[0:00]2026, l'année du concours, ou en tout cas l'année de ta première année en prépa scientifique. Bienvenue ici si on améliore tes notes en culture générale pour les épreuves de français en rappelant que l'épreuve de français, c'est pas nécessairement l'épreuve la plus importante puisque tous les élèves vont avoir 10 et si tu arrives à avoir 14, sachant que je suis sûr que en maths, en physique, tu auras aussi des notes correctes. Donc c'est peut-être ça qui va te distinguer le jour du concours. Aujourd'hui on explique et tu peux évidemment me faire confiance, j'ai accompagné beaucoup beaucoup d'élèves depuis mes débuts. J'affiche les notes ici tout de suite. Commençons sans plus tarder Canguilhem. Alors Canguilhem, pour comprendre sa philosophie, il faut que je fasse un petit retour en arrière. Parce qu'en fait sa philosophie se base sur la critique de trois philosophies. Donc il faut qu'on comprenne ces trois philosophies, il faut qu'on comprenne leurs critiques et il faut et ensuite on a seulement, on va pouvoir comprendre ce que Canguilhem lui il essaie de proposer comme alternative. Quelles sont les théories que Canguilhem critique ? D'abord Canguilhem critique ce qu'on appelle le mécanisme. Donc petit rappel, l'objectif de Canguilhem c'est de comprendre ce que c'est la vie. Qu'est-ce qu'on appelle la vie au fond ? Qu'est-ce que c'est que ça la vie ? Et il y a plusieurs théories qui ont essayé d'expliquer ce que c'était que la vie. Bon, la première théorie c'est la théorie de Descartes, ce qu'on appelle le mécanisme. Le mécanisme, c'est une théorie qui explique que le vivant, en réalité, c'est une machine. C'est-à-dire que les êtres vivants fonctionnent comme des machines. Alors, les arguments que Descartes a mis en avant pour cette cette théorie là, c'était de dire que bah pour les animaux, il n'y a pas besoin d'âme. OK, seuls les humains ont une âme. Les animaux en effet, ils ont une sorte d'instinct, d'accord, euh qui permet d'expliquer la façon dont ils fonctionnent, OK, et ils fonctionnent toujours sur un mode répétitif comme une machine. Machine, j'appuie sur un bouton, d'accord, la machine fonctionne, sauf si elle est euh sauf s'il y a un problème, sauf si l'animal est malade du coup, mais l'animal, il y a un instinct, donc par exemple pendant la période de rute pour la reproduction, les animaux quoi qu'il arrive, ils vont se reproduire. Contrairement aux êtres humains qui peuvent éventuellement se retenir de se reproduire même s'ils ont cette envie là. Les animaux, ça va être beaucoup plus compliqué. Donc, ils ont un instinct donc, il y a une loi qui fonctionne et ils sont câblés euh, ouais câblés, ils sont faits pour respecter des règles qui ont été régies euh dès le départ de leur création puisque leur création vient de Dieu. Bon, cette théorie du mécanisme, si jamais tu je je je n'explique pas plus si jamais c'est pas clair, évidemment, tu me poses une question en commentaire. Alors le mécanisme, le problème du mécanisme pour Canguilhem, il y en a deux. Profondément. Un, c'est l'anthropomorphisme. Alors l'anthropomorphisme, c'est quoi ? C'est le fait de projeter des caractéristiques humaines sur un objet non humain. Ça veut dire par exemple quand je regarde une une voiture, euh je pourrais penser que euh les deux phares plus euh la la trappe d'air, et bien je pourrais penser que ça ressemblerait à un visage. Mais là je fais un anthropomorphisme. C'est-à-dire que je pense que les objets autour de moi euh ont des caractéristiques humaines. Et ça c'est un risque parce que euh les les êtres vivants ne sont pas tous des êtres humains. OK, la la fourmi ne fonctionne pas du tout, n'a pas du tout le même fonctionnement qu'un être humain. Et donc on va essayer d'expliquer le vivant à partir de nos propres notre propre vision. Notre propre vision de la vie, notre propre compréhension du monde. Et ça, ça peut être une erreur pour Canguilhem. Et puis deuxième erreur, plus fondamentale, c'est que le vivant ne fonctionne pas du tout comme une machine. Le vivant c'est pas une machine, d'accord ? Dans une machine, on a une pièce qui est égale à une fonction. Et cette pièce a toujours la même fonction dans tous les systèmes. OK, si vous prenez le moteur, ça a pour fonction précise de euh faire circuler l'énergie jusqu'aux roues afin que euh la voiture puisse avancer. Mais ça, c'est pas du tout la même chose dans euh le vivant. Dans le vivant, on peut très bien avoir une pièce, mais avoir euh une même, on peut très bien avoir deux pièces, mais une même fonction.
[5:12]Aussi. Donc la l'analogie entre le vivant et la la machine ne fonctionne pas. Ça c'était la première théorie que Canguilhem réfute. La deuxième théorie que Canguilhem réfute, c'est le vitalisme. Alors le vitalisme c'est quoi ? Le vitalisme, c'est une théorie qui dit justement, bah en fait, non, le le le l'animal n'est pas une machine. En fait, dans le vivant, il y a précisément une âme. On le voit bien, les animaux, ils ont une forme de conscience, OK ?
[5:49]Ils se dépassent, ils créent des nouvelles choses, ils inventent, les animaux ils ils nous surprennent, hein. Ils ils ont une certaine singularité, on sent bien que on pourra pas remplacer un animal par un autre. Donc ça montre bien que ce qu'il y a de euh pour les les vitalistes, ce qu'il y a de d'important dans l'animal, c'est une sorte d'âme. C'est une sorte d'âme. Alors le problème du vitalisme défendu par Bergson ou Xavier Bichat, pour Canguilhem, le problème du vitalisme, j'explique pas plus le vitalisme que ça, si jamais il y a une question, tu tu n'hésites pas à poser dans les commentaires. Le problème du vitalisme, c'est que c'est pour Canguilhem, une fiction métaphysique. Qu'est-ce que ça veut dire une fiction métaphysique ? Ça veut dire que c'est quelque chose qui n'existe pas concrètement. Où est l'âme ? Elle est où l'âme ? L'âme c'est un concept utilisé dans les religions. C'est c'est un concept qui était très débattu mais aujourd'hui, à l'heure actuelle, dans l'état des connaissances scientifiques, l'âme on ne sait pas ce que c'est. C'est quelque chose qu'on ne peut pas déterminer. On sait ce que c'est à peu près, on a une idée de ce que c'est que la conscience, mais l'âme, c'est-à-dire cette espèce de de réserve de de voilà d'énergie en tout cas de conscience qui serait là et puis qui sortirait de notre corps et puis qui pourrait même dans certaines religions rentrer dans d'autres corps après. Bon ça on en a aucune idée. Et si on base notre notre compréhension du vivant sur le vitalisme, en fait on va pas comprendre ce qui se passe dans le vivant. D'autant plus que d'autant plus que euh quand tu es vitaliste, tu penses que euh il y a une différence absolue entre les êtres vivants et la matière. Puisque ce sont deux choses radicalement différentes, un avoir une âme qui serait capable de de changer de corps et cetera, qui est capable de penser, c'est quand même bien différent d'un d'un caillou qui a lui zéro conscience. OK, or on voit bien que dans le vivant, il y a beaucoup de matière organique, il y a beaucoup de pensée, de conscience, mais aussi beaucoup de matière inorganique. Il y a beaucoup d'eau, il y a beaucoup de molécules qui sont inorganiques. Troisième théorie qui essaie d'expliquer le vivant, c'est le finalisme. Alors finalisme, théorie un peu plus un peu plus sérieuse, un peu plus solide. Alors le finalisme, qu'est-ce que ça propose ? Elle dit que en fait, un organisme c'est ce qui répond à un besoin extérieur. On a les alors donc dans le mécanisme on a dit le vivant c'est une machine, on a réfuté. Le vitalisme le vivant c'est une sorte d'âme, on a réfuté et le finalisme c'est quoi ? C'est de dire que bah dès qu'on a du vivant en fait, on a quelque chose qui s'adapte à un but extérieur. Un organisme, c'est quelque chose qui répond à un but extérieur qui a été créé en but en vue d'eux. Donc par exemple, euh on voit bien que les organes ont une organisation qui semble répondre à un but, à une fonction, à une finalité. Exemple, le cœur, c'est pas juste une pompe, OK, il existe pour permettre la circulation du sang, pour permettre la vie. Autre exemple, on a une sorte de structure en nous, on a un tube digestif, on a une bouche, on a un estomac, on a une vessie, on a des reins. Les intestins, bah tout ça, tous ces organes qui sont en nous, ils ont pour objectif de nous nourrir. Puisqu'on est des individus, l'objectif de tous ces de tous ces organes, c'est qu'on puisse fonctionner de façon semi-autonome. OK, contrairement à d'autres euh êtres vivants qui fonctionnent euh sans autonomie, et bien nous, on a été réalisé pour fonctionner de façon autonome. Pour fonctionner de façon autonome, on a besoin d'énergie, et c'est pour ça qu'on a tous ces organes là, c'est pour répondre à un besoin énergétique qu'on a. A priori, théorie intéressante. Deux problèmes à nouveau que Canguilhem note. Un, anthropomorphisme, à nouveau. On imagine que les organes se répartissent des tâches comme dans une corporation médiévale, comme dans une société politique, comme si là, lui il était là pour ça, lui il était là pour ça, lui il était là pour ça, et on projette notre mode d'organisation sociale, c'est-à-dire un qui fait la police, un qui fait la justice, un qui fait l'éducation, on projette cette cette cette organisation sociale dans notre organisme. Alors que on en sait rien. Et deuxièmement, quand on parle de finalisme, on montre comme s'il y avait une règle de l'extérieur qu'on imposerait, c'est-à-dire, voilà, l'œil a été fait pour voir. C'est-à-dire qu'on déduit la règle un peu comme ça au pif, ouais il y a un œil, bah il a été fait pourquoi ? Bah a priori pour voir, sinon je ne sais pas comment on l'expliquer. Deux problèmes que dit Canguilhem par rapport à ça, c'est que on est dans un dans une rétroaction. C'est-à-dire que en fait, on est capable d'observer mais pas de prédire. On est capable d'observer et de pas prédire. On peut dire oui, l'œil c'est là pour ça, mais on aurait été incapable de le prédire. Puisqu'on on a on est on a attendu que l'œil fasse quelque chose. Ensuite deuxièmement, et ça c'est le plus essentiel, c'est que le finalisme oublie la logique darwinienne. Le finalisme est problématique parce que ce ne sont pas les fins qui créent les formes, mais l'interaction de la variation et de la sélection. On peut pas dire qu'un être vivant a été conçu en vue d'un but. L'être vivant, il est là juste pour s'adapter à son milieu. Il s'adapte à son milieu, il n'est pas là pour respecter un objectif final. Euh et j'ai oublié de le dire mais le finalisme a été défendu par Aristote. en premier. Prenons un exemple. Prenons un exemple. Si j'essaie d'analyser certaines parties du vivant d'un point de vue finaliste, qu'est-ce que je vais dire ? Imagine que je prends l'exemple des ailes, je vais dire les ailes, bah c'est là pourquoi ? Donc je me pose la question, c'est pourquoi c'est là ? Puisque je suis finaliste, je me dis OK les ailes, bah c'est là pour voler, OK ? Sauf que les ailes ça n'a pas pour fonction spécifique de voler. Puisqu'il y a de nombreuses espèces d'oiseaux qui ont des ailes non volantes. Les autruches ont des ailes qui sont utilisées pour l'équilibre et les rituels sociaux. Les manchots ont des ailes pour nager. Donc on voit bien que en fait les fonctions évoluent, se transforment, et donc elles ne sont pas fixes. Et donc ce n'est pas le le l'animal n'a pas un désir de voir, c'est qu'en fait, il est dans un certain milieu et puis un peu par hasard, en un peu en fonction des données de son environnement, il est capable de créer des adaptations. OK, il se rend compte que en fait, voir ça peut être intéressant. Alors faisons en sorte de créer des éléments de notre de notre corps, de notre vivant pour voir, mais on n'a pas prédit qu'on allait voir au début. L'être humain n'a pas été, il n'avait pas été fait au départ pour voir. C'est pas si évident que ça. D'ailleurs il y a beaucoup d'êtres humains qui ne voient pas et qui peuvent survivre. Ce n'est pas impossible. Bon, maintenant qu'on a vu les trois grandes théories que Canguilhem réfute, euh on va pouvoir passer à ce que Canguilhem dit. Canguilhem, il fait la thèse suivante. Donc il est ni mécaniste, ni vitaliste, ni finaliste. Qu'est-ce qu'il suggère ? Il suggère que qu'est-ce que c'est que quelque chose de vivant ? Le vivant c'est la capacité à poser des normes. Petit rappel, une norme c'est une règle euh implicite à laquelle on se soumet. C'est implicite, je dis bien implicite parce que les règles normalement, elles sont énoncées. Par exemple, les règles d'un jeu, elles sont claires et explicites. Les règles de les les règles de la mode, ça c'est beaucoup moins clair. C'est écrit nulle part qu'il faut s'habiller comme ça. Par contre, on sent bien qu'il y a des règles implicites, OK, dans la façon dont les gens s'habillent. Quelqu'un qui arrive et qui s'habille euh dans une qui s'habillerait euh entièrement en peau de banane, on sent bien que il ne respecterait pas la norme. Quelqu'un qui serait habillé avec un jean et un T-shirt, on sent bien que il respecterait beaucoup plus la norme. Donc qu'est-ce que c'est que le vivant ? Une activité de pouvoir poser des normes. Un vivant, un organisme vivant, c'est pas quelque chose de passif, ce n'est pas une machine. Euh, il modifie ses réponses selon ses circonstances, il invente de nouveaux équilibres et il interprète ce qui est bon et mauvais pour lui. Voilà, c'est ça être vivant. Être vivant, c'est quand je suis dans un endroit et puis en fonction de ce que je vais faire, je vais créer de nouvelles choses. Je vais créer de nouvelles normes, je vais essayer de face à certaines situations, face à certains problèmes, de proposer des règles. Donc par exemple, je suis un être humain, d'accord, je suis vivant, j'ai ma conscience. Bon ben, j'ai pas de bras. Bah OK, je vais essayer de créer quelque chose, je vais essayer de me trouver une alternative pour combler ce bras. Voilà, c'est ça être vivant. C'est justement essayer de trouver de nouvelles règles et s'adapter en fonction du milieu. J'ai peu de pigmentation, j'ai j'ai reçois peu de vitamine D pendant l'hiver, ben je vais je vais blanchir ma peau. C'est ça, s'adapter. C'est ça l'être vivant, c'est la capacité à créer de nouvelles lois. Et en fait, c'est ça que font les êtres vivants, c'est-à-dire que c'est une capacité autonome, c'est une capacité que le vivant a en lui-même de chercher à créer des nouvelles lois. On appelle cela, du coup, cette théorie si vous voulez un nom, on appelle ça euh le normativisme biologique, le normativisme biologique. C'est-à-dire l'idée que euh le vivant, c'est ce qui crée ses propres règles, ce qui crée ses propres normes. Le vivant c'est toujours une expérience vécue normative liée à son milieu. Ça peut être dans tous les domaines, OK, la variabilité radicale du vivant, c'est là-dessus que Canguilhem insiste. Ça veut dire que en fait le vivant, c'est pas prédéfini, c'est pas préconçu, ça s'adapte toujours. à tous les niveaux, le vivant se le vivant s'adapte et change et crée des normes spécifiques. Au niveau de la structure, au niveau de la fonction, au niveau du comportement. Par exemple, au niveau de la structure, un foie humain n'a pas toujours la même forme, ni les mêmes connexions vasculaires. Au niveau de la fonction, une enzyme peut agir différemment chez les uns, chez les deux individus selon leur génétique et leur état physiologique. Et au niveau du comportement, même dans une espèce animale, les réactions à un stimulus peuvent varier. Il y a certains animaux, je vais certains êtres vivants, je vais leur mettre une araignée devant, il y en a certains qui vont courir, d'autres qui vont rester sur place, d'autres qui vont l'écraser. Ça dépend du vivant, de son adaptation à son milieu. Voilà, c'est ça l'idée. Deux choses par rapport à ça. Ça va nous permettre d'aller un peu plus loin par rapport à ce que dit Canguilhem. Il y a ce qu'on appelle en médecine, le normal et le pathologique. Alors le normal et le pathologique, qu'est-ce que c'est ? Le normal et le pathologique, ça a été un petit peu, c'est un peu la façon dont euh les médecins euh regardent leurs passions. Donc les les médecins, ils arrivent, ils disent voilà, ça c'est normal d'être comme ça et puis là c'est pathologique, c'est-à-dire là, vous avez une maladie. Comment est-ce qu'on définit le normal et le pathologique ? Je vais vous donner la définition que les scientifiques donnent et ensuite je vais vous donner je vous expliquer la définition que donne Canguilhem de ça parce que pour lui il n'est pas d'accord avec ces définitions là. Alors le normal c'est quoi ? Le normal c'est une moyenne statistique. C'est-à-dire que voilà. Pour les scientifiques, le normal, ce qui est normal, c'est la moyenne, ce que fait à peu près tout le monde, OK ? Et le pathologique, c'est dès qu'on s'écarte de la norme, OK, donc tout le monde disons a à peu près 80 battements par minute euh au cœur. Et en fait, bah euh dès que on va en en dessous de 60 ou au-dessus de 100, il y a une pathologie. Voilà. Et en fait Canguilhem, il est absolument fondamentalement contre ça parce qu'il dit en fait, ça c'est faux. Parce que les êtres vivants, ils sont pas là pour être dans une moyenne statistique, ils sont là pour créer des règles qui fonctionnent avec leur organisme spécifiquement. C'est ça qui est c'est ça que c'est d'être vivant. Et je vais vous donner un exemple. Euh quelqu'un que je connais a des un battement de cœur à 110. Voir même 120 par minute, tout le temps au repos. Cette personne, on lui a dit que vous êtes dans une étape pathologique et que vous n'êtes pas dans la moyenne statistique, vous n'êtes pas normal et vous allez mourir, on lui a dit vous allez mourir à l'âge de 16 ans. Tout simplement. Cette personne est encore en vie aujourd'hui. Euh cette personne va très bien. Elle va pas, je ne pense pas qu'elle va mourir de sitôt. En tout cas, elle aurait dû mourir très très très jeune.
[17:54]Au vu de ce de ce battement inhabituel, et bien en fait, ça montre quoi ? Ça montre que pour cette personne-là, son corps a trouvé une façon de s'adapter, un fonctionnement sans doute sous-optimal, mais qui est utile pour elle, qui fonctionne bien. Et si on l'amène on a dit bah vous êtes vous êtes en dehors de la norme, il va falloir corriger, en fait ça n'a pas de sens pour elle d'être corrigée par rapport à ça. D'être corrigée par rapport à la norme, puisque en fait elle a créé sa propre norme. Et donc le vivant, c'est une question d'individualisation. On ne peut pas faire de traitement, il n'y a pas deux traitements similaires qu'on peut donner à deux personnes. Fondamentalement. Il n'y a pas une norme qu'on peut appliquer à tout le monde. Un vaccin par exemple, normalement ça fonctionne bien dans certains cas, ça peut ça peut créer des problèmes. Très rare, mais ça peut. Donc pour Canguilhem, qu'est-ce qu'il y a ? Il n'y a pas de normal, il n'y a que ce qu'il appelle de l'anomalité. L'anomalité, l'anomalité, c'est le fait que chacun crée une norme qui lui est propre. Par contre, cependant, Canguilhem ne va pas nier que les individus semblent quand même bien en moins bonne forme que d'autres. Ce qu'il semble quand même malade, il ne va pas dire qu'il n'y a pas de maladie. Mais c'est quoi une maladie en fait ? C'est quoi le pathologique ? C'est dès qu'un individu perd sa capacité à créer des lois. C'est dès qu'un individu perd sa capacité à s'adapter à son milieu. C'est ça quand c'est ça être malade en fait, fondamentalement. C'est lorsque j'ai un environnement et je n'arrive plus à m'adapter suffisamment à lui. Je perds ma capacité de créer mes propres adaptations. La capacité qu'on perd naturellement plus on avance dans la vie. En tout cas jusqu'à l'âge de 25 ans, après 25 ans, on perd progressivement toutes ses capacités d'adaptation à la vie. Donc c'est ça être pathologique. Donc il n'y a pas de normal, il n'y a pas de moyenne statistique dans le vivant. Contrairement à ce que les médecins pensent, il y a en fait simplement de l'anomalité, des gens qui créent des normes en fonction de leur situation et dès qu'on commence à perdre ces adaptations là, alors il faut sonner la sonnette d'alarme. Le normal n'est pas une moyenne statistique. Tout simplement, et le pathologique n'est pas non plus un simple dérèglement mécanique. C'est le sujet qui a perdu sa puissance normative. J'ajoute pour terminer trois idées sur lesquelles Canguilhem euh insiste. D'abord, la méthode expérimentale. en biologie, chaque sujet vivant étudié n'est pas un objet. Il a donc ses caractéristiques propres. Je cite le biologiste doit inventer sa méthode expérimentale propre. En effet, en physique, par exemple, en physique, on travaille avec des matières inorganiques. Donc matières inorganiques, ce sont des matières qui ne se reproduisent pas, l'eau. Si par exemple, je donne une loi très très rudimentaire, euh l'eau bout à 100 degrés, OK ? Il me suffit de 30 cl d'eau pour prouver ça de la totalité des 1,3 milliards de litres d'eau qui existe dans le monde. Des 1,3 milliards de kilomètres cube d'eau qui existe dans le monde. J'ai besoin de que 30 centilitres pour prouver ça. À partir d'un petit échantillon, je peux prouver la totalité de l'échantillon. Ce n'est pas du tout comme ça que ça fonctionne avec le vivant. C'est pas à partir d'un individu qu'on va pouvoir prouver une loi générale pour tout le monde. Ça ce n'est pas possible. Donc le vivant est singulier. Et donc c'est pour ça que en tant que biologiste, on doit toujours s'adapter. C'est pourquoi le biologiste, il le chercheur progresse à tâton. Le protocole expérimental, l'expérience de la nature, d'accord, ce n'est pas quelque chose qui est maîtrisé, qui est maîtrisable. Le protocole expérimental, c'est une c'est des c'est avancer à tâton. La première personne qui a fait le vaccin, ne savait pas en faisant son protocole si ça allait fonctionner ou pas. Il était dans une véritable expérimentation. Alors oui, au fil du temps, on a pu maîtriser, on maîtrise certains protocoles par rapport au vivant. Clairement, on sait comment faire un garrot, on sait comment faire une opération chirurgicale, voilà, il y a plein de choses qu'on sait qu'on a standardisé. Mais au départ, un véritable chercheur, celui qui est en train de découvrir des choses nouvelles, il ne sait pas, il n'a aucune idée de ce qui se passe. Il est dans un dans une espèce de fonctionnement à tâton. Voilà, la la démarche scientifique est entre guillemets, je cite, pleine de risques et des périls. Ce n'est pas du tout une expérience de la maîtrise. Ensuite dernière chose sur laquelle je veux vous inciter, Canguilhem dit qu'il faut se méfier de l'idée que la science serait vide de toute représentation imaginaire ou mythique. Même le vocabulaire technique scientifique n'est pas sans connotation. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que euh quand je suis en train de regarder quand je décris le monde scientifiquement, et bien j'ai quand même des connotations qui qui me viennent. Par exemple, euh dans l'Antiquité, on parlait de la nature comme du cosmos, c'est-à-dire quelque chose de beau, de réglé, d'harmonieux. C'était la façon de voir la nature dans l'Antiquité. Il y avait une sorte de raison, il y avait une sorte de destin, on voyait le monde, les étoiles, on disait ah c'est bien fonctionné, c'est bien conçu, c'est un cosmos. Par ailleurs ça a donné entre parenthèses le mot cosmétique, ce qui est beau. Aujourd'hui, on a remplacé ce terme-là cosmos dans les publications scientifiques par un autre terme qui est le terme de milieu. Bon ben le terme de milieu, en fait, c'est pas un terme neutre, c'est un terme qui a aussi un imaginaire, c'est un terme qui a aussi connoté parce que dès qu'on emploie milieu biologique, c'est pas du tout neutre, ça veut ça peut sous-entendre la plasticité, l'adaptation, la lutte. Quelqu'un qui est dans son milieu, c'est quelqu'un qui est dans en train de lutter contre d'autres organismes, ou au contraire qui peut s'adapter à son milieu. Alors certes, c'est plus proche de nos connaissances actuelles, mais ça relève toujours de connotation. Euh j'espère que cette vidéo t'a bien aidé. Si tu as des questions, n'hésite pas dans les commentaires. Je n'ai fait bien sûr je précise que des explications de passage qui sont dans le bouquin. Je n'ai pas cité d'autres livres, ni des passages qui ne sont pas des passages du concours. Si tu veux aller plus loin et revoir un peu ce que j'ai écrit, tu peux aller sur mon site. Si tu veux prendre un cours avec moi qu'on regarde à ta copie immédiatement, tu peux m'envoyer un mail. Je te dis à très très bientôt et bon courage pour cette année.

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