[0:04]Découvrir l'Iran, c'est effectué un voyage dans le temps au prémisse de notre civilisation, où jadis l'Empire Perse dominait le monde connu. Devenu République islamique d'Iran, le pays a vécu des heures sombres, mais il offre aujourd'hui un visage plus apaisé et aux multiples facettes. Celui des délicates céramiques bleues des monuments religieux d'Isfahan, de la grandeur de Persepolis, ou des richesses de Chiraz. Ici, l'hospitalité n'est pas un vain mot et du fin fond des montagnes du Zagros jusqu'aux portes du désert, les iraniens nous ont ouvert leurs portes pour un dépaysement magnifique.
[0:53]Téhéran, la capitale, est devenue en quelques années une mégalopole de 8 millions d'habitants. Contrairement aux autres grandes villes d'Iran, c'est une ville récente où l'histoire n'a laissé qu'une empreinte relative. La tour Azadi est un des symboles de Téhéran. Elle date de 1971, mesure 45 m de haut et elle est recouverte de 25000 plaques de marbre blanc d'Isfahan.
[1:26]Perse, Azéri, Gilaki ou encore Kurde, la population de l'Iran aujourd'hui est le résultat de près de 5000 ans d'histoire qui remonte aux prémisses de la Mésopotamie. Au cœur du centre historique de Téhéran, le palais du Golestan est l'un des plus anciens ensembles de Téhéran, construit à l'origine par la dynastie Safavide dans la ville historique fortifiée. Après la construction d'extensions au 19e siècle, le palais fut choisi comme résidence royale et siège du pouvoir par la famille dirigeante Qadjar.
[2:16]Le Talar et Salam était le salon de bienvenue avant d'avoir été la salle du trône. Des sculptures d'une grande finesse accompagnent un travail d'orfèvre autour de pierres précieuses.
[2:33]Les jardins dans les palais iraniens jouent toujours un rôle esthétique important. Un peu à l'écart, les Marabajir est un des plus vieux bâtiments du palais du Golestan.
[2:46]Il a été construit à l'époque du Shah Fatali. Il a connu plusieurs modifications pour ensuite être surtout utilisé l'été en raison d'une ventilation intelligente et efficace.
[3:02]À proximité, dans le centre-ville, les accès aux bazars sont en permanence animés.
[3:12]Le bazar est un acteur central du commerce en Iran.
[3:17]Selon les estimations, 8 % de l'économie du pays circule par le bazar, qui est plus qu'un simple marché. Sorte de vaste bourse informelle où les prix des principales marchandises y sont déterminés sur place.
[3:31]La ville a grandi trop vite. Les infrastructures n'ont pas encore tout suivi et les embouteillages sont à la hauteur de la taille de la capitale. Nous partons vers le nord de la ville. Le site culturel du Sa'd Abad est assez étonnant. Il met en valeur plusieurs résidences royales d'été qui étaient fréquentées sous le règne des Palavi. Pendant la révolution, tous les lieux qui faisaient référence aux différentes dynasties qui ont régné sur le pays étaient honnis. Aujourd'hui, comme Téhéran est une ville jeune, ces bâtiments comme le Palais vert, sont quasiment les seuls patrimoine historique existant. Ils ont donc été mis en valeur et sont largement visités par une population curieuse de l'opulence de ses résidences. Le palais Melat a surtout été occupé par le Shah Mohammed Reza et la reine Farah. Il avait été construit par son père en 1937. Il servait de résidence d'été où l'on organisait des réceptions dans la dizaine de salons. Plus bas dans la ville, le Palais Niavaran est la résidence où le dernier chat a passé plus de 10 ans de son règne. Un style très année 60, mais fonctionnel avec des tapis magnifiques qui étaient associés à des meubles de style européen. Sans pour autant négliger une influence napoléonienne manifeste.
[4:58]Dans les quartiers plus récents, la lente ouverture que connaît le pays se traduit aussi par l'émergence de cafés à l'européenne.
[5:11]Téhéran est à une altitude moyenne de 1200 m. La ville est entourée de montagnes et c'est en hiver que l'on perçoit le mieux cette évidence. Une des destinations privilégiées des habitants, c'est le Mont Tochal qui est desservi par un long télécabine qui part du pied de la capitale.
[5:40]On atteint le sommet par deux tronçons et déjà au premier arrêt, l'ambiance a complètement changé. La neige et le froid sont bien présents.
[6:01]C'est le point de départ pour de longues randonnées quand les conditions climatiques le permettent.
[6:23]Le sommet du Mont Tochal est à 3964 m d'altitude. La ville a laissé la place à une petite station de ski. Plusieurs télésièges permettent de profiter des pentes et de la neige.
[6:36]L'ambiance n'a rien à envier à d'autres stations de ski à travers le monde. Derrière le Tochal, plus au nord, la chaîne de l'Alborz s'étend à travers de magnifiques vallées. Au loin se dessine le Mont Damavand avec son cône quasi parfait qui culmine à 5671 m. Un des symboles de l'Iran.
[7:00]Dizin est la station de ski la plus connue et la plus ancienne d'Iran. À 2650 m d'altitude, elle bénéficie d'excellentes conditions de neige et possède plusieurs télécabines et télésièges.
[7:22]On y vient de Téhéran pour la journée. Pendant le week-end, les pentes et la station sont souvent très fréquentées.
[8:04]Là encore, on retrouve l'ambiance de petites stations de ski bien éloignées des préoccupations de la capitale qui n'est qu'à 2 heures de route environ.
[8:27]En prenant la route vers le nord du pays, la ville de Qazvin fut par le passé la capitale de l'Empire perse au 16e siècle. Aujourd'hui, plus connu pour ses experts en calligraphie, on y vient aussi en pèlerinage pour prier sur la tombe du fils d'un Imam, l'Imam Zadeh Hussein, très important chez les Chiites.
[8:49]Le mausolée a été construit au 14e siècle, reconstruit plus tard sous les Safavides et complété au 19e siècle par un grand portail Qadjar décoré de céramique.
[9:04]Les dignitaires religieux ou les personnes très pieuses ont le droit comme aujourd'hui, lors de leurs funérailles, de pouvoir rapprocher le tombeau.
[9:18]Le cénotaphe se trouve sous la coupole au centre d'une pièce décorée d'une mosaïque de miroirs.
[9:39]En poursuivant la route vers le nord, on arrive sur les plages de la mer Caspienne, une région particulièrement humide où le soleil se fait désirer. La pêche a été régulée par les autorités. Pour ce mois de mai, c'est déjà terminé pour plusieurs semaines.
[9:56]La saison balnéaire n'a pas encore commencé. Autour du port d'Anzali qui est le plus important de la côte nord, l'activité est soutenue.
[10:09]Quelques pêcheurs jettent quand même des filets. À la grande époque, Anzali était aussi un lieu de production important de caviar. La visite du port en canot à moteur reste une attraction.
[10:28]En fin de journée, dans le village voisin de Founan, c'est l'affluence. On y prépare une spécialité locale, le koulouch. Un biscuit fourré de noix et de sucre.
[10:42]La pâte est d'abord longuement pétrie.
[10:51]Puis on prépare le biscuit en y ajoutant dans le même temps la pâte de noix.
[11:00]Avant de l'enfourner pour quelques minutes, on y imprime une décoration en relief.
[11:27]La région de Guilan est le grenier et le verger du pays.
[11:33]Grâce à cette humidité, on y cultive notamment du riz.
[11:55]Un peu plus loin dans la plaine, ce sont les plantations de thé qui occupent le terrain.
[12:03]Les récoltes ont commencé depuis la fin avril.
[12:16]Malgré la pluie, les cadences sont soutenues pour un thé noir assez rustique qui dans ses arômes s'apparente à celui que l'on trouve en Turquie.
[12:35]Ali Farzad travaille pour le compte du propriétaire de ses terres et prépare les sacs qui vont partir vers l'usine.
[12:44]Nous commençons les récoltes habituellement à la fin avril.
[12:50]On en a en général pour une vingtaine de jours. On arrête ensuite pendant 3 semaines, 1 mois. Et là on refait une dernière récolte.
[13:14]Chai Chou est une des nombreuses usines de transformation de thé des environs. Les cueillettes du jour sont acheminées à l'étage où elles vont sécher. On boit beaucoup de thé en Iran, mais les récoltes de toute cette région couvrent à peine la demande locale.
[13:39]En Iran en général pour démarrer la journée, on commence par une tasse de thé. C'est une tradition.
[13:53]Et ici, dans le nord de l'Iran, on ne produit du thé que pour les gens de notre région.
[14:05]En quittant les plaines pour grimper dans la chaîne de l'Alborz, on atteint des villages caractéristiques de cette région de Guilan, comme ici à Masouleh.
[14:18]Située à 1000 m d'altitude, l'architecture de Masouleh est unique. Les bâtiments ont été construits à flanc de montagne et sont reliés entre eux. Les cours et les toits servent d'espace piéton de la même façon que les rues, puisque le toit d'une maison sert de cour à la maison qui est située au-dessous.
[14:46]Ici, on parle le Gilaki, le dialecte local qui possède beaucoup de racines caucasiennes. On y retrouve dans ce pays beaucoup de similitudes avec la culture turque.
[23:50]Nous sommes sur la place Naqsh-e Jahan où la mosquée de Jameh Abbasi est un des chefs-d'œuvre de l'architecture perse. L'entrée donne déjà le ton avec cette nuance de bleu que l'on retrouve dans les mosaïques et la calligraphie. Au-dessus de l'arche en marbre, chaque espace, chaque niche sont travaillés de manière complexe. Tout ont leur propre décoration.
[24:20]Nous sommes de retour sur la place Naqsh-e Jahan où la mosquée de Jameh Abbasi est un des chefs-d'œuvre de l'architecture perse.



