[0:03]On part du bien sur le. Ils ont envoyé les chars et puis les soldats sur la plage, il y avait des mines dans tous les sens ça sautait devant, il y avait les soldats allemands. Ça tirait dans tous les sens. D'accord, ouais. Bon attends attends attends, on se calme, on reprend tout à zéro. Ça c'est passé où déjà le débarquement des alliés? En Normandie. Et ben on y va. Allez. En Normandie, Marcel, c'était bien le 6 juin 1944. Le 6 juin.
[1:31]Ces plages de débarquement, elle s'étendent sur 80 km de long. Alors on parle souvent des plages du débarquement, en fait, il y en a cinq. Elles portent toujours les noms que l'ont donné les alliés en 1944, c'est-à-dire que celle-ci c'est Utah Beach, plus loin, il y a Omaha, ensuite il y a Gold, Juno et Sword. Alors évidemment à l'époque, il était pas question de circuler comme ça sur les plages car les Allemands les avaient complètement recouvertes de mines et d'obstacles en tout genre pour empêcher le débarquement. Et puis sur les collines et sur les dunes, il y avait d'énormes blocos qui eux étaient armés de canons et de mitrailleuses. Tout cela paraît bien imprenable. Et pourtant, le 6 juin 1944 à l'aube, les soldats allemands qui surveillent la côte voient apparaître face à eux des milliers de bateaux de débarquement. C'est l'opération Overlord, la plus grande opération amphibie de l'histoire. Les Alliés attaquent les côtes normandes pour mettre fin à l'emprise nazie. Car depuis la capitulation du 22 juin 40, la France et la majeure partie de l'Europe sont occupées par les troupes allemandes. Seule l'Angleterre reste libre mais les bombardements sont nombreux, faisant de nombreuses victimes. Après le raid des Japonais à l'aube du 7 décembre 1941 sur Pearl Harbor, les États-Unis entre en guerre. C'est le tournant du conflit. En 1943, les Alliés mettent le pied en Afrique du Nord. Ils libèrent l'Algérie et le Maroc. Sur le front est, l'armée soviétique résiste toujours à l'armée allemande. Et à la veille du 6 juin 1944, les Alliés entrent dans Rome. Le commandement du débarquement en Normandie est confié à un général américain inconnu, Ike Eisenhower. Quelle est la situation en juin 1944 ? Eh bien, l'Allemagne nazie en rouge sur la carte occupe toujours une grande partie de l'Europe. Seulement, à l'Est, elle doit faire face aux troupes soviétiques. Au Sud, les Alliés ont déjà repris l'Afrique du Nord. Et puis un an plus tôt, en 1943, ils ont débarqué en Sicile et la veille du débarquement, la moitié de l'Italie est déjà libérée. L'idée est donc, pour vaincre l'Allemagne, c'est d'ouvrir un nouveau front, quelque part à l'Ouest, pour prendre l'armée allemande en sandwich. Et dans ces conditions, le meilleur point de départ pour les troupes alliées, c'est l'Angleterre. Seulement, les Allemands ne sont pas idiots. Aussi ont-ils disposé une ligne de défense sur toute la façade Atlantique, du nord de la Norvège au sud de la France, le fameux mur de l'Atlantique. Les pièces maîtresses du mur de l'Atlantique ce sont les batteries d'artillerie. Il y en avait une douzaine dans la zone du débarquement. Alors une batterie d'artillerie, c'est composé d'abord d'un poste de commandement de tir situé à l'avant face à la mer avec en haut une salle d'observation et en dessous une salle de télémétrie avec des appareils qui permettent de mesurer les distances de tir. Tout cela protégé sous une dalle de béton qui fait 2 mètres d'épaisseur. Donc d'ici, on repérait les cibles, on calculait les tirs et on transmettait ces informations aux quatre casemates qui sont à l'arrière et qui protègent les canons. Les casemates, on les avait placé en retrait pour les dissimuler. En plus, elles étaient recouvertes de filets de camouflage. Quant au canon, ils étaient capable de tirer sur des navires situés à une vingtaine de kilomètres au large. Mais il y avait quand même un petit problème dans toute cette installation. Les bombardement des alliés avaient réussi à couper les lignes de communication entre les postes de commandement et les casemates. Résultat, le jour du débarquement ici on tirait un peu à l'aveuglette.
[5:04]Le mur de l'Atlantique, ce sont des millions de tonnes de béton et d'acier, hérissé de milliers de canons. Hitler le prétend infranchissable. Pourtant, derrière la propagande, il existe des failles. Il n'était pas possible de construire un mur en béton du nord de la Norvège jusqu'à l'Espagne. Le mur de l'Atlantique est plutôt semblable à un collier de perles, c'est-à-dire qu'il y a des zones sur le mur de l'Atlantique qui sont densément fortifiées comme les côtes du Pas-de-Calais ou bien encore tous les grands ports de France qui étaient bloqués par des batteries d'artillerie et qui était absolument imprenable. Mais entre ces zones densément fortifiées, il y avait des intervalles qui étaient beaucoup moins. Début 44, le Maréchal Rommel prend le commandement des défenses côtières normandes. Il couvre les plages de millions de mines, de barbelés et d'obstacles divers pour empêcher un débarquement. Dis-moi, Jamy, je ne comprends pas. Pourquoi les Alliés ont choisi la Normandie? Ils auraient pu aller débarquer à Calais, c'était quand même moins loin de l'Angleterre. Je ne comprends pas. Bah oui, entre Douvres et Calais, il n'y a que 35 km et en plus quand on est à Calais, on est sur le chemin le plus court pour aller en Allemagne. Seulement, les Allemands savent tout ça. Aussi, ils ont renforcé le mur de l'Atlantique à cet endroit et puis ils ont concentré des troupes militaires. Alors où débarquer? Eh bien, pas à plus de 240 km des aéroports anglais. En effet, les avions n'ont qu'une autonomie limitée. Ensuite, il faut trouver des plages larges et profondes pour débarquer les hommes et le matériel. Et puis il faut aussi trouver un endroit où les défenses sont un peu plus faibles. Alors quand on réunit toutes ces conditions, eh bien on choisit la Normandie. Et puis pour réussir ce débarquement, eh bien les Alliés comptent beaucoup sur l'effet de surprise. Les Allemands les attendent dans le Nord, et bien ils vont tout faire pour qu'ils continuent à le croire. Les Alliés ont mis au point une gigantesque opération d'intoxication pour faire croire aux Allemands à un débarquement dans le Pas-de-Calais ou en Norvège. Nom de code : Fortitude. Les techniciens anglais diffusent sur les ondes de faux messages qui font croire aux Allemands que des troupes sont concentrées face à Calais. Les avions de reconnaissance allemands confirment que des blindés font mouvement dans la région. C'est en fait une véritable armée fantôme, composée d'engins en carton-pâte. Pendant ce temps, l'armada, la vraie se prépare dans les ports du sud de l'Angleterre. Chars, canons, avions et bateaux sortent en masse des usines anglaises et américaines. Pour les hommes, ce sont les derniers entraînements. Au total, plus d'une douzaine de nationalités : Américains, Anglais, Canadiens, mais aussi Belges, Polonais ou Tchécoslovaques. Cantonnés dans les casernes pour ne pas trahir le secret, ils attendent avec impatience le jour J en rêvant à les jeunes mineurs. Pendant ce temps-là, en France, les réseaux de la résistance se préparent aussi au débarquement, l'oreille collée à Radio Londres. Mais il fallait être discret, il fallait pas se faire prendre. Car tous les jours, la BBC diffusait ces fameux messages personnels, des messages apparemment incompréhensibles, sauf pour les résistants auxquels il s'adressait. Par exemple, un message pouvait donner le feu vert à un groupe de résistants pour une opération de sabotage. Les sanglots longs des violons de l'automne. Je répète, c'était la première partie du message qui annonçait le débarquement. Alors la date du débarquement n'a pas été choisi au hasard. Plusieurs conditions étaient nécessaires. Tout commence pendant la nuit qui précède le débarquement. Les parachutistes qui sont les premiers à toucher le sol français doivent agir dans l'obscurité. Donc, pas de lune. En revanche, les bombardiers qui interviennent un peu plus tard, doivent pouvoir repérer leurs cibles. Eux, ils ont besoin de la pleine lune. Par conséquent, il faut une nuit avec une pleine lune qui se lève tardivement. Et ce n'est pas tout. Le débarquement va avoir lieu au petit matin. En toute logique, il devrait se produire à marée haute. Seulement, les Allemands ont truffé les plages d'obstacles sur lesquels les barges viendraient s'empaler. Pas question non plus qu'il ait lieu à marée basse, parce qu'alors là les soldats resteraient beaucoup trop longtemps à découvert. Du coup, les Alliés choisissent de débarquer quand la marée monte et qu'elle est à mi-hauteur. Récapitulons : une pleine lune avec une lune qui se lève tardivement, une marée qui monte et qui est à mi-hauteur au petit jour. Ces conditions ne sont réunies que quelques jours par mois et en juin 44, on ne les retrouvait qu'entre le 5 et le 7 juin. Initialement, le débarquement est prévu le 5 juin, mais à cause d'une tempête, il est reporté de 24 heures, il aura lieu le 6 juin. Blesse mon cœur d'une langueur monotone. Fred, tu entends? Non, c'est la deuxième partie du message. C'est parti.
[10:15]Dans la nuit du 5 au 6 juin, les groupes de résistants passent à l'action. Il faut couper les communications, faire sauter les ponts. Bref, empêcher les renforts d'aller rejoindre la côte normande. Peu de combien de secondes après les cailloux du balaste, il nous descendaient sur la tête là en haut. Et on est redescendu à moitié là pour voir si c'était bien et les rails que vous voyez là, ces bou là, il était monté à 5 6 m en l'air sur 60 m tout tout était complètement détruit. Depuis 1940, en France, la résistance est une véritable armée de l'ombre qui lutte contre l'occupant allemand. Et il ne fallait surtout pas se faire prendre. J'avais des copains qui étaient arrêtés, il y avait des copains qui étaient fusillés. Il y avait des copains qui malheureusement étaient torturés, c'est vrai, et c'était non pas un amoindrissement de notre engagement, mais c'était une raison supplémentaire de continuer le combat. Toujours dans la nuit du 5 au 6 juin, les bombardiers alliés passent à l'action pour détruire les points stratégiques. Les premiers alliés qui ont mis les pieds sur le sol français, ce sont les troupes aéroportées, les parachutistes. Ça c'est passé dans la nuit du 5 au 6 juin et je peux te dire, Jamy, qu'ils avaient un sacré paquet de matériel sur le dos. Regarde un peu, deux parachutes. Un parachute dorsal et un parachute ventral si le premier ne s'ouvre pas, des armes, des munitions, des réserves de nourriture, un masque à gaz, 70 kilos de matériel. Et puis, ils avaient ça, le criquet, c'était très pratique quand ils étaient perdus dans le noir, ils pouvaient se reconnaître. Tu connais le truc, Jamy? Un coup, Réponse, deux coups. Euh Fred, fais quand même attention à tes 70 kg sur le dos parce que les Allemands avaient inondé une partie de l'arrière-pays pour le transformer en marécage et piéger des parachutistes. Et beaucoup de ceux qui y sont tombés ont eu beaucoup de mal à s'en sortir. Alors quelle était la mission de ces troupes aéroportées? Eh bien, une première vague de parachutistes va être larguée au-dessus de la région de Sainte-Mère-Église. L'objectif, c'est de contrôler l'axe Cherbourg-Bayeux et couper la route à d'éventuels renforts qui viendraient de Cherbourg. Parallèlement, à l'autre extrémité, un commando anglais atterrit en planeur près des ponts de Ranville et Bénouville, le fameux Pegasus Bridge. Cette fois, l'objectif, c'est de couper la route à des renforts qui viendraient du Nord. Et puis, il y a d'autres troupes aéroportées qui vont atterrir dans l'arrière-pays afin de préparer et de baliser des pistes d'atterrissage pour accueillir des planeurs. Et oui, les Alliés utilisaient aussi des planeurs comme celui-ci pour passer derrière les lignes allemandes. C'était très pratique évidemment, puisque c'était silencieux et ça a permis à des commandos britanniques et américains de prendre l'ennemi par surprise et de s'emparer de points très stratégiques comme des ponts par exemple. Alors c'était très léger car c'est essentiellement de la toile et il y a aussi du bois et un peu de métal. On va rentrer à l'intérieur. Avec certains planeurs, on pouvait transporter du matériel léger, enfin léger, on transportait des jeeps quand même. Celui-ci en emmène plutôt des hommes et le plus redoutable, c'était l'atterrissage parce qu'évidemment, on se posait un petit peu n'importe où. Bon, je vais peut-être mettre mon casque. Et les gars, vous me faites une place? Accroche-toi bien ça va secouer car les planeurs atterrissaient en plein champ. Ils avaient parfois des mauvaises surprises. Quand aux premiers parachutistes américains qui sautent sur Sainte-Mère-Église, ils vont tomber nez à nez avec l'ennemi. Je suis tombé à 100 m, là-bas, je n'ai pas atterri ici car ceux qui ont atterri sur la place et tous avaient été tués ou blessés. Tout parachutiste ont peur au combat.
[14:04]S'ils n'ont pas peur, c'est qu'ils sont fous. C'était mon premier combat et j'avais peur. Et sauter en parachute de nuit, j'avais deux fois plus peur car je ne voyais pas où j'allais. Alors évidemment, on peut se demander pourquoi les Allemands n'ont rien vu venir, surtout que le radar existait déjà depuis les années 30. Et il se sont énormément développé pendant la Deuxième Guerre Mondiale. D'ailleurs, entre Dunkerque et le Cap de la Hague, les Allemands avaient installé une centaine de radars. Celui-ci par exemple, était capable de détecter avec une très grande précision des avions et des navires à 60 km.
[14:53]Seulement voilà, la grande majorité des stations radar avaient déjà été bombardées et très endommagé avant le jour du débarquement et les opérateurs étaient obligés de se réfugier dans les blocs sous 2 mètres de béton. Et puis dans la nuit du 5 au 6 juin, des bateaux et des avions des forces alliées avaient pour mission d'aveugler tous ces radars en utilisant des brouilleurs et en envoyant en pagaille dans le ciel ces petites bandes d'aluminium qui créent des échos parasites sur les écrans. Ça c'est ce qu'on appelle les Windows. Mais la destruction des radars n'explique pas tout. Le commandement allemand tarde à réagir. Malgré les bombardements et les parachutages, pour l'état-major, le débarquement ne peut avoir lieu que dans le Pas-de-Calais. De plus, Rommel est rentré en Allemagne et personne n'osera réveiller Hitler avant 10 heures du matin. Lui seul a le pouvoir d'envoyer les chars en renfort. Du côté allemand, on ne veut donc pas croire à une opération de grande envergure. Demarche pour eux car pendant ce temps-là, en Angleterre, 137 navires de guerre et 4 000 bateaux de débarquement ont déjà pris la mer. Et ils avancent très vite. Et oui, ils ont quitté l'Angleterre la veille au soir avec à leur bord 156 000 soldats. Alors comment les opérations se sont-elles déroulées? Eh bien, d'abord, les navires vont quitter les ports dans lesquels ils stationnaient et se regrouper en un point rebaptisé pour l'occasion Piccadilly Circus. Ensuite, l'armada va se diviser en cinq colonnes et les navires vont faire route vers les côtes normandes. Ils sont précédés par des dragueurs de mines qui vont ouvrir cinq passages, puis chaque colonne va se diriger vers une plage, Utah Beach, Omaha Beach, Gold, Juno et Sword Beach. À 5 heures du matin, les navires alliés arrivent en vue des côtes normandes. Ils commencent par canoniser les défenses anti-chars. Pour les hommes, il est temps de grimper dans les barges. À partir de 3 heures du matin, les premières péniches de débarquement sont mises à la mer à une quinzaine de kilomètres des plages. C'est un transport de matériel, d'autres comme celle-ci, transportent des troupes. Tiens, Jamy, on va faire un saut dans le temps. Voilà, nous sommes le 6 juin 1944 à l'aube et nous naviguons vers les côtes normandes. La mer est plutôt houleuse. Il y a combien de gars dans une péniche comme celle-ci? Une trentaine. Alors ce matin du 6 juin, quel est l'état d'esprit des gars qui sont dans la péniche? C'est euh, c'est un peu mitigé. Ces gens-là donc sont assez exaltés mais en même temps ils sont stressés, ils ont peur forcément c'est c'est la guerre et euh c'est très évident. Alors, à côté de ces considérations psychologiques, il y a bien sûr le l'aspect physique, il faut dire que après avoir été embarqué et rembarqué plusieurs fois, après avoir subi le mal de mer pendant plusieurs heures et des heures, avoir pris une pilule spéciale censé lutter contre le mal de mer mais qui s'était avéré plutôt soporifique, ça, ça provoque la fatigue. Plus le stress, tout ça accumulé. Donc ils sont dans un état quand même pas reluisant le jour du débarquement. Ce n'est pas les conditions idéales pour pour la guerre. Certainement pas. Alors, comment devait se dérouler le débarquement? Enfin, en théorie. Eh bien d'abord, pour couvrir les troupes, les Alliés devaient mettre à l'eau des chars amphibies. Ces chars étaient équipés d'une jupe pour flotter et d'une hélice pour avancer. Une fois sur la plage, ils devaient tirer sur les défenses allemandes. Ensuite, devaient venir les troupes du génie pour préparer le terrain. Et là les Anglais avaient mis au point toute une série de chars spéciaux. Il y avait le char fléau, spécialisé dans le déminage des plages. Le principe était simple, des chaînes à l'avant qui fouettaient la plage pour faire exploser les mines sur le passage du char. Et puis il y avait aussi le char bobine qui déroulait un tapis sur son passage afin que les hommes et les troupes ne s'enlissent pas. Et c'est seulement après ce déploiement de matériel et la préparation du terrain que devait entrer en action l'infanterie. Enfin, ça, c'était ce qui était prévu. Sur certaines plages, tout s'est passé comme prévu. Quand les premières barges ont transpercé la corde, les forces du génie ont ouvert un passage. C'est le cas devant Ouisthram où 177 soldats français, sous les commandés Kieffer, débarquent avec les troupes anglaises. À cet instant, tous les obstacles de pierre sont très lourdes. On ne sent rien, le principal c'est de mettre le pied sur le sol de chez nous. C'était notre motivation principale. Le commandant Kieffer nous a dit avant quand même avant de débarquer, je crois que c'est la veille, il nous a dit voyez-vous on on risque tout, on risque tous d'y rester. Il n'y aura peut-être pas 10 d'entre nous qui reviendront. Mais celui qui ne veut pas partir, il peut sortir des rangs, je ne voudrais pas. Et il n'y a aucun qui est sorti des rangs, on est tous partis. Mais dans le secteur américain, tout ne s'est pas passé comme prévu. Ici, à Omaha Beach, les Américains ont commencé à débarquer à 6h30 du matin. Et pour eux, ça a rapidement tourné au massacre pour plusieurs raisons. D'abord, les bombardements qui devaient taper sur les blocos de la plage ont complètement raté leur cible, donc les défenses allemandes étaient fortes et puis les chars amphibies qui devaient protéger les hommes ont été mis à l'eau beaucoup trop loin, ils ont coulé. Donc les gars se retrouvaient ici, complètement à découvert. Et là, il est trop tard à ce moment-là. Il est trop tard pour retourner aux péniches. En effet, parce que les péniches déposent les hommes et s'en vont pour permettre aux autres vagues d'assaut d'arriver et libérer la plage. Et il y a beaucoup de plages à traverser, alors comment ils font les gars? Eh ben, donc la majorité des hommes essaient de se cacher dans l'eau qui monte en se servant de l'eau comme rempart et en se cachant derrière les quelques obstacles posés par les Allemands. Il nous monte à la remorque. Il nous manque à la remorque. Les gars, on va se faire quoi? Une heure et demie ou deux heures pour arriver jusqu'en haut de la plage. Et là, ils sortent encore un obstacle et un obstacle à l'époque ici. Ouais, le mur anti-char. Donc le seul moyen, bah c'est de le faire sauter. Et faire sauter un mur anti-char, c'est le boulot du génie en principe. Ouais, mais sur la plage à ce moment-là, c'est une totale désorganisation. Il n'y a plus de génie, il n'y a plus rien du tout. Donc, eh ben c'est des individuels qui sous les ordres des sous-officiers ou de quelques officiers survivants qui vont lancer des équipes pour faire sauter à l'aide des pains de TNT pour faire sauter ce mur, pour permettre aux autres groupes de passer. Finalement, à Omaha Beach, les Américains réussissent à établir une tête de pont. Mais sur cette plage, 2 000 soldats seraient morts. Dans tous les secteurs, il faut maintenant évacuer les épaves pour décharger le matériel. Les soldats blessés et les prisonniers allemands sont évacués vers l'Angleterre. Quelle est la situation au soir du 6 juin 1944? Eh bien, 156 000 hommes viennent de débarquer sur les côtes normandes. Mais rien n'est encore gagné. Initialement, les Alliés avaient prévu contrôler toutes les zones hachurées en vert. Au soir du 6 juin, ils ne contrôlent que les zones en jaune. Pour poursuivre l'offensive, il va falloir faire débarquer des milliers d'hommes encore et des tonnes et des tonnes de matériel. Seulement à cet endroit, il n'y a aucun port. Eh Jamy, viens voir, l'idée géniale des Alliés, la botte secrète, c'est ça, la construction de ports artificiels. On peut d'ailleurs en voir encore des vestiges sur la plage d'Arromanches. Tous ces blocs métalliques, c'était des gros flotteurs qui soutenaient une route. Mais le plus spectaculaire se trouve au large. On va y aller. Pour protéger ces ports artificiels de la tempête, de la houle et des torpilles, il a d'abord fallu construire au large une gigantesque digue avec des caissons en béton armé. Tous ces caissons, il pèse quand même 6000 tonnes chacun, ont été construits en Angleterre. Alors comme ils sont creux, ils peuvent flotter, on les a donc remorqué à travers la Manche avec des navires et une fois arrivé ici, on les a coulé en les remplissant d'eau. Ça paraît complètement inimaginable comme ça et pourtant ça a marché puisque dès le 7 juin 1944, les premiers éléments arrivaient ici. Pour construire les ports artificiels, on a donc coulé des caissons Phoenix et pour renforcer la digue, on avait également coulé de vieux bateaux, les blockships. Et puis on avait aussi disposé au large ce qu'on appelle des bombardons, des éléments très longs qui servaient de brise-lames. Une fois la zone d'eau calme délimitée, on a placé le quai flottant. Et à partir du quai flottant, le pont flottant qui permettait d'aller jusqu'à la plage.
[23:27]Comme en Normandie la marée monte et descend, et bien le quai était placé sur des glissières verticales, ce qui permettait au quai de monter et de descendre comme la marée. Vue de dessus, voilà à quoi ça ressemblait. Le bateau pénétrait dans le port, franchissait la digue, il allait jusqu'au quai, il déchargeait leur cargaison, qui était enmené par des camions jusqu'à la plage. Le 6 juin, fin août, les ports artificiels permettront de débarquer 440 000 véhicules et 2 millions de soldats. Car la bataille de Normandie ne fait que commencer. Elle sera longue et coûteuse. L'avancée vers Cherbourg et Saint-Lô sera lente et difficile. Caen sera détruite aux trois quarts avant d'être enfin libéré le 19 juillet. La division blindée de Leclerc débarque de Buc et va foncer vers la capitale. Paris est libérée le 25 août 1944. De Gaulle défile sur les Champs-Élysées. Pendant ce temps, un autre débarquement a eu lieu en Provence dans le sud. Les Alliés poursuivent leur route vers l'Allemagne. Ils prennent Berlin et le 8 mai 45, c'est la capitulation.
[24:35]Le régime nazi est anéanti alors que le monde découvre l'horreur des camps de concentration.
[24:47]Tu sais Jamy, que ce débarquement, il a réussi, mais il a fait des milliers de morts. Oui, plus de 8 000 soldats tués chez les Alliés le 6 juin au soir et tu vois, il y en a beaucoup qui sont enterrés ici juste à côté des plages. Et dans le cimetière, il y a aussi des gars qui sont tombés un peu plus loin pendant la bataille de Normandie. Tu te rends compte? On parle de plus de 40 000 morts chez les Alliés, 20 000 civils. Et des morts, il y en a eu des deux côtés. Oui, 50 000 soldats allemands y sont restés.
[25:18]Regarde, celui-là, il avait à peine 18 ans.



