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Climatosceptiques : la science, le doute et le déni - #DATAGUEULE 49

Data Gueule

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[0:10]Au pays des aveugles, les sceptiques sont rois. Bonjour. Non, le changement climatique n'existe pas. Enfin en tout cas, il n'est pas lié aux activités humaines. Et puis quand bien même, ces conséquences seront peut-être positives. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'on pourra revenir au climat d'avant grâce à nos super pouvoirs technologiques. Voici les quatre étages d'une fusée bien rodée, celle des climato-sceptiques. Quatre points de contestation rebattu à longueur de débats, de publication ou d'apparition médiatique. Regardons les arguments phares. Ces 15 dernières années, les températures moyennes du globe ont stagné, donc le changement climatique est une illusion. Sauf que prendre une période si courte revient à regarder un paysage grandiose à travers une nouille plate. Depuis 1980, chaque décennie est plus chaude que toutes les précédentes. Un ralentissement sur 15 ans ne modifie pas cette tendance longue. Oui, mais au Moyen-Âge, il a fait plus chaud. Oui, mais non, il n'a fait plus chaud que dans l'hémisphère nord, pas sur le globe dans son ensemble comme aujourd'hui. OK, il y a peut-être un réchauffement, mais c'est à cause des rayonnements solaires. Toujours pas. Depuis 35 ans, l'activité solaire diminue alors que les températures, elles, continuent de grimper. Mais malgré les évidences scientifiques, le doute continue à infuser depuis des décennies. Aujourd'hui, 17 % des Australiens, 15 % des Norvégiens ou 12 % des Américains ne croient tout simplement pas qu'un changement climatique soit en cours. En France, 22 % de la population doute du lien entre les activités humaines et le changement climatique. Quel est donc le carburant des climato-sceptiques, alors que 97 % des scientifiques reconnaissent qu'il y a bien un changement climatique en cours lié à nos activités ? D'abord, il y a le doute, pierre angulaire de toute science. Les scientifiques ne sont jamais sûrs à 100 %. Alors les sceptiques se glissent dans les pourcentages restants. Mais l'observation vaut parfois mieux que tous les discours. En 2010, le physicien américain Richard Muller doute des chiffres de l'évolution des températures présentées par le GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Convaincu que des erreurs humaines se sont glissées dans les relevés utilisés par le GIEC, il conçoit une méthode entièrement automatisée du traitement des données. Deux ans plus tard, il obtient les résultats. Ils sont identiques à ceux utilisés par le GIEC. Il abandonne alors les rangs des climatosceptiques. L'autre carburant de cette fusée est financier. Willie Soon, astrophysicien américain, attribue le changement climatique au rayonnement solaire. Pour mener ses recherches, il a reçu plus d'1,2 millions de dollars d'entreprises comme la Southern Company, géant américain de l'énergie ou Exxon Mobil, l'un des plus grands groupes pétroliers au monde. Entre 2005 et 2008, Exxon Mobile a d'ailleurs dépensé près de 9 millions de dollars pour financer différents Think Tank niant le changement climatique. Koch Industry, géant du pétrole, de la chimie et des matières premières, leur a, quant à lui, généreusement légué près de 25 millions de dollars. Quand on aime, on ne compte pas. En Australie, le parti libéral arrive au pouvoir en 2013. Tony Abbott devient alors premier ministre, climatosceptique convaincu, il supprime dès l'année suivante la taxe carbone mise en place par le gouvernement précédent. En finançant à hauteur d'1,2 millions de dollars la campagne du parti libéral, les géants australiens des mines, du pétrole et du charbon ont misé sur le bon cheval. Au final, les climatosceptiques ne rejettent pas le changement climatique. Ils refusent surtout les conséquences de ce constat, changer notre modèle de société. Les risques pour le chiffre d'affaires des géants des énergies fossiles semblent plus palpables que les impacts du changement climatique. Peut-être plus pour longtemps.

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