[0:13]Je m'appelle Marc, j'ai 52 ans. J'ai travaillé comme opérateur de tricoteuse dans une usine de textile pendant 23 ans. Après la fermeture de l'usine, j'ai été en chômage presque un an. Quand je me suis trouvé ce job là, j'étais vraiment content. Moi c'est Bertrand, je suis le superviseur de Marc. C'est le propriétaire qui tenait à l'engager, moi j'étais zéro d'accord avec ça. Le bonhomme avait aucune expérience dans le travail qu'on lui demandait. Il m'a dit qu'il allait continuer à chercher une autre job ailleurs puis que tout ce que j'allais lui apprendre, ça allait servir à rien. J'étais fier de travailler là, c'était différent, ça me faisait quelque chose de nouveau à apprendre. Mais je me suis rendu compte que j'allais en arracher. Il y avait personne pour me montrer la job. Petit bout par petit bout quand les gars avaient le temps, ils venaient me la montrer mais les trois quarts du temps il fallait que je me débrouille tout seul. J'avais pas juste ça à faire moi materner le vieux. J'avais des gars à gérer, moi ça me prend des gars compétents qui savent se débrouiller.
[1:17]Eh le vieux, c'est l'inspection. Quoi? Non, tu es sourd ou toi vierge? C'est l'inspection, j'ai dit.
[1:30]Ah bon bon, regarde-moi ça encore, c'est encore tout croche. Là, ça c'est pas au registre ça. Toi non plus. Il y a rien qui marche dans ton affaire. Ah voyons je dois faire de l'ajustement. Ah ouais, ça va marcher. Je t'ai en face pour de l'ajustement. Tu penses tu vraiment que j'ai rien que ça à faire moi passer mes journées à côté de toi pour te dire ça ça marche, ça ça marche pas? Tu retiens rien de ce que je t'apprends, je me demande comment tu faisais pour imprimer tes cartes de chômage. Ah ouais, comment c'est moi ça.
[2:08]Je lui ai souvent demandé de me montrer ce qu'il voulait que je fasse pour corriger mon ouvrage, mais il disait qu'il était trop occupé, qu'il y avait pas le temps pour placoter. Mais petit à petit j'apprenais, je faisais de moins en moins d'erreurs. On aurait dit qu'il voulait pas le voir. Ah, c'est au moins de penser avant d'agir le rien que ça ça serait déjà beau. Je me demande bien comment ça se fait qu'ils t'ont gardé aussi longtemps si tu travaillais avant. Eh monsieur Nantel, une fillette textile là avec des hommes. Je t'ai humilié. C'est déjà pas facile de repartir à zéro dans une nouvelle job. Pendant les 8 mois que j'ai travaillé là, j'étais le seul à me faire rentrer dedans comme ça. Je voulais plus parler au monde puis je voyais personne qui pouvait m'aider. J'avais besoin de gagner ma vie, je voulais vraiment pas retourner sur le chômage. Mais travailler là, j'étais à deux doigts de venir malade. On a parlé moi et ma femme puis j'ai démissionné. Le propriétaire de l'imprimerie m'a appelé pour savoir pourquoi j'étais parti, je lui ai dit.
[3:25]On l'a réembauché. Mon patron, il est venu voir ce qui se passait, il a rencontré tout le monde. Il m'a rencontré moi aussi. Il m'a fait réaliser que le problème, c'était moi. Ils m'ont donné une formation, une vraie. Il y a un gars qui connaissait bien l'ouvrage qui est venu me le montrer, il est resté avec moi deux jours complets. Après ça, quand j'avais besoin d'aide, je pouvais y en demander. Moi aussi mon patron m'a fait suivre une formation en gestion de personnel. Il est bien correct Marc, c'est moi qui était pas correct. Dans le fond, je n'avais pas à me plaindre de lui, il travaille bien.



