[0:20]La montagne russe est devenue l'attraction phare de nombreux parcs dans le monde entier, parmi lesquels Europa Park, dont la dernière nouveauté Voltron bat déjà de nombreux records. Mais cette attraction inédite est aussi l'aboutissement d'une histoire commencée 400 ans plus tôt en Russie. À cette époque, dans les vastes plaines gelées de l'Empire Tsariste, on construisait les premières structures destinées à offrir des sensations fortes et inédites. Au tout début, il s'agissait d'une simple pente construite pour le plaisir de la glisse que l'on dévalait le plus généralement en luge. Aménagé non loin de Saint-Pétersbourg, c'est la haute société russe qui pouvait apprécier ce divertissement. Les structures en bois pouvaient s'élever jusqu'à 20 m et elles étaient recouvertes de glace facile à obtenir avec le climat froid de la Russie. Au 18e siècle, elles sont plus perfectionnées. On monte toujours à l'aide d'escaliers avec sa luge, un siège en losier, mais la forme des montagnes glacées change. Elles ne sont pas toujours composées d'une seule pente, elles peuvent être ondulé et permettre aux personnes en jouant avec la gravité de repartir sur le sommet adverse sans effort. Les souverains eux-mêmes avaient une affection particulière pour cette attraction, en particulier Catherine II de Russie, qui fait installer une attraction de ce genre à Ranenbaum, non loin de sa résidence de Peterhof. Longue de 500 m, cette montagne présente une nouveauté. Elle peut être utilisée l'été car la pente n'a pas besoin d'être glacée. Pour réussir cette prouesse, la Tsarinee fait appel aux services d'Andreï Nartov, mécanicien et ingénieur. Il met au point un système de luge avec roues qui vont être guidées sur une immense rampe en bois. Appelée Katalnaya Gorka, ces collines de glisse servent à la fois à distraire la cour impériale, tout comme impressionner les ambassadeurs. Pourtant, ce n'est pas en Russie qu'elles prennent le nom de montagne russe, mais à Paris. Fasciné par ses constructions et ses nouvelles distractions, des ingénieurs parisiens décident de construire ces structures dans les lieux de divertissement de la capitale, à Belleville ou dans les jardins de Tivoli près de la Place de Clichy. Le succès est immense. De 1000 à 2000 visiteurs téméraires tentent le trajet chaque jour. Les pentes comportent des bosses, des courbes. On les appelle promenades aériennes. Elles ont des wagons munis de dossiers circulant sur des rails en bois avec des roues en métal et elles sont adaptées et thématisées surtout dans la deuxième moitié du 19e siècle. Montagne russe à double piste, montagne à virage, montagne aérienne, wagon qui termine dans l'eau. Le décor est de plus en plus important, de glace, exotique, avec l'enpion, paysage orientaux, romantique ou antique. Mais derrière toute cette fantaisie se cache une question non réglée : celle de la sécurité des passagers. Les voitures des montagnes russes sont souvent arrêtées à la main par des employés. Les chutes comme les déraillements sont fréquents et il n'est pas rare que certains accidents fassent la une des journaux à Paris. On retrouve le même problème aux États-Unis où la montagne russe prend le nom dans les années 1880 de Roller Coaster, littéralement toboggan à rouleaux. C'est au sud de Brooklyn, dans la banlieue de New York, sur une presqu'île que se développe de manière plus industrielle la montagne russe, sur un lieu de divertissement appelé Coney Island. Zone d'attraction, symbole de modernité, conçu pour permettre aux citadins vivant dans un environnement pollué et surpeuplé de s'évader. C'est là qu'est inventé le grand 8 moderne. Dès 1884, la Switchback Railway, créée par la Marcus Thompson, ouvre la voie à des attractions construites pour un public nombreux. Les montagnes sont en bois, avec rails également en bois où sont fixés des bandes métalliques. Les circuits sont fermés, le retour est automatique et tout est billitisé. Mais le problème de la sécurité demeure et certaines nouveautés interrogent. C'est le cas du premier looping créé par Edwin Prescott en 1895 et appelé le Flip Flap Railway. Complètement circulaire et non pas en forme de goutte d'eau comme aujourd'hui, sa force G atteignait 12, ce qui mettait en danger la vie des passagers car les coups du lapin étaient fréquents. En 1901, le système est amélioré, mais le public est plutôt frileux. Pour la sécurité, il faut attendre la fin du 19e siècle et le début du siècle suivant pour qu'elle soit grandement améliorée avec la création de barre manuelle simple, puis de barre sur les genoux, les fameux lab bars encore utilisés aujourd'hui avec un système plus souvent hybride renforcé de harnais et de ceinture selon les coasters. De même, dans les années 30, des freins automatiques remplacent les arrêts manuels. Avec la grande dépression consécutive à la crise économique, puis avec le déroulement de la deuxième guerre mondiale, de nombreux parcs ferment, entraînant le démantellement des montagnes russes. L'attraction est mise en sommeil pendant ces deux décennies, avant de connaître un regain d'intérêt suite à l'explosion du parc à thème à laquelle l'ouverture de Disneyland en 1955 contribue. Mais ce regain est aussi lié au développement du tourisme de masse, transformant ainsi les parcs d'attraction en une véritable industrie, accèent les nombreux progrès sur la recherche technologique. C'est ainsi qu'à la fin des années 50, la montagne russe passe du bois à l'acier à l'instar de l'attraction Matterhorn, ouverte en 1959 à Disneyland, conçue en acier tubulaire permettant des courbes plus fluides, des spirales et limitant les vibrations. À partir des années 1970, la course à la verticalité est lancée et les inversions sont plus fréquentes. Dans les années 1980, on suspend les coasters, on invente ceux où l'on a les pieds dans le vide. Depuis les années 1990, c'est l'ère du gigantisme et de la haute technologie. Chaque parc d'attraction rivalise d'inventivité, mais certains parcs vont encore plus loin. En 2024, le deuxième parc le plus fréquenté d'Europe, Europa Park, situé en Allemagne à Rust, a lancé ainsi un mastodonte de technologie, Voltron. Intégré au quartier croate, cette attraction à elle seule résume les dernières avancées en matière de coaster. Voltron est le premier Stryker Coaster au monde. Il s'agit d'une version améliorée du Big Dipper, créé également par la société Mac Rides qui ne comportait que deux rangées de quatre sièges et une ascension traditionnelle. Il permet d'intégrer quatre propulsions dont une en arrière et un looping launch, grande prouesse technique qui permet de lancer les visiteurs verticalement au-delà de 105 degrés. Se déployant sur 1385 m, c'est le plus long launch coaster avec inversion d'Europe avec notamment un virage incliné à 90° qui procure une sensation de flottement unique. Avec toutes ces avancées, Voltron est ainsi à la pointe des dernières montagnes russes. À l'avenir, les roller coasters continueront à se perfectionner avec les nouvelles technologies. Aimants et propulsion linéaire remplaceront de plus en plus les chaînes. Les capteurs et l'intelligence artificielle permettront d'adapter la vitesse et les effets à chaque train et la réalité augmentée enrichit de décor interactif, plongeront les passagers dans des univers toujours plus spectaculaires où chaque ride sera une expérience unique.

L'HISTOIRE DES MONTAGNES RUSSES - UN OBJET POUR L’HISTOIRE #12
LE PROF PRESENTE, LA CHAINE D'HISTOIRE
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