[0:00]Le premier véritable aperçu d'une connexion entre le cerveau et l'esprit fut fait en France en 1861. Et là encore, l'épilepsie joua un rôle essentiel.
[0:20]À cette époque, l'hôpital psychiatrique du Bicêtre était à la pointe de la recherche. Il avait été le premier à mettre en place des thérapies plus humaines dans le traitement de la folie et de la déficience mentale. Le chirurgien Paul Broca, attaché à cet hôpital, était particulièrement apprécié pour sa bienveillance envers ses patients.
[0:46]Le nom de ce malade était Louis Leborgne.
[0:52]Mais tout le monde l'appelait Tam, comme la seule syllabe qu'il prononçait depuis qu'il avait 30 ans. Et il en avait maintenant 51. Tam souffrait de crise d'épilepsie depuis son enfance. Il avait été interné à Bicêtre parce qu'il avait totalement perdu l'usage de la parole, excepté sa capacité à dire Tam. Le pauvre Tam était muet. Il avait tout le côté droit paralysé et gagné par la gangraine. Avant même l'état d'urgence médicale de Tam, Broca avait envisagé que des régions spécifiques du cerveau puissent être le centre de la parole et de la mémoire. Broca voulait en apprendre le plus possible sur le mourant, dans l'attente de ce que pourrait révéler un examen post-mortem. On ne sait pas si c'est l'épilepsie de Tam qui a endommagé son cerveau, ou si c'est un traumatisme datant de l'enfance qui a provoqué l'épilepsie et plus tard, la perte de la parole.
[2:05]Toujours est-il que le destin de Tam a permis à Paul Broca d'établir pour la toute première fois, un lien entre une partie du cerveau humain dans ce cas précis, la région endommagée et sa fonction spécialisée, la production du langage. En hommage à ses travaux, cette partie de notre cerveau porte depuis l'or le nom d'air de Broca.



