[0:01]Monsieur le Président, bonsoir. Bonsoir. Nous sommes ici à Nairobi où s'achève sous la pluie qu'on entend le sommet Africa Forward qui a réuni une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement du continent. Sommet qui se veut le reflet d'une relation renouvelée avec l'Afrique. À mes côtés pour vous interroger, Stéphane Ballon, France 24. Bonsoir monsieur le Président. Bonsoir. Mounia Daoudi, RFI, Radio France internationale. Bonsoir monsieur le Président. Bonsoir. En 2021 à Montpellier, vous faisiez le choix de la rupture en vous adressant à la jeunesse et aux diasporas africaines. Aujourd'hui à Nairobi, on est sur une formule un peu hybride, business, politique, dans un pays anglophone, une première. Est-ce que c'est la formule qui va permettre de rebâtir la relation entre la France et l'Afrique ? Alors en tout cas, la la réinventer et clairement acté que c'est un partenariat d'égal à égal, c'est ce qu'on veut, avec des changements profonds qui sont opérés ces dix dernières années. La relation entre l'Afrique et la France, elle est là, elle est très forte, elle est très forte par notre présence dans le continent. Elle est très en tous les domaines, elle est très forte par aussi des destins partagés, les diasporas dans notre pays. Donc cette ce lien, il est il est déjà très fort. Néanmoins ce qu'on a voulu ici faire, d'abord c'est commencer par la jeunesse, hier. Avoir des moments très forts sur la culture sur le sport, sur l'économie et aujourd'hui en effet un sommet avec les dirigeants pour la première fois des dirigeants d'entreprise avec les chefs les chefs d'État et de gouvernement et au fond avoir un agenda nouveau qui est codessiné. C'est-à-dire on codesine et on co-investit. Les termes, le langage change, mais au fond on y reviendra sans doute, c'est aussi le fruit de de 10 années de réinvestissement, de décisions profondes et quand on parle de la culture, quand on parle du sport, quand on parle de l'économie, d'une réinvention un peu de cette relation. Alors, vous parlez de réinvention. Vous insistez sur une approche économique pour renouveler ce partenariat avec l'Afrique. Mais compte tenu des contraintes budgétaires de la France, est-ce que vous avez les moyens justement de rivaliser avec des puissances comme la Chine ou les États-Unis ? Oui, résolument. D'abord parce que les États-Unis ont coupé bien plus massivement que nous leur aide pour des raisons eux idéologiques. La France, après ma première élection, a beaucoup monté son aide publique au développement. Avec une loi aussi pluriannuelle, la difficulté budgétaire, la réalité politique aussi ont fait que les les choix qui ont été faits par le parlement ces deux dernières années ont plutôt rebaisser la courbe. Néanmoins, elle est supérieure à ce qu'on avait en 2017. Mais le plus important, c'est qu'au fond, et d'ailleurs le président l'a lui-même dit, c'est pas de l'aide budgétaire que demandent les pays africains avant tout. Ils veulent de l'investissement. Et c'est aussi une façon de changer complètement de logiciel, c'est pas nous qui venons vous dire vous avez besoin de ça ou ça, on va vous mettre de l'argent. Avec souvent de l'incompréhension chez nous de gens qui disent bah attendez, on nous explique il y a plus d'argent pour nos universités, nos écoles, vous allez dépenser cet argent-là à l'autre bout du monde. Là, c'est de l'investissement. De manière très concrète, hier, par la coalition d'investisseurs et d'entrepreneurs qu'on a amené ici, on a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement. C'est de l'argent privé, mais ça crée des emplois, ça change la vie, c'est pas le budget de l'État. Il y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises sur tout le continent africain, dans tous les domaines. Digital, le numérique, l'agriculture, les infrastructures, l'énergie et cetera. Et 9 milliards d'euros qu'on a mobilisé d'investisseurs et d'entrepreneurs africains sur leur continent. Parce que c'est un peu ça aussi la relation, on le se elle est partenariale et le forum qu'on a créé, cette coalition d'acteurs nouvelles, c'était des entrepreneurs français et africains ensemble pour la première fois. Donc vous voyez, c'est de l'argent privé, c'est du des projets qu'on dessine ensemble, c'est du co-investissement. Vous défendez donc monsieur le Président, une approche business gagnant-gagnant, vous dites ? Ça que business, parce qu'il y a sport, il y a la culture, il y a elle est dans tous les domaines du jeu, mais qui est moins accès sur uniquement le sécuritaire et qui est moins accès uniquement sur le gouvernemental. J'entends. Il y a tout de même une dominante économique dans ce sommet. Oui, enfin en tout cas, il y a une vraie présence. effectivement, vous dites gagnant-gagnant. Aujourd'hui un patron français qui souhaite se rendre en Afrique le fait facilement mais l'inverse n'est pas vrai. Comment comptez-vous régler ce problème de visa je dirais chronique que soulèvent régulièrement les patrons africains ? Alors, d'abord, on l'a beaucoup changé les choses ces dernières années en invitant régulièrement les on a créé à peu près des conseils d'affaires dans tous les pays, on travaille beaucoup aussi avec nos propres organisations et cetera. Business France c'est structuré pour se faire et donc chaque année à Choose France, l'Afrique est présente. Avec des investisseurs et des patrons qui veulent venir investir en Europe. Et on leur réserve les meilleures conditions. Ensuite, on a créé un système avec justement à la fois Business France et le Quai d'Orsay pour permettre d'avoir des des passeports, si je puis dire son appelait nos passeports talents des segments très spécifiques où on donne des visas plus facilement, on a facilité les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises qu'elles soient africaines ou européennes avec des talents du continent et pas seulement. Et là ce qu'on est en train de faire et ce qu'on a lancé à ce sommet, c'est justement tout un travail pays par pays avec l'Union africaine pour faciliter cette faciliter cette circulation. Ce matin, dans le débat qu'on a eu qui était très intéressant, euh Alico D'Angote, je le cite comme ça, j'espère qu'il m'en voudra pas mais il a assumé c'est un des plus grands investisseurs nigérian sur le continent. Il a dit moi j'ai énormément de mal à me déplacer sur le continent africain. Et donc ce qu'on reproche parfois à la France, c'est encore plus vrai entre les pays africains. Et donc l'Union africaine va structurer une initiative de plus grande facilité de circulation de ses chefs d'entreprise et de ses investisseurs. Et moi j'ai dit nous on va le faire aussi avec les Européens pour que ce que vous êtes en train de créer, bah les Européens aussi et le le segment miroir. Donc voilà, on continue de s'améliorer. Oui, vous insistez monsieur le Président beaucoup sur l'importance de la jeunesse, vous en avez parlé hier, vous en avez parlé aujourd'hui. Pourtant, aujourd'hui en France, un étudiant africain doit j'allais dire payer seize fois l'équivalent des frais de scolarité qu'un étudiant européen paye. Est-ce que vous comprenez cette jeunesse qui vit cette situation comme une injustice finalement ? Alors non, d'abord vous avez le droit de dire que parfois on fait des choses bien sans dire mais à chaque fois pour me je dis ça juste c'est en hygiène collective parce que sinon on fait on a l'impression qu'on est toujours en défensive. Euh en Europe aujourd'hui, si je compare la France avec l'Allemagne ou l'Angleterre, les études sont gratuites. Pendant mon premier mandat, on a même maintenant fait que les études sont gratuites et qu'on paye plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire, c'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. Aujourd'hui un étudiant africain qui va dans une université anglaise ou allemande ou italienne, il paye beaucoup plus cher que chez nous. Seize fois plus ?
[7:03]Non mais il paye beaucoup plus cher que chez nous. Aujourd'hui ceux à quoi vous faites référence, c'est que et c'est une très bonne chose, on permet aux universités de faire payer les étudiants non communautaires. Mais c'est normal. Parce que le choix collectif qu'on fait en France, c'est de dire un étudiant ne paye pas, c'est le contribuable qui paye. Mais le contribuable français, il a pas dit je vais payer les études de tous les étudiants du monde d'où qu'ils viennent. Et moi partout où je vais dans le monde, j'ai beaucoup d'étudiants qui me disent elles sont bien les études chez vous si elles coûte rien. Parce que quand je vais dans une université au Canada, elle coûte de l'argent, beaucoup plus. Quand je vais dans une université américaine, j'en parle même pas. En Chine, en Inde, on est l'un des seuls pays au monde où l'université est gratuite. Faut arrêter de vivre dans ce dogme, dans ce fantasme. Donc on préserve les étudiants africains.
[7:44]Mais mais je le dis les étudiants africains, ce sera pays par pays, les universités feront leurs choix, mais il y a peut-être des universités qui feront payer plus cher qu'aujourd'hui qui est zéro. Mais elles feront néanmoins payer souvent beaucoup moins cher que les autres pays européens. Et à côté de ça, on a encore un système de bourse par campus France et par nos universités. Donc la France, avec cette réforme, demeurera l'un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire. Autre point. Et il faut être simplement cohérent avec nous-mêmes. C'est que les contribuables français, ils payent pas pour que les études soient gratuites pour la Terre entière. Parce que c'est vrai dans aucun autre pays au monde, donc ça peut pas marcher.
[8:39]Autre préoccupation de la jeunesse africaine, la réforme du français. Vous avez dit que vous avez fait le job, que c'est aux Africains de décider. Est-ce qu'ils ont vraiment le choix quand le taux de change est fixé par la BCE, la Banque centrale européenne, quand le franc CFA est toujours utilisé au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso ? Pourquoi la France continue-t-elle de maintenir cette garantie de convertibilité ? Alors, d'abord, j'ai pas j'ai je me suis pas exprimé comme vous l'avez dit, hein. Moi j'ai dans la session qu'on a fait tout à l'heure sur l'économie, dit exactement ce que tout le monde avait à faire. J'ai dit si on veut avoir plus d'investissement en Afrique, il faut que très clairement, on ait une architecture financière internationale plus efficace. Mieux utiliser l'argent public qu'il y a dans toutes les institutions, Banque mondiale, FMI, Banque de développement, Banque régionale et qu'elle déclenche de l'argent privé. Ensuite ce que j'ai dit c'est que nous européens, là on va faire le job qu'on n'a pas bien fait, c'est que les règles aujourd'hui de solvabilité les normes qu'on met en place, désincite beaucoup d'institutions à investir sur le continent africain, beaucoup trop, en particulier dans le secteur financier. Donc ça, c'est une réforme à laquelle j'appelle en particulier en Europe. Est-ce qu'il ne faut pas aller au bout de cette réforme de 2019 pour éviter et attendez, je je viens je réponds à votre question mais c'est pour rétablir les choses pour pas donner le sentiment que j'ai envoyé premier ça. Et trois, j'ai dit qu'il faut mettre en place un mécanisme de garantie, c'est un des grandes des grandes avancées de ce sommet, c'est un mécanisme de garantie sur les premières pertes pour permettre aux investisseurs privés de venir sur le continent africain davantage et d'ailleurs aux investisseurs africains d'investir sur leur continent. Parce que ça a été répété, beaucoup investissent ailleurs. Néanmoins, sur la réforme du français FAA qui est un point qui touche pas du tout cette partie de l'Afrique, mais sur l'Afrique de l'Ouest, moi j'ai j'ai pour le coup, ça j'ai pris mes responsabilités. En 2019 en Côte d'Ivoire, j'ai dit nous, on est prêt à lever tous les registres du jeu. Et donc on a levé tous ces registres du jeu. Ils nous ont demandé de maintenir la garantie. La garantie c'est quoi ? C'est ce qui permet de d'éviter que le change soit totalement flottant. Mais tous les systèmes de réserve qui existaient ont été levés et maintenant c'est aux dirigeants africains de reprendre cette initiative. Je me suis entretenu il y a quelques semaines avec le président en ce sens et il m'a dit qu'il allait reparler. Je sais qu'il a parlé aujourd'hui à plusieurs présidents de la région qui ne sont pas dans l'UEMOA. Ce que me semble-t-il l'intérêt de l'Afrique de l'Ouest, c'est aujourd'hui de dire on on arrête avec le nom français FAA. On sort du système et de ses contraintes. Mais ce n'est toujours pas le cas. Mais c'est à leur main. Je peux pas prendre la décision les c'est pas moi qui gère la politique la politique monétaire du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou autre. Mais est-ce que ce n'est pas cela qui crée ce rejet de la France par cette jeunesse ? Non, d'abord, je crois moi je vois pas un rejet de la France dans les jeunesse. Je ne le vois dans aucun pays, je me promène, je je vais courir, je me balade, je vois aux gens, je donne le concert, je vois pas de rejet. Il y en a parfois dans les réseaux chez certains activistes. En Afrique de l'Ouest. Non mais en Afrique de l'Est, il y en a, il faut être lucide. Dans une partie de la jeunesse qui est poussée par certains activistes qu'on écoute parfois beaucoup et qu'on relay aussi les les récits qui sont faits par d'autres puissances qui sont les vrais colonisateurs du 21e siècle et qui sont les Russes et d'autres. Mais quand on rétablit les faits, ce qu'on doit faire, dire il y a pas de raison de ne pas aimer la France aujourd'hui. Mais ce que je veux dire sur la politique monétaire pour aller au bout de ma réponse, c'est que c'est aux dirigeants de l'Afrique de l'Ouest de le décider. Moi je leur ai dit tout est tout est sur la table. J'ai pris toutes les responsabilités pour ce qui nous concerne. J'ai demandé à monsieur Séverino qui j'ai grande confiance justement d'aller voir ses dirigeants pour redonner une dynamique. Entre-temps alors des charges, il y a eu le Covid. Il y a eu la guerre en Ukraine avec les conséquences et beaucoup de choses. Donc maintenant j'attends vraiment de eux qu'ils aillent au bout pour changer le nom. Leur intérêt, je crois, c'est vraiment qu'il y ait une plus grande intégration régionale, monétaire et commerciale et que ce soit le plus large possible pour couvrir le maximum de pays de la CEDEAO. parce que ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'une plus grande intégration commerciale, économique et d'une d'un plus grand équilibre monétaire. Voilà. Mais simplement aujourd'hui, ce que je vois, c'est que beaucoup nous disent, nous, on a besoin encore d'avoir la garantie sur les réserves parce que sinon on est trop attaqué sur nos monnaies. Et là, j'ai pas été leur ai-je fait, on m'aurait dit vous nous abandonnez. Donc ça, on le garde parce que c'est une garantie de stabilité. Mais sur toutes les autres obligations qu'il y allait avec, on l'a lâché. Monsieur le Président, vous venez de discuter paix et sécurité avec vos homologues africains. Le 25 avril, Bamako était attaqué, le ministre de la Défense assassiné, qui d'altombé, l'armée française a certes quitté le Mali en 2022, mais elle y est restée 10 ans avec les sacrifices que l'on sait. Avec le recul, qu'auriez-vous fait différemment pour éviter la situation actuelle ? D'abord, moi je n'ai je pense au peuple malien et à ce qu'il subit depuis tant d'années sous les coups de bouttoir de groupes terroristes.
[13:38]Puis de décisions qui ont été prises par les auteurs de coup d'État qui ont décidé plutôt de s'allier à des milices privées puis parapubliques russes qui ont préféré leur propre sécurité plutôt que la lutte contre le terrorisme.
[14:40]Et j'en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables. Néanmoins, maintenant c'est le peuple malien qui souffre, c'est toute cette région qui souffre et si vous me demandez de me retourner vers le passé, euh dès 2017, on lance l'Alliance le G5 Sahel et puis cette alliance où on dit, il y a sécurité, développement et politique en même temps. C'est de pas avoir été en fait plus dur quelque part, plus exigeant sur cet axe et pas avoir demandé avec encore plus de force aux dirigeants de prendre plus vite la place avec de l'administratif, des projets de développement, et d'émancipation d'opportunités partout le territoire était repris aux aux terroristes. Parce que c'est finalement ça a fini par apparaître comme étant une garantie sécuritaire qui leur était apportée. Et donc je pense qu'on aurait dû avoir ce dialogue exigeant plutôt. Et peut-être dans ces cas-là, repenser notre présence militaire plutôt. Néanmoins, moi ce que je vois, c'est qu'on a fait une transformation complète ces quatre dernières années. Et elle paye. C'est-à-dire que on a complètement repensé la relation de sécurité et de paix avec le continent africain. On a dit partout ce qui était l'héritage du passé, on le remet sur la table, même démarche que pour la monnaie. C'est-à-dire au fond, c'est pas parce qu'on est là depuis toujours avec une base militaire, avec des soldats français que ça doit exister. Donc vous nous dites ce dont vous avez besoin, c'est un partenariat, c'est vous qui le pensez, ce sont vos demandes sécuritaires auquel on répond. Et donc on a complètement repensé les choses, on a fermé des bases, on a diminué beaucoup d'autres, toutes les bases où on est, on est en conjoint. On les a renommés avec des noms africains souvent. On a on est ensemble avec des forces africaines et de chaque pays et les forces françaises. Et puis on a inventé aussi des partenariats nouveaux avec des pays avec lequel on n'était pas qui sont des partenariats pour équiper, pour former, pour accompagner. Et je crois que c'est beaucoup plus sain et c'est ce qui permet aussi que la perception en particulier par la jeunesse change. Parce que ces grandes bases qui existaient, bah elles étaient un peu vues et d'ailleurs c'est ce qui avait été utilisé par certains en disant les Français sont là pour vous recoloniser, vous voyez, ils ont des milliers de soldats là. Ou pour d'autres en disant, ils soutiennent les dirigeants en place, ils ont un agenda à la papa. Fini. Là, on a je dirais normaliser les choses et c'est pareil, c'est un partenariat équitable, responsable vraiment et à parité. Et justement monsieur le Président, vous disiez dimanche que le Mali n'a pas pris la meilleure décision en demandant le départ de la France. Que voulez-vous dire par là, la France aurait dû rester ? Non, c'est ce que je viens de dire. C'est que je pense qu'ils ils ont été extrêmement offensants à l'égard de nos soldats. Mais surtout, ils ont pas pris une bonne décision parce qu'ils ont acté en 2020-2021 pour ces putschistes que leur priorité n'était plus la lutte contre le terrorisme. C'est tout et je le déplore. Je le déplore très profondément. Pourquoi ne pas quitter complètement le Mali ? Mais nous avons quitté le totalement le l'Afrique. Mais pardon, mais nous nous sommes, on peut pas dire on est là, on est à vos côtés, on veut coconstruire, co-investir et quand les gens nous disent on a besoin de vous parce qu'on est face à des groupes terroristes et nous de tourner le regard et dire on vous laisse tomber. On le fait quand il y a l'Ukraine qui est menacée, on le fait avec des pays européens quand il nous disent notre sécurité est menacée parfois on a nos forces aussi de manière conjointe, on les équipe, on les entraîne. Regardez ce qu'on fait avec les coalitions des volontaires. On a des pays quand ils nous demandent de faire des opérations à leur côté, on le fait dans l'Indo-Pacifique. Pourquoi à l'inverse, il faudrait qu'à l'Afrique quand il y a des questions de sécurité, on disent non non, vous débrouillez-vous. C'est respectueux quand des pays africains viennent vers la France et qui disent nous on a un problème là de terrorisme ici de piraterie qui viennent vers nous. On pense ensemble le partenariat de sécurité et on le fait ensemble. Bah écoutez, c'est ce qu'on fait en ce moment avec le Ghana, ce qu'on a fait avec le Bénin, ce qu'on fait avec les pays du Golf de Guinée pour lutter contre la piraterie qui pile leur pêche et leur réserve. Ce qu'on décide de faire avec d'autres pays de la région quand ils demandent des équipements, ce qu'on fait avec l'Égypte quand on a des des contrats de formation mais aussi d'équipement. L'Afrique est pas à traiter différemment des autres continents, mais c'est un partenariat qui est beaucoup plus sain, équitable. Mais chacun de ses pays, il parle à la France normalement, c'est-à-dire aussi avec respect. Et je pense qu'il faut arrêter aussi cette idée que au fond, il faudrait pas être respectueux avec la France pour vraiment être africain. C'est ce qu'on fait ces putschistes. Bah non, le respect, c'est réciproque. Nous aussi on veut être respecté. Monsieur le Président, vous disiez il y a quelques mois, ils ont oublié de nous dire merci, ce qui avait provoqué beaucoup de réactions vives au sein de la communauté au sein de la communauté des chefs d'État africains. Est-ce que le Tchadien a réagi par exemple, monsieur ma a réagi. Mais regardez monsieur Deby ce qu'il pense, il nous a demandé, il nous a demandé de rebâtir une relation de défense, ce qu'on fait avec lui. J'entends, quand vous parliez d'ingratitude. Mais vous savez, l'ingratitude dont je parle, mais qu'on soit clair, l'ingratitude dont je parle, c'est celle qui à l'égard aussi des soldats tchadiens qui sont venus se battre avec nous au Mali ou des soldats guinéens qui étaient à nos côtés au Mali et qui ont perdu des frères d'armes. Mais ce que je dis c'est juste la vérité, c'est juste qu'on vit, ce qu'on fait entre partenaires européens, ce qu'on fait dans le monde entier. Voilà. Si vous nous rejoignez, nous sommes à Nairobi où s'est tenu le sommet Africa Forward, Emmanuel Macron est l'invité exceptionnel de RFI, France 24 et TV5 Monde. A propos du conflit dans l'Est de la RDC, monsieur le Président, le soutien du Rwanda au M23 est aujourd'hui documenté par les experts de l'ONU. Les États-Unis ont imposé des sanctions à l'armée rwandaise et à certains de ses responsables, pourquoi la France et l'Union européenne ne le font pas ? Nous, nous défendons une position qui consiste à continuer de discuter avec toutes les parties prenantes. Avec une ligne assez simple, un respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale pour la RDC. Et donc retraite toutes les forces, d'ailleurs elles ne sont pas que rwandaise qui sont présentes sur le sol congolais. Deux, reprise du dialogue politique en RDC avec le M23, ce qui était la ce qui était d'ailleurs piloté par l'Angola. Trois, reprise du contrôle aussi par la RDC à à l'Est du pays avec tout le travail qui est à faire sur les FDLR et quatre, lutte de tous conjointe contre les forces terroristes qui viennent menacer pas simplement la RDC mais tous les pays de la région. Et donc dans ce cadre-là, je crois plus dans cette période à la reprise d'un dialogue efficace ce à quoi je pousse les deux présidents et à remettre les médiations tout autour de la table pour pouvoir avancer sur un un projet conjoint qui consiste sur ces quatre axes à travailler ensemble. Ils étaient présents à Nairobi, vous les avez rencontrés. Non, je les ai rencontrés séparément. Ils sont rencontrés ? Non, parce que comme vous avez peut-être vu, ils se sont ils étaient là tous les deux mais pas au même créneau horaire, ce qui ce qui dit la tension qui existe, faut pas être naïf. Je les ai plusieurs fois rencontrés à plusieurs reprises et je pense qu'aujourd'hui le travail qu'il faut qu'on fasse collectivement, c'est que tous ceux qui se penchent sur ce sujet, l'Union africaine est mobilisée. Je pense que c'est l'Union africaine qui doit piloter tout ce travail. Donc moi c'est ce qui m'importe, c'est d'être au côté de l'Union africaine. C'est depuis 9 ans ce que je fais, d'être au côté des médiations du africaine. Donc c'est l'Union africaine, le président Fort qui a été mandaté avec plusieurs anciens présidents et coprésidents sur différents les différentes actions. Évidemment, les partenaires américains et qataris qui ont aussi beaucoup fait et qu'on qu'on regroupe un peu tout ça. C'est un des sujets dont je parlerai demain avec euh l'Union africaine et les Nations Unies parce que je pense qu'on serait plus efficace si on remettait tout le monde autour de la table pour avancer. Ce dont on a besoin là, c'est que euh les deux dirigeants bâtissent un accord sur les actes que je viens de de décrire et prennent les décisions successives pour rétablir complètement la souveraineté congolaise. Mais est-ce que le jeu n'est pas faussé avec l'intervention euh des États-Unis qui aujourd'hui semblent les mettre à bord sur cette question euh Écoutez, les États-Unis semblent plutôt vouloir la paix. Et donc je pense pas qu'on puisse dire que le jeu soit faussé. Mais c'est eux qui sont à la manœuvre aujourd'hui dans l'Est de la RDC. Le recul que j'ai sur ce dossier me conduit à dire que beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre. Et après beaucoup de gens finissent par arrêter d'être à la manœuvre, puis d'autres arrivent, c'est ça tout le problème. Et donc il y a un accord de paix sur il y a un accord de paix qui a été signé il y a quelques mois. Il y a pas totalement la paix si on est honnête. Bon, donc c'est aussi il faut qu'on fasse collectivement attention. Donc que les États-Unis s'engagent, c'est très bien. Je pense qu'il faut revenir sur les principes. Il faut apaiser les choses et essayer de remettre les dirigeants autour de la table avec l'ensemble des médiateurs. Ce que vous dites monsieur le Président, c'est qu'il faut sortir de la logique de sanction, c'est ça que vous êtes en train de dire. Et en tout cas, je pense que si aujourd'hui, tout le monde se précipite parce que les Américains l'ont fait, un mettre le Rwanda au banc, il y a peu de chance qu'on convainque le Rwanda d'avoir une politique coopérative. Moi je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants principaux. Mais c'est un dialogue qui doit aussi engager l'Ouganda, le Burundi et les pays de la région et qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi sur l'Est de la RDC. Mais je crois qu'il faut avoir dans ce temps-là, moi c'est ma conviction et c'est ce que je ferai pour la France, un dialogue respectueux qui engage avec le président Kagame et le président Tshisekedi. Ce travail et qui remettent toutes les médiations autour de la table. Mais je vous ai dit moi qu'elles étaient les objectifs que je crois juste et que la France poursuit. Nous sommes à moins de 3 heures de vol de Nairobi et une guerre sauvage est en train de déchirer le Soudan. Euh ça fait plus de 3 ans que cela dure, comment est-ce qu'on peut qualifier aujourd'hui la situation au Darfour, notamment El Fachère ? Est-ce qu'il s'agit d'un génocide ? Je me suis toujours gardé d'employer ces termes parce que ce sont les juges et les historiens qui ont à les qualifier. Mais il est sûr et il est sûr que ce sont des crimes de masse, des crimes de guerre et une situation humanitaire catastrophique. La situation humanitaire par ailleurs euh en RDC, qu'on vient d'évoquer est aussi une situation humanitaire terrible. Au Soudan aujourd'hui, notre position est est d'abord elle a été dès après la révolution pacifique qu'avait vécu le Soudan, d'accompagner le mouvement. J'avais reçu pour la première fois le gouvernement monsieur Hamdock et toutes ces jeunes femmes d'ailleurs souvent qui avaient conduit cette révolution totalement pacifique et qui portait la société civile soudanaise. Et avec une une vraiment une ambition, un agenda qu'on a accompagné, une dette qu'on avait commencé à restructurer. Ensuite on est aujourd'hui devant au fond des chefs de guerre qui se partagent le territoire et ce conflit qui qui qui existe. Nous nous appelons évidemment au cesser le feu le plus rapide possible, à la fin de toutes les aides extérieures à l'égard de quelques camps que ce soit ce qui aujourd'hui consume le Soudan. C'est le jeu au fond par par tiers qui s'y joue. C'est l'affrontement, c'est l'affrontement entre des puissances qui financent tel ou tel camp pour jouer de leur influence. Et il faut pas les sanctionner ces ces puissances. On on sanctionne souvent beaucoup de choses. Il faut déjà que très clairement, et c'est un de mes objectifs là aussi, demain, on l'a fait aujourd'hui. Je vous invite à voir la déclaration qui a été endossée par tous les chefs d'État, dit très clairement des choses qu'on sur les deux conflits pour la première fois, dit des choses très importantes. La fin des interférences étrangères, c'est ce qu'on est en train de se dire, que les puissances étrangères arrêtent de financer les conflits en étant au côté de tel ou tel groupe armé et la fin de la privatisation de la sécurité dans tous ces pays. Ça c'est acquis de Nairobi. Et donc pour le Soudan, cesser le feu le plus rapide possible, pression avant d'aller vers les sanctions, déjà qu'on ait des pressions claires sur tous les pays qui aident pour les convaincre d'arrêter cela, de démanteler de manière parallèle. Et l'un des objectifs des prochains mois, c'est de les mettre ensemble autour de la même table ou des coordonnées pour qu'ils arrêtent cette aide et reprise d'un dialogue qui fasse émerger une solution civile. Dans le dans l'entre-temps, il faut pas oublier tout le travail humanitaire qu'on a à faire. La France avait eu une une conférence humanitaire et politique l'année dernière avec la société civile. Berlin a réuni une conférence humanitaire où nous étions il y a quelques semaines. Il faut absolument pas relâcher ce travail. Mais la priorité, c'est la fin des armes et c'est la fin du financement par des puissances tierces. La guerre au Moyen-Orient, monsieur le Président et ses conséquences dans le monde entier. Sujet évidemment que vous avez évoqué avec vos homologues africains, que vous ont-ils dit, qu'attendent-ils de la France qui préside cette année le G7 ? Ils m'ont redit ce que ce que à plusieurs reprises, on a défendu et et qui est la ligne rouge. Pardon, la le fil directeur de de notre politique depuis ces années, qui est à chaque fois d'essayer de défendre la voix de l'Afrique dans les grandes crises. Quand il y a eu le Covid-19, j'ai pour la première fois, j'ai dit les dirigeants non africains être invités au bureau de l'Union africaine et on a bâti la l'Alliance pour la vaccination et les diagnostics pour l'Afrique ensemble. En 2022, début de la guerre de l'agression russe en Ukraine, la France lance l'initiative Farm pour la sécurité alimentaire de l'Afrique. Et là, on a lancé Farm plus avec Proparco qui s'est fortement engagé, plusieurs entreprises françaises parce que ce qu'ils m'ont dit pour la première avant toute chose, c'est Ormou, c'est une aggravation de la crise alimentaire pour l'Afrique. On a déjà subi les baisses de volume venant de l'Ukraine de céréales. On a subi les baisses de fertilisa d'engrais pardon qui venaient de de Russie. Par Ormou circulaient à peu près 1/3 des engrais qui allaient partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. Et donc pour les l'agriculture du continent, c'est terrible. À côté de ça, c'est évidemment en plus les prix qui montent comme partout dans le monde et donc c'est une pression sur le pouvoir d'achat. Et donc ça justifie une mobilisation accrue pour les économies, ce que je vous ai dit qu'on va porter au G7 avec ces mécanismes de garantie, ces investissements. Mais c'est aussi de porter cette voix africaine pour dire la réouverture d'Ormou est la priorité absolue. Et la la réouverture d'Ormou doit être le l'étape numéro 1 de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. C'est ce que porte la France depuis le premier jour de ce conflit qui appelle au cesser le feu et qui appelle à la réouverture d'Ormou avant de traiter les autres sujets par une négociation d'ensemble. Mais la situation semble aujourd'hui complètement bloquée entre les positions des Américains et des Iraniens. On n'a pas l'impression qu'il y a un dialogue possible. Il y a en tout cas, je le constate, une escalade dans les déclarations. Je le déplore. Euh nous le travail qu'on fait simple, on continue d'être au contact de tout le monde. Évidemment, de parler à nos alliés américains, de parler avec l'ensemble des pays de la région et de garder le contact avec les Iraniens, ce que je fais depuis le premier jour. Moi je crois que la solution à ce que nous vivons là-bas, elle est d'abord, elle doit passer d'abord par un cesser le feu pleinement respecté. On est normalement en théorie encore en cesser le feu. Aujourd'hui, il n'est pas respecté au Liban, ce qui est inacceptable. Donc le cesser le feu doit être pleinement respecté au Liban comme partout. Il n'a pas été respecté non plus quand les Émirats Arabes Unis ont été touchés. Et donc il doit être respecté partout. Deuxième chose, on doit obtenir la réouverture sans condition sans péage d'Ormose. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran. Et nous, nous avons proposé, nous allons prendre une initiative Nations Unies avec quelques autres pays pour proposer le cadre en ce sens. Totalement neutre, pacifique, déconflicté comme on dit avec l'Iran. Et nous proposons une mission ad hoc, on est 50 pays qu'on a réuni avec les Britanniques pour permettre de faire ce travail. Et puis enfin, de reprendre les dialogues sur la question nucléaire et balistique entre l'Iran, les États-Unis, mais avec les principaux pays qu'on appelle le E3, britanniques, allemands, français et moi, je soutiens l'idée qu'il faut inclure tous les pays de la région qui sont les principaux touchés par ce qu'on est en train de vivre et qui sont touchés aussi par la déstabilisation que certaines milices peuvent euh créer dans leur pays.
[33:45]Monsieur le Président, on aurait énormément de questions à vous poser, mais le temps nous fait nous fait défaut. Vous êtes à un an de la fin de votre mandat. Vous avez initié depuis Ougadougou depuis 2017, vous avez initié beaucoup de réformes, certaines n'ont pas abouti. Aujourd'hui qu'auriez-vous aimé faire que vous n'avez pas pu faire ? Alors, je vais surtout vous dire tout ce dont on n'a pas parlé et que j'ai fait. Euh, on a lancé et personne n'y croyait à Ougadougou, la restitution des œuvres d'art. Quand j'ai dis ça, les gens ont dit, OK, ça marchera jamais. Ça a pris 10 ans quand même. Peut-être, mais on l'a fait et on a ouvert un mouvement européen. Et surtout et surtout formidable. Et donc on a restitué au Bénin 26 des trésors d'Abomé. On a restitué au Sénégal, à la Côte d'Ivoire, à Madagascar. Et surtout il y a quelques jours à l'unanimité, ce qui est très important pour nous aussi parce que ça a changer le regard politique. Quand je lançais ça, beaucoup de gens dans la classe politique étaient contre. À l'unanimité, ça a été voté par notre assemblée et c'est promulgué. Donc ça, c'est un acquis formidable parce que ça change la relation culturelle, ça change le regard, ça permet de bâtir une relation aussi avec les conservatrices et les conservateurs du continent avec cette jeunesse qui se réapproprie ses œuvres et avec ses artistes qui du coup créent sur cette base-là et viennent ensuite exposer dans le monde entier. La deuxième chose, on a dit l'Afrique est un énorme continent sportif. On a lancé une politique du sport et c'est pas anecdotique du tout. On en a pas parlé depuis tout à l'heure, on aurait dû. La politique du sport, elle est très importante. On a financé public privé plus de 500 équipements sportifs et infrastructures. Avec d'ailleurs des super entreprises françaises qui ont fait des investissements avec des partenariats africains. On a fait un partenariat avec les NBA, la FIBA, la FIFA, le foot, le basket, l'athlétisme. Ce qui permet à des tas de jeunes, grâce à cette politique, d'aller vers le sport, du coup vers l'éducation, d'avoir une meilleure politique de santé et ça crée de la richesse sur le continent. Ce que je disais partout dans le monde le sport, c'est 2 % du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5 % du PIB. C'est pas normal. Parce qu'en fait, il y a un pillage quelque part des des sportifs qui vont dans d'autres pays. Donc on on les aide et là regardez ce qu'on vit. Et on a accompagné ce mouvement, je serai à Dakar pour les jeux olympiques de la jeunesse, les premiers cette année. On aura ensuite une formidable CAN qui sera dans cette région dans deux ans et puis une Coupe du monde qui sera aussi sur le sol africain avec le Maroc. Ça c'est extraordinaire. Bon. Donc politique sportive. On a fait en matière de santé, une vraie révolution commune. Là, on est en train de faire de la coproduction de vaccins. C'était impensable il y a quelques années au début du Covid, je vous en parlais tout à l'heure. On se retournait, on disait beaucoup de pays avaient bloqué même ce qui allait vers l'Afrique. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. Et ben, maintenant, on est en train de le faire. L'Institut Pasteur transfère ses technologies pour l'Institut Pasteur de Dakar sur le Chikungunya. On a mis des plateformes en place avec des Asppen, des biovac et cetera pour produire de la des solutions de santé avec les Africains sur le continent. C'est une vraie révolution et il y avait aucune raison que ce soit pas le cas avant. 20 % des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain. Il y avait 1 % de la production. On est en train de le faire. On a même fait une bonne partie du chemin. La relation économique, les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une vraie révolution, elle existait pas. Et vous savez, c'est simple, il y a 9 ans dont on parlait, bah il y avait aucun président qui avait mis les pieds au Kenya. Aucun avant moi. Je suis venu en 2019, je reviens là et on fait ce qui était avant ce qu'on appelait les sommets Afrique-France, ici, ça s'appelle Africa Forward et c'est une vraie révolution des esprits. Donc, on a bousculé les choses dans toutes les dimensions du jeu. Le sport, la culture, l'entrepreneuriat, le regard, la relation économique et monétaire, la capacité à penser ensemble les instruments. C'est la France qui a proposé que l'Union africaine ait un siège permanent au G20. Des tas de choses comme ça. Mais je suis hyper fier de ce bilan. Et je suis hyper fier d'avoir repensé aussi le partenariat de sécurité avec des pays comme en effet le Ghana, le Bénin, le Nigéria. J'avais jamais parlé sécurité avec le Nigéria, on en parle maintenant mais comme on parle aussi de d'avenir. Monsieur le Président. tout ça, voyez, moi j'ai pas de regret. J'ai j'ai une immense ambition pour ce continent que j'aime qui est un trésor pour le monde, qui est le continent le plus jeune, le plus dynamique au monde et je veux aussi que nos entreprises, nos compatriotes l'entendent. Et puis mon dernier point, c'est surtout, je veux que notre jeunesse en France comprenne qu'elle a un destin lié avec ce continent. L'Afrique va réussir et on réussira avec. Et nous français, on est près de 17 millions d'entre nous qui faisons partie des diasporas. Et donc on est dans ce continent et c'est une chance pour la France. On a des millions de nos jeunes qui sont 100 % français et maliens, 100 % français et algériens, 100 % français et sénégalais et cetera et cetera. Et c'est une chance immense pour réussir avec ce continent. Donc voilà.
[39:08]Merci, merci monsieur le Président, merci de nous avoir d'avoir accordé cette entretien et merci à vous de nous avoir suivis sur TV5 Monde sur Radio France Internationale et sur France 24.



