[0:00]Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à un roman qui s'intitule Le Diable amoureux. Il s'agit d'un roman de Jacques Cazotte publié en 1772.
[0:38]Lors d'une soirée avec des amis à Naples, Alvare rencontre Soberano. C'est un homme qui l'intrigue, qui répond à ses questions, semble tout connaître et qui est capable de communiquer avec les esprits. Alvare veut lui aussi avoir ce dernier don. Soberano lui dit qu'il faut au minimum 2 ans de préparation. Alvare lui en meurt d'impatience. Il dit qu'il se débrouillera sans, qu'il sera capable de prendre le dessus sur les esprits et même de tirer les oreilles du diable. Soberano lui donne rendez-vous quelques jours plus tard dans des ruines. Alvare est placé dans un cercle et Soberano lui dit une formule à réciter, après quoi, il devra appeler trois fois Belzébuth. Soberano et ses amis s'éloignent pour le laisser seul quelques instants. Alvare fait ce qu'on lui a dit de faire. Un chameau apparaît et lui demande en italien, tu veux quoi ? Sous l'ordre de Don Alvare, le chameau vomit une espagnolette. Il demande ensuite à avoir un buffet et une décoration somptueuse. Tout est fait. Il ordonne au chien de se mettre en livrée et d'aller chercher ses amis. Ses amis viennent et prennent part au festin. Alvare demande une chanteuse d'opéra et il l'obtient. Le groupe rentre en voiture. Alvare rentre chez lui et il est accompagné de Biondetto, qui est l'esprit transformé en page. Alvare veut le renvoyer, mais l'esprit n'est pas d'accord. La bienséance ne veut pas qu'un homme laisse partir une femme durant la nuit. Alvare l'autorise à dormir dans sa chambre. Alvare se couche, il est si agité que son lit se casse et Biondetta court dans ses bras. Alvare la repousse et elle retourne sur la natte. Le lendemain matin Biondetta est encore là. Elle dit être tombée amoureuse d'Alvare dès qu'elle l'a vu dans les ruines. Elle s'imagine qu'elle sera heureuse si elle forme un couple avec Alvare. Alvare dit qu'il faut qu'il sorte pour chercher de l'argent. Biondetta le lui en prête. Elle lui fait réciter une formule qui crée un lien de subordination entre elle et Alvare. Alvare prend une voiture et il part avec Biondetta. Ils arrivent à Venise. Dans la chambre d'une auberge, Alvare croit être débarrassé de Biondetta, cependant le page arrive et il lui amène des domestiques. Don Alvare va voir le banquier de sa mère. Ce banquier lui donne de l'argent qui proviendrait de sa mère. De retour à l'auberge, Alvare rembourse Biondetta. Les jours suivants, il joue au jeu, il va à l'opéra, au carnaval, il rencontre des gens. Puis, Alvare perd tous ses gains en jouant une fois de trop. Biondetta lui reprête de l'argent. Elle lui donne des conseils pour jouer, car les jeux de hasard ne sont pas dus au hasard, mais suivent des lois de probabilité. Il regagne l'argent perdu et rembourse Biondetta. Alvare nous des relations avec une femme qui s'appelle Olympia. Cette femme trouve bizarre le comportement d'Alvare envers le page, surtout que quelqu'un a vu dans le trou d'une serrure qu'il ne s'agit pas d'un homme, mais d'une femme qu'Alvare rend malheureuse. Olympia veut qu'Alvare vire cette femme. Le lendemain, Biondetta montre à Alvare une lettre qu'elle a reçue. Ce serait Olympia qui lui fait des menaces et qui lui demande de partir sous peine de la tuer. Don Alvare veut quitter Olympia et il loue une maison sur la Brenta. En revenant à son auberge de Venise, il entend du bruit dans la chambre d'à côté et dans la serrure, il voit Biondetta en pleine rêverie amoureuse, en train de composer un morceau au clavecin et au chant. Elle est triste car elle se doute que si Alvare la voyait sous sa vraie forme, il n'en voudrait pas. Alvare veut fuir dans la maison louée sans prévenir Biondetta. Cependant, quand il prend une gondole, elle le suit. Elle se fait poignarder par un homme masqué. Il s'agirait de Bernadillo, qui est un homme qui a assisté à l'évocation du diable à Naples. Cet homme serait peut-être envoyé par Olympia. Alvare ramène Biondetta blessée à l'auberge. On craint pour sa vie. Cela émeut Don Alvare. Il veut mourir si Biondetta venait à mourir et il veut tuer Olympia. Biondetta s'en remet, Don Alvare a de la douceur envers elle. Il lui demande qui elle est. Elle dit que ses amis à Naples lui ont fait évoquer les esprits dans le but de la servir en utilisant la peur. Des êtres merveilleux ont décidé d'aider Alvare contre ses ennemis. Elle dit être une sylphide. Elle peut prendre un corps. Si elle se transforme en femme, ses compagnes ne peuvent plus l'aider et elle perd ses droits, mais elle sera aimée et aimera. Elle dit ne plus pouvoir quitter ce corps de femme. Les mois passent, ils sont heureux ensemble. Un jour, Biondetta lui demande un abandon absolu. Le chien tire les vêtements de son maître. Alvare l'enferme dans la maison. Biondetta lui dit que sa mère veut qu'il se marie, mais qu'il faut qu'il ait déjà l'accord de sa mère. Alvare s'en va à Venise pour suivre le procès d'Olympia. Il va dans une église. Il croit y voir le visage de sa mère sur une statue. Il décide d'aller voir sa propre mère et de lui parler de son projet de mariage. Il décide d'aller sur le champ questionner sa mère qui est en Espagne. Il envoie une lettre à Biondetta pour la prévenir de son projet et pour lui envoyer de l'argent. Il retrouve Biondetta en chemin, alors que cela n'était pas prévu. Biondetta a dit que Bernadillo les aurait suivis à Venise et qu'une fois Alvare parti, il a fait envahir par des fantômes la maison de la Brenta. On accuse Biondetta d'avoir enlevé Alvare. Elle a pris une chaise pour pouvoir rejoindre Alvare. Peu avant l'arrivée au château de Maravillas, ils sont obligés de s'arrêter dans une grange. Ils se rendront compte que Biondetta a peur de l'orage. Le lendemain, ils ne peuvent pas repartir car les mulets ne sont pas en état. Alvare paie un homme qui possède des mulets afin de l'emmener chez sa mère. Avant de partir, Alvare croise le chemin d'une femme qui lui dit que sa mère est très malade. Son frère est furieux contre lui et sa mère est mourante à cause des courriers disant du mal de la conduite d'Alvare. En route, les cieux se cassent. Alvare et Biondetta vont chez un fermier qui s'appelle Marcos. Il a une forge, mais il ne peut pas les aider aujourd'hui car c'est le jour de son mariage. Il les invite. Il y a un festin et un bal. Deux Égyptiennes parlent à Alvare. Biondetta s'arrête de danser et emmène Alvare, alors que les deux Égyptiennes s'apprêtaient à lui dire qui est vraiment Biondetta. Alvare va les revoir, mais Biondetta empêche encore Alvare d'entendre les réponses des Égyptiennes. Le soir, on conduit le couple dans une chambre. Alvare et Biondetta couchent ensemble. Biondetta finit par lui avouer qu'elle est le diable. Alvare voit des animations sur la corniche, puis il voit le chameau. De peur, il se cache sous le lit. Le lendemain, Marcos se réveille. Il lui dit de se dépêcher s'il veut aller à son château, car il a beaucoup dormi. Biondetta est déjà partie sur une mule et elle l'attendra dans un village. Alvare pense avoir rêvé. Il part en voiture, il passe dans le village où Biondetta devait le retrouver. Il ne la retrouve pas dans ce lieu. Il arrive chez sa mère. Il se rend compte que tout ce qui s'est passé depuis qu'il est en Espagne n'était qu'une illusion. Un médecin considère son cas, il le prend au sérieux et il lui dit que le diable est parti, car il n'a pas réussi à corrompre Alvare grâce à ses bonnes intentions et grâce à de réels remords. Alvare a énormément de points négatifs. Il est joueur sans savoir jouer, comme le dira Biondetta. Il n'est pas curieux. Ainsi, ce n'est qu'après qu'Olympia lui a dit que quelqu'un regardait par la serrure qu'il fait de même. Il ne le fait que par mimétisme. Au début, il veut avoir le don de converser avec les esprits, tout ça parce que Soberano a ce don. Après l'évocation, le chameau lui demande qu'est-ce qu'il veut. Alvare ne répond pas à la question, mais il en formule une autre. Ensuite, Alvare n'écoute pas les secours. Il ne fait pas attention au chien quand il tire ses vêtements, il ne fait pas attention à la statue dans une église qui ressemble à sa mère. Alvare ne voit pas les pièges. Il ne voit pas par exemple que les nombreux accidents sur la route pour aller en Espagne ne font que ralentir son arrivée vers sa mère qui est son secours. Alvare n'écoute même pas son instinct. Plusieurs fois il a senti qu'il devait fuir, mais cependant, il ne le fait pas. Rien ne lui met la puce à l'oreille. Il y a par exemple le cas d'une jeune femme qui lui prête toujours de l'argent qui sort d'on ne sait où. Il y a aussi toutes les fois où il gagne au jeu. Don Alvare oublie tout. La beauté de Biondetta lui fait oublier qu'elle n'est pas humaine et qu'elle peut ressembler à ce chameau monstrueux qu'il a aperçu dans les ruines. Don Alvare est peureux. Il ne règle pas ses problèmes tout seul, il a besoin de faire appel à sa mère, il se cache sous le lit. Quand il est dans le cercle des ruines, il pense rappeler Soberano, mais il ne le fait pas car il a peur d'être ridicule. Un dernier point négatif d'Alvare réside dans son inconscience. Il accepte qu'une créature qui lui vient d'invoquer dorme dans sa chambre la nuit pendant qu'il dort. Le diable fait exactement tout ce qu'il faut. Il n'est pas imprudent ou en l'air comme Alvare. Il sait quels mots employés quand Alvare ne veut plus de Biondetta. Biondetta sait aussi se mettre à plat ventre quand il le faut. Elle est certainement la cause des accidents sur la route pour aller en Espagne. Elle fait tout pour qu'Alvare n'aille pas voir sa mère. Il y a par exemple les mensonges sur son frère qui serait en colère. Il y a aussi le fait qu'elle dit qu'ils sont mariés, alors que cela n'est pas le cas. Le diable ment également quand il lui dit que Biondetta est une sylphe. Le diable sait prendre l'apparence d'un corps qui plaît à Alvare. Le diable a certains pouvoirs. Il a par exemple le pouvoir de savoir où est Alvare. Il y a par exemple quand Alvare est sur une gondole à Venise, près à partir. Il y a également le cas quand le diable le retrouve en chemin vers l'Espagne. Le diable fait tout pour attirer la sympathie de Don Alvare. Il lui fait par exemple croire que les femmes sont jalouses d'elle, que les gens veulent la tuer. Elle montre même une lettre de menace. Le diable sait se montrer comme une victime. Le roman met volontairement ses personnages, ainsi que les lecteurs dans le flou. On ne sait jamais clairement quand le diable prend l'apparence de Biondetto ou bien de Biondetta. On est toujours entre le rêve et la réalité. Par exemple le lendemain de la nuit de noce des mariés, Alvare se réveille habillé dans son lit. S'il avait effectivement couché avec le diable, il ne serait pas habillé. Il y a également un flou qu'il y a entre l'identité du diable. Est-ce vraiment le diable ou est-ce une sylphe ? À la fin du roman, nous pouvons encore avoir un doute, s'agissait-il de l'œuvre du diable ou bien d'une illusion. Biondetta est dans le registre de la séduction. Elle se peigne le lendemain de son évocation. Elle prend grand soin de ses cheveux, par exemple en faisant des coiffures. Le soir de son arrivée dans la chambre d'Alvare, au moment où le lit s'écroule, elle laisse apparaître sa cuisse qu'Alvare ne loupe pas. Il y a de la séduction quand Alvare voit le corps de Biondetta après qu'elle ait été poignardée. Il y a également toutes les fois où elle se jette dans ses bras. Nous pourrons nous demander si toutes ces scènes sont de la séduction ou de la tentation. Le diable met ici un voile sur la tentation afin de la déguiser en séduction. La tentation peut être définie comme l'utilisation du mensonge, ayant pour but final de faire consommer une action mauvaise en faisant oublier la vraie identité de l'action commise. Ceci peut également être le cas de la séduction, mais globalement, la séduction peut être définie comme l'utilisation de la vérité dans le but final de faire consommer une bonne action en montrant la vraie identité de l'action commise. Le vénérable docteur ne s'est pas attendu. Il a l'imposé, même avant de parler par la gravité de son maintien. Ma mère me fait recommencer devant lui, la veuve sincère de mon étourderie et des suites qu'elle avait eu. Il m'écoutait avec une attention mêlée d'étonnement et sans m'interrompre. Lorsque je l'ai achevée, après s'être un peu recueilli, il prit la parole en ce terme. Certainement, Seigneur Alvare, vous venez d'échapper au plus grand péril auquel un homme puisse être exposé par sa faute. Vous avez provoqué l'esprit malin et lui avez fourni par une suite d'imprudence, tous les déguisements dont il avait besoin pour parvenir à vous tromper et à vous perdre. Votre aventure est bien extraordinaire, je n'ai rien lu de semblable dans la démonomanie de Bodin, ni dans le monde enchanté de Béquet. Il faut convenir que depuis que ces grands hommes ont écrit, notre ennemi s'est prodigieusement raffiné sur la manière de former ses attaques, en profitant des ruses que les hommes du siècle emploient réciproquement pour se corrompre. Il copie la nature fidèlement et avec choix. Il emploie la ressource des talents aimables, donne des fêtes bien entendues, fait parler aux passions leur plus séduisant langage. Il imite même jusqu'à un certain point la vertu. Cela m'ouvre les yeux sur beaucoup de choses qui se passent. Je vois d'ici bien des grottes plus dangereuses que celles de Portici et une multitude d'obsédés qui malheureusement ne se doute pas de l'être. À votre égard, en prenant des précautions sages pour le présent et pour l'avenir, je vous crois entièrement délivré. Votre ennemi s'est retiré. Cela n'est pas équivoque, il vous a séduit, il est vrai, mais il n'a pu parvenir à vous corrompre. Vos attentions, vos remords vous ont préservé à l'aide des secours extraordinaires que vous avez reçus. Ainsi, son prétendu triomphe et votre défaite n'ont été pour vous et pour lui qu'une illusion, dont le repentir achèvera de vous laver. Quant à lui, une retraite forcée a été son partage, mais admirez comme il a su la couvrir et laisser en partant le trouble dans votre esprit et des intelligences dans votre cœur pour pouvoir renouveler l'attaque si vous lui en fournissez l'occasion. Après vous avoir ébloui autant que vous avez voulu l'être, contraint de se montrer à vous dans toute sa difformité, il obéit en esclave qui prémédite la révolte. Il ne veut vous laisser aucune idée raisonnable et distincte, mêlant le grotesque au terrible, le puéril de ses scargaux lumineux à la découverte effrayante de son horrible tête. Enfin, le mensonge à la vérité, le repos à la veille, de manière que votre esprit confus ne distingue rien et que vous puissiez croire que la vision qui vous a frappé était moins l'effet de sa malice qu'un rêve occasionné par les vapeurs de votre cerveau. Mais il a soigneusement isolé l'idée de ce fantôme agréable, dont il s'est longtemps servi pour vous égarer. Il la rapprochera si vous lui lui rendez possible. Je ne crois pas cependant que la barrière du cloître ou de notre état soit celle que vous deviez lui opposer. Votre vocation n'est point assez décidée. Les gens instruits par leur expérience sont nécessaires dans le monde. Croyez-moi, formez des liens légitimes avec une personne du sexe, que votre respectable mère préside à votre choix. Et due, celle que vous tiendrez de sa main, avoir des grâces et des talents célestes. Vous ne serez jamais tenté de la prendre pour le diable.



