[0:01]Salut à toutes et à tous, aujourd'hui, je vous emmène à la découverte des éoliennes. On s'en serait douté, Fred. Oui, je sais, la petite voix, mais si on a l'habitude de voir des éoliennes sur le bord des routes, en revanche, on ne sait pas vraiment ce qui se cache à l'intérieur, ni comment elles font pour transformer le vent en électricité. Alors aujourd'hui, nous allons rentrer dans les entrailles d'une éolienne. C'est pas du vent ? Non, c'est pas du vent. Enfin si, c'est du vent, mais c'est aussi de la haute technologie. C'est parti.
[0:46]Bon alors petite question, savez-vous comment on transforme l'énergie cinétique du vent, c'est-à-dire l'énergie liée à sa masse et à sa vitesse, en énergie mécanique et ensuite en électricité. En brassant de l'air ? Exactement, mais pour cela, il faut d'abord avoir une hélice sur une éolienne, on appelle ça un rotor et en général, il est composé de trois pales. Plus le diamètre du rotor est important, plus l'éolienne est puissante. Et puis regardez bien, les pales sont profilées comme des ailes d'avion, ce qui leur donne une force de portance, sinon, et bien sinon, elle ne tournerait pas.
[1:28]Il faut un mat aussi. Ah bah oui, il faut aussi un mat très haut, celui-ci fait environ 80 m au niveau de la nacelle. Alors non seulement parce que les pales sont très grandes pour brasser beaucoup d'air, mais aussi parce que plus on va haut, plus les vents sont forts et réguliers. Donc c'est ainsi que l'on transforme l'énergie cinétique du vent en énergie mécanique. Et après, pour l'électricité ? Ah pour l'électricité, c'est encore une autre histoire et pour cela, il faut monter tout là-haut dans la nacelle. On va se préparer.
[2:20]On a de la chance ici parce qu'on a l'ascenseur. Exactement. Parce que parfois c'est avec l'échelle qu'il faut monter. OK, c'est parti.
[2:42]Alors, pour la production d'électricité, ça se passe ici, dans la nacelle. Celle-ci est particulièrement grande, on peut se tenir debout, c'est plus pratique pour pouvoir entretenir le matériel. C'est d'ailleurs ce que l'on est en train de faire, là, on a enlevé le carter de l'axe. Regardez bien, ça c'est l'axe du rotor. Évidemment, quand l'éolienne est en marche, l'axe tourne. Et venez voir, je vous emmène à l'arrière de la nacelle, lorsque l'axe tourne, et bien, il entraîne avec lui un générateur. En fait, c'est un gros aimant qui est protégé dans ce carter. Et quand le générateur tourne, et bien il produit de l'électricité. Tu connais le principe, la petite voix ? Bah oui, c'est le principe de la dynamo, un aimant qui tourne dans une bobine de fil de cuivre et ça crée un courant électrique. Exactement, mais attention, entre l'axe du rotor et le générateur, il y a ce que l'on appelle le multiplicateur. En fait, c'est une boîte de vitesse qui permet de multiplier le nombre de tours par minute. Ainsi, pour produire de l'électricité dans les conditions optimales, lorsque le rotor tourne à 15 tours par minute, le générateur, lui, grâce au multiplicateur, tourne à 1800 tours par minute. Et venez voir, c'est vraiment de la mécanique de précision. Magnifique.
[4:16]Ah ça fait du bien de prendre l'air. Alors regardez, à l'extérieur de la nacelle, à l'arrière, il y a un anémomètre ultrasonique. C'est un appareil qui permet d'enregistrer la force et la vitesse du vent et grâce à ses mesures, et bien la nacelle, mais également les pales de l'éolienne, s'orientent automatiquement pour prendre le vent le mieux possible. Et après, l'électricité, elle va où ? Bah, tu es passé où ? Je suis là. Alors après, et bien après l'électricité circule à la vitesse de la lumière. Enfin, presque. Dans un câble qui descend à l'intérieur du mâ jusqu'à un transformateur situé au pied du mâ qui va élever la tension du courant électrique à 20000 V pour qu'il circule plus facilement dans le réseau de distribution. Voilà comment ça marche une éolienne. Allez, je rentre.
[5:30]Déjà là ? Oui, mais je suis à bout de souffle. À propos de souffle, j'ai entendu dire, Tu as entendu dire quoi ? J'ai entendu dire que l'énergie éolienne est intermittente. Enfin, je veux dire, pas de vent, pas d'électricité. Alors déjà, le terme intermittent est scientifiquement inexact. Si on prend une ampoule électrique par exemple, qui s'allume et s'éteint avec un interrupteur, ça c'est intermittent. L'énergie éolienne, elle est en réalité variable, car la puissance de sa production varie, elle n'est pas toujours à son maximum, mais elle produit la majeure partie du temps. Un peu comme une ampoule électrique dont on fait varier la puissance avec un variateur, compris ? Compris. Mais il faut du vent quand même. Alors bien sûr, il faut un minimum de vent à partir de 10 km/h devant une éolienne commence à produire de l'électricité. Ensuite, sa vitesse de rotation augmente proportionnellement jusqu'à environ 50 km/h de vent. Là, l'éolienne atteint sa puissance nominale, c'est-à-dire sa meilleure puissance de production. Au-delà de cette vitesse, on diminue volontairement la prise au vent des pales pour rester stable au niveau de la puissance nominale. Et quand le vent approche les 100 km/h, oh là, on arrête la machine avec un frein pour éviter l'usure excessive des pièces voir leur casse. Résultat, selon les chiffres officiels de la ADM, c'est l'agence de la transition écologique sur le territoire français, les éoliennes tournent et produisent de l'électricité en moyenne 90 % du temps. J'avais entendu dire seulement 25 % du temps. Attention, il ne faut pas confondre quand on parle de 25 %, cela signifie qu'elles produisent à leur puissance maximum 25 % du temps sur une année. C'est ce que l'on appelle le facteur de charge, mais ça ne veut pas dire qu'elle ne tourne que 25 % du temps. Non, en France sur une année, les éoliennes produisent de l'électricité en moyenne 90 % du temps. Et l'évolution des technologies permet de produire de l'énergie avec des vents de plus en plus faibles. Ah merci pour la précision. De rien. Donc l'avantage, c'est qu'une éolienne produit de l'électricité avec une ressource naturelle et inépuisable, le vent et tout cela sans émettre de gaz à effet de serre. Ça c'est sûr et comme ça, on lutte contre le réchauffement climatique, non ? Exactement, mais ça c'est une autre histoire. Allez, je vous dis à bientôt pour la suite de notre saga sur les éoliennes. Ciao !



