[0:00]vidéo. Alors aujourd'hui, je vais vous faire un résumé de la dispute de Marivaux. Donc c'est une pièce écrite en prose par Marivaux à la fin de sa carrière littéraire et jouée pour la première fois en France en 1744. Elle se déroule en un seul acte composé de 20 scènes. L'action se passe dans une grande maison mystérieuse construite au fin fond de la forêt. Dans le cadre d'une expérience sociale, quatre bébés, deux garçons et deux filles, ont été élevés là par un frère et sa sœur sans jamais pouvoir se rencontrer. Le but de cet étrange scénario est de les faire se rencontrer un jour qu'ils auront choisi pour qu'ils tombent amoureux afin de découvrir si l'infidélité est quelque chose d'inné chez l'être humain et euh si c'est quelque chose de plutôt féminin ou masculin. Dans la première scène, un prince conduise une femme, dont il est amoureux, jusqu'à une maison lointaine. Il l'a amené ici suite à un débat au sujet de l'infidélité auquel ils ont participé la veille. La femme en question se prénomme Hermiane. Le prince explique à Hermiane qu'elle s'apprête à assister aux résultats d'une expérience destinée à déterminer définitivement l'origine de l'infidélité. Quatre nourrissons, deux garçons et deux filles, ont été transportés entre les murs de cette maison par le père du prince, il y a bien longtemps. Élevé par un frère et une sœur à la peau noire, ils ne se sont jamais vus et vont se rencontrer ce jour-là qui a été choisi pour la première fois. Le prince pense que ses conditions de vie particulières vont faire naître un amour pur et instantané entre ces personnes et euh qu'il y aura peut-être des tentations d'infidélité. Églé, l'une des deux filles enfermées dans la maison, sort à l'extérieur pour la première fois de sa vie. Elle est accompagnée par Carise, sa nourrice. Elle aperçoit son visage qu'elle n'avait jamais vu auparavant se refléter dans l'eau d'un ruisseau. Sa beauté la fascine. Elle là c'est un peu une image narcissique comme le mythe de Narcisse qui se regarde dans l'eau et qui se trouve tellement beau qu'il tombe amoureux de lui-même. Mais là c'est pareil pour ce personnage. Un garçon qui s'appelle Azor sort de la maison à son tour. Lui non plus n'avait jamais mis les pieds à l'extérieur. Il tombe fou amoureux d'Églé à la seconde même où il la voit. Elle l'aime aussi et lui tend ses mains pour que son prétendant puisse les embrasser. Donc c'est le coup de foudre. Églé a l'air d'être toute chamboulée par ce qu'elle vient de vivre. Ces deux précepteurs, Caris et Mérou, le remarquent et l'interrogent sur ce qu'elle ressent réellement. Il lui explique le pourquoi de cette attirance incontrôlable en lui expliquant que c'est une femme et que donc elle est faite pour aimer les hommes. Azor et Églé sont émerveillés par leur amour naissant. Cependant, leurs tuteurs leur donne un conseil inattendu. Selon eux, mieux vaut se séparer pour quelques temps pour créer le manque et ne pas laisser la flamme s'éteindre à cause de l'habitude. Les deux partenaires s'opposent fermement à cette théorie, mais Carise et Mérou insistent et leurs tendent des portraits d'eux pour qu'ils puissent conserver un souvenir de l'autre pendant leur séparation. Azor accepte, mais Églé préfère prendre un miroir pour se contempler elle-même. Encore une fois, comme dans le mythe de Narcisse. Églé s'admire dans le miroir. Azor la rejoint. Ils s'embrassent. Ils hésitent à appliquer le conseil qu'ils viennent de recevoir, mais finissent par s'y résoudre. Azor s'en va en pleurant, forcé par Églé qui a peur qu'il se lasse d'elle. Églé se dit qu'elle n'aurait peut-être pas dû écouter Carise et Mérou car Azor lui manque énormément. Tout en continuant de fixer son reflet, elle finit par considérer comme impossible l'idée que le jeune homme en vienne un jour à ne plus aduler son visage qu'elle trouve si magnifique. Un troisième sujet de l'expérience arrive et vient troubler la solitude d'Églé. C'est Adine, la deuxième fille qui vient également de rencontrer un garçon qui se nomme Mérine. Les deux jeunes femmes ont un comportement très similaire. Elles ne pensent qu'à se regarder dans le miroir. Elles se détestent. Se voyant uniquement comme des rivales, elles se font des compliments à elle-même tout en critiquant aveuglément l'apparence de l'autre. Églé et Adine continuent à se disputer en s'attaquant inlassablement sur le sujet de leur physique. Caris essaie de les réconcilier, mais rien n'y fait. Elles commencent même à se chamailler à propos des garçons. Caris conseille à Adine de ne pas trop prendre à cœur les mots prononcés par Églé, mais cette dernière ne prête pas vraiment attention à la recommandation de son éducatrice. Elle n'a qu'une seule idée en tête, aller s'entretenir avec Mérine. Adine s'épanche auprès de son amoureux au sujet de l'altercation qu'elle vient d'avoir avec Églé. Elle cherche d'abord à se rassurer en lui demandant de la complimenter sur sa propre beauté, ce que Mérine s'empresse de faire, puis elle se met à dénigrer sa rivale. Elle dresse un portrait d'elle complètement faussé et demande à celui qu'elle aime d'aller se moquer de la supposée laideur de sa rivale. Mérine part à la recherche d'Églé, mais tombe sur Azor qui passait par là. Se voyant pour la première fois, les deux garçons s'apprécient tout de suite et s'aperçoivent qu'ils ne sont attirés l'un vers l'autre par aucun élan amoureux. Ils découvrent l'amitié en se racontant leurs histoires de cœur. Donc on voit ici le positionnement de Marivaux. L'amitié c'est une affaire de garçons, d'hommes. Les filles, elles sont dans la compétition et donc elles ne connaissent pas l'amitié. Donc on voit déjà comment Marivaux perçoit les femmes. Tandis qu'ils cheminent ensemble, Mérine et Azor croisent la route d'Églé. Le premier se rend compte qu'Adine lui a menti sur son physique, tandis que le second se met à couvrir de baisers la main de sa dulcinée. Jaloux, Mérine attrape l'autre main de cette belle femme qu'il trouve divine et fait de même. Églé ne semble pas indifférente à cette caresse et paraît même délaisser son ancien amoureux au profit d'une nouvelle arrivée. Églé est totalement perdue. Elle est tiraillée entre son attirance pour Mérine et la fidélité qu'elle doit à Azor. Elle est révoltée contre l'attitude de son partenaire qui a refusé de laisser son camarade lui embrasser la main. Caris l'informe que ses envies libertines ne sont pas appropriées.
[6:59]Caris et Mérou essaient d'empêcher Mérine et Églé de commettre l'irréparable, mais en vain. Les deux jeunes gens s'avouent leur attirance mutuelle et décident d'abandonner leur précédente conquête pour vivre leur idylle au grand jour. Bien entendu, Églé est ravie de jouer ce mauvais tour à Adine. En voyant Azor s'approcher d'eux d'un air triste, le nouveau couple commence à culpabiliser. Il se révèle tous deux l'infidélité d'Églé, mais sont surpris de la réaction du jeune homme. Au lieu de se lamenter, il sourit gayment et s'éloigne sans rien dire. Vexée par l'indifférence affichée par Azor, Églé tente de le rattraper pour qu'il s'explique. Elle ne comprend pas comment cet homme arrive à se détacher d'elle aussi facilement parce qu'elle se trouve tellement irrésistible. Caris et son frère, Mérou éclatent de rire face à cette situation Ubuèsque. Donc on voit encore une fois que les femmes dans cette pièce, et bien elles sont narcissiques, elles sont aussi très sûres d'elles. elles sont orgueilleuses, alors que les hommes eux, même s'ils sont tout autant infidèles, et bien euh, ils connaissent l'amitié et ils sont beaucoup plus droits que que les femmes en fait, hein. Donc dans la scène finale, l'invité du prince ne supporte plus de rester silencieuse face à ce spectacle affligeant. Elle entre en scène pour y mettre un terme. Un troisième couple fait alors son apparition. Caris et Mérou font tout pour les faire tomber eux aussi dans la frivolité en leur suggérant de s'intéresser aux attirant personnages qui étaient déjà réunis. Les nouveaux venus refusent de succomber à la tentation et font la démonstration que les relations monogames ne sont pas toutes vouées à l'échec. En fait, si l'expérience avait échoué, c'est parce que ils se sont comportés un petit peu comme des animaux, ils se sont laissés aller à leurs instincts parce que justement, ils n'avaient pas été confrontés avant à des personnes de l'autre sexe et donc ils avaient pas été éduqués à l'amour puisque l'amour finalement, ça s'apprend en fait. Et la fidélité c'est un choix. Les animaux, ils n'ont pas le même comportement que les humains. Donc c'est plutôt ça la démonstration de cette pièce. Le prince et son ami ont conclu que l'infidélité n'est pas d'avantage féminine que masculine, mais que les torts sont partagés autant par les hommes que par les femmes. Cependant, il s'est évident que dans la pièce les femmes sont montrées comme beaucoup plus frivoles et beaucoup plus attachées à leur propre apparence que les hommes.



