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La médecine interne - (Votre Santé) - HCL

HCL - Hospices Civils de Lyon

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[0:12]Bonjour et bonne année, nous sommes ravi de vous retrouver pour ce nouveau magazine de TLM dédié à votre santé en partenariat avec la Fondation Hospice civile de Lyon. Aujourd'hui, c'est à la médecine interne que nous allons nous intéresser, une médecine polyvalente assez peu connue. Nous rencontrerons le professeur Pascal Sève, médecin interniste à l'hôpital de la Croix-Rousse, ainsi que l'équipe du service et une patiente pour mieux comprendre cette approche passionnante que représente la médecine interne. Alors bonjour professeur Sève, alors encore plus que dans n'importe quel domaine la définition s'impose, qu'est-ce que la médecine interne et qu'appelle-t-on un interniste ? En Amérique du Nord ou au nord de l'Europe, les médecins internistes sont des médecins hospitaliers qui vont intervenir pour la prise en charge de patients qui ont plusieurs maladies ou qui posent des problèmes diagnostiques. Alors parmi eux, il y a un interniste qui est plus particulièrement célèbre, c'est le docteur Gregory House qui exerce le métier de diagnosticien. Donc pour les internistes en France, on a ce mode d'exercice auquel s'ajoute la prise en charge de patients qui ont ce qu'on appelle des maladies systémiques. Ce sont des maladies qui touchent plusieurs organes, qui sont des maladies rares, de mécanisme inflammatoire assez souvent. L'interniste suit donc une formation très longue pour sa sur-spécialisation ? La formation de de l'interniste est particulièrement longue. On a tout d'abord donc ce qu'on appelle la formation initiale, qui pour tous les médecins est de 6 ans. Ensuite, les médecins vont passer un examen qui est pour tout le monde le même et ensuite ils deviennent internes. Donc pour les médecins internistes, l'internat fait partie des plus longs puisqu'il est de 5 ans. À l'issue de ces 5 ans, les internes deviennent médecins en passant la thèse de médecine et donc à ces 6 plus 5 11 ans, s'ajoute généralement 2 ans en tant de en tant que chef de clinique. Est-ce qu'on peut comparer les médecins internistes à des décathlonniers de la médecine ?

[2:27]Alors effectivement, c'est l'image qui est souvent donnée pour les les médecins internistes qui doivent réunir des compétences dans plusieurs domaines. Des connaissances en cardiologie, en pneumologie, dans les maladies infectieuses, euh dans les maladies cancéreuses, dans euh les problèmes aussi vasculaires, en hématologie. Je n'hésiterai pas tous. Pouvez-vous nous donner un aperçu des cas soumis à l'expertise de votre service ? Je donnerai deux exemples. Sont hospitalisés 24 patients et c'est souvent 24 pathologies différentes. Des patients qui ont des problèmes d'insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, maladie du foi. Autre élément de la diversité de l'exercice en médecine interne, c'est l'activité de recours. C'est des patients qui sont généralement pris en charge donc en consultation et parmi ces maladies systémiques, il y a des maladies qui peuvent toucher donc le système immunitaire. Comme le lupus, la maladie de Gougerot qui donne les yeux secs et la bouche sèche. Et je dirais que c'est cette diversité qui fait l'intérêt, la richesse à mon sens de de notre spécialité. Nous sommes ici dans un service de médecine interne, mais qui pour autant est spécialisée et même centre de référence pour deux pathologies. Pouvez-vous nous expliquer ? Tout d'abord l'inflammation oculaire, ce qu'on appelle les uvéites qui peuvent être lié à des maladies de système. Et d'autre part une autre maladie qui est une maladie du système immunitaire qui peut toucher plusieurs organes qui s'appelle la sarcoïdose. Donc nous avons développé une activité de référence avec une collaboration sur le plan national qui nous amène à prendre en charge des patients qui viennent de la région Ronal mais également d'autres régions de France. La liste est longue pour l'interniste qui devient leur référent pour tous les cas cités. Il voit aussi les maladies polypathologiques, c'est-à-dire atteint de plusieurs maladies dont il faut hiérarchiser les priorités et gérer traitements et interactions médicamenteuses. Les médecins internistes ne sont donc pas des internes en médecine, en revanche, il est possible d'être interne en médecine interne. C'est le cas de Pierre Grume, qui après 6 années d'études en médecine poursuit par un cycle de 5 ans en médecine interne et est actuellement en 4e année d'internat à l'hôpital de la Croix-Rousse. Alors quelle a été votre motivation pour choisir un cursus aussi long ? Ma motivation, c'était que c'est en fait, ça m'a toujours intéressé cette spécialité parce que c'est très très varié, on voit vraiment beaucoup de choses et du coup en contrepartie, bah c'est long parce que il y a énormément de choses à apprendre. Mais moi c'était ça m'a pas bloqué plus que ça. Peut-on simplifier en disant que vous aimez les situations compliquées avec des énigmes à résoudre ? En partie, on peut dire ça, c'est un des aspects de la spécialité, mais pas que. Alors effectivement on aime bien quand on tombe sur des cas un peu compliqués, de se, voilà de chercher un peu loin et essayer de comprendre ce qui se passe et on est surtout content dès qu'on a trouvé. Ça arrive qu'on ne trouve pas, mais dans tous les cas, c'est très formateur pour la suite et pour les prochains patients. Par définition, dans un service de médecine interne, on rencontre des patients très différents de tous âges et atteint de tout types de pathologies. Leur point commun, ils sont tous à la recherche d'un diagnostic, d'une vérité et de solution. Damien Decrand a suivi une patiente en consultation de médecine interne après de longues années d'errance médicale. reportage. Bonjour madame Aranda. Bonjour professeur. Comment ça va ? Entrez, je vous en prie. Aujourd'hui, Marie vient en consultation au service de médecine interne de l'hôpital de la Croix-Rousse pour rencontrer le professeur Brousolle. Une consultation comme une simple visite de suivi car le plus dur pour Marie est désormais derrière elle. J'étais en bonne santé jusqu'en 2007, à peu près et j'ai commencé à tousser, tousser, une tout tout à fait particulière. Et sèche, on n'a pas trouvé tout de suite la l'origine de cette tout. J'ai fait pas mal de consultations auprès de spécialistes. Je suis, j'ai passé pas mal d'examens. Malheureusement, on n'arrivait pas à déterminer l'origine de cette tout.

[7:06]Madame Aranda avait une symptomatologie qui était très atypique puisqu'elle avait une toux isolée sans les autres symptômes classiques de la maladie de Horton. Il est vrai que en médecine interne, nous sommes je dirais très habitués à euh à accueillir des patients dont les symptômes euh sont euh un peu inhabituels ou mal expliqués et euh qui nécessitent une prise en charge euh avec une vision euh d'ensemble et une connaissance des formes atypiques de certaines maladies. C'est en 2010, à la suite d'une analyse qui a révélé une inflammation importante dans le sang, ainsi qu'une vitesse de sédimentation accélérée qu'un rendez-vous a été pris auprès du service de médecine interne de l'hôpital de la Croix-Rousse. J'ai été reçu par le professeur Sève de la, de la médecine interne de la Croix-Rousse qui euh a rapidement diagnostiqué la maladie d'Horton. J'étais très très très satisfaite du résultat et d'avoir trouvé quelqu'un qui puisse mettre un nom sur cette maladie. Une consultation qui s'est transformée en une hospitalisation. Une biopsie temporale a confirmé le diagnostic et si Marie a enfin pu mettre un nom sur sa maladie, elle a surtout pu commencer à se soigner grâce à la mise en place d'un traitement enfin efficace.

[8:49]Alors Marion, vous êtes infirmière, quelle est la spécificité et la difficulté de votre fonction par rapport à un autre service notamment en terme de relation avec les patients. Alors l'intérêt du service en médecine interne, c'est que c'est la la polyvalence, c'est-à-dire on on voit beaucoup de pathologies différentes, on on est vraiment dans la la prise en charge, il y a plusieurs étapes, c'est-à-dire on accompagne le patient dans la découverte du diagnostic. accompagner la famille aussi, si c'est une personne âgée qui est un peu perdue, la recadrer, lui expliquer la situation, savoir euh surveiller et vérifier les traitements adéquats et savoir adapter notre discours au patient par rapport à sa situation et sa pathologie. Le personnel infirmier a donc un rôle capital en terme de relais du médecin sur le plan de l'éducation thérapeutique. Quelle est votre formation ? À l'école, on apprend les pathologies et les conduites à tenir en dans les cas des différentes pathologies, notamment ici, on a beaucoup de diabéto. Donc on nous apprend l'éducation de base. Après, c'est sur le terrain. Moi, j'ai la chance d'avoir une équipe qui a beaucoup de connaissances parce que je suis la dernière arrivée et qui m'a vraiment appris énormément, qui a mis en place des des des documents qui servent à éduquer le patient. Donc c'est c'est vraiment sur le terrain et on apprend tout le temps au niveau des enfin quand on est en contact avec les patients et les pathologies, on se, on se forme tout le temps. Au final, l'interniste doit s'intéresser à tout, y compris à la psychiatrie pour arriver au bon diagnostic final avec une vision très globale. L'élément essentiel de notre prise en charge, elle repose sur l'examen clinique et en particulier l'écoute, l'écoute attentive du patient. Ensuite, l'interrogatoire qui doit être ciblé et parfois policier et complété par l'examen physique qui sont les vraiment les éléments essentiels de la prise en charge et qui permettent parfois de faire des diagnostics inattendus. Et bien entendu, avec pour objectif de rendre service aux patients. Les HCL se sont dotés d'une fondation qui fait appel à la générosité publique pour contribuer au financement de projets portés par les équipes médicales au bénéfice des patients. Quel est au sein de votre service euh l'urgence à laquelle les Lyonnais via la fondation pourraient vous aider à répondre ? La la demande à porté sur la recherche et la recherche sur les maladies rares dont je vous ai parlé, les maladies systémiques et en particulier avec les deux problématiques qui sont les deux orientations du service. Les Uvéites et la sarcoïdose. Peu de moyens sont donnés pour la recherche dans ces maladies, à la fois pour mieux les comprendre avec l'épidémiologie. Et on dispose en France d'une base de données qui est au niveau national, qui est celle de l'assurance maladie et pour obtenir des données au niveau de cette base et surtout l'analyser avec des données extrêmement complexes. C'est une démarche qui est longue et coûteuse. À la base de la médecine interne, se trouve donc l'écoute à la lumière de la connaissance pour établir un diagnostic. La valeur ajoutée de cette médecine polyvalente augmente avec le temps car la tendance est aujourd'hui de plus en plus à la médecine de spécialité. Or l'interniste reste le seul à garder une vision suffisamment transversale. Notre émission est à présent terminée, nous remercions tout le service de médecine interne de l'hôpital de la Croix-Rousse de nous avoir accueillis et merci à vous de nous avoir suivi. Pour plus d'informations sur la fondation Hospice Civile de Lyon et pour contribuer au financement des nombreux projets qu'elle met en œuvre, retrouvez toutes les informations utiles afin d'envoyer vos dons déductibles de vos impôts sur le site www.fondationhcl.fr. Enfin, si cette émission vous a intéressé et que vous voulez en savoir plus, que vous avez des suggestions à nous faire, vos réactions sur les réseaux sociaux avec le hashtag votre santé. Le mois prochain, nous reviendrons à l'hôpital de la Croix-Rousse pour rencontrer le professeur Pierre Lanne, chef de service en cardiologie et spécialiste de l'hypertension artérielle.

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