[0:14]Et si je vous disais que chaque avion qui décolle aujourd'hui dépend d'une ressource plus convoitée que le pétrole et l'or. Une ressource dont la production ravage les écosystèmes, alimente des conflits géopolitiques mondiaux et dont le nom même est un paradoxe. Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures, ma thèse vous embarque dans le recyclage de matériaux au cœur des enjeux mondiaux, les terres rares. Les fabricants de moteurs d'avion ont développé un revêtement à base de terres rares pour protéger les pièces de l'usure en vol. Ce matériaux peut résister à plus de 1500 degrés, soit la température de la couronne solaire. Pendant ce temps, vous profitez de votre vol, les jambes pliées en quatre, bercé par le ronflement de votre voisin. Les terres rares sont omniprésentes et pourtant méconnues. On les retrouve dans vos téléphones, vos voitures électriques ou encore vos éoliennes. Mais attention, leur nom est un piège. Ce ne sont pas des terres et elles ne sont pas vraiment rares. En fait, leur abondance dépasse souvent celle de l'or. Regardez par votre hublot, nous survolons actuellement la Chine, premier pays producteur de terres rares. Des mines à perte de vue, des paysages transformés, mais surtout une catastrophe environnementale sans précédent. La production d'une tonne de terres rares peut ainsi générer jusqu'à 110 tonnes de CO2, celle d'une tonne d'acier n'en produit que deux. Le marché des terres rares est également ultra sensible aux tensions internationales. Les prix s'emballent au gré des crises et les chaînes d'approvisionnement s'enrayent. Comment faire alors pour produire des moteurs ? Ma thèse propose de recycler les terres rares des avions en fin de vie. Cette solution permet non seulement de s'affranchir de l'impact environnemental, tout en limitant les tensions géopolitiques. C'est ce défi que je relève, trouver comment recycler ces matériaux critiques pour que nos avions continuent de voler sans que la planète en paye le prix fort. Pour cela, j'analyse mon revêtement afin de déterminer précisément sa composition. J'essaie ensuite d'extraire chimiquement les terres rares, puis je les transforme successivement jusqu'à obtenir l'espèce qui m'intéresse. J'utilise différentes méthodes de caractérisation physique et chimique. Mesdames et messieurs, merci d'avoir volé avec moi aujourd'hui. La prochaine fois que vous montez dans un avion, souvenez-vous, votre moteur recèle sûrement un trésor bien plus précieux que le kérosène. Je vous remercie.

MT180s 2026 : Clémence Augeard, finaliste de l'université de Bordeaux
Université de Bordeaux
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