il faut le dire, ça ne change pas grand-chose. Du coup, ici, on a décidé d'aller un peu plus loin. Ces petits bâtiments offraient les mêmes façades en béton que les grands ensembles. Alors on les a recouvertes de briques, c'est plus joli. On a ajouté des balcons aux étages, des jardins privatifs au rez-de-chaussée et on a refait toute l'isolation thermique, et c'est pas tout. La barre du mail aussi a été réhabilitée, balcon et fenêtres en PVC. Maintenant les logements sont plus chauds et moins bruyants. Mais parfois, mieux vaut employer les grands moyens et tout détruire. En 2004, c'est deux barres des 4000 ont été rayés de la carte en quelques secondes seulement. Pour comprendre pourquoi on en est arrivé là, petit retour en arrière. Voilà à quoi ressemblait l'un de ces immeubles. Vitre cassée et cage d'escalier dégradé, ascenseur presque toujours en panne et logement franchement insalubre. Et en plus, il fallait encore payer son loyer. Dans pareil cas, la rénovation reviendrait trop cher, il faut démolir. En France, d'ici à 2011, 250 000 logements, c'est-à-dire plusieurs milliers de bâtiments devraient ainsi partir en fumée. Pour les anciens locataires, c'est aussi des souvenirs et tout un pan de leur histoire qui s'écroule subitement. Mais une fois qu'on a fait table rase, qu'est-ce qu'on fait après ? Et bien, on reconstruit, mais pas de la même façon, évidemment.

[21:39]Des personnes lorsqu'ils arriveront dans le quartier, ils ne les verront plus les yeux pour voir des tours de 15 étages, mais ils verront le quartier différemment. Ils pourront voir un nouveau centre commercial, voir de nouvelles voies qui croiseront les quartiers pour rendre accessible des espaces comme les gares, comme le centre-ville. En fait, il s'agit de relier ces cités construites à l'écart au reste de la ville. Et puis, pour rentrer chez soi, des rues avec des lampadaires, c'est quand même plus sécurisant. Tous ces projets se font en concertation avec les habitants. L'expérience a déjà été menée à la Courneuve dans un autre quartier et les résultats sont plutôt positifs. Bon, mais il y a encore du boulot ailleurs. Dis-moi, Jamy, on détruit des HLM pour en construire d'autres, mais je comprends pas. C'est toujours dans les mêmes quartiers. Pourquoi c'est pas un peu mieux réparti ? On pourrait peut-être en construire un peu plus euh Tiens bah à Neuilly, Neuilly-sur-Seine. Il y en a combien ? À Neuilly, 2 %. D'ailleurs, cette mauvaise répartition saute aux yeux sur cette carte. En jaune, les communes qui disposent de moins de 20 % de logements sociaux, en rose et en rouge, celles où il y en a plus de 20 % jusqu'à 60 % à la Courneuve. Alors, pour atténuer ce déséquilibre et combler le manque, car il manque toujours des logements sociaux, et bien, une loi récente prévoit que la plupart des communes situées en agglomération devra disposer à terme d'au moins 20 % de logements sociaux. Alors, évidemment, ça ne va pas se faire en un jour. Prenons un exemple théorique. Une commune de 10 000 logements, d'après la loi, elle doit disposer de 2 000 logements sociaux. Or, il n'y en a que 1 000, le calcul est simple, il en manque 1 000. Eh bien, cette commune va avoir 20 ans pour combler son retard. Et d'ici là, on va l'inciter à construire les logements sociaux. Et ce n'est pas tout, on va la surveiller de très près. En effet, si elle ne remplissait pas ses obligations, et bien non seulement elle devrait payer des amendes, mais en plus, le préfet pourrait prendre la place du maire et décider d'installer des logements sociaux là où bon lui semble. À l'inverse, les villes qui ont déjà beaucoup de logements sociaux, n'ont pas le droit d'en supprimer. Alors, pour créer de la mixité sociale, c'est-à-dire, éviter qu'il n'y ait que des gens pauvres dans un quartier, ces communes cherchent à attirer des familles plus aisées. Elles leur proposent d'autres types de logements sociaux un peu mieux mais plus chers ou encore de devenir propriétaire d'un appartement. Eh ben, joli travail. C'est terminé. C'est bon. Ouais, c'est fini, Fred. Alors, c'est toute l'histoire des 4000 que tu nous racontes. Ouais, c'est un petit résumé, là, en fait. Ça commence dans par les bidonvilles, après, genre, il y a des grues, les phases de construction des immeubles. Les barres. Voilà. Les fameuses barres des 4000 et on arrive un peu, un peu dans une ville imaginaire pensée. Qui sera la cité de demain. C'est un coup de gueule, le graphe. Je pense un peu un coup de gueule quand tu vois des grandes surfaces qui sont blanches ou qui sont grises, alors que tu te dis tu fais de mal à personne, tu tu peins juste de la couleur sur un mur. Dis donc, grafer un camion, ça te dirait ? Quand tu veux, Fred. Ah ben, génial. Pas de problème. Et les garçons, Jamy a retrouvé Mongo et Jennifer et ils nous attendent. Bah, on y va. Oui oui oui oui. Ah non, Jamy, c'est pas ce qui a été prévu. On se lance. OK, Mongo, comme tu le sens, 3, 4. Écoute Jamy, c'est pas sorcier, se motiver, déterminés. On des forces, toutes des forces, Jamy. Ils sont forts, hein. Ils sont forts, hein. Ils sont forts, hein. Fais bien parce qu'après, c'est à toi. Non, non non, Fred, regarde bien. Ce sont les garçons qui dansent. Non, c'est pas possible. Ouais. Oui oui.

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