[0:02]syndicat de bassin versant, des structures d'enseignement agricole, toute une myriade d'acteurs qui travaillent de près ou de loin avec le sujet de la haie. Et donc le l'objectif de réseau et Normandie, c'est tout d'abord de diffuser de l'information mais aussi des conseils techniques auprès de auprès de ces personnes-là, auprès des d'agriculteurs. euh de faire des sensibilisations mais aussi de mettre en réseau l'ensemble de de tout ce petit monde. Euh et enfin, on a aussi un volet euh projet et recherche au sein de de l'association. Alors sans plus de transition, euh ce webinaire il va être construit en quatre grandes parties qui reprennent globalement le premier chapitre de mon mémoire de stage. Donc euh ce mémoire, il est construit autour de la question de la haie et du bocage quand je suis arrivée en Normandie, c'est un un paysage euh qui est très euh qui marque l'identité de ce territoire. Et je me suis posé la question tout de suite en arrivant de bah voilà, le bocage, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'on entend par la par ce cette définition de bocage ? Qu'est-ce que c'est que le bocage ? Qu'est-ce que c'est que la haie ? Euh comment elle a été prise en compte progressivement au cours de l'histoire, comment aujourd'hui on en arrive à toujours avoir un déclin de ces là sur le territoire, malgré toutes les fonctionnalités et les services écosystémiques que la haie peut nous rendre. Donc voilà, j'ai essayé de vous présenter un petit peu cette première grosse partie très état de l'art finalement de de mon de mon mémoire de stage. Alors, la haie, euh elle existe depuis fort longtemps et les premières traces écrites que l'on a de ce de cette structure végétale, c'est l'Antiquité. Et notamment ici vous avez une représentation donc iconographique de la guerre des Gaules, donc qui est pas euh qui nous date pas de l'Antiquité évidemment. Euh mais qui euh prend euh enfin qui illustre euh ces ces campagnes militaires que Jules César décrit dans son dans son livre en 58 avant Jésus-Christ. Et donc pendant ces ces conquêtes militaires, il traverse l'ensemble de l'actuel Europe euh et rencontre plus ou moins de de peuple important euh qui parmi eux, les Nerviens euh sont entrés en guerre avec Jules César. Et qui ont donné du fil à retorde à ce dernier, notamment du fait des haie défensives qu'ils avaient mis en place euh pour se défendre. Et donc Jules César nous dit dans son dans son livre, vous en avez un extrait, euh que ces personnes-là taillaient et courbaient de jeunes arbres, qui poussaient en largeur avec notamment des ronces et des buissons épineux qui se croisaient dans les intervalles. Il dit même si bien que ces haie, semblable à des murs, leur offrait une protection que même le regard ne pouvait violer. Donc première utilisation de la haie à cette époque comme haie défensive, comme structure végétale permettant de protéger un espace. Je vous invite à faire un saut dans le temps assez important direction le Moyen-Âge où là encore donc la haie persiste entre l'Antiquité et le Moyen-Âge mais on va avoir un usage un tout petit peu différent. À cette époque, on a deux processus qui se mettent en place. D'abord un morcellement des terres sous l'effet du système féodal. Donc on a tout en haut de la pyramide sociale les seigneurs qui vont posséder les terres. Euh en dessous des seigneurs, nous avons les vassaux euh qui vont prêter serment de fidélité et de protection euh au seigneur contre la possession de terre qu'on appelle à l'époque des fiefs. Et ces fiefs, ils sont travaillés par les serres, euh donc les tout derniers dans la pyramide sociale, qui vont travailler ces terres là en échange de la protection du vassal.
[3:38]Et ça, ça représente 90 % de la population. Et chaque petit fief, en fait, divise et morcelle les terres euh au Moyen-Âge. Dans un autre temps, on a un processus d'embocagement qui se met en place depuis le Moyen-Âge et jusque dans les années 30, où on va avoir des qui vont être mis en place tout autour des parcelles pour d'abord faire barrière mais aussi délimiter chacun des des territoires.
[4:05]D'une part, c'est surtout pour protéger ce qui est à l'intérieur, donc les cultures qui sont contenues à l'intérieur des hauts. On fait un petit focus sur euh ce travail euh iconographique qui a été réalisé par le duc de Berry euh qui est un calendrier. Et donc là, on a la représentation de juillet, on voit bien sur cette image, donc les haie euh ici de tétards, j'en parlerai juste après, qui encercle la culture qui semble être du blé. Donc, d'abord, qui permet une délimitation foncière pour éviter les disputes entre les différents fiefs. On a également, comme je vous l'ai dit, une protection, la protection contre les incursions animales, qu'elles soient domestiques ou euh sauvage. Ici là, on a des moutons, on voit bien que ce sont pas les moutons qui sont enclos dans la parcelle mais bien la parcelle qui est protégée par les haie. Et puis comme je vous l'ai dit, ici, on a une formation végétale un petit peu particulière qui s'appelle euh le tétard. Vous en avez une image juste à côté euh du pays d'Oge. Donc le tétard, c'est cet arbre qu'on va couper sur son extrémité au niveau du sommet, donc on fait une coupe sommitale, et on enlève les branches l'intégralité des branches du dessus qui va former une espèce d'excroissance, la tête du tétard. Et cette euh cette formation végétale un peu spécifique, elle est très utilisée à l'époque pour produire des ressources, euh et notamment des perches et des fagots qui vont permettre euh de faire euh de faire du du feu, notamment pour euh pour tout ce qui est consommation alimentaire.
[5:37]Alors au Moyen-Âge, on ne parle pas de bocage. La la définition, le mot de bocage n'apparaît pas à ce moment-là. Euh malgré qu'on ait les premières formes entre guillemets modernes de ce bocage. Le bocage n'a pas de définition consensuelle encore aujourd'hui. Mais ce qu'on sait et ce que ce qu'on peut partager en tout cas tous ensemble, c'est que le bocage c'est d'abord un construit qui est social et paysager. C'est bien une société qui a construit ces formes de paysage, la haie ne pousse pas d'elle-même de façon linéaire. Et puis le bocage, c'est surtout les haie mais aussi une interaction avec plusieurs autres composants, les prairies, les fourrés, les bois ou les bosquets, les talus, les mares, les haie.
[6:23]Ce qui a comme ce qui a permis à Arthur Young au 18e siècle de créer une première définition de ce bocage euh qu'il définit comme un paysage d'origine anthropique, on a bien l'idée de construit social, formé de parcelles en prairie ou en culture, les différentes composantes, qui sont de formes irrégulières, de dimensions inégales et puis entourées de haie vive, donc de haie vivante. Alors, je vous ai dit bocage, il y en a plusieurs définitions, notamment parce qu'il y a plusieurs formes de bocage. On peut pas spécifiquement dire le bocage. On devrait plutôt parler des bocages au pluriel puisque chaque spécificité locale influence donc l'organisation et les formes du bocage. Ici vous avez deux représentations de photos. D'une part au centre Manche, donc au niveau du Cotentin, on va avoir des haies moyennes à basses qui sont plutôt des haies euh pluristrate, c'est-à-dire avec plusieurs hauteurs. Et bien sûr sur des talus. De l'autre côté, on va avoir le pays de Caux, donc plutôt l'ex Haute Normandie, autour de Rouen, où là le bocage est tout à fait différent. On a d'une part des haie bases taillées, donc ce qu'on appelle les haie au carré hein, d'un m sur un m à peu près, couplé avec des alignements d'arbres de haut jet, donc des grands arbres, et ici, on a surtout pas de talus hein, le le paysage est très est très plat, très linéaire. Donc voilà, on n'a pas un seul une seule forme de bocage, on en a plusieurs d'où l'idée de parler de bocage au pluriel.
[7:58]Et la haie dans tout ça ? Alors, la haie, c'est une autre histoire toujours compliquée de définir la haie. Il y a beaucoup et de très nombreuses définitions qui dépendent à la fois du contexte et des objectifs de chacun des acteurs du territoire. J'ai bien vu lors des entretiens que j'ai fait avec toutes les personnes que j'ai rencontré dans dans le cadre de ce stage, euh par exemple, on va avoir la direction départementale des territoires et de la mer qui va avoir une vision de la haie plutôt agricole. On va avoir le référentiel SIG, donc système d'information géographique bas normand qui lui va avoir plutôt une vision trame verte et bleu. Un autre exemple, par exemple, avec l'inventaire forestier national qui lui va avoir une définition de la haie avec une vision plutôt forestière. Je vous ai mis un petit exemple, vous pouvez faire l'exercice entre vous, à partir de quelle de distance de trouée, une haie n'en est plus une. Vous avez le petit schéma, on a un morceau de haie, un trou, un autre morceau de haie. À partir de combien ça, ce n'est plus une seule et même haie mais bien deux entités. Donc là encore, on a des définitions qui sont différentes. Et je suis certaine que si je posais la question et que vous me répondiez, on aurait énormément de de chiffres différents. Euh par exemple pour l'inventaire forestier national, une trouée n'en est plus une à partir du moment où il y a 10 m de distance entre les deux formations végétales. Euh pour la direction départementale des territoires et de la mer, c'est 5 m. Donc voilà, là encore, on a différents critères qui font que la définition de la haie, elle est multiple et complexe. Néanmoins Fanny Le Guillou dans sa thèse en 2020 a fait une synthèse de l'ensemble de ces définitions pour essayer de proposer quelque chose de complet. Donc là la définition est très longue hein. Mais on voit bien que ça dépend donc des éléments qui sont considérés comme étant une haie hein, une haie ou un alignement d'arbre. Euh ça dépend aussi de la taille, à la fois la largeur, mais aussi la longueur et la hauteur de la haie. Ça localisation, est-ce qu'elle est sur un talus, est-ce qu'elle est sur un bord de cours d'eau, ce qu'on appelle une ripisilve. Euh voilà, tout ça font que euh on n'a pas une seule et unique définition de la haie donc c'est complexe de travailler avec avec cette formation végétale là. On a une définition juridique qui est apparue via le Code de l'environnement, donc là c'est la création de la loi au 24 mars de cette année, euh qui euh qui me dit que sauf disposition spéciale, une haie est une unité linéaire de végétation, donc bien fait l'idée que c'est linéaire. qui est autre qu'une culture euh avec voilà, des des éléments à prendre en compte, des arbres, des arbustes, parfois d'autres ligneux, euh et puis avec une largeur maximale de 20 m. Vous voyez que cette définition, elle est très simple. Et euh parmi tout ça, on peut avoir d'autres éléments, d'autres critères qui viennent s'y ajouter.
[10:54]Alors, on a vu au Moyen-Âge, c'est l'émergence des haie, euh sous leur forme moderne. Elles ont une fonction de barrière, de protection mais aussi de délimitation des propriétés. La seconde étape clé de l'histoire de la haie, c'est au milieu du 20e siècle, où on est en contexte d'après-guerre. Euh 45 à peu près, apparaissent les premières transformations agricoles qui sont très rapides et qui se font à très grande échelle. D'une part pour avoir une autonomie alimentaire française, nationale. Mais aussi parce qu'il y a un développement économique à avoir qui est fort. Et ensuite par l'amélioration de la qualité de vie qui intervient après-guerre également. Et tout ça, ça s'accompagne de la mécanisation, de l'apparition des amendements et des traitements chimiques qui font que la haie elle est abandonnée et parfois supprimée. C'est ce qu'on a appelé les grands remembrements. Ces remembrements là, ces arrachages massifs, ils se font entre la période de 1945 et 1970. Ils sont initiés par l'État qui est accompagné euh de différentes instances, notamment le crédit agricole, euh les chambres de géomètres, les chambres d'agriculture aussi qui aident les agriculteurs à se moderniser et donc à supprimer et à abandonner leur haie. À l'époque et comme le dit Tibault Preux euh dans sa thèse également en 2019, euh la haie est vécue comme un sous-produit agricole. Elle n'est pas rentable, c'est un obstacle et donc on l'arrache. C'est à partir des années 70 qu'apparaissent les premiers les premières prises de conscience. Euh la prise de conscience, elle est collective mais aussi très progressive. On prend de plus en plus en compte le rôle patrimonial, le rôle écologique, le rôle culturel également de la haie. Et tout ça, ça aboutit en 1976 à la création de la loi relative à la protection de la nature. Euh qui euh dit que tous les espaces naturels, paysagers et les espèces sont considérées d'intérêt général. Et donc, par conséquent, il y a une obligation d'études d'impacts pour les grands projets. On va aller regarder quels sont les impacts du remembrement, hein, puisque le remembrement est compris dans cette définition des grands projets. Et en fonction de l'impact que ça a, euh il y a des propositions à qui sont obligatoires euh d'évitement, de réduction ou de compensation de ces impacts là. Ce qu'on appelle les mesures ERC. Euh, et puis par voie de conséquence en 1980, c'est la création de l'Institut euh pour le développement forestier avec sa branche de recherche euh qu'on appelle le Centre national de la propriété foncière, le CNPF qui travaille sur la question des flux notamment et de comment fonctionne la mise en réseau des haie. Tout ça, voilà, ça aboutit à une augmentation de la demande sociale en outils de préservation euh et on va le voir, voilà, il y a une imbrication des échelles d'action, un mille feuilles réglementaire et un mille feuilles euh de de dispositifs en faveur de la haie qui se mettent en place. Alors, ces dispositifs, ils sont à plusieurs échelles. D'abord, on a les programmes nationaux, là, je parle uniquement pour tout ce qui est plantation de haie. Euh au national, on a eu euh Plantons des haies qui s'est transformé aujourd'hui, on a le Pacte en faveur de la haie hein, depuis septembre 2023. Au niveau régional, on a également des grands programmes qui se développent hein, Bresse Bocage par exemple, mais je sais qu'il y en a plusieurs d'entre vous qui sont euh euh aussi au niveau des pays de la Loire, vous avez le liger bocage. Au niveau des programmes locaux, on va avoir euh des programmes de plantation qui vont être soutenus par les agences de l'eau, par les syndicats de bassin versant. Ici, je vous ai mis l'exemple du syndicat du bassin de la Dive euh qui est très actif sur notre région. Euh et qui accompagne euh les gestionnaires à la plantation. On va avoir aussi des programmes micro-locaux avec des aides directes qui sont proposées par des communes, par des communautés de communes, en association avec des organismes publics. Et donc là, je vous ai mis l'exemple du Pays de Falaise qui a porté l'action aux citoyens en collaboration avec le Centre permanent d'initiative pour l'environnement des collines normandes, le CPIE. Euh et tous ces voilà, ces programmes d'action à différentes échelles euh permettent chaque année de planter 3000 km euh par an sur le territoire français. Ça fait des données assez récentes qui nous viennent du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux. Alors, on a une multiplication des dispositifs permettant la plantation, mais aussi on a une multiplication des réglementations liées à la haie. Euh je vais pas tout passer en revue parce que vous voyez, il y a énormément de texte de loi qui encadre euh à la fois la plantation mais aussi la préservation, l'arrachage des et cetera. Mais si on fait un petit tour, on va d'abord avoir le Code de l'urbanisme, euh où là, on a des prescriptions qui peuvent être prises via les PLU, le plan local d'urbanisme, PLUI si vous êtes dans une intercommunalité. Euh des prescriptions vis-à-vis des plantations mais aussi de la préservation et des arrachages euh via le classement des haie, par exemple, en espace boisé classé. On va avoir également le Code de l'environnement qui lui va pouvoir avoir un effet parfois direct, parfois indirect. Euh si on prend par exemple les arrêtés de protection du biotope ou Natura 2000, là, ça va être les habitats euh liés aux haie et les espèces euh qui sont intégrées à l'intérieur hein, espèces végétales ou animales qui vont pouvoir être protégées. Euh on a également la loi sur l'eau hein sur le la question des ripisilves, comme je l'ai dit, donc les formations végétales de type qui sont au bord de cours d'eau qui sont réglementées par le Code de l'environnement. Au niveau du Code rural et de la pêche maritime, là ça va toucher plutôt tout ce qui est politique agricole commune et paiement vert, mais aussi toutes les protections préfectorales qui peuvent être prises via la loi paysage. Un peu plus euh étonnant euh mais parce que indirectement concerné par la haie, le Code de la santé publique, euh et le captage d'eau potable. Là, certains abords de captage sont réglementés et s'il y a présence de haie, elles peuvent être euh réglementées notamment pour leur arrachage puisque la haie on le verra juste après, euh rend un service de de filtration notamment de l'eau. Et puis enfin, on a le Code du patrimoine qui lui règle les haies qui sont à proximité des sites classés ou des sites inscrits qui peuvent être protégées pour une question de d'esthétique d'harmonie en fait vis-à-vis du du patrimoine. Une myriade, une multiplication des réglementations autour de la haie. Malgré tout, ce que j'ai pu constater lors de ce stage, c'est qu'on a une disparition des haie et c'est un processus qui s'accélère. Euh entre 2006 et 2014, 10 400 km de haie qui disparaissaient chaque année. Entre 2017 et 2021, c'est 23 500 km. Donc depuis 2014, on a plus que doublé ce phénomène de disparition des haie. Et euh ça voudrait dire, si je reprends les chiffres là de plantation hein, qu'on avait tout à l'heure, on plante 3000 km pour 23 500 km qui disparaissent, ça voudrait dire multiplier par 8 nos efforts de plantation pour pouvoir compenser cette cette disparition de là. Alors vous allez me dire et ben pourquoi la haie disparaît du coup ? Pendant ce stage, j'ai pu faire plusieurs entretiens, ça je vous l'expliquerai un peu plus en détail dans le second webinaire, mais avec plusieurs catégories d'acteurs. D'une part le monde agricole. Moi je suis allée voir plusieurs agriculteurs, aussi plusieurs techniciens bocage et des directions départementale des DRAF et cetera, donc des services de l'État. Et euh je leur ai posé la question parmi mes entretiens de pourquoi à votre avis la haie continue de disparaître ? Parce que je me posais vraiment réellement cette question, vu tous les dispositifs qu'on met en place, c'est bizarre qu'il qu'il disparaissent toujours autant de haie. La première cause qui est sortie de ces entretiens et notamment vis-à-vis du monde agricole, c'est le remembrement et la mécanisation, comme on l'a vu avec les arrachages massifs entre 45 et 70. Alors l'apogée de ce processus de remembrement, il est entre les années 67 et 70, c'est une période très très courte. Mais ce procédé, il a été hétérogène sur le territoire. Et là, c'est la carte que vous avez juste à côté, où on voit avec les colories plus c'est blanc enfin plus c'est gris clair plus le remembrement a eu lieu tôt et plus c'est foncé, plus on tire vers le noir plus c'est tardif, avec en blanc les communes qui n'ont jamais été remembrées. Et on voit en fait qu'il y a ça d'abord a d'abord commencé par l'ouest du territoire pour se diffuser peu à peu pour se diffuser pardon peu à peu vers l'est. Alors, c'est un ça n'a pas nécessairement conduit à une suppression drastique des. Il y a eu des remembrements où les les certaines haie ont été conservées. Euh néanmoins, il y a des il y a des communes où c'est un véritable euh comment dire, un ça a eu un impact identitaire très important euh parce que beaucoup de haie ont aussi été arrachés parfois. Mais ça reste mineur et ça n'explique pas euh le la disparition drastique que l'on a aujourd'hui. Donc j'ai encore creusé pour aller chercher une troisième cause à ce déclin des.
[20:35]La troisième cause que j'ai pu voir, ce sont les aménagements fonciers qui ont lieu actuellement. Euh par aménagement foncier, j'entends d'une part la spécialisation du monde agricole, donc on a un développement des cultures céréalières et fourragères qui se fait au détriment de l'élevage et des prairies, qui va modifier la composition du paysage. On va avoir des plus grandes surfaces cultivées. Et d'un autre côté, on va avoir un phénomène de concentration. Donc d'une part, un morcellement parcellaire, on a des exploitations avec des parcelles qui sont espacées dans dans l'espace. On va avoir des parcelles qui sont à 2, 3 km de de l'exploitation. Et puis une augmentation également de des des des taille de la taille des exploitations, avec les départs en retraite, je vous l'expliquerai juste après. On va avoir des exploitations qui vont reprendre les les plus petites qui sont autour et puis s'agrandir. Ça, ça modifie la structure du paysage. Et ce que Thibaul Preux a montré notamment dans sa thèse, c'est que 44 % du linéaire total qui est arasé entre 2003 et 2016, c'est pratiquement la moitié du linéaire, se situe en position mitoyenne de moins de deux parcelles qui sont regroupées. Donc pour regrouper deux parcelles, on supprime la haie qui est entre les deux et ça permet d'avoir une surface une surface pleine. Attention toutefois, ce phénomène, il est hétérogène. Il y a certains espaces et je pense notamment là au contexte de la Manche pour la Normandie où on a toujours plein de petites parcelles de moins de 1 hectare qui sont les unes à côté des autres. Voilà, c'est un phénomène qui n'est pas du tout euh le même en fonction des territoires dans lequel vous vous trouvez. Alors quelle autre cause, ça pourrait être la seconde option et là je vous renvoie au livre de Léomanien qui est sorti en 2024 la vie sociale des haie. Si ça vous intéresse, c'est bien plus détaillé ce que ce que je vais vous expliquer là, ça a été et ça peut paraître paradoxal la protection des haie. La mise en protection des haie fait peur et conduit parfois à des arrachages qu'on dit préventif.
[22:38]Au niveau de la politique agricole commune, donc la PAC, en 2015, il y a eu une modification des règles et les haie sont devenues des surfaces non agricoles, des SNA. Et n'était plus soumis à des aides directes, ce qui a conduit à des arrachages préventifs. Les agriculteurs se sont dit mince, si je n'ai plus d'aide directe sur ces surfaces agricoles, le mieux que ce que que je puisse faire, c'est les enlever pour pouvoir remettre en culture cette surface là.
[39:41]Oui, effectivement, ça a été un gros sujet et ça a été évoqué comme étant un levier et ça on en parlera. Je je fais un teasing, je réponds pas tout à fait, mais on en parlera en second webinaire justement cette question de la valorisation est un levier pour la préservation et la plantation de. Merci beaucoup Louisa pour pour l'ensemble de cette présentation donc il y a eu quelques questions auxquelles on a pu répondre et d'autres où je vais te te laisser prendre la parole, on a notamment Enora Cadet qui pose la question, est-ce que lors de vos entretiens, le sujet de la valorisation économique a été évoqué comme un levier pour préserver l'existant voir pour encourager la plantation de nouvelles haie ? Alors oui, effectivement, ça a été un gros sujet et ça a été évoqué comme étant un levier et ça on en parlera, je je fais un teasing, je réponds pas tout à fait, mais on en parlera en second webinaire justement cette question de la valorisation est un levier pour la préservation et la plantation de.
[39:59]Merci beaucoup Louisa. On avait également donc la question de Benjamin Drouille du Parc naturel régional Normandie Maine euh sur la considération de la destruction des haie et donc en effet, comme tu l'as tu l'as bien amené tout au long de de cette présentation, aujourd'hui en Normandie en tout cas, la destruction de haie égale l'arrachage euh et non et non le surentretien que le peut que l'on peut constater. J'en profite pour pour rappeler justement que sur l'ensemble de la Normandie et bientôt sur l'ensemble du territoire national, il y a où il y aura des guichets uniques. Donc en l'occurrence en Normandie, il existe déjà le guichet unique dédié au haie donc avec les services de l'État que sont les DDTM et puis la Dreal Normandie ou pour tout un chacun donc particulier, collectivité et agriculteur pourvu que l'on soit en zone naturelle ou agricole dès qu'il y a une suppression d'arbre ou de haie, il est nécessaire de le déclarer sur ce guichet unique pour que ensuite tous ces services avec l'Office français de la biodiversité et cetera, puissent se concerter et faire comme son indique une un retour, une réponse unique à l'agriculteur pour connaître en l'occurrence la compensation qu'il sera nécessaire d'appliquer du fait de ce déplacement ou arrachage de. Donc j'en profitais pour pour faire cette cette précision là. Si jamais il y a d'autres questions, n'hésitez pas à lever la main ou à les poser dans le module dédié. Quoi qu'il en soit, on reste à disposition Louisa et moi-même pour pour répondre à vos questions et puis bien sûr ce webinar sera diffusé en replay dans les semaines à venir. Donc qui aura lieu la semaine prochaine mercredi à la même heure et qui sera la suite de de ce premier webinaire. Donc merci à tous de l'avoir suivi, on espère vous retrouver la semaine prochaine. On a quasiment 150 inscrits, je crois la semaine prochaine, Louisa. Donc ça témoigne bien de l'intérêt pour pour la thématique sur la région. Donc merci encore à tous et puis à très vite et bien sûr ce webinaire sera diffusé en replay dans les semaines à venir. Merci à tous, passez une belle journée.



