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1066 : bataille d'Hastings

Histoires de France 2.0

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[0:00]Depuis 1060, le royaume de France est gouverné par l'arrière petit-fils du Capet, Philippe Ier, qui monte sur le trône à 8 ans. Puisqu'il est enfant, le pays est administré par un conseil de régence, chapeauté par l'oncle de Philippe, Baudouin 5, qui est comte de Flandre. En début d'année 1066, ce dernier a vendu un projet de conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie. Les Flamands sont bien décidés à l'aider dans ce projet, mais pour s'imposer sur l'île, Guillaume devra d'abord croiser le fer avec les Saxons. Ce sera au cours de la bataille d'Hastings. Voici son histoire.

[1:13]La bataille d'Hastings s'inscrit dans le cadre d'une crise de succession du trône d'Angleterre. En janvier 1066, Édouard le Confesseur, le roi en exercice, meurt sans héritier. Harold est immédiatement élu puis proclamé successeur d'Édouard. Si son nom fait consensus sur le plan intérieur, il est contesté sur le plan extérieur. Guillaume de Normandie prétend qu'Édouard l'avait désigné comme son successeur pour la couronne d'Angleterre. Harold de Norvège met en avant un traité prévoyant que le royaume devait lui revenir si Édouard mourait sans héritier. Au début du mois de septembre 1066, Harold débarque dans le nord de l'île à la tête de 15 000 hommes pour revendiquer la couronne. Mais le projet d'invasion est brutalement arrêté le 25 septembre lors de la bataille de Stamford Bridge, remportée par les Saxons. 3 jours plus tard, c'est au tour de Guillaume de débarquer avec ses troupes à Pevensey dans le sud de l'île. Il fait construire un fort sur le lieu du débarquement, puis un second à Hastings, d'où il commence à lancer des raids. Sur le chemin de retour de Stamford Bridge, Harold apprend que Guillaume a débarqué plus au sud. Les troupes saxonnes regagnent Londres en moins d'une semaine de marche, au pas de charge de plus de 40 km par jour. Arrivé dans le Sussex, le 13 octobre, Harold établit son camp sur la colline de Calbeck à une dizaine de kilomètres du fort normand. C'est la première d'une longue série d'erreurs d'Harold qui ne bénéficiera pas de l'effet de surprise. Le 14 octobre 1066, en début de matinée, Guillaume organise ses armées en trois groupes. Au centre, le duc de Normandie commande son armée. À gauche, des soldats en provenance de Bretagne, d'Anjou et du Poitou sont commandés par Alain Le Roux. À droite, les troupes de Picardie, de Champagne, de Flandre, sont dirigées par Guillaume de Crépon et Eustache de Boulogne. Potentiellement, le comté de Flandre agit tant en son nom qu'au nom du domaine royal, Baudouin V étant en octobre 1066, tuteur du royaume pour le compte de Philippe Ier. La conquête de l'Angleterre n'est donc pas une affaire strictement normande, mais implique l'essentiel des grands féodaux de Francie situés au nord de la Loire. Le jour de la bataille, Guillaume peut s'appuyer sur une armée spécialisée, composée d'archers, d'une infanterie aguerri et d'une solide cavalerie. Les Normands sont très mobiles à la différence des Saxons qui sont sur la défensive au sommet de la colline. La bataille débute dans la matinée par le tir des archers normands et par une première charge de cavalerie qui se fera inopérante. Puis vers 11h, tout s'accélère. La rumeur court que Guillaume serait mort, c'est la panique dans les rangs des Normands. Les Saxons profitent de la débandade pour descendre de la colline et se lancer à l'assaut de leurs ennemis. Mais Guillaume réapparaît et lance une contre-attaque qui aboutit à la mort des deux frères du roi d'Angleterre. Les combats cessent en début d'après-midi, le temps notamment pour les belligérants de se restaurer. Guillaume profite de cette pause pour modifier sa stratégie en tenant compte des événements de la matinée. Lorsque les combats reprennent, les assaillants feignent la fuite pour que les Saxons se lancent à leur poursuite. L'opération est un franc succès et permet aux Normands de prendre à revers les troupes d'Harold. Guillaume conduit plusieurs charges de cavalerie, assisté par son infanterie et couverte par ses archers. Harold d'Angleterre ne dispose d'aucun cavalier et ses archers sont très largement en infériorité numérique. Doucement mais sûrement le sort de la bataille est scellé. En fin d'après-midi, la rumeur se répand dans les rangs normands. Harold d'Angleterre a été tué. Son crâne aurait été fendu par une flèche normande. La mort d'Harold sème le trouble puis la panique chez les Saxons, c'est la débandade. Un carré des soldats de la maison du dernier roi saxon d'Angleterre poursuit le combat autour de la dépouille d'Harold. Lorsque le soleil se couche à Hastings en cette fin de journée du 14 octobre 1066, les dernières troupes saxonnes opérationnelles se regroupent à un endroit fortifié dénommé la Malfosse. Les soldats de Picardie et de Champagne s'y rendent pour éteindre le dernier foyer de résistance. Les Saxons tentent une dernière contre-attaque, mais elle est étouffée dans l'œuf par les soldats originaires de Francie. La bataille est terminée. Le lendemain, le corps d'Harold est identifié par son épouse, notamment grâce à son armure. L'étendard personnel d'Harold est remis à Guillaume, puis est envoyé au pape pour l'informer. L'Angleterre est conquise. Pour les 350 ans à venir, les rois de l'île seront originaires de Normandie puis du Maine Anjou.

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