[0:07]Salut, c'est Alize. Aujourd'hui, je voudrais réfléchir avec toi sur une notion subtile et complexe, mais fondamentale, la notion de conscience.
[0:20]Conscience, sans conscience, n'est que ruine de l'âme. Alpha Blondie. Alors, qu'est-ce que donc en effet que la conscience, cet élément impalpable qui conditionne notre humanité ? Hormis si cela désigne un être dans le commun, on est bien obligé de reconnaître qu'un être sans conscience, ça ne peut être que un végétal, un légume, de la pâte à modeler, enfin à peu près tout sauf un être humain. Va ce sujet, mais qui mérite peut-être qu'on s'y attarde un peu. Aussi dans cette vidéo, tu découvriras la définition et une des problématiques qu'elle sous-tend. On tâchera de voir également si le moi existe, puis, on verra ensuite en quoi la conscience limite l'homme. Et enfin, dans quelle mesure elle le libère. Sache que si tu veux réviser efficacement ton bac de philo, tu peux également te procurer notre Kitback de philo que nous avons conçu avec l'équipe de la boîte à bac. Dans ce coffret, tu trouveras 24 vidéos de méthodologie qui te permettront de travailler au mieux tes commentaires et tes dissertations, mais aussi 550 questions réponses qui te permettront de revisiter le programme en t'amusant et enfin des défis si tu veux jouer avec tes amis à l'apprenti philosophe. Je t'invite à te rendre sur notre site de la Boîte à Bac.fr, www.laboiteabac.fr où tu pourras commander en ligne notre kitback de philosophie. C'est une façon pour toi de nous soutenir et de nous permettre de produire plus de vidéos sur les 17 notions au programme qui sont diffusées sur YouTube et que tu peux suivre en te rendant évidemment sur notre chaîne. Mais revenons à nos moutons et tentons de définir ce qu'est la conscience.
[2:03]La conscience a pour étymologie latine cum scientia, ce qui veut dire avec science ou savoir. Aussi on comprend d'entrée de jeu que la notion a un rapport direct avec la connaissance. Elle est une entité du psychisme humain qui nous permet de rentrer en contact avec le monde extérieur et avec nous-même. Elle comprend la conscience immédiate, celle qui nous donne accès au monde extérieur et qui réunit toutes les informations qui nous sont données par nos cinq sens. Là tout de suite, ma conscience immédiate m'informe que je suis en face d'une caméra, que je suis filmée par Ellie, que je suis dans ma cuisine et que cette tâche là, bah c'est mon fils qui l'a faite. Mais la conscience est aussi réfléchie, c'est-à-dire qu'elle me permet de faire un retour sur moi-même. à vrai dire, si je réfléchis, en fait, j'ai juste super faim. Mais cette conscience réfléchie se décline aussi en conscience morale. c'est-à-dire celle qui me permet de juger de mes actes mais aussi de ceux d'autrui. C'est grâce à la conscience morale que je peux considérer le point de vue des autres avant d'agir et que je peux évaluer la conséquence de mes actes. En gros, c'est grâce à elle que je peux comprendre si ce que je fais est bien ou mal. Là par exemple si je pousse la caméra d'Ellie, ma conscience morale, elle va me dire qu'il va pas être content. Non, ça je confirme. Ah. Mais la conscience réfléchie peut aussi se décliner en conscience de soi. Grâce à la conscience de soi, j'ai la possibilité de me prendre moi-même ainsi que mes états de conscience comme objet de connaissance. Et c'est grâce à la conscience de soi que je peux me livrer à l'introspection ou à l'auto-analyse. Et donc là, la conscience de soi m'indique que je suis en train de faire une vidéo, que j'y prends du plaisir et que ça a du sens. Mais depuis Freud, la conscience qui conditionne ma clairvoyance et ma connaissance n'est plus la seule dans mon esprit. Elle est associée au moi et cohabite dans mon psychisme avec mon inconscient, lieu où se trouvent tous mes désirs inavouable. Par exemple, Œdipe a voulu coucher avec sa mère et tuer son père. Notons au passage que ces désirs de parricide et d'inceste sont présents chez la plupart des êtres humains selon Freud, mais que naturellement la conscience s'empresse de les censurer. D'où le problème soulevé par la notion, comment la conscience pourrait-elle conditionner notre connaissance et nous libérer, alors qu'elle censure nos tendances et désirs les plus profonds ? Freud, on l'a vu, associé le moi à la conscience, mais impalpable, indescriptible et émouvant, le moi existe-t-il pour autant ?
[4:37]Même si figurait sur le fronton de Delf à Athènes l'inscription connais-toi toi-même que l'on rapporte le plus souvent à Socrate. La notion de conscience n'existait pas dans l'Antiquité. à l'époque en effet, celle existe la notion d'esprit connaissant. Et lorsque Socrate invite ses disciples Platon Alcibiade Aristophane à se connaître eux-mêmes, il les invite à prendre contact avec leurs idées et non pas avec leurs états psychologiques. Il faut attendre le 17e siècle pour que la notion de conscience psychologique pointe son nez chez Descartes. Après avoir mis au point une méthode philosophique rigoureuse inspirée des mathématiques et recouru à l'outil du doute, le philosophe va déduire une première vérité indiscutable. C'est le fameux Cogito Ergo Sum, le fameux je pense donc je suis. Or en déduisant la réalité de mon existence grâce à la certitude que je pense, Descartes affirme que le moi existe au même titre que l'identité personnelle. Or cette idée ne va pas tarder à être contestée par Hume dans son fameux traité sur l'entendement humain. Pour l'empiriste, pour lequel toute connaissance est issue de l'expérience, ce qui affirme qu'un mois stable et fixe existe, sont des métaphysiciens. C'est-à-dire des gens qui réfléchissent sur des choses auxquelles nous n'avons pas accès. En effet, pour le penseur, lorsque je procède à une écoute attentive de mon moi, je ne rencontre que des perceptions, à savoir des représentations de sensation, tel que la haine, l'amour, le chaud, le froid, et cetera. En dessous de ces perceptions fluctuantes et émouvantes, il n'y a rien, c'est le néant, le vide total, intersidéral.
[6:27]Répondez-moi. Et pour Hume, cela signifie que le moi et l'identité personnelle fixe et stable n'existent pas. Reconnaissant à Hume l'impossibilité de connaître le moi, Kant dépasse le point de vue du philosophe en lui objectant que l'on ne peut s'empêcher de relier nos perceptions et nos sensations à un moi unificateur. Mais pour Kant, la conscience de soi est tout de même le privilège de l'homme et ce qui le distingue de toutes les autres espèces. Fonction de l'entendement, c'est-à-dire de notre faculté de connaître, le jeu est universel, c'est-à-dire qu'on le trouve chez l'homme en tout temps et en tout lieu. Et même s'il apparaît tardivement chez l'enfant, il est l'apanage des hommes et des femmes et uniquement d'eux. Et dès l'apparition du jeu, l'homme est comme projeté dans une humanité dont il ne pourra plus jamais se défaire. Kant dit auparavant, il se sentait simplement, maintenant, il se pense. Autre penseur a amené une distinction fondamentale dans la notion de conscience, j'ai nommé Hegel. Hegel est en effet le premier à constater que l'homme possède en plus de la conscience immédiate, une conscience réfléchie. Si la conscience immédiate permet aux hommes, mais aussi aux animaux, de prendre conscience de leur entourage, la conscience réfléchie va être la seule à permettre à l'homme de réfléchir sur lui-même. Ce qui a priori n'est pas le cas des animaux. Mais pour Hegel, il existe deux façons d'être conscient. Après avoir distingué la conscience immédiate de la conscience réfléchie, Hegel va également faire un lien entre la conscience et la pratique. Concentré sur sa dimension théorique, la tradition philosophique a longtemps négligé que la conscience se constitue à partir de sa pratique et de son incarnation. Pour Hegel, c'est en effet en agissant sur le monde que l'homme peut se connaître, se reconnaître et prendre conscience de son potentiel et de lui-même. Tel un enfant qui jette des cailloux dans l'eau et peut bénéficier du spectacle de sa propre activité.
[8:35]Mais le 20e siècle n'est pas tendre avec la notion du mois, puisque pour l'existentialiste Sartre, le moi n'est pas autre chose qu'une construction sociale. Pour Sartre, tout un chacun finit par s'identifier à sa fonction sociale et par adopter la posture que la société attend de lui. Par exemple, le garçon de café tient son plateau et adopte un phrasé et une gestuelle mécanique.
[9:10]Ou bien la coquette oublie son désir puisqu'elle est enfermée dans une posture qu'il l'oblige à tendre sa main à son prétendant en oubliant de se demander si elle souhaite ou non entretenir une relation avec lui. Tu vois chérie, moi je suis un vrai homme d'affaires grâce à ça, j'ai acheté mon petit yacht là, les kits bag, ça marche bien. Je t'emmène à Ibiza. Ou encore, le philosophe pense sérieusement en fronçant les sourcils. Mais pour Sartre, qui est aussi un adepte de la liberté, on a la possibilité de changer tout au long de son existence, son identité, puisque seule la mort grave une fois pour toutes ce que l'on est dans le marbre. Enfin, pour Freud, tout du moins dans sa deuxième topique, le moi pris entre le ça et le surmoi va tenter d'unifier ce que l'on est. Coincé entre deux exigences contraires, les forces inconscientes gouvernées par le principe de plaisir et l'adaptation au monde extérieur gouverné par le principe de réalité, le moi est loin d'exprimer notre inconscient qui est, selon Lacan, le noyau de notre être. Mais alors, si notre conscience est loin d'exprimer la réalité de notre être et de ce que l'on souhaite profondément. En gros si j'aspire à être la reine du monde et si ma conscience me rappelle que je suis monsieur tout le monde, comment la conscience ne pourrait-elle pas limiter l'homme ?
[10:52]En effet, la conscience limite l'homme car elle est tout d'abord un censeur de désirs. Pour Freud, c'est le moi et le surmoi qui sont l'intériorisation des interdits sociaux et parentaux qui ont pour mission de faire taire les pulsions inconscientes du Ça. Dans sa première topique, le psychanalyste avait même imaginé un gardien pour expliquer le refoulement des désirs lequel censurerait des désirs inacceptable en les empêchant de passer le seuil de la conscience psychologique et de la conscience. Pour le psychanalyste, c'est le surmoi ou la conscience suprême qui empêche l'homme de connaître la réalité de ses désirs. Mais concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Pour le comprendre, prenons par exemple le complexe d'œdipe. Le complexe d'œdipe, c'est quoi ? C'est un complexe qui explique la passion qu'éprouve le petit enfant entre 3 et 8 ans environ pour le parent de sexe opposé.
[11:51]Or pour grandir et évoluer sereinement, prenons l'exemple du petit garçon, celui-ci va devoir renoncer à sa mère suite à l'interdit posé par le père et à l'angoisse de castration qui pourrait en découler. En deux mots et pour faire plus simple, disons que selon Freud, le petit garçon, il aimerait bien coucher avec sa mère. Mais que le père, il signifie au petit garçon, bah que c'est sa femme et que du coup s'il continue à vouloir coucher avec sa mère, il risque d'avoir le zizi coupé. Du coup, le petit garçon, ayant peur d'avoir son zizi coupé, il dit non non non, OK, je renonce à ma mère et il renonce à sa mère, illico. Freud est barré. Alors on est en droit de penser ce qu'on veut. A moins de faire une bonne analyse chez un très bon psy, laquelle peut durer un temps très très long et de retrouver dans ses rêves ce désir inconscient, celui d'avoir voulu épouser sa mère. On est d'accord que la plupart des hommes ne vont pas se souvenir de ce désir inconscient. Mais en quoi c'est un problème, tu me diras, que la conscience nous fasse évoluer à la surface de nous-mêmes et refoule nos désirs inconscients ? Et bien, toujours selon le bon docteur Freud, il est parfois important de sonder notre inconscient et de faire remonter à notre conscience ce qui s'est vraiment passé pour nous de manière inconsciente. Et ce afin que le passé ou notre inconscient ne dirige pas nos vies présentes. Par exemple, et pour en finir avec le complexe d'Œdipe, on peut penser qu'un adulte qui n'a pas résolu en temps voulu son complexe d'Œdipe, va pouvoir une fois adulte, c'est une éventualité, toutes les vies étant et les histoires étant personnelles, va pouvoir une fois adulte rencontrer des problèmes dans sa vie amoureuse. Par exemple en multipliant les relations amoureuses interdites ou en ne pouvant pas aimer et désirer en même temps, ou encore en sabotant toute relation possible. Des schémas de vie qui, on peut le penser, s'accompagnent de souffrance. Vous prenez des médicaments. Oh mon Dieu. Mon gars, au moins, tu es pas tout seul. Mais revenons à nos moutons, la conscience nous empêcherait donc de connaître nos désirs.
[14:02]Et plus grave encore, elle nous maintiendrait dans l'illusion que nous sommes libres. C'est en effet l'idée que soutient Spinoza. Pour le philosophe, la conscience maintient l'homme dans l'illusion qu'il connaît l'origine de ses actions. Elle lui fait croire à l'existence du libre arbitre qui est la capacité à se déterminer soi-même sans contrainte extérieure. Or, pour le déterministe, l'homme ignore les causes qui le font agir et le libre arbitre est une croyance vide d'existence. Mais en plus de refouler les désirs et de maintenir l'homme dans l'illusion de la clairvoyance et de la liberté, la conscience morale nous empêche de connaître nos vices. Bah oui, regarde Tangui avec sa tête d'ange, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Or, pourtant, je peux t'assurer qu'il y a des moments, il a des tenues vraiment bizarres. Mais essayons tout d'abord de définir ce qu'est le vice. Le vice est un penchant devenu habitude que la morale réprouve ou un défaut excessif. Revenez quand vous aurez triomphé de madame de Tourvel. Oui. Et je vous offrirai votre récompense. Mon amour. Il varie selon les cultures et les époques. Par exemple, dans l'Antiquité, en Grèce, l'homosexualité était louée voire préconisée. Et Socrate ne racontait pas moins que l'amour entre homme était le plus apte à nous conduire vers la sagesse. Or, on sait tous que l'homosexualité a par la suite été condamnée voire punie de mort et au passage, c'est encore le cas dans 9 pays dans le monde. Parmi les vices condamnés par les morales judéo-chrétiennes, on trouve la zoophilie, l'homosexualité, surtout la sodomie en fait, la masturbation et enfin les pratiques sexuelles ayant d'autres fins que la reproduction. Le plus souvent, on confond les vices avec les sept péchés capitaux. Il y a sept péchés capitaux : la gourmandise, la gourmandise, l'avarice. Oh touche à rien. La paresse, la colère, l'orgueil, la luxure et l'envie. Sept. Enfin, plus généralement, on entend par vis certaines addictions, telles que la drogue, la boisson, le jeu et enfin certaines pratiques sexuelles. OK, soit, on peut aisément comprendre que le fait de se mettre en colère ou de manger sans limite n'est pas constructif. Mais encore une fois, comment régler un penchant nocif si la conscience morale le censure immédiatement sans nous laisser le temps de comprendre la cause de cette déviance ? En d'autres mots, si ma conscience morale m'ordonne de réprimer ma colère qui n'est qu'un symptôme, comment vais-je pouvoir en prendre conscience et trouver l'origine du problème ? Et si c'est le cas, est-ce que je ne risque pas de voir jaillir le problème d'une autre façon ? Plus simplement encore, si je manque d'affection et que cela se traduit par une gourmandise débordante et que par miracle, ma conscience morale parvient à réfréner mes tendances boulimiques juste en censurant la tendance. Ce besoin de combler un manque affectif ne risque-t-il pas de resurgir ailleurs dans un autre travers ? Et est-ce que je ne risque pas, par exemple, de devenir alcoolique ? Bon, évidemment, on se souhaite des choses meilleures. Sorte de gendarme nous empêchant de faire la lumière sur notre vérité intérieure, la conscience morale serait également pour Nietzsche, une ruse théologique asservissante. Elle serait un moyen de faire culpabiliser l'homme, de lui ôter sa vitalité et de l'empêcher de devenir un surhomme, lequel ferait fi de la morale et inventerait ses propres valeurs. Enfin, si la possibilité de dire je, c'est-à-dire le fait de posséder une conscience, nous élève au titre de personne responsable, cette responsabilité ne va pas s'en accompagner de souffrance. En effet, en étant responsable, je dois répondre de mes actes au niveau social, c'est-à-dire devant les tribunaux. Mais c'est aussi le cas sur un plan moral et il n'est pas rare que ma conscience morale me tourmente sur un plan psychique lorsque mes actions et mes intentions sont passées au crible de mon jugement intérieur. On comprend donc que le fait de posséder une conscience peut s'accompagner de souffrance. Bon bon, OK, avec tous ces arguments, on est forcé de constater que la conscience peut être limitante.
[18:22]Bon bon, OK. Bon bon, OK. Mais je trouve quand même qu'il serait regrettable d'en rester là et d'oublier de montrer à quel point la conscience peut être bien utile. Voyons donc maintenant pourquoi la conscience libère l'homme.
[18:41]Et oui, comment ma conscience qui contribue à ma connaissance du monde et de moi-même, pourrait-elle ne pas contribuer à ma libération ? Tout d'abord, il faut reconnaître que c'est grâce à ma conscience que je peux agir autrement que par instinct et automatisme comme c'est le cas chez les animaux. En effet, lorsque j'agis consciemment, c'est en accord avec ma volonté, laquelle est l'expression de ma liberté. Mais en plus de son interdépendance à la volonté, la conscience serait ce qui permet la mise à distance. En effet, c'est grâce à la conscience réfléchie que l'homme va pouvoir se mettre à distance et par la même, gagner sa dignité. Bien que fragile et pauvre roseau, l'homme gagne en effet toute sa dignité en se sachant fragile et roseau. C'est en effet parce qu'il se sait vulnérable qu'il peut gagner toute sa dignité. Et là, c'est pas moi qui le dit, c'est Pascal. Mais alors nécessitant le recours à la volonté et permettant à l'homme de dépasser sa petitesse à l'égard du monde, la conscience serait la condition de sa grandeur. Mais la conscience serait aussi le propre de l'homme. Si l'on peut aisément reconnaître une conscience immédiate aux animaux, ne serait-ce que par l'interaction du chien avec le monde extérieur lorsqu'il joue, ou une sensibilité qui est flagrante lorsqu'on lit la tristesse dans le regard des animaux abandonnés. Pour l'instant, il reste difficile de démontrer que les animaux possèdent une conscience réfléchie ou morale.
[20:21]D'autre part, on l'a vu, c'est grâce à la conscience immédiate que je peux avoir accès au monde extérieur. Et c'est aussi grâce à cette conscience que je vais donc pouvoir transformer le monde. Mais c'est aussi grâce à la conscience que les hommes vont pouvoir décider ou non d'agir avec sagesse dans le monde et en ce sens, d'engager ou non l'avenir de l'humanité. Science sans conscience n'est que ruine de l'âme, disait Rabelais. Sans conscience n'est que ruine de l'âme, disait Rabelais et pas, Alpha Blondy.
[20:54]Donc dans tes dissertes, on est bien d'accord que tu mettras plutôt Rabelais que Alpha Blondie, hein. Bon. Donc si on continue à fond dans les énergies fossiles, le nucléaire, la consommation à outrance de plastique, et bien nos enfants voire nos petits enfants voire nos arrière-petits enfants vont être confrontés à de sérieux problèmes, tels que la désertification de certaines régions, le manque d'eau, les canicules, et cetera, et j'en passe. Mais la conscience est aussi ce qui me permet d'être en interaction avec les autres et de savoir quelle position je vais devoir ou pouvoir adopter. Par exemple, là, si je vomis sur les chaussures d'Ellie, je suis à peu près sûre qu'il va pas être très très content en fait. Mais si la conscience permet de s'adapter à l'autre, elle est aussi portée indiscutablement vers l'ouverture et vers l'autre. Ne pouvant exister par elle-même sans se porter sur quelque chose d'autre qu'elle-même, Husserl dira même qu'elle est intentionnelle. L'intentionnalité expliquant Sartre étant cette nécessité pour la conscience d'exister comme conscience d'autre chose que soi. En effet, la conscience pour exister doit se poser sur un objet, une réalité, voire elle-même puisqu'elle peut elle-même se prendre pour objet de réflexion. Et ne peut pas exister indépendamment de l'objet sur lequel elle se pose. Là, par exemple, je vois une caméra, ma conscience existe de par le fait que je vois une caméra et si tout disparaît autour de moi, ma conscience n'existe plus. Mais si la conscience me permet de choisir la posture que je souhaite adopter à plus ou moins long terme, si la conscience dépend de l'objet sur lequel elle se pose. Toute conscience est conscience de quelque chose, dira Husserl. La conscience est aussi sélective. Et là, c'est pas moi qui le dit, c'est Bergson. Pour le philosophe, la conscience est choix d'un point de vue intérieur. Dans la mesure où elle va sélectionner tous les souvenirs nécessaires pour me permettre de m'adapter au mieux à la situation que je suis en train de vivre maintenant. Je m'explique. Lorsque je vis une situation, imaginons, je me marie. Ma conscience va sélectionner tout un tas de souvenirs qui vont me permettre au mieux de m'adapter à la situation que je m'apprête à vivre. Par exemple, le jour de mon mariage, je vais me souvenir de du jour où j'ai rencontré mon amoureux.
[23:38]Et enfin, peut-être que je vais me souvenir aussi d'une scène mémorable où Carrie dans Sex and the City frappe son futur époux avec un bouquet de roses avec des épines très piquantes le jour de son mariage. Bon là, peut-être effectivement que je devrais pas, mais bon disons que la conscience parfois nous joue des tours.
[24:52]Voilà, la vidéo sur la conscience est terminée, j'espère que ça t'a plu, voire que ça t'aidera à agir dans l'existence en pleine conscience. N'hésite pas à la liker et à me retrouver sur de prochaines vidéos sur YouTube et notre site laboiteabac.fr.



